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HQO KAftMONIES
les gérofles^ dont les doux parfums sont transporiési par les yents; les colibris y les brillans oiseaux fie Java^ elles tourterdles <piiy font leurs nîds^ et dont les chants et les doux murmures sont répétés par les échos; figurez-vous leurs grèves ombragées de cocotiers, parsemées d'huttres perlières €|t d'ambre gris; les madrépores de rOcéan indien, les coraux de la Méditerranée, croissant , par un été perpétuel , à la hauteur des plus grands arbres , au sein des mers qui les baignent ; s'élevant au-dessus des flots par des reflux de yingt*cinq jours, et mariant leurs couleurs écarlates et purpurines à la verdure des palmiers; et enfin des courans d'eaux transparentes qui reflètent ces montagnes, ces forets , ces oiseaux , et .vont et viennent d'ile ^n Ue • par des flux de douze jours et des reflux de douze nuits : vous n'aurez qu'unei foible idée des paysages de Vénus. Le soleil $ élevant , au solstice , au-dessus de son équatcur,.de plus de soixante-onze degrés, le polet qu'il éclaire doit jouir d'une température plus agréable que. celle de nos plus doux printemps. Quoique Jes longues nuits de cette planète no soient point éclairées par des lunes. Mercure, par son éclat et son voisinage , et la terre , par sa grandeur , lui tiennent lieu de deux Vénus. Ses habitans, d'une taille semblable à la nôtre ^
DE LA lUTUAC. sgi^
puisqu'ils habitent une planète du même' diamètre y mais sous une zone céleste plus fortunée^ doivent donner tout leur temps aux amours. Les ui^s , faisant paître des troupeaux sur les croupes des montagnes^ mènent la vie des bergers ; les autres y sur les rivages de leurs îles fécondes^ se livrent à la danse y aux festins^ s'égayent par des chansons^ ou $e disputent de» prix à la nage^ comme les heureux insulaires de Taïtî.
à^^ HARMONIES
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HARMONIES SOLAIRES
Là terre est à dix millions de lieues de Vénus ^ et à trente-quatre millions du soleil (i). Nous avons vu que ce nombre de jours ou de révolutions sur elle - même correspondoit à peu près au nombre de diamètres apparens du soleil qui pourvoient être contenus sur un de ses hémisphères célestes y depuis Torient jusqu'à l'occident. Ces harmonies solaires existent probablement aveé d'autres proportions 5ur les horizons des autres planètes ; elles pourroient 3ervir à déterminer leurs heures ainsi que les nôtres^ comme leurs révolutions sur elles-mêmes déterminent leurs jours, et celles qu'elles font autour du soleil , leurs années. Ce
(i) La terre, de deux mille hait cent soixante-cinq; lieues de diamètre , à deux mille deux cent quatre-vingttrois toises la lieue , tourne sur elle-même en vingt-quatre lieures , et autour du soleil en trois cent soixante^inq jours cinq heures quarantc-buit minutes et douze secondes environ.
DE LA NATUJir. 5g3
diamètre apparent du soleil , qui est à peu près sur la terre d'un demi-degré céleste^ pourroit y servir de mesure fixe et constante. Il seroit fort aisé de Tavoir sur un miroir plan, en y découpant une feuille de papier de la grandeur de l'image^ à Féquinoxe du printemps, à l'heure de midi, lorsqu'il est tout-à-fait élevé Àu-dessu$ des vapeurs de l'horizon, qui la grossissent. Mais nos astronomes viennent de donner la préférence à la longueur du pendule , plus sujette à variation , mais plus savante. La terre., en tournant sur elle-même, dans un jour présente au soleil tour à tour son hémisphère supérieur et inférieur, et, en tournant autour de lui obliquement dans un an , elle lui montre j;oui: à tour son hémisphère septentrional et le méri-* dional. C'est ce mouvement oblique qui forme l'inégalité de ses jours et de ses nuits, et qui donne alternativement à chaque hémisphère le printemps , Tété , l'automne et l'hiver. Four s'en faire une idée , il faut considérer la terre circulant autour du soleil pendant un an , de manière que la moitié de son équateur soit si& mois au-dessus de son orbite et six mois au^ dessous , sans que toutefois son pôle septentrional cesse 4e se diriger vers l'étoile polaire. La plus grande obliquité de son équateur sur son prbite est de vingt-trois degrés et demi , et elle
394 HARMOKIES
y parvient à un des solstices ; elle en prend une opposée f et de la même inclinaison , à l'autre solstice. Cette obliquité alternative paroît provenir du centre de gravité de ses deux hémi* sphères y qui sont alternativement plus pesans. Les vapeurs que le soleil élève par sa chaleur sur rOcéan , s^accumulent sur le pôle qu'il n^éclaire pas , au point d'y former des continens de glaces de quatre à cinq mille lieues de circonférence et de plusieurs lieues de hau* teur.
