SCENE VIII
LE CHŒUR
Jeunes gens, jeunes gens, ne tentez pas le sort ! Votre présomption vous conduit à la mort.
C'est peu que la justice, en notre époque sombre; L'audace et la vertu céderont sous le nombre. Vous êtes seuls debout, tout le peuple est soumis ; Vous serez submergés sous des flots d'ennemis. Comme les blancs agneaux, du torrent qui les noie. Des Thraces dllippias vous serez tous la proie.
SECOND CHŒUR
Va ! nous sommes nombreux, la jeunesse est pour nous; Un signal, notre exemple, armera son courroux. Quand nul n'espère plus, seule elle espère encore :
Après cette nuit sombre, elle attend une aurore ;
Son regard vif et pur, que rien ne peut ternir,
Devine à Thorizon quelque grand avenir.
Et toi-même, ô vieillard, je sens ton cœur qui vibre ;
Disciple de Solon, tu veux Athène libre;
Tu mourras vaillamment, s'il le faut, et tu crois
Qu'un jour prochain verra le triomphe des lois.
LE CHŒUR
Oui, nous verrions la fin des hontes où nous sommes, Si votre ardeur brûlait chez tous les jeunes hommes; Mais sous leurs fronts charmants, sous leur rire vermeil. L'âme dort d'un profond et lugubre sommeil.
Satisfaits des travaux et des amours faciles, Ils passent à l'écart de nos luttes civiles,