‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 63 sur 140 · INDRA ÉLEVÉ AU TRONE · texte numérisé non relu

INDRA ÉLEVÉ AU TRONE

Djanamédjaya dit :

Après avoir vu immoler un si grand nombre des leurs, et certains de la supériorité de Vichnou, que peuvent désirer les Dêtyas et les Dana vas?

Vèsampâyana répondit :

Fiers de leur force , les DAnavas désirent l’empire. Les Dévas , qui ont pour eux la vertu, ne veulent que le mérite de la pénitence.

Djanamédjaya reprit :

Comment le puissant Hiranyacasipou, sacrifiant dans le Brahmakchétra , fut-il dupe de sa générosité?

* Yirh non , pour ravir aux Asouras le breuvage d'immortalité , prit la forme d’une femme, nommée Mohint, et qui par 6a beauté troubla leurs esprits.

T C'est-à-dire la nymphe Sourâdéti , déesse des liqueurs spiritueuses.

* Joyau que Crichna attachait sur sa poitrine.

Yêsampâyana dit :

Cet illustre et grand Dànava célébrait un Râdjasouya où il prodiguait l*or et les présents : c’était dans la province située entre le Gange et PYamottnà que s'accomplissait cette cérémonie accompagnée de grands actes de mortification, et les dévots y étaient accourus en foule. On y voyait des Brahmanes instruits dans les Vèdes et éprouvés par de saintes austérités, des Yatis fameux dans les exercices de l 'yoga et les œuvres de perfection , les Mounis Bâlakhilyas 1 illustres dans la science du devoir, de nombreux Dwidjas constants dans la pratique des vertus, de célèbres Richis accompagnés de milliers d’autres saints personnages. Des richesses immenses brillaient çà cl là ; les pierres précieuses étincelaient de mille feux. Soucra 2 avec son Gis présidait au sacrifice, et, rayonnant comme un feu éclatant au milieu de celte foule, dirigeait Iliranyacasipou. Celui-ci prononça ces mots : • Je suis prêt à donner ce que chacun me demandera. Que les vœux soient « exprimés, et ils seront exaucés. •

À l’instant Yichnou se présenta sous la forme d’un nain *, et demanda l’aumône. Iliranyacasipou lui accorda la portion de terre qu’il pourrait parcourir en trois pas. Le puissant Yichnou se mil à marcher, et, reprenant sa forme divine, en trois pas il remplit les trois mondes. Les Détyas privés de leur empire se retirèrent dans le Pâtâla.

Ce fut alors que rassemblant leurs armées, où brillaient de tous côtés des lances, des épées, dos dards, des machines, des massues, des chars, des enseignes, des drapeaux, des armures, des boucliers, des haches, des traits de tout genre, les dieux, sous les ordres de Yichnou, reconnurent Indra pour roi des mondes, et s’empressèrent de le sacrer en cette qualité. Bientôt après Indra accorda aux Pitris l’offrande de la Swadhâ, et Brahmâ, éternel, infini, occupé d'organiser les choses, lui donna à lui-même la divine ambroisie. Alors dans le pays qu’affectionne le plus le père des êtres, reten-

1 Voyez tom. I, pag. 77 , note a. Ces Brahmanes étaient fils du R khi Cratou et de Criyâ.

* Soucra est lit» de IVlirigou ; il a le titre de maître spirituel des Asouras. On l'appelle aussi Ousanas , et je ne sais si c’est une ressemblance fortuite que celle qui se trouve entre oe mot et

le nom de Houchrng, qui fut, dit-on, l'antique législateur des Perses sous la dynastie des Pichdadiens.

1 Le |>oi*te confond ici ('histoire de Rali et celle d l liranyacasipou. Voycstom. I, lect. xli, pag. 188 et suîv.

tirent les sons de la conque marine , qui glace de terreur les ennemis des dieux, et que le maître de la nature avait de sa propre main présentée à Vichnou. En entcudant le signal de cette conque divine , les trois mondes entrèrent dans un pieux recueillement : les saints travaux se trouvaient terminés; Indra était roi des dieux, et, sur le sommet du Mandant, environné de toutes leurs armes enflammées , il avait l’air d’être entouré d’une multitude de feux.

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