D'HERSCHELL
fc Quand même on sapposeroit^ dit Voltaire dans ses Elémens de lal^kilosophie de Newton j quelque autre planète que Saturne qui feroit sa révolution autour du soleil y par exemple , à six cent millions de lieues de distance du centre universel de notre système, de quoi lui serviroient la lumière et la chaleur de cet astre , dans une distance où il ne paroitroit pas plus grand que nous paroissent Jupiter ou Yë-^ nus ? J'ai supposé six cent millions dé lieues de distance moyenne de ce prétendu corps au soleil y parce que , si cette distance étoit moindre^ les planètes s'attireroient et s'embarrasser oient trop par leur gravitation réciproque. »
A la louange de Voltaire et de Newton , ou au moins du système de la gravitation^ Herschell a découvert une nouvelle planète à six cent mil-* lions deux cent mille lieues de sa distance moyenne au soleil^ il l'a appelée l'Astre de George II; pour honorer la mémoire du roi d'An-*,
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gletetre son bienfaiteur ; d'autres astronomes Font nommée Uranns^ mais la plupart lui ont donné le nom d'Herschell ^ et c'est avec grande justice. Chacun doit recueillir la gloire de ses travaux ^ et le nom d'un philosophe est encore plus digne du souvenir des hommes ^e celui d'un roi ou d'un dieu de la fable.
Lia nature a donc placé la planète d'Herschell à plus de six cent cinquante millions de lieues du soleil y dans sa plus grande distance, de cet astre : sans doute elle participe à sa lumière et À sa chaleur ^ car la nature n a rien fait en vain. Il est très-possible que le soleil paroisse plus grand que Jupiter ou Vénus sur l'horizon d'Herschell^ si cette planète est environnée d'une grande atmosphère^ comme il est vraisemblable. Elle a douze mille sept cent soixante lieues de diamètre , c'est-à-dire environ dix -huit fois plus de surface que la terre et quatre-vingts fois plus de grosseur (i).
(i) EUe décrit son orbite annuel autour du soleil dant qaatre-vingl-trois ans cinquante-deux jours quatre heures dix minutes. Quant à sa révolution diurne , elle est incpnDue, Herschell a observé un grand aplatissement sur ses pôles , pent-elre parce que n'étant pas revêtus de glaces, et n'étant pas lumineux, ils cessent d'être vi« sibles. II lui a découvert six satellites , dont le premier et le plus proche fait sa .révolution en cinq jours vingt et
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Les distances des planètes au soleîl se prouvent pir la grandeur des angles sons les-» ^ek elles Faperçoiyent , et réciproquement k grandeur de ces angles par les distances des planètes. Quoique cet astre ne paroisse pas plus grand sur Thorizon d'Hersehell que Vénus sur celui de la terre , il peut allumer une forte clialeur dans sa vaste atmosphère^ comme «ne étincelle , au moyen de l'air , allume un in« Son influence électrique doit j être grande, puisque ses rayons réfléchis ont encore assez de force pour revenir d'Herschell vers la terre et se rendre sensibles à nos télés-
une heures vingt-cinq minutes ; le deuxième, en huit jours dix-sept heures «ne minule dix-neuf secondes ; le troisième y en dix purs vingt-trois heures quatre minutes; le quatrième , en treixe jo^rs onse heures cinq minutes une seconde ; le cinquième , domUe de la disUnce du quatrième y en trente^iuit joursune heure quarante-neuf minutes ; et le sixième y quadruple de la distance du cinquième y eu cent sept jours seize heures quarante minutes. Ces distances dc sont poiol marquées dans notre Cbnnaùsanoe des Temps y ok Ton remarque y d'aiUeurs y qu'il j a beaucoup d'obscurité et de doutes répandus à dessein •nr les déeouvevtes de ee grand homme* Quoi qvk'û en soit y Herscbell soupçonne à sa planète un double anneau
pour Téclairer, comme celui de Saturne. B n^a pu décon* Trir le temps diurne. Un autre astronome vient d*j d^ eouvnr deux nouveaux sateHites.
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topti tdt même à l'œil nu. Herscliell ^ placé ^ux extrémités du système solaire , n'en aper-» çoit pas plus les planètes qu'il n'en est aper-^ çu ; mais il voit peut-être celles des systèmes voisins , qui en parcourent aussi les extrémités ; il voit peut-être aussi les soleils lointains qui les éclairent y et dans son immense orbite il compte ses saisons par des aurores étrangères^ une vaste atmosphère doit les réfracter sur son horizon et en augmenter les effets : il a sans douté encolre d'autres foyers de chaleur ^ sur lesquels nons sommes réduits à conjecturer. Mais ce n'est pas s'éloigner de la vraisemblance^ de supposer que les continens d'Herschell sont par zones circulaires^ parallèles à son équateur^ et entremêlées de zones maritimes , comme celles de Jupiter et de Saturne ; que ses terres y et surtout les polaires y au lien d'être élevées en hautes montagnes^ comme délies de Mercure et de Vénus y voiànes du soleil y on disposées en pentes douces comme celles de Jupiter et de Saturne, sont creusées, sur un plan uni, en vallées qui réverbèrent les rayons du soleil. Il faut au moins accorder à la nature autant d'indnstrie qu'aux Chinois, qui , sous le climat de Pekin^ où les rivières gèlent tons les ans pen«^ dant six semaines, construisent des serres en {ofmt de fossés ; où ils font croître sans feu 3. aa
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des primeurs pendant Fhiver. Le Créateur a placé des modèles de ces vallées chaudes au sein de la zone glaciale , comme il a placé des monta^^nes glaciales au milieu de la zone torride. Il est probable que la planète d'Herschell a des volcans sur" ses rivages , qui en réchauffent le sol, comme le volcan de THécla réchauffe le sol de Tlslande. Peut - être les mousses et les lichens qui décorent nos neiges de verdure , de pourpre et de fleurs , s'y élèvent à la hauteur des arbres pendant des hivers de quarante-deux ans. Si de simples fougères de nos "climats parviennent à la hauteur des palmiers dans notre zone torride y et si des mousses pendent comme de grandes draperies aux ra* meaux des sapins dans notre zone glaciale , celles-ci doivent former , vers les pôles d'Herschell y des forêts de laine et de soie. Les lichens qui tapissent nos rochers y et dont les ser mences mûrissent malgré les âpres vents du JVord y doivent offrir dans leurs urnes de corail des asiles aux oiseaux et peut-être même à des bergères. Des poissons cétacés y comme des baleines , et des amphibies y tels que les chevaux marins, qui se plaisent au milieu des glaces flottantes, s'y engraissent sans doute dans de vastes mers et y sont d'une grosseur prodigieuse : ils fournissent à ses habitons les huiles
tiécessÀires à leurs lampes et à leurs ' foyensi. !
Nous n'en devons pas doxitër > puisque c'^t m \