Ce pôle surchargé se rapproche du soleil y qui l'attire^ et oblige le pôle opposé de ^n éloigner: il perd insensiblement une partie de ses glaces et de son poids par la présence du soleil^ qui Té* chauffe pendant six mois, jusqu'à ce que le pôle opposé, redevenu à son tour plus pesant par l'absence du soleil qui aceumule sur lui de nou* Telles glaces, reprenne son ancienne inclinai** son. De ces mouvemens versatiles des pôles qui ont lieu aux deux équinoxes quand chaque hémisphère , entraîné par son poids , se rapproche tour à tour du soleil, naissent les deux courans généraux de l'Océan, qui changent aux mêmes époques, et qui proviennent de la fonte alternative des glaces polaires dont ils en* traînent des fragmens entiers , hauts comme des montagnes et grands comme des îles, au
DS LA KATCfUE. agS
eein des zones tempérées. • Je snk porté à croire que FOcéan^ «ii harmome avec la pré-» sence et l'absence da soleil , est la »c^usé dé tous les mouvemens* de la terre/ oOttiine il Test de toutes ses températures; Uacadémicien Mairan a prouvé géométriquement que la seule action du soleil sur rhémiispluèro d^une planète suffiroit pour la Êiire tourner: les savans lui ont fort ' applaudi. * Je ne sais comment il a]^liqne cette action auk satellites des planètes: qui n'ont point de rota^s• tion sur eux-mêmes; mais il est cqr tain' que notre Océan , qui forme par ses congélations deux énormes contre-^poids sur ses pôles ^ do^t în£uer sur toi|s les mouvemens de liotr^ terre : il circule autour d'elle comme la sève dans les végétaux et le sang daiis les animaux. U est , après le soleil , le premier mo^ bile de toutes le3 circulations de l'atmosphète ^ des fleuves/ et des êtres organisés^) e^est ainsi que Feaii qui fait mouvoir la grande roue d'une machine est le mobile de tous ses effets. , . :
, Quoi qu'il en soit , si la terre montroit constamnl^nt son équatenr au soleil ^ comme il devroit arriver par les simples lois de sa gravitation ,' les glaces de ses pôles ne foudroient jamais : elles augmenteroient de. joue
2Ql^ lUniiOicnES *
en :^iir ; -TOcéan n'auroit plus dt courans gé^ nép^ux cle six mois , qui proviennent de lenra fonle$>jprQduitQ&tour à toarpar Faciion dusoleîl sur chaque hémÀspHère boréal et méridional pen* dant c^te dèmi*«nïiée; il n^auroit plus de me^ré» -de douze lieures dans un }Our y qui en aont tes suites^ étant produites par Taciioa du. soleil sûr la partie supérieure ou infë*» rieure . de. ce même hémbpfaère dans un demir jour; le bassin de TOcéan se dessécheroit i les Tapeurs que pompe ratmoq[»here n'alimeàteroûsnt plus les fleuves , elles iraient se fixer en congélations sur les pôles; la seule zone del'é^ quateur serait habitable^ mais elle ne s'étendroit pas fort loin; la* plus grande partie du globe serait . couverte de glaces à peu prèscomma son atmosphère septentrionale Test au mois de mars : la terre alors apparoitroit très-bril^ lante au milieu des autres planètes^ à Texcepr tion de sa zone torride , ^qni formeroit autour d^elle une bande sonîbre. U faudrait tontes Ibis en excepter les sommets glajcés de ses hautes montagnes, et ses mers^ qui^ comme toutes les eaux y sont resplendissantes. Je prendrai ^ à ceQe occasion > la liberté de réfuter quelques erreurs accréditées par de savans astronomes s ils prétendent que les parties brillantes que Von aperçoit dans les planètes sont ses con^*
SB LA. KÀTIHIE. ^CfJ
tliieiis/'iet que seâ taches sont ses mers. CTest^
à mon avis y tout le contraire* Si tous mettez
dans votre chambre de l'eau dans un yase de
terre aus^ rayons du soleil^ il est certain
qu'ils seront réfléchis par Teau et non par le
vase; vous verrez la lumière tremblante de
Teau vacillei: sur votre plafond ; elle sera beau*
