‹ Harmonies de la natureChapitre 18 sur 49 · DE MARS · texte numérisé non relu

DE MARS

Après la terre suit Mars^ à qnarante-sept millions de lieues du soleil dans sa distance moyenhe« Il a de diamètre environ la moitié de celui de là terre^ c'est-à-*dire mille quatre cent quatre- Vingt«*dix lieues: ainsi il est cinq fois moins gros (i). Son cercle annuel e^tleplus excentrique de tous ceux que décrivent les autres planètes^ de sorte qu'il apparolt à la terre quelquefois fort grand et quelquefois fort petit: quoique plus éloigné qu'elle du soleil , il n'a point de lune ; mais

(i) Son jour est de yingt-qaatre heures trente-^neof minutes vingt et nfte secondes | et sa révolntion autour du soleil y ou sou année , d'un an trois cent vingt et ua }oufs Tingt-denx heures dix-huit minutes vingt-sept se* condes. Son équateur est incline sur son orbite de vingtlinit degrés quarante«-deux minutes : ce qui lui donne une «one torrîde; de cinquante^sept degrés vingt-quatre aufiotei.

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il est environné d'une atmosphère beaucoup pins considérable. Une * étoile fixe 'éclipsée païf lui ne reprend la vivacité de sa lumière qud quand elle en est éloignée des deux tiers du diamètre de Mars ; ce qui suppose que cette planète la réfracte ^ et qu'elle a au moins mille lieues d'élévation^ Elle doit y accroître considérablement la chaleur du soleil en réunissant tme très-grande quantité de ses rayons; car^ comme iious l'avons vu^ l'atmosphère d'une planète fait autour d'elle l'office d'une grande loupe çphérique : le soleil doit donc apparoitre sur y horizon de Mars long- temps avant son lever, et n en disparoitre que long-temps après son coucher -, son diamètre doit aussi y être considé-* rablement augmenté par la réfraction : les nua^ ges que sa chaleur y élève montent & une hauteur bien plus grande que ceux de la terre , qui ne parviennent guère qu'à une lieue et demiej Ceux de Mars forment^ dans sa vaste atmosphère. des perspectives aériennes ravissantes ^ de plus de cent lieues d'élévation et de deux on trois cents lieues de profondeur ; il doit y avoir de terribles tonnerres et de prodigieux échos; les rayons du soleil doivent s'y refléter de mille et mille manières* C'est probablement à ces riches reflets que Mars doit la lumière rougeâtre qui le distiugue des autres planètes ; peut-être aqssi

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la doit-il à la couleur d'un sol ferrugineux ^ comme quelques-uns le pensent.

Ce qu'il a encore de très-remarquable (est une bande obscure qui occupe quelquefois plus d'un de ses hémisphères^ ainsi qu'elle apparut en 1704 et en I7i7> avec cette différence qu'en 17 17 elle étoit plus éloignée de son équateur^ et plus rapprochée de son pôle méridional. £q 1719^ depuis le 17 mai jusqu'au mois de no-^ -yembre y lorsque Tété commençoit à régner sur le pôle de Mars , à notre égard le méridonal^ la lumière de sa zone fut très*remarquable, tandis que celle de l'hémisphère opposé/ qui s'étoiç montrée auparavant dans le même éclitt ^ dis-? parut entièrement. On ne peut expliquer ces» variations régulières en assurant^ comme quelques astronomes y qu'il s'y fait des bouleversemens considérables par des tremblemens de terrq ou des submersions de mer : il seroît plus naturel de supposer que les hémisphères de Mars, comme ceux de la terre, se couvrent, dans leurs hivers, de neiges qui les rendent éclatans lorsque le soleil vient à les éclairer, et qui ensuite apparoissent sombres lorsqu'elles sont fondues par la chaleur de leurs étés. Il en doit être de même de ceux de la terre, dont les contmens doivent apparoitre aux habitans des autres pla* aètes, tantôt brillans par les neiges qui les cou«

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TTent, tantôt ternes et rembrunis^ suivant les saisons de leurs hémisphères. U j a sans doute dans Mars des mers ^ dont les vapeurs produisent alternativement ces effets par leurs congélations et leurs fontes. Outre la bande de Mars qui passe d'un hémisphère dans Pautre, alternativement sombre et brillante , quelquefois ovale , quelquefois coudée ^ il y a aussi deux taches temporaires y voisines de ses pôles , et plus éclatantes que le reste , mais dont on ne voit qu'une seule à la fois^ étant tour à tour éclatantes après leur hiver , et sombres après leur été. Il arrive de-là que cette planète parole quelquefois échancrée à un de ses pôles , qui di^rolt entièrement. Ceux de notre terre , au contraire^ doivent toujours être en évidence , et lui conserver sa rondeur apparente , parce que les glaces n*y fondent jamais en entier. Les pôles de Mars ont le soleil , pendant leur été > élevé de cinq degrés de plus sur leur horizon. Ils Yy voient circuler pendant près d'un an ; et comme leur atmosphère est beaucoup plus étendue^ ils en reçoivent plus de chaleur malgré son éloignement^ et doivent perdre toutes leurs glaces. D'un autre côté, quand le soleil reparolt sur le pôle opposé, oii les glaces ont eu le temps de s'accumuler pendant une nuit et un hiver de trois cent quarante-troi^ de nos jours, cet hé^

