ARISTOGITON, LE CHŒUR
ARISTOGITON
Lorsqu'un maître orgueilleux, déchaînant sa rudesse', Frappe jusqu'à nos sœurs aux pieds de la déesse, Qu'osant nous disputer nos droits religieux, vieillards! il défait ce qu'ont fait les aïeux, Faut-il laisser grandir cette audace insolente. Et différer encor la vengeance trop lente?
Un tyran s'éleva ; le rusé parvenu
Voilait sous la douceur son pouvoir contenu ; Mais son fils lui succède, et l'insolence éclate ; Hippias nous a fait regretter Pisistrate, Et si rhérédité ne se brise aujourd'hui, Les enfants d'Hippias seront pires que lui.
Ceux que la tyrannie, indulgente nourrice, Langea de pourpre et d'or, berça dans le caprice ; Qui, dès leurs premiers jeux, ont eu mille moyens De prendre pour hochets les droits des citoyens, Ceux-là, voyant leur race impunie et prospère. Osent ce que jamais n'aurait osé leur père.
Malheur à la patrie, à nos dieux, à nos lois. Si ce pouvoir impur meurt et renaît trois fois ! Humiliés déjà, nous portons des entraves, Mais nos fils seront vils, et vendus comme esclaves!