XXIV INTRODUCTION
ment par des gens aussi imprudents que bien intentionnés? Il y a une erreur profonde et une illusion.
L'erreur, c'est la croyance au progrès continu dans l'art.
Victor Hugo, dans son merveilleux livre William Shakespeare a traité cette question du progrès dans l'art d'une façon définitive, et je n'aurai pas l'outrecuidance de la traiter après lui. Je renvoie ceux qui tiennent à s'édifier sur ce sujet aux pages lumineuses du chapitre intitulé : ce l'Art et la Science. »
Le grand poète y démontre d'une façon irréfutable comment le progrès continu qui est la loi de la science ne saurait être celle de l'art, et comment la perfection plus grande des moyens employés ne rend pas les œuvres plus belles. On ne saurait l'accuser d'avoir
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plaidé pro domo stiâ, lui qui a tant travaillé à perfectionner l'outillage littéraire !
Ailleurs, après avoir, dans une éblouissante galerie de portraits, peint à larges traits les grands génies dont s'honore l'humanité, le maître ajoute :
<( Ces génies, on peut les égaler. Gomment?
» En étant autres. »
Oui, en étant autres, et cette parole est la condamnation des théories wagnériennes.
Les œuvres de Richard Wagner fussent-elles parfaites, il ne faudrait pas les imiter.
Wagner a lancé dans le monde une idée féconde, c'est que le drame lyrique était le drame de l'avenir et qu'il fallait, pour lui permettre de marcher résolument vers son but, le débarrasser des impedimenta de l'ancien opéra, des exigences des chanteurs et des niaiseries de la routine. Cette idée, il l'a