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mi^here }ette alors un éclat si vif par la ré— flexion de ses glaces et la réfraction de sa vaste atmosphçre^ qne/lorsque Mars est à la fois dans son périgée et son périhélie^ son disque étant sombre à un pôle et très^-brillant à l'autre , il apparoit quelquefois comme le disque îrrégulier d'une comète. Si on calcule la grandeur des liabitans de cette planète d'après son diamètre ^ ils doivent être la moitié plus petits que notis , «t avoir seize fois moins de force corporelle ^ si on suppose la force des corps animés en raison •de leurs cubes. Mais comme la nature ^ ainsi que je Tai déjà dit , n'a pas. proportionné les liommes sur la^ terre à la grandeur des lies qu^ls babitent^ mais' aux fspports généraux de leur globe avec le cours *du soleil^ il est pro^ bable qu'ils sont de la même grandeur sur tantes les planètes. Ceux de Mars'^occupent un globe beaucoup plii3" petit que le n6trô'^ mais quiaà proportion plus de terrée hal tables^ parce que ses flones glaciales se fondent entièrement': ils'Oàt drailleurs le^empsde lesparcourir pen^ •datntdâsétésd'une deiioS/aanîées.'Si la c^aleuD y. a nvdifs dHntenttté / eile^y lai^s dé Aiivjie^ ce qui éiabliide$proj»o3!^ioiKS>totrté^difl^6]iies/des ÂAtresavec la maturité dès- Ifo^ahs etië9-)g<»é^ ra^tions des animâtix; ILeBdiamètïse' 4le leur terre est une fois pluspeitit; dtlalongueur deleur aiinée

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est une fois plus grande Ik àbirAni sur leurs poks y déauéa de glace pendant six mois^ des phéfiOBMaes que les liomiqes n'oni jamais pi^ observer sor ceqx de la terre , qui sestent^ après kur eoart été^ tcw^jours coaverts de. glacievs de plus de quinze cents lieues de eicconfifrence. Ik ea voient le pôle aimani» à na, ses nombreuses mijnéraHsaûons ^ ses crêtes élçTéès^ surmontées, de. cratères profonds qui ont été les berceaux de. ses mers^ et qui pendant son été se couvrent de verdure. Mais lorsque, dans sanhiver, les courans du pôle o|v posé yieàneait cpUYrir leurs fengues grèves. 4^ flols que le froid y cristallise^ e% que leurs vapeurs s'y . accumulent e» hautes pyramides de neige :: alorsî une foule d'animanx aboi^dent le long de ces régions glacées^ ncm. poujr y trou*cver des alimeaa que. la terre, leuir refuse , mais pour y recueilUt ceux que tes miers étalèni sur «ces^-rivages. C'est. vec&i les pôles qive seceodeift k plupan de& débris et des dissolutions^ de toutps. ks productions des coniâneasi tt des eaux* C'est iaans dantoàides'allavioas semUk* bks qu'il iàiUa^iubuiQ^ l'instinct qui poète los oura Uancs et les feMjidsi)<|e IfSiirepe.à itéfr quesfter lès côiéa stérile^de la. Nouvette^eeEibk^ et les ! chevaux niaiiiis.| Qea lions, marins., les baleines, les pingouina et une multitude^ d'aï»

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seanx de marine à s'approcker des tles australes et boréales. Ceé anifiaai»x ne tvouveiroieM rien sur ces terres désolées et eow^ertes de neiges éternelles > si les conrans du pôle opposé n'apportoient, pen^nt ïé^éy sûr leurs rivages ^ jus* qu'aux arbres des pays plus^ méridionau]!^. C'est ce qu'éprouvèrent les Hollandois qui passèrent' l'hiver à la Nouvelle-Zemble par le soixanteseizième degré. Les instincts des ours blancs et des renards hyperboréens sont de nouvelles preuves des fontes périodiques polaires qui entretiennent ces correspondances d'une extrémité du globe à l'autre^ en occasionaut les courans et les flux et reflux des mers. Il y a apparence que les habitans de Mars se livrent à des chasses abondantes sur les grèves de leurs poles^ que leur Océan couvre et découvre dans des espaces immenses. Leurs forêts^ leurs rochers et leur vaste atmosphère, retentissent du son belliqueux de leurs cors , et peut-être a<issi de celui des tambours et des trompettes , qui fait verser le sang des hommes; car la chasse est le premier apprentissage de la guerre. Situés à l'extrémité de la zone tempérée céleste, ils doivent avoir des mœurs semblables à celles des Tartares, des Polonois et des Allemands septentrionaux, placés aux confins de tiotre

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zone tempérée terrestre. La planète de ' Mars ^ suirant ropinion des anciens^ nous envole des influences guerrières , comme le dieu de la guerre dont elle porte le nom ; mais elles sont tempérées par celles de Tastre des amours y qui circule a la même distance de nous^ dans une plus heureuse latitude.

DE LA nattthe. 3og

HARMONIES SOLAIRES

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