SCÈNE I
Qui d'entre nous, fait roi de citoyen obscur, Peut jurer en sondant sa propre conscience, Qu'il saura se garder, dans la toute-puissance, Plus sage qu'IIippias, moins cruel et plus pur !
AKISTOCrrON.
Je pardonne à ceux-là qu'en d'autres républiques Obligent à régner les coutumes antiques, Qui, tenant de leur race un pouvoir absolu.
Sont rois comme on est homme, et sans l'avoir voulu. Les barbares, ainsi, sont gouvernés sans crime, Et tiennent pour un dieu leur prince légitime. Mais nous. Grecs, nous surtout, peuples athéniens. Nous sommes tous des rois, étant tous citoyens; Notre État n'admet pas de chef héréditaire ;
34 HilRHODIUS.
Chacun possède en paix sa famille et sa terre,
On n'offre à nul mortel des tributs odieux,
La loi seule commande, et les dieux seuls sont dieux. «
Aussi lorsqu'un pouvoir, fût-il celui d'un sage,
N'est pas issu des lois et du libre suffrage.
Qu'il est né de la force et veut être éternel,
Et qu'un homme y prétend, comme au ch^p paternel,
L'ambitieux qui tient celte place usurpée,
Sous un rusé manteau cachât-il son épée,
Nous le nommons tyran, ce nom est un arrêt...
La sainte Némésis trouve un glaive tout prêt.
LE CHŒUR
Sous d'habiles tyrans qui gouvernaient en pères, J'ai connu des cités puissantes et prospères :