PLANÉTAIRES
V^uoiQUE je n'aie donné qu*pn bîen^foîble aperçu des harmonies du soleil dans les planètes, il est aisé de voir que ce n'est ni sa force centripète ni sa force centrifuge qui les ont dispersées dans Tordre où elles sont. Si cela étoit , les plus grosses seroient ou les plus voisines de lui, ou les plus éloignées, ainsi que je l'ai observé ^ elles seroient rangées autour de lui à des distances proportionnées à leur diamètre : or c'est ce qui n^est pas. Herschell en est bien plus éloigné que la terre , quoiqu'il soit plus de soixante^quatre fois plus gros, et Venus en est plus près , quoique de même grosseur à peu près que notre planète. En vain leur suppose-t-on des densités différentes , elles devroient au moins être toutes dans le plan de son équateur : leurs orbites , au contraire y ^ont inclinés sur lui du même côté , sous diffé-
rens angles (i)^ de sorte que ces planètes se s'éclipsent que dans leurs noeuds^ c'est- àdîre aux points où leurs orbites se croisent» Sans cette disposition admirable^ elles se fussent éclipsées fréquemment^ et les plus voisines du soleil eussent enlevé la lumière aux plus éloignées. Il n'en est pas ainsi de Tinclinaison des orbites des satellites par rapport à leurs planètes. Tous ceux d'une planète sont sur le mémo plan et ont la même inclinaison sur son équaleur (2). Comme ces planètes secondaires ne reçoivent pas la lumière de leurs j^anètes principales , et qu'au contraire elles , lui renvoient
(i) L'orbite de Mercure est de quatorze degrés vingt minutes ; celui de Vénus , de dix. degrés quarante-troi» niinules yingt secondes ; de la terre y de sept degrés vingt minutes ; de Mars , de neuf degrés onze minutes ; de Jupiter y de huit degrés trente-neuf minutes dix secondes; de Saturne , de neuf degrés cinquante minutes vingt secondes ', d'Herschell y de huit degrés six minutes vingt» cinq secondes.
[1) Les orbites des satellites de Jupiter y sont inclinés de trois degrés dix-huit minutes environ ; ceux de Saturne ^ ainsi que son anneau , de trente degrés; ceux d'Herschell, de quatre-vingt-dix degrés. Il faut en excepter Finclinabon de Porbite du septième satellite de Saturne , qui n'est que àe quinze degrés.
celle du soleil^ elles ne se nuisent pas les unes et les autres dans le même plan : elles y sont placées comme des miroirs qui réverbèrent tous ensemble vers les mêmes foyers. Certain nement Tattraction n'a pas réglé ces conve-* nances^ puisqu'elles paroissent contraires à ses lois; car les inclinaisons des orbites sont va-* riées dans les planètes par rapport au soleil^ et elles sont , par rapport à chaque planète , égales dans leurs satellites ^ qui d'ailleurs en wnt à des distances fort différentes. Effectivement, comment concevoir que des planètes dont les masses et les distances sont si inégales , et dont les mouvemens sont si réguliers , n obéissent qu'aux lois uniformes de Fattraction? Comment imaginer que c'est justement lorsqu'elles sont les plus voisines du soleil et qu'il les attire le plus fortement, qu'elles s'en éloignent avec plus de vitesse ? Quel contradictoire effet de la force centripète I Que feroit donc de plus la force centrifuge ? Comment concevoir que la première se change tout à coup dans la seconde , pré-* cisément quand elle est parvenue k son plus haut degré? Comment a-t-on pu appliquer cette théorie aux comètes tant de fois prédites en vain ? JTaimerois autant croire qu'un vaisseau qui yogue à pleines voiles sur VOcéan est at^
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tiré aux Indes par viia force centripète^ qui le repousse ensuite Yen l'Europe au moment où il est près d'échouer sur leurs rivages. J'admets que 1 attraction existe dans toutes les parties de la matière ^ qu'elle émane du soleil , et qu'elle attire à lui tout ce qui flotte dans l'océan immense de ses rayons ; je conçois ses effets comme ceux du courant général des mers, qui, partant d^nn des pôles de liDierre^ pousse vers son équateur tous les corps qui nagent à leur surface^ et qui lès ramène vers ce même pôle par des contre-courans latéraux. Mais comme il y a dans un vaisseau un pi* lote qui en dirige la route , n'y a-Ml pas aussi dans chaque astre un être intelligent qui en dirige le cours ? N'y auroit^l pas nn^ pilote céleste qui, malgré le voisinage des autres corps planétaires qui lattirent , et sa force prodigieuse qui le précipite sur le