coup plus éclatante que celle que peuvent
renvoyer votre plancher et tous les corps non
poli& Si vous jetez les jreux sur un paysage >
les collines lointaines y paroissent d'un bien
sombre; qiais les rivières se- distinguent y au
sein des vertes prairies y comme des méandres
d'azur et d'argent. S'il en esCt d^ même des
mers resplendissantes y les îles ajçaroisséht
ternes ^ et c'est même à leurs teintes rembru-r
nies qu'on les distingue des tiuages de l'hori-r
zan« U en faut excepter les sommets de leurs
montagnes quand ils sont couverts, de neige >
car alors ils sont très-brillans > tandis que le
reste de l'Ile est dans l'obscurité y quosique le
aoleil l'éclairé : c'est ce que )'ai observé inor-
même en passant à vingt lieues du pic dê-Té-^
iiiérifie«»C€B effets sont connus de tou!s les
peintres ^ et ils prouvent que les. astronomes
ont besoin de s'en rapprocher; car si cenxr
ci déterminent les distances des objets à Faidè
298 ' HAKM09IË9
de leurs instrumens , ceux-là , qui. étudient da-* virutage les harmonies de la lumière^ les expriment mieux avec leurs pinceaux. La réver<« bération des rayons du soleil sur les eaux est même si forte y qn^elle occasione souvent en ëté ce qu'on appelle des coups de soleil ; elle n'est pas moins grande sur les nuages et les brouillards, qui obscurcissent^ dit-on, quelque*» fois les planètes. Il n'est pas douteux qu'ils ne voilent l'éclat du ciel quand ils sont épais y en grand nombre , et qu'on les voit du fond d'une Vallée interposée entre le soleil et la terre ; mais quand on est élevé'au-dessus d'eux et au sommet d'une baute montagne, et 'qu'ils sont éclairés du soleil , alors ils paroissent éclatans comme la surfa<;e d'un lac. C'est dai» cet éclat que nous les apercevons souvent^ lorsque, réunis* eti ' grandes masses dans l'atmosphère , et frappés des rayolis du soleil , ils apparaissent d'une blancheur éblouissante , comme une portion neigeuse des Alpes suspendue' dans les airs. Ges considéitatioas^ sont très-importantes. Elles nous préserveront d'abord des préjugés astronomiques et serviront tom a l'heure à expliquer les catues de ces bandes circulaires, tantôt sombres , tantôt luinineuses^ que l'on aperçoit dans Mars^
DE lA NATUkE. ^QQ
Jupiter et Saturne. Au reste, je n'ai plus rien à dire, dans ce paragraphe, sur la terre > ayant fait connoître dans le cours de cet ouvragé les harmonies de ses diverses puissances. J'obser-verai seulement que cette planète étant dans la zone céleste tempér,ée , la nature lui a donné pour compagne une lune ou un satellite , qui renvoie les rayons du soleil , particulièrement vers ses pôles , comme elle a mis sur la terre deux longues bandes de sable à droite et à gauche de son équateur, pour produire les mêmes effets par le moyen des vents. La lune a pour diamètre environ le quart de celui de la terre, c'est-à-dire sept cent quatrevingt-deux lieues; elle en est éloignée de quatre-vingt-cinq mille sept cent quatre-vingtdouze lieues dans sa distance moyenne , et elle fait sa révolution autour d'elle en vingt-neuf jours douze heures quarante-quatre minutes trois secondes. Elle lui renvoie les rayons du soleil suivant diverses harmonies, se montrant successivement en croissant, pleine, et en-dessous; mais lorsqu'elle est pleine, elle circule jour et nuit autour du pôle terrestre , que lastre du jour abandonne. Gomme ces harmonies sont nombreuses, et qu'elles ont, avec celles du soleil, la plus grande influence sur la terre , nous
300 HARUOmES
le& peindrons ensemble , immédiatement âprà avoir achevé de donner ici une idée des autres planètes I de lenrs satellites i et même des étoiles.
DE XA KATITIE. 3oi
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HARMONIES SOLAIRES