‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 66 sur 140 · AV AT ARE DU SANGLIER · texte numérisé non relu

AV AT ARE DU SANGLIER

Yêsampâyana dit :

Or cet œuf du monde était d’or, formé à l’image du grand Pradjâpati : ainsi le rapportent les Vèdes. A la fin des mille ans, le dieu, pour produire la création, commença par frapper de plusieurs coups le dessus de

“ Voyes, leel. cxxxvi, pag. 337, noie aA. ce que l’on doit entendre par ce» quatre holocaustes.

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fœuÇ, qui se fendit en huit parties. Celui qui est la matrice sacrée des trois mondes procéda sagement à la division des diverses parties de son œuvre. Le côté creux et supérieur devint l'éther, voie sainte des êtres vertueux ; le côté inférieur fut le Rasàtala Des huit trous dont le dieu avait percé l’œuf il fit les points principaux et intermédiaires3 de l'horizon; des coquilles marquées de diverses couleurs il composa les nuages qui présentent des teintes si variées; le jaune qui se trouvait au milieu de l’œuf servit à former la terre; le liquide qui entourait ce jaune devint la mer, qui, comme à la (in des âges, couvrait entièrement le sol. Cependantquelques points, qui, au moment de la création, s’étaient trouvés en dessus, s'élevaient sur l’eau, et apparaissaient tels que des montagnes d’or; mais le reste, régions terrestres et célestes, était submergé. L’eau couvrait tout sur la terre et à l’horizon, excepté dans ces endroits, où se dressaient au milieu des ondes cos montagnes, larges de plusieurs yodjanas, et hérissée* de mille rochers aigus.

Chargée du poids de ces lourdes masses, la Terre chancelait déjà. Mais ce’ fardeau d’une onde dorée, que le souille de Nârâyana agite et féconde, surpasse entièrement ses forces : elle s’affaisse, et cède à l'influence du dieu puissant qui pèse sur elle. Cependant le vainqueur de Madhou, qui la voit s’abaisser de plus en plus, réfléchit au moyen de la sauver et de la soutenir. « O Terre, lui dit-il, je vois que tu succombes sous « njon corps, et que tu t’enfonces dans le Rasâtala, semblable à la vache « débile qui se plonge dans le bourbier. » La Terre lui répondit : ■ Àdo-

• ration au dieu tout-puissant qui parcourt les mondes en trois pas, qui a

■ pris la forme de l'homme-lion et celle d’un héros aux quatre bras \ qui

■ porte un arc merveilleux, un disque, un cimeterre et une massue 1 Adora-

■ tion au premier des êtres 1 O dieu, tu me contiens comme tu contiens

• l’univers entier. Tu conserves les êtres et tu portes le monde. Ce que tu

• soutiens avec force et puissance, par un effet de ta faveur je le soutiens

• aussi. Ce qui est supporté ou repoussé par toi , je le supporte ou le re-

• pousse également. 11 n’existe point d’être qui ne voie en toi son sou- « tien. C'est toi, ô Nârâyana, qui, dans le cours des âges, me délivres,

1 Ce sont les régions infernales placées audessous de la lerre.

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* D y a ici un anachronisme, car Ica trois avatarcs que le poêle vient de désigner sont postérieurs à l'avalorc du sanglier.

HARIYANSA.

« pour le bien du monde, du fardeau qui vient à m’accabler. Aujourd’hui

• pressée par ton poids puissant, voilà que je tombe dans le R&sâtala.

• Chef des Souras, daigne me sauver, j’implore ton appui. Toutes les fois

• que j’ai à souffrir les persécutions des DAnavas et des Râkchasas, c’est à toi •• que j’ai recours. Ma craiute ne peut so calmer que quand je verrai les

• effets de ta protection ; et sans cesse j’iinplore ta bonté. *

Le dieu dit à la Terre : « O déesse, ne crains rien : sois calme et tran- « quille. Je veux te remettre à la place que tu dois occuper. ■ Et aussitôt il pense à la forme qu’il lui faut prendre pour exécuter son dessein. Quel moyen emploierait- il pour relever la Terre? Sous quelle apparence se montrera-t-il pour la retirer de l’onde où elle est plongée? Ainsi réfléchissait Nàrâyana en se jouant au sein des ondes. Tout à coup l'idée lui vient de revêtir, afin de soutenir la Terre, la forme d’un sanglier, forme adorée de tous les êtres, et célébrée par les poètes et les auteurs sacrés. Cet animai mystérieux a dix yodjanas de large et cent de haut; sa couleur est celle du lotus noir; son grognement ressemble au bruit du nuage. Aussi élevé qu’une montagne, il étincelle comme les feux de l’éclair et brûle comme le soleil. Il montre des défenses blanches et formidables. Ses épaules sont grasses, arrondies, allongées, scs reins épais et flexibles; il marche avec la rapidité du tigre superbe. Le dieu qui a le taureau pour emblème honore cet être prodigieux, énorme, infini; car c’est Hari qui plonge dans le Rasâtala pour relever la Terre*. Il a pour pieds les Vèdes, pour défenses les poteaux du sacrifice, pour bras les sacrifices eux-mêmes, pour bouche le foyer sacré, pour langue le feu, pour soies le darbha, pour tête la science divine. 11 excelle dans les œuvres de pénitence : le jour et la nuit sont scs deux yeux; les Védângas et les Sroutis *, sa parure; le beurre clarifié, son nez; la cuiller, son boutoir; les airs du SAma, son grognement; grand, vénérable, terrible, juste, pieux, honoré par de saintes pratiques*, il a pour ongles les œuvres de mortification; pour genoux, les offrandes; pour entrailles, les stances sacrées7; pour pénis et autres organes génitoires,

* Celte description, sauf quelque* petits détails, se trouve déjà dans le tome I, lecture il,

1 Noms que l'on donne aux saintes écritures

1 Je n'ai pu adopter ici le sens que j'ai dis-

cute dans la note 3i de la XL* lecture parce que le texte so trouve modifié : ihHÊéhH-

FFpT:

1 3^f!T oudgatâ, stance de quatre lignes.

DEUX CENT-DIX-NEUVIÉME LECTURE. 36g

l'holocauste, les graines et les plantes employées dans les sacrifices; pour respiration, le son des instruments; pour anus, les mantras; pour excréments, les oblations; pour sang, le soma; pour épaules, le Védi; pour corps, le Pràgvansa; pour cœur, les présents. Son odeur est celle du beurre consacré. Le Havya et le Cavya composent sa force; les rites divers, son ornement; l’Yoga, sa puissance; les pieuses lectures, l’opiat qui rougit ses lèvres; les tourbillons du feu sacré, l’enveloppe qui l’entoure; les saintes poésies, la jonchée que foulent ses pieds; les Oupanichats, sa nourriture * il est enfin le sacrifice lui-même, et s'élève avec la majesté de l’astre dont le front semble couronné de pierres précieuses et qui marche accompagné de son épouse Tchhâyâ.

Le maître suprême, le grand Pradjàpati, ainsi devenu le sanglier du sacrifice, plein de commisération pour la Terre plongée dans le Rasâtala, et couverte par les ondes, va sc placer au-dessous d’elle. Sauveur du monde, avec une de ses défenses il soulève la malheureuse, la rétablit à sa place, et la laisse à elle-même après l’avoir bien fixée. La Terre revenue à l’air * adore le dieu Vichnou.

C’est ainsi que cette déesse submergée sous la mer en fut retirée par le sanglier du sacrifice, animé de l’amour des êtres. Mais, pour mieux consolider le monde, le dieu aux yettt de lotus, le grand Vrichâcapi, qui venait de revêtir la forme de sanglier, le seigneur tout-puissant, glorieux et vénérable, après avoir relevé la Terre, jugea qu’il était à propos de la diviser par provinces.

don! les trois premières ont dix syllabes , cl U * J'ai donné ce sens au mot | ccl | ITT derniere treize. nrnedna.

HARIYÀNSA.

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