‹ Harmodius: tragédieChapitre 56 sur 72 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

f.E CHŒUR.

C'est le plus patient et non le plus hautain, Celui qui sait plier sous le vent du destin, Qui refrène le mieux sa colère et son glaive, C'est lui qu'au jour marqué le sort changeant relève. Achille est mort; Ulysse, en de sages retards, Ulysse a d'ilion percé les hauts remparts.

Fuyez, ô jeunes gens, on ne pourra vous suivre : Pour voir crouler ce joug, il vous suffit de vivre.

ARtSTOGlTON*

Brisons au moins ce soir le faisceau des tyrans, Frappons ce règne au coeur par des coups différents

Uippias, défendu par sa phalange tlirace, Demeure invulnérable à la plus ferme audace ; Mais à deux pas d'ici, courant au but fatal, OCTrant à nos poignards un combat presque éga^ Hipparque et ses amis, et sa troupe d'esclaves, Périront avant nous, si nous sommes des braves.

LE CHŒUR

Hippias restera, plus cruel et plus fort.

ARISTOCrrOM.

Que m'importe, ô vieillard, à moi qui serai mort!

Mais, avant de mourir, nous aurons, je le jure. Réveillé tout un peuple rt vengé notre injure !

SGÈNË X. 135

ISMENE

Cède à ta sœur tremblante, écoute ces vieillards ; Tu le peux sans rougir. Pars, ô mon frère, parst Fuis ! ne prolonge pas ta colère inutile ; Tu fais mal pour ta sœur, tu fais mal pour ta ville.

Non ! je ne saurais fuir et rompre mon dessein : Mon cœur reste immuable et ferme dans mon sein. Le sort autour de nous peut changer de caprice, Nous ne changerons pas ! . . , nous sommes la justice. S*il était sous le ciel un amour, un devoir,

15i IIARMODIUS.

Une force des dieux qui me pût émouvoir,

Qui pût me délier et briser ma promesse,

Ce serait toi, ma sœur, et ta douce tendresse!

Mais je ne choisis pas mes destins, j'obéis!

J'écoute aveuglément la voix de mon pays.

Adieu I... Mais que ce jour soit propice ou contraire,

Retiens ceci, retiens ces derniers mots d'un frère,

Ces mots où je trouvais mon bonheur et ma loi :

Personne, ô chère enfant, ne t'aima plus que moi.

ISMENE

Prouve-moi cet amour, frère, et consens à vivre. Je suis seule en ce monde et n'ai plus qu'à te suivre. cher Ilarmodiusl tous l'*s nôtres sont morts;

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