‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 77 sur 140 · AHME.ME.VT DES I)É VAS · texte numérisé non relu

AHME.ME.VT DES I)É VAS

Vêsampâyana dit :

O Djanamédjaya, je t’ai dit quel était l’armement des Dètyas; je vais te dire aussi quels furent les préparatifs des Dévas. Le dieu, chef des Souras, assembla son armée, les Marouts, les Àdityas, les Visvvas, les huit Vasous, tous les \akchas, les Râkchasas, les grands serpents, les Vidyâdharas, les généreux Gandharvas, les mers, les montagnes terribles et impétueuses *, Yama et V ésrâvana*, Varouna, roi des eaux, les nobles Siddhas, les Pitris pieux, les Râdjarchis éprouvés par l'yoga. Le magnanime Indra a fait publier une proclamation qui les appelle tous aux armes pour l'extermination des Dètyas, et, fidèles à ses ordres, les habitants du ciel se préparaient au combat avec une ardeur égale à celle de leur chef. Leurs armes et leurs enseignes sont variées; tels que des éléphants furieux, ils agitent leurs bras menaçants, montés les uns sur des tigres, les autres sur des éléphants, ceuxci sur des serpents, ceux-là sur des taureaux.

ta maître du monde, le prince dos Souras, le divin époux de Satcln, dont la barbe et les yeux sont de la couleur qu’on appelle kari *, s’élève sur un char attelé de chevaux de la même couleur, char magnifique, large, rapide, aussi brillant que le soleil; ouvrage digne d'un souverain des dieux et sorti des mains de Twachtri lui-même, orné de croisées, de compartiments, de guirlandes d’or, remarquable par la beauté de son timon, de son joug, de son essieu, de ses roues, étincelant comme l’éclair, comparable au superbe Kêlâsa, entouré d’une couronne d’étoiles rayonnantes, surmonté d’un

1 Elle» avaient alors de» ailes 1 Han signifie wf ou jaune . comme nous

* Autrement Couvera. l'avoua dit bien des fois.

étendard qui n'est autre chose que l’éléphant Erâvata lui-même. Ainsi s’avance le dieu gardien de la terre et possesseur de la foudre, revêtu d’une armure où brillent mille étoiles, et égalant en éclat le soleil et le feu. Telles que l’astre du jour, telles brillent sur son front son aigrette, et sur sa poitrine sa guirlande d’or nommée védjayantt. Le dieu s’arme de sa foudre terrible, bridante comme le soleil, toujours teinte du sang des Asouras , chef-d’œuvre de Twachtri remarquable par ses cent nœuds. Deux de ces foudres pareilles à deux glandes comètes, une lance formidable et enflammée, un disque et un arc énorme, telles sont les armes offensives que prend Indra marchant au combat. Un cimeterre et une peau de tigre complètent le costume du seigneur aux mille veux, roi des Souras et père des êtres, immortel souverain des Immortels. Aditi lui a donné scs pendants d’oreilles de pierres précieuses, non moins brillants que le soleil, la lune, les étoiles et réclair. Sortis jadis, en même temps que l’ambroisie, du sein de la mer de lait barattée par les dieux, ces bijoux furent plus tard conquis par les Dévas sur les Asouras4. Indra, lier de cet ornement, jette des flots de lumière sur tous les points de l’horizon, et apparaît comme un ciel d’automne chargé d’épais nuages à travers lesquels percent les rayons de mille étoiles.

Sur son passage retentissent les voix d’Atri, de Yasichtha, de Djamadagni, d’Onva, de Yrihaspati, de Nârada et de Parwata *, qui font des vœux pour son triomphe et célèbrent sa puissance, sa vertu, son courage. Semblable au soleil, le dieu est suivi de tous les ordres de divinités, des Viswas, dos Marouts, des Sâdhyas, des Adityas. Ses chevaux, dirigés par Màtali et frémissant sous la charge qu’ils portent, semblent de leurs pieds embrasser l’espace éthéré. Les Brahmarchis, les Sourarchis, les Rédjarchis, les habitants des mondes éternels se précipitent sur les pas de celui qui, plein de majesté et de force, fait sentir à scs ennemis le poids de son bras. Ils vont, armés de tridents, de haches, d’arcs, de foudres, et couverts de cuirasses d’or aussi éblouissantes que les rayons du soleil.

Ainsi, le dieu des richesses. Couvera, une massue étincelante à la main, s’avance au combat sur un char divin et invincible, qu’entourent mille de ses gardes. Ces génies, qui rôdent la nuit, et pareils pour leur couleur à la

* Voyet loin I, lect. exx et cxxi. * Nom d'un Richi.

fumce qui enveloppe le feu, les Râkchasas marchent devant ce dieu ami de Siva, tenant dans leurs mains des traits enflammés. Les \akchas, les yeux rouges et le corps aussi noir que le cosmétique andjana , environnent leur souverain, agitant leurs lances, leurs massues, leurs épées.

Le maître de toute purification et des esprits vitaux0, le chef des êtres pieux, le fils de Vivaswân 7, l’âme contrite, monte sur un char attelé de cent chevaux et brillant comme le soleil ou comme l’éclair. Le dieu est suivi des Pitris, purs de tout péché, resplendissants du feu de la pénitence, et de tous ceux qui jadis ont paru avec éclat dans le monde; la terreur accompagne leurs pas, et ils brandissent des armes de diverse nature, Aama tient dans sa main son grand dandat avec lequel il presse et frappe le monde; sa poitrine est ornée d’une guirlande de lotus dorés; ou bien, prenant une forme horrible, il est Cala aux yeux sombres, à la barbe verdâtre, brandissant une formidable massue; juge inflexible, il se montre entouré du cortège nombreux des Maladies, tout couvert de sang, de moelle, de chairs et d'ossements, et conspire avec les autres pour la mort des superbes Asouras.

Non moins acharné contre eux, le dieu des eaux s’élance sur son char, traîne par de larges serpents à trois têtes; l’or et l'argent qui décorent ce enar le font ressembler au soleil, aussi bien qu'à la lune ou à la fleur du counda \ Orné de pierreries, de perles et de Japis-lazuli , portant autour de ses bras de riches bracelets d'or, armé d’un lacet, suivi des divinités de l'onde, obéi de tous les monstres marins, célébré par les Maharchis et honoré des grands serpents, Varouna se présente avec grâce et majesté, tel que la lune ou tel que le Kèlâsa, grand, magnifique, immortel, riche en vertu et en puissance. Il marche au combat, entouré des serpents, ses fils, et les êtres, en le voyant, frissonnent de plaisir et baissent la tête avec respect.

Dbâlri, Aryaman, A nsa, Bhaga, Vivaswân, Pardjanya, Mitra, le dieu de la lune, Twachtri, qui est aussi l'ingénieux Yiswacarman, Poùchan, animés de la même ardeur que leur roi, se couvrent de cuirasses qu’embrassent des cordons de grelots, et, parcs de colliers d’or ou de lapis-lazuli, se placent sur des chars que traînent de superbes chevaux semblables à ceux d'Indra. Quant aux chars eux-mêmes, ils reluisent les uns comme le soleil ou la

\ Vo yti tom. 1, lect. L, pag. 18a. loire est racontée avec délai], tom. I, lect. ix.

1 Ce fils de Vivaswân est Yorua , dont fins- * J ai nu nu m multiflorum ou paâsvceru.

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