HA&MONIES
edUent de feiix que ne peuTent suj^orter les yeuK des > mortels i ils brillent au seîn du soleil comme de nouTeaux soleils i de leurs gecbes éblouissantes^ toutes éclatantes.à la fois des re^ flets de Taorove et du couchant, s'éconlent des ruisseaux de liqueur^ de lait, de via, que In soleil colore de ses rayons immortels^ La lu«« mière ne s'y harmonie point avec les ombres, ni; l'été avec l'hiter , ni la yie avec la mort ; Émis la lumière s'y conjugue avec la lumière , le printemps avec le printemps , la vie avec la vie : là , tout sflence est un répoa p tout bruit une mélodie , toute odenr un parfum- La géo» graphie de notre terre ne nous présente que des noips insignifians ou ceux des puissances qui Pont bouleversée : id est File du Volcan ; Ut > te cap. des Tourmentes , la NouveUorEspngne ^ la [NonveUe^An^eterre , la Nouvelle^Fpanca > ia* meoses par leurs conquêtes sanguinaires , soni an sein de Tinnocieme Amérique. Jdais si la géographie du soleil pouvoii porter ^ dans la langue des hommes, des noms convenables à sa nattire , on y trouvei*ûit tout œ ^'ils cher-* ebspiienvaîn sur la terre et dont leurs; instincts ne leuriolErfint <pie dcs'ima^^ fugitives* SMai ses* cotttrbes inuàmbrobles • sont > la fpiadraiure du èercle et la i)éunioQ de Thyperbole à aea asymptotes f dans fieU/tei cca virginales est lafiMn
DE LA NATOKK. S7X
lion des tayons du soleil en or ^ et dans leur
atmosphère lumineuse et ondoyante est la vo-*
iatilisatioa de for en rayons de lumière ; à la
source du mouvement est le mouvement perpé*»
tuel y et tme jeunesse éternelle a celle de la vie
et de la beaMé: là éont aussi d'étemelles amours
et des générations sans fin; sur ses pics sont les ra-*
vissemens du génie , et dans leurs grottes pro*
fondes les extases de la consolation. Leurs in-*.
fluences se répandent sur notre terre avec les
rayons du soleil et y voltigent avec Fespérance ;
elles se reposent de temps en temps sur la vertu.'
Elles éclairoient votre intelligence, chaste New-^.
ton y quand vous déco.mposiez la lumière et que
vous pesiez les mondes ; elles se firent sentir à
vous y infortuné Jean- Jacques, quand, parvenu
aux extrémités ' de la vie terrestre et sur lesK-'
mîtes de h. vie du ciel. Vous v6us écriâtes en'
expirant : v Oh que le solefl' est beau ! je le
sens qui m'appelle. »
Si les poètes portent aussi eiA latîïi le nom de tuâtes y qui veut dire prophète , parce que , dans' Ictir enthousiasme, ih sont qudquefois inspirés SUT Favenir , pourquoi les houmiéis vertueux , ces amis de la Divinité , n'âitroîerit-îls pas aussi de semblables pressentîmens ? FéniHon a dû ea «voir à ces deux titres. H dédrit , sans y songcr , dans son Télêmaque le séjour* des âmes
^Jfà HARMONIES
heureuses dans les Champs-Elysées ^ comme s'U étoit placé dans le soleil.
. « Le jour c'y finît points et la nuit^ avec ses sombres voiles y y est inconnue ; une lumière pure e^ douce se répand autour du corps de ces hommes justes , et les environne de rayons comme d'un vêtement; cette lumière n'est point semblable à la lumière sombre qui éclaire les yeux des foibles mortels et qui n'est que ténèbres ^ c'est plutôt une gloire céleste qu'une lumière : elle pénètre plus subtilement les corps les plus épais , que les ray ops du soleil ne pénètrent le plus pur cristal ; elle n'éblouit jamais ^ au contraire elle fortifie les yeux et porte dans le fond de l'âme je ne sais quelle sérénité. C'est d'elle seule que les hommes bienheureux sont nourris; ^le sort d'eux et elle y rentre; elle les pénètre et . s'incorpore à. eux comme .les alimens s'incorporent à nous; ils la voient ^ ils la. sentent^ ils la respirent; elle fait naître en eux une source intarissable, de paix et de joie : ils sont plongés dans cet abîme de délices comme les poissons dans la mer ; ils ne veulent plus rien , ils ont tout sans rien avoir , car le goût de la lumière pure apaise la fiaiim de leur cçQur : tous leurs désirs sont rassasiés . et leur plénitude les élève au-dessus de tout ce que les homn^e^ avides et affamés cherchent sur la terre.
DE: tA NATTOE. Û'jS-
* Virgile avoit dit avant lui , sur les habiian» de ce séjour, ces vers qu'où peut appliquer si heureusement aux habitans du soleil :
Largior htc campos «ther et lamine yestît Porpureô ^ aolemqiie auom , «ua sidéra , noramt.
Enéide, liv. VI, V. 64©.
« Une atmosplière pluj vaste qae la nôtre couvre leurs cani'* » pagnes d^une lumière purpurine ; ils ont en propriété le soleil » et Bta planètes. »
En effet s'il est un lieu où Ton puisse goûter des jouissances célestes , ce doit être dans le soleil, par la nature de sa lumière vivifiante et parce qu'il est au centre de notre univers. A quoi serviront l'ensemble des ouvrages de la Divinité, s'il n'y avoit pas des êtres qui en jouissent? Leur principale bnnté seroit perdue. Une simple mousse a des insectes qui la contemplent , le monde doit avoir aussi ses spectateurs ; les parties de notre terre , quelque agréables qu'elles nous paroissent , u'en sont que des portions infiniment petites ,* notre plaisir croitpar leur rapprochement: nous en éprour vons d'abord à la vue d'une simple fleur; il aug-* mente par celle de la plante qui Ta produite ; il s'accroît par celle de la prairie qui en est émail-^ lée ; il redouble à la vue des brebis qui y cherchent leur pâturage j il devient plus touchant à celle d'à la bergère qui file la laine de ses brebis, 3. i8
1^4 «MMOIIIES
tandis qiie son amamt , avec son chien y défend le troupeau ; il acquiert encore plus d'intérêt a celle du bamean voisin y composé de familles laborieuses et innocentes : mais le bonheur d^m homme se termine souvent i son horizon y heureux cnccrre s'il peut y atteindre ! S'il s'en éloigne^ d'autres mœurs ^ d'autres lois ^ un antre langage^ des procès, des religions contraires^ des guerres cruelles , lui font douter s'il n'a pas pour ennemie sa propre espèce. Ainsi y dans le petit coin que nous habitons y nous n'embrassons pas plus la sphère de la vie que celle de la terre ; nous ne jouissons à la fois que du jour qui nous éclaire et de l'horizon qui nous environne } les révolutions des temps et des géliérations ne nous paroissent souvent qua comme un cercle monotone et difforme de jours et de nuits, d'étés tt d'hivers y de naissances et de morts. Placés sur un point de sa circonférence, le monde se montre à nous comme une figure peinte en pers* pective sur des cercles concentriques; parmi quelques couleurs agréables, elle ne nous présente qu'un ensemble monstrueux : mais mettes à son centre le miroir cylindrique qui en rassemble les traits y au lieu d'une furie vous, ver*** rez une Venus.
Il en seroit de înéma de la terre si nous la considérions du soleil : nous la verrions avee
Pastre qui fait tout Toir. Nous l'observ^rioB^ 4 travers cette atmo^plière merTeiUau^ de lu* mière, qui^ comme un cristallin vivant, entoura Tœil de notre univers. Les fttyons qu'il lance sont peut-être semblables à ceùi qui sortent de nos yeux, qui en expriment bien quelques passions au*dehors, mais qui ne manifestent pas les images qu^ils reçoivent au -^dedans ; ils res->* semblent p6ut«-ltre aux lunettes de longue vue, qui rapprochent par un bout et éloignent par l'autre. Newton les a décomposés par Textré^ mité qui arrive jusqu'à la terre; encore n'y a-> t-il aperçu que des couleurs, quoiqu'ils ren-^ ferment bien d^autres qualités, comme le prouf vent tant de productions qu'ils font éclore : maii qui les analysera par le côté où il^ émanent du sçleil? Il y a grande apparence que , si nous étions habitans de cet astre, nous verrions la terre , dans sa grandeur naturelle , tourner sur «lle«-méme, et nous développer toute sa circon-* férence dans le plus grand détail. Nous verrions son continent former des harmonies innombra** blés avec ses mers, exposer tour à tour aux influences du soleil, da^s des raf^rls opposée de sécheresse et d'humidité , deux zones torri^ des, deux tempérées et deux glaciales. Nous y Terrions les aurores et les couchans, les jours ' et les nuits, les étés et les hivers , se sucoéder