‹ Harmodius: tragédieChapitre 52 sur 72 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ISUENË.

Sais-tu, si je le perds, ce que j'attends du sort? Quel n'est point mon malheur ! Teselavage, peut-être, Va condamner ta sœur aux caprices d'un maître, Et dégrader en moi le sang de nos aïeux.

Ah 1 que l'ombre du Styx couvre plutôt mes yeux ! Peut-être, à l'étranger vendue, et loin d'Athènes, J'irai remplir Tamphore à de tristes fontaines. Et, filant jusqu'au soir la toison des brebis,

Préparer humblement sa couche et ses habits.

L'esclave perd, dit-on, la moitié de son âme :

Ah ! plus que lamoitié, grands dieux I quand il est femme !

Toi mort, si je survis, crois-tu que Toppresseur

Ne se vengera pas du frère sur la sœur.

Imaginant pour clic, en sa haine sauvage, Le plus cruel supplice entre tous : Tesclavage? Tel sera mon destin. mon frère, veux- tu Causer ma honte au prix de ta fausse vertu?

HÂUMODIUS.

Des jours qu'à son fuseau la Parque lui dévide, Nul ne choisit Tor pur ou le chanvre livide.

Impuissant sur sa vie et jouet de son sort.

L'homme n'évite pas, mais peut hâter sa mort. Pourtant les dieux sont bons et le destin est juste : Et je demande à Zeus, à la déesse auguste.

Qu'ils écartent de toi l'opprolire et la douleur. Chère enfant! tu n'as pas mérité le malheur.

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