‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 73 sur 140 · LUOMME-LION ATTAQUE PAR LES DAN AV AS · texte numérisé non relu

LUOMME-LION ATTAQUE PAR LES DAN AV AS

Yèsampâyana dit :

Ainsi les Asouras, enflammés de colère et l’arc tendu, dirigeaient vers un seul but leurs flèches rapides, terribles comme les coups que porte Câla à la lin des siècles. Ces combattants furieux apparaissent sous mille formes diverses; on voit dans cette foule des tètes d’âne, de poisson, de serpent, «le cerf, de porc, de cygne, de coq, de corbeau, de vautour, de crocodile , de dragon à cinq gueules. Les uns ressemblent À un petit soleil ou bien au sombre Kétou *, au disque lunaire, ou à une demi-lune; les autres à un feu brûlant, k l’éclair ou bien au météore enflammé; d'autres ouvrent une bouche béante ou dressent trois tètes menaçantes; lier» de leur nombre, ils lancent une grêle de flèches à ce lion invulnérable, qui, pour sa masse, est comparable au mont Kèlâsa ; cependant c’est en vain qu’ils épuisent leur rage contre cet ennemi. Tels que des serpents irrités qui souillent leur venin, ils adressent leurs traits k la poitrine du lion; mais ces traits si redoutables se perdent dans l’air comme ces vaines lueurs qui traversent le ciel et tombent sur la montagne. Alors les Dânavas, outrés de dépit, saisissent leuçs disques divins et resplendissants, et les jettent rapidement

1 1^ nœud descendant personnifié.

au formidable adversaire qui les brave. Le ciel est encombré de tous ces disques qui le traversent, tels que le soleil, la lune et les planètes, quand ces astres lanceront leurs dernières clartés : ils viennent tous avec leurs rayons flamboyants s’engouffrer dans la bouche du lion, et disparaissent comme les astres les plus éclatants au sein d'un vaste nuage.

Hiranyacasipou prend une lance d’or tout enflammée et la jette avec force. Le lion la voit arriver, et d’un seul cri4 terrible brise celte lance qui tombe à terre en éclats lumineux, semblable au météore ardent qui se précipite du ciel. De tous les arcs des Dêtyas partent de loin des flèches qui se suivent, pareilles à une guirlande brillante de feuilles de lotus noir. Hari, par ses cris, par ses bonds, écarte et fend cette armée, comme le vent abat le sommet des pointes de gazon. Ses ennemis lui envoient à travers les airs une grêle de pierres, des fragments de rochers, des débris de collines qui tombent lourdement sur son corps, après avoir rempli l’espace des dix régions célestes ainsi que de larges météores. Mais le dieu , aussi remarquable par sa légèreté que par sa force, restait inébranlable, inspirant une terreur qu’il ne ressentait pas, et non moins inébranlable que le Mandara battu vainement par les mers.

A cette pluie de pierres succéda une autre pluie, mais d’une nature humide et sortie d’un vaste rideau de nuages, qui tout à coup vint cerner l'horizon et les points principaux et intermédiaires des régions célestes. Ces nuages, le vent, les éclairs, ces torrents de pluie avaient de tout côté répandu les ténèbres; le ciel et la terre semblaient se tenir. Mais ces ondes désordonnées ne touchaient même pas le lion, et, par un effet de sa puissance magique, elles ne tombaient pas d’à-plomb, mais obliquement.

Voyant qu’ils l’avaient inutilement attaqué par ces deux pluies de pierres et d'eau, les Dânavas employèrent une arme magique formée d’air et de feu, et qui, dans sa course rapide, brillait tout à travers les airs. Mais ce trait, couronné de flammes dévorantes, et imaginé par le roi des Dêtyas lui-même, malgré son ardeur, ne put rien sur celui qui est souverainement ardent. L’époux de Satchi, le dieu aux mille yeux, Indra, rassemblant ses nuages, éteignit ces feux sous un déluge d’eau. Cette arme magique se trouvant anéantie, les Dânavas, réduits à leurs derniers moyens, créèrent une vaste

1 Ce cri est représenté per le son 30Ï fo«JR.

IIARIVANSA.

obscurité qui couvrit le monde; mais le dieu, s'enveloppant de sa propre splendeur, brilla tel que l'astre du jour, et scs ennemis virent avec effroi sa triple aigrette3, qui sur son front sourcilleux formait comme trois gerbes lumineuses, semblable au Gange qui s'écoule par une triple voie

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