‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 72 sur 140 · II ARI VANS A · texte numérisé non relu

II ARI VANS A

• chars innombrables. Dans cet homme-lion, ô roi, je vois les trois mondes

■ et l’ordre éternel, comme on voit la terre dans la lune, quand elle est

• sereine. En lui se trouvent le grand Pradjâpati, Manou, les planètes, « les yogas, la terre et le ciel, les météores, la constance, le souvenir, la « passion, la vérité, l’obscurité, la pénitence, l’illustre Sanatcoumâra, les

■ Viswas, les divines Apsârâs, la colère, le désir, la joie, l’orgueil, l’erreur,

• tous les Pitris. »

Ainsi parla avec fermeté au terrible roi des Dêtyas son propre fils Pralilâda; puis, s’arrêtant, il resta la tête baissée et plongé dans ses sages méditations.

ARMES D HIRANY ACASIPOU.

Après avoir entendu ce discours de Prahlâda, Iliranyacasipou dit aux Dânavas assemblés : ■ Qu’on arrête ce lion extraordinaire, et, pour lever ■ toute espèce de doute , qu’on le tue. • A ces mots tous les Dânavas environnent ce terrible ennemi , et cherchent à l'effrayer de leur nombre. Mais ce lion, la bouche ouverte comme la Mort, pousse un cri qui ébranle le palais. Aussitôt Iliranyacasipou, déployant sa merveilleuse puissance, épuise sur lui les armes formidables qu'il a jadis enlevées k tous les dieux : c’est d’abord, la première de toutes, le danda 1 fécond en terreurs, les grands et terribles disques de Câla et de Vichnou, celui de Dharma, nommé Y invincible, ceux d'Indra et des ftichis, enfin celui de Pitâmaha*, fameux dans les trois mondes, la foudre, et celle qui gronde dans le temps sec, et celle qui éclate dans le temps humide, le trident redoutable, l’os

1 Sceptre ou bâton , lequel est le symbole de * Surnom de Brahmft, signifiant paler ma -

l'autorité. qnaj.

DEUX CENT-VINGT-NEUVIÈME LECTURE. 595 de mort3 et la massue, le trait divin appelé Brahmasirask> ceux d’Isa et d'Indra, ceux qui se trouvent formés de feu, de froid, de vent, le collier de crânes humains3, la lance incomparable, le trait de Crôntcha8, l’Hayasiras \ celui de Soma forme de frimas8, ceux des Pisâtchas et des serpents, non moins étonnants que les autres, les armes qui causent l'évanouissement*, qui dessèchent l0, qui brûlent u, qui font pleurer bâiller13, ou tomber u, le trait pesant de Twachtri , la massue de Câla qui ébranle tout et que rien ne peut ébranler, le Samvarüana ,s, l’arme de la magie, le trait des Gandliarvas, le Nandaca **, le glaive par excellence, larme qui paralyse 17 et celle qui agite lB, le trait de Varouna et celui de Pasoupati, dont l’atteinte est inévitable. Voilà tout ce qu'Hiranyacasipou lance à l’hommelion : ainsi l’on jette l'offrande de beurre dans le feu qui n’en brille qu’avec plus d’éclat. L’Asoura couvre son ennemi de ses traits enflammés, de même que le soleil en été couvre lTlimàlaya de scs rayons.

L’armée des Dètyas, pareille à l’océan soulevé, et poussée par le vent de la colère, environne Hari de tout côté et l’attaque avec des épées, des lacets, des tridents, des massues, des haches d’armes, des traits fulminants, des pierres, de grands arbres, des quartiers de rochers, des mortiers armés de pointes, des instruments qui brûlent cent ennemis et de lourds dandas. Mais Hari est resté inébranlable. Les Dânavas jettent leurs lacets, et s’élancent sur lui avec la rapidité de la foudre d’Indra; ils lèvent leurs bras, brandissant leurs dandas, et pareils à des serpents à trois têtes; leurs membres sont ornés de tresses d’or, d’anneaux, de bracelets, de guirlandes, et de rivières de perles, qui brillent sur leur corps comme des files de cygnes aux ailes étendues. Leurs têtes, s’agitant avec l’impétuosité du vent, apparaissent

«jflfirJfa. On donno à Siva te surnom do Catutilainâlin. parce qu'il porte une guirlande formai? d'os humains. 11 existe une légende dans laquelle le Mouni Daditchi se dévoue à la mort , pour que le» dieux s’arment de ses o* contre le» Détyat.

* Vojei ton». 1 , lect. xxv, pag. 1 1 4.

' ^TPTFT cdpdla. Telle cet la parure du dieu Siva.

* Voyex ton». I . lect. xtvi , pag. a i •j.

7 Ce root signifie tète de cheval.

* Voyez tum. 1 , lect. \ui , pag. a 1 6.

* Le Mohana.

10 Le Soduuut.

u Ixi Sanlâpana.

10 Le tïWpajw.

10 Le Dj ri milia ru.

H Le Pdlaiu i.

10 Arme qui doit tout boulevencr.

10 Nom particulier que Ton donne au glaive du dieu Vichnou,

,s Le Prruthàpana.

10 Le Prumathana,

sous leurs nombreux ornements d’or avec l’éclat des rayons du soleil levant. D’un autre coté, au milieu de tous ces traits enflammés qui l’entourent, Hari s’élève comme une montagne couverte de nuages noirs et orageux , de profondes cavernes et d’arbres majestueux. Malgré ces traits innombrables dont il est de tout côté assailli par les courageux Dêtyas, le dieu ne tremble pas plus que le superbe Ilimâlaya; et ces ennemis, brûlés par les feux que lance l’homme-lion, frémissent de crainte, aussi agités que les flots de l’océan soulevés par le vent.

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