REQUÊTE DES DIEUX A VICHNOU
Vésampâyana dit :
Les sept Pradjâpatis et les sept Maharchis adorèrent le dieu qui venait de naître; savoir: Bharadwâdja, Casyapa, Gùtama, Viswâmitra, Djamadagni, Vasichtha et Atri qui n’arriva qu’après l’extinction du soleil *, Marîtchi, Angiras, Poulastya, Poulaha, Cratou et Dakcha. A ces saints se joignirent Orva, le fils de Vasichtha, Stamba, le fils de Casyapa, Capîvân, Acapivân, le pénitent Atri, Tcliyavana , les sept fils de Vasichtha, appelés Vâsickthas; les enfants d’Iliranyagarbha, ceux d’Ourdja, Gârgya, Prithou, Djahnou, Vâmana, Dévabàbou, Yadoudbra, Pardjanya, fils de Soma, Hira-
‘ Voyez tom- 1, lect. xixx , p. 179, noie 3i. constance, que rien ne m explique, et qui peut
1 Je ne comprends pas la portée de cette t ir- être astronomique.
DEUX CENT-CINQUANTE-CINQUIÈME LECTURE, m
nyaroman, Védasiras, Satyanétra, Viswa, Ativiswa, Soudhâman, Viradjas, Atinâman, Sahichnou3.
Devant Vichnou, roi des Dieux, dansaient les brillantes Apsarâs, couvertes de parures. Les Gandharvas faisaient retentir l’air du bruit de leurs instruments : on entendait chanter Toumbourou, Mahâsrouti, Tchitrasiras, Podrnâyous, Anagha, Gomâyou, Souryavartcbas , Somavartchas , Yougapa, Trinapa , Cârchni, Nandi, Tchitraratlia, Sâlisiras, Pardjanya, Cali, Nârada, HAhâ, IIoulioû, et le brillant Hansa. Tous ces Gandharvas rivalisaient de talent, tandis que les belles Apsarâs aux yeux allongés, à la taille charmante, au corps voluptueux, au visage ravissant, formaient ou des chanirs de danse délicieux ou des concerts admirables : parmi ces milliers de beautés on distinguait Anoucâ, Djûmî, Misrakésî, Alambouchd, Maritchi, Soutchicâ, Vidyoutparnâ, Tilottamâ, Adricâ, Lakchmanâ, la charmante et brune Rambhâ, aux beaux bras, aux regards séduisants; Ourvasi, Tchitralékhâ, Sougrivâ, Soulotchanâ, Poundarîcâ, Sougandhâ, Sourathâ, Pramâthinî, Nanda, Sâradwatî , Ménacâ, Sahadjanyâ, Parnicâ, Poundjicasthalâ.
Là se trouvaient réunis les douze enfants de Casvapa, Dhâtri, Aryanian, Mitra, Yarouna, Ansa, Bhaga, Indra, Yivaswân, Poùchan, Twachtri, Savitri et Vichnou lui-même5. Ces Adityas, aussi brillants que le soleil, adoraient le maître des Souras.
Les Roudras Mrigavyâdha, Sarwa *, Nirriti5, Adjécapâd, Ahirvradhna, Pinâkin, Aparàdjita, Ilavana, Iswara, Capâlin, Sthânou, Bhava 8, les deux Aswins, les huit Vasous, les vigoureux Marouts, les Viswadévas, les Sâdhyas lui adressaient leurs hommages respectueux.
Les jeunes frères de Sécha, à la tète desquels sont Vâsouki, Catchhapa, Apahartri, Takchaca, invincibles serpents, redoutables par leur force, terribles dans leur colère, l’entouraient avec vénération. Arichtancmi, fils de
* La plupart de ces noms se trouvent loin- 1 , lect. vu.
' Il est singulier de voir figurer Vichnou parmi ceux qui rendent hommage à Vichnou. Le texte n'admet aucune distinction.
' Le manuscrit de M. Tod donne Sarpa au lieu de Sarwa,
1 Nirriti n'est pas ordinairement un Koudi a, mais le régent du sud-ouest.
* Je ferai remarquer que l'auteur donne ici doute noms: et les Roudras ne sont qu'au nombre de oiuc. Voyes tom. I, lecL ni, p. ig, où les noms de quelques-uns de» Roudras different de ceux que l'on cite ici.
Gi
m HÀRIVANSÀ.
Târkcha T, Garouda , Arouna et Arouni , enfants de Vinatâ , étaient placés
à ses côtés.
Le créateur du monde, le père des êtres, Brahmâ se présenta lui-même dans cette divine assemblée, et s’écria : ■ L’auteur de ce monde étemel « reconnaît aussi que Viehnou en est le seigneur souverain. • Ainsi parla le dieu, et, après avoir salué le prince des Souras, il retourna au ciel avec les Richis.
Cependant ce prince des Souras, ce nouveau fils de Casyapa ressemble à la nuée nouvelle qui obscurcit l’air. Ses yeux sont rouges, il a l’apparence d'un nain; sur sa poitrine son poil se frise pour former les boucles du srîvatsa. Les Àpsards fixent sur lui des regards d'admiration. Si tout à coup dans le ciel mille soleils venaient à briller, leur lumière donnerait une idée de celle de Viehnou. Comparable aux plus illustres Richis, cet être supérieur, essence de la nature entière, dont les cheveux sont brillants, la poitrine large et l’éclat miraculeux; qui sert de voie & la vertu, et repousse le péché; que les Mounis, savants dans l’art de la dévotion, appellent le grand Yoga; qui possède une puissance douée de huit qualités surnaturelles7 8 *; qui délivre de la crainte de la mort et de la renaissance les Brahmanes saintement momifiés et confondus à jamais en lui; qui, pour les personnes fidèles aux règles des quatre dsramas, est la pénitence même; qui reçoit les hommages des gens livrés à l’abstinence et À l’austérité la plus rigoureuse; qui, orné de mille tètes et roulant des yeux rouges comme le feu, est appelé Ananta par tous ces grands serpents qui ont Sécha pour chef; que les premiers d’entre les Brahmanes , jaloux de s’ouvrir le chemin du sirarga, honorent sous le nom d’Yakcha qui est la substance unique, le grand Cavi 10, le guide des mortels dans les carrières diverses qu’ils ont à parcourir; que les Vèdcs célèbrent sous le titre de Vélri ", de Vrichânca la, et qu’ils représentent comme assignant à chacun sa part du sacrifice, comme étant l’œil du soleil et de la lune et l'dttiftz personnifié , Viehnou enfin dit aux dieux d’une voix compatissante : • J’ai appris vos malheurs, et je
7 Nom de Casyapa.
• Voyex dans K* dictionnaire de Wilson le
mol mbhoûti. Celle puissance s'exerce aussi
peut- Cire sur les huit éléments désignés dans le 4e sloca de 'la vu* lecture du Bhagavad-gitâ.
I II faut peut-être lire Yatfjna.
I# Ce mot cari signifie poète.
II Lillc-ralement connaistear.
“C’est ordinairement un surnom de Si va, dont le taureau . vricka, est le symbole.
■ me suis fait enfant. Illustre Casyapa, et vous, nobles Souras, qnc puis-
■ je encore pour vous? quelle grâce avez-vous à me demander? exprimez- « moi librement l’objet de vos désirs. •
Après avoir entondu ces paroles du généreux nain, tous les Souras et Indra leur chef, transportés de joie, s’inclinèrent devant lui et dirent à ce fils de Casyapa : ■ Par suite d’un don que Rrahmà a fait à Bali , le monde
■ nous a été enlevé, et ce prince des Détyas, aussi distingué par sa science
■ que par son courage, a obtenu cette conquête pour récompense de sa « pénitence et de sa mortification. Aucun de nous ne saurait le vaincre. « Toi seul, ô seigneur, es plus fort que lui. C’est pourquoi nous venons, « implorant ton secours dont nous avons besoin. O dieu, sois notre pro-
• lecteur, toi qui es notre roi et qui participes de notre nature, sauve les
• Richis et les mondes , satisfais à l’amour que tu portes à Aditi et à Ca-
■ syapa. Rétablis l’ordre ancien dans les offrandes du cavya et du havya. « Affranchis le roi des Souras, le grand Indra, et rends-lui l’empire des
• trois mondes. Le prince D&nava célèbre le sacrifice du cheval. Vois ce « qu'en cette circonstance tu peux faire pour le salut des mondes. »