‹ Harmonie et mélodieChapitre 4 sur 29 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

n'écrirais plus, certes, que le réveil de Brunhilde est a un enchantement ». Non que la symphonie qui accompagne le réveil de Brûnhilde ait cessé de me paraître enchanteresse ; mais ce qui précède est si long, ce qui suit si languissant, et les trilles prolongés des deux amants si étranges, que les quelques mesures du réveil proprement dit me semblent une compensation insuffisante. En revanche, mon admiration n'a cessé de grandir pour Rheingold et pour les trois quarts au moins de Tristan et de la Walkyrie, Mais, tout en admirant la puissance colossale déployée dans le Crépuscule des Dieux et dans Parsifal, je n'en goûte pas le style alambiqué, et, selon moi, mal équilibré. Cette critique n'est que générale, bien entendu ; car il faut, il me semble, être dépourvu de tout sentiment musical pour ne pas admirer

INTRODUCTION. ix

l'oraison funèbre de Brûnhilde sur le corps de Siegfried ou le second tableau de Parsifal.

Malheureusement il n'est pas seulement question de musique avec Wagner; il est aussi question de drame, et nous n'allons plus du tout nous entendre.

Aux temps fabuleux du wagnérisme, alors que l'éphémère et charmant Gaspérini en était le prophète en France, il s'agissait d'arracher le drame lyrique à la tyrannie de la routine et des chanteurs, pour en faire le grand drame moderne; et, suivant cette idée très juste que le drame doit s'adresser aux masses, on parlait d'œuvres populaires dont les sujets seraient pris dans les légendes présentes à la mémoire de tous, en opposition avec les œuvres faites pour une élite purement mondaine, se mou-

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