‹ Harmonies de la natureChapitre 15 sur 49 · DE MERCURE · texte numérisé non relu

DE MERCURE

Je suppose que nous jouissions dans le soleil de toutes les harmonies de son système , nous verrions d^abord Mercure , quinze fois moins gros que la terre ^ c'est-à-dire de onze cent soixante^ix lieues de diamètre , tracer , à onze millions de lieues de distance du soleil , un cercle annuel de quatre-ying^-sept de nos jours vingt -trois heures quatorze minutes trentetrots secondes ; nous apercevrions sa rotation sur lui^-même ou son jour particulier^ qui a échappé * jusqu'à présent à nos astronomes y parce qu'il est, par rapport à eux, comme perdu dans les rayons du soleil. Cependant^ ta en juger par analogie avec la longueur da jour de Vénus , qui est de vingt-cinq de nos jours dans la même zone torride, et avec la brièveté de celui de Jupiter, qui n'est que de dix heures daus la zone glaciale , il est possible que celui de Mercure soit de tout son cours annuel, c'est-à-dire de quatre-vingt-huit jours;

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en sorte qu'un de ses hémisphères seroit constamment éclairé pendant près de sir semaines. II s'ensuivroit de-là qu'un corps qui tourne rapidement devant le feu en est plus pénétré que celui qui y tourneroit lentement; ce qui semble contraire aux lois de notre physique. Cependant; on ne peut douter qile le mouvement n'ajoute à l'action du feu , et qu'un corp^ planétaire voisin du soleil , en tournant lentement ses hémisphères vers lui y ne donne à celui qui lui est opposé le temps de se refroidir : d'ailleurs il n'en faut pas conclure avec Newton que la chaleur soit dans Mercure sept fois plus forte que dans la zone torride de la terre ^ et que l'eau y soit constamment bouil*lante. La chaleur > comme nous l'avons observé y n'étant qu'une harmonie de l'air et des rayons du soleil ^ peut être nulle au sommet des montagnes de Mercure ^ si elles sont très - élevées au - dessus de son atmosphère > comme celles des Cordillères ^ qui sont couvertes de glace au sein de la zone torride. Or^ c'est ce que prétendent les astronomes y qui attribuent a rélévation des rochers de Mercure le$ reflets brillans qu'il nous envoie quand il est dans son périgée. Xe suis porté à croire qu'ils n'ont tant d'éclat que parce qu'ils sont couverts de glace j je me confirme dans cette

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4>pifiiod , parce que Mercure y au milieu de toute aa aplendeur^ préseule des taches obscures. Celte obscurité ne peut prdycnât de ses iners^ qui sont naturellement resplendissantes , comme nous le Terrons ailleurs ^ mais du sol même de ses montagnes y dont les glaces fondent a certaines périodes» Il y a apparence que aa zone Raciale Mi dans sa ^one torride , et que dans son o^urs antnuri il indine le pUa de son orbite de quatre vingt^ix degi^s sur som équateur , et que les •olslîoes sont dans ses pôles. Il en doit résulter^ «u contraire du globe terrestre , que ses pôles aont les plus habités , et qu'ils sonrt rafraîchis par des fontes périodiques de glaces qui des^ cendent des hautes montagnes de son équateur; ^lles doivent être encore plus éleyéas que les montagnes de l'Ethiopie, figurées en grands plateaux y qui projettent des omb^res profondes à leurs pieds. Tout ce que les deux Indes produisent sur la terre de plus précieux y n'ap^ proche point des richesses d'iuie planète baignée de tontes les influences du soleil. Les végétaux qui les reçoirent pendant des jours de six semaines y doit ent parvenir à des développemëos et À des perfections qui ne sont comparables qu'à ceux des végétaux des terres solaires même. La canne à sucre doit %f élever «à la àantenr . jles bambous du Gange , et la vanille , dont lea^

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^niques exbàletit de ^i doulpàrfuMs^ dmtétMdrè ses sarm^ns dans les forêts aussi loin qae lel» longs liâhes de TAinériqnè. Les t)Ui9Bances d^ la iiâttir^, qui setnbleht {>aiirehUes à leurs plus hauts périodes dans la zoue tofride 4e là terre ^ ne s'y sont peut-- être arrêtées que parce qud l'&ction du soleil tie ks k p&s portées plus loin $ tuais dans Mercure elles doivfcut former avee lui de noiiYelles harmonies et ét&blir 4aûS le§ minéraux ^ les Yégétàut tt lès aniMaui ^ une multitude de genres ineoiinûS à iios LiuUfleus» Les hàbitaus fortunés de MejrCurè n'ont pas besoin de soutenir leur vie pair là mort des ânimàul , ni de se lirrèr aux rude^ tràtauit dô 1 agrictilture. Dès fruits mille fms plu^ déltciènt que ceux de nos vergers (irbisâent' spontané**ment Sur une planète dont les polèi^ , psa: leur température , doivent produire les litchis et les mangoustans. Leur globe n^a presque (}ue le tiers du nôtre en circonférence ; mais il doit être plus difficile d'y voyager, à cause de l'âpret^ de ses rochers, et de la zone glaciale qui le di-^ vise en deux hémisphères. Le marcher et la durée de la vie des habitans de cette planète doivent être en rapport avec son étendue et ses années de trois mois ; ils doivent mourir ^ comme les habitans de la terre , au bout du, temps nécessaire pour la parcourir en enti^

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€t tn entrevoir toutes les harmonies. Si nom pouvons juger de leurs mœurs par celles des peuples qui ont vécu sous les plus belles latitudes de la terrie^ elles ressemblent à celles de ces bons Ethiopiens , sur lesquels Homère feint que Jupiter jetoit les yeux pour les délasser des horribles combats des Troyens et des Grecs. Au sein de l'abondance et des plus riches productions de la nature^ ils doivent être semblables à ces sages Indiens , livres aux plus douces et aux plus sublimes méditations , chez lesquels les anciens philosophes de FEurope alloient puiser des connoissances en tout genre; eux-mêmes en découvrent qui nous sont tout-à-fait inconnues. Dans le voisinage du so-^ leil , qui leur apparoit trois fois plus grand qu'à nous y ils doivent être ravis d'admiration et de joie lorsque son atmosphère ondoyante de lu* mièré s^entr'ouvre y et qu'ils y entrevoient ces terres célestes où coulent les sources immortelles de l'intelligence et de la vie , où ils aspirent d'arriver.

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HARMONIES SOLAIRES

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