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traduite à sa manière, et cette manière, excellente pourlui, est par cela même détestable pour les autres.
N'a-t-il pas lui-même changé de manière autant que d'ouvrage?Est-cequelesystèmedu Vaisseau fantôme est celui de Tristan? Est-ce quele système de Tristan est celui de la Tétralogie? Est-ce que l'auteur n'a pas même oublié parfois tout système, écrivant dans L(?^^/^^f m un grand ensemble italien, dans Parsifal des chœurs à l'unisson qui vont tranquillement de la tonique à la dominante et sont accompagnés par des accords répétés en triolets, dans la manière de M. Gounod? N'at-il pas montré ainsi qu'avant tout, il se laissait aller, en grand artiste qu'il était, à suivre les indications de cet instinct que, faute de pouvoir l'expliquer, on désigne sous le nom d'inspiration ?
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Le génie ne montre pas la route, il se fraie une route où lui seul peut marcher. Vouloir le suivre, c'est se condamner à l'impuissance et au ridicule. Reprenez son idée, mais en la traduisant à votre façon.
Voilà pour l'erreur.
L'illusion est de croire que la critique peut diriger l'art. La critique analyse, la critique dissèque. Le passé, le présent lui appartiennent. L'avenir, jamais.
La critique est impuissante à créer des formes nouvelles ; c'est affaire aux artistes^ et pour cela ils n'ont besoin que de liberté. Les conseiller, les diriger, c'est le plus sûr moyen de les égarer ou de les rendre stériles.
Or la critique wagnérienne est singulièrement intoléraute; elle ne permet pas ceci, elle interdit cela. Défense de déployer les
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ressources de l'art du chant, de remplir Toreille d'un ensem])le de voix savamment combinées. Au système de la mélodie forcée a succédé celui de la déclamation forcée . Si vou s ne vous y rangez pas, vous prostituez l'art, vous sacrifiez aux faux dieux, que sais-je?
Je me demande en vérité où tend un pareil ascétisme.
On ne saurait trop travailler, c'est évident, à donner au public le goût des jouissances élevées et des plaisirs délicats. Mais lui offrir, comme on dit ingénieusement, des beautés cruelles, lui servir un régal de souffrances délicates et de déplaisirs élevés, n'est-ce pas excessif? Gela tourne à la mortification. Or, quand on veut se mortifier, on ne va pas au théâtre; on entre au couvent.
Il en est du moins ainsi ce dans notre beau pays de France ^. Jeunes musiciens, si vous
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voulez être quelque chose, restez Français ! Soyez vous-mêmes, de votre temps et de votre pays. Ce qu'on vous montre comme l'avenir, c'est déjà le passé. L'avenir est avec vous. Malheureusement, comme je le disais tout à l'heure, il n'y a pas d'art sans public, et le public vous échappe. On lui a tant chanté, depuis un demi- siècle, les louanges de l'art italien et de l'art allemand qu'il ne croit pas à l'art français. Qu'on annonce l'apparition d'un opéra étranger, il y courra comme au feu, quitte à revenir l'oreille basse, comme après la première représentation de certain opéra italien ; mais, viennent des ouvrages comme Faust, comme Carmen^ il attendra pour y courir que l'univers les ait acclamés. Paris, qui faisait autrefois les gloires, se contente maintenant de les consacrer. Il reçoit la lumière au lieu