‹ Harmodius: tragédieChapitre 57 sur 72 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

La maison des aïeux est vide quand tu sors.

J'y passai dans le deuil une jeunesse amère ; Mais je retrouve en toi ma vénérable mère Et notre père auguste; et ta mâle douceur Me fait goûter aussi le charme d'une sœur.

Kn toi j'ai tous mes dieux et toute ma famille, Mon frère! et je te rends les respects d'une fille; Et je ne sais encor, tant cet amour est doux, Si l'on aime autrement un généreux époux.

Ne laisse pas ta sœur, et ta fille, et ta veuve, Subir ce triple coup et mourir sous l'épreuve ; Sois clément pour toi-même et pour notre amité ; Si ce n'est par amour, frère! au moins par pilié!

saintes lois d'Alhène, amour de la patrie !

larmes de ma sœur, de mon enfant chérie!

Vos contraires assauts, excitant ma vertu, Me rendraient mon essor, si j'étais abattu !

Oui, contre les auteurs de cette horrible peine J'ai senti redoubler mon courage et ma haine. Leurs boucliers d'airain se rompront sous mon bras I Oui, que je vive ou meure, Ilipparque, tu mourras! J'aurai vengé sur toi, sur ta horde servile, Les larmes de ma sœur, la honte de ma ville.

Il tire son épée, jette les branches de myrte qui la couvraient et sort à grands pas. Àristogiton et les conjurés t'imitent et le suivent en chantant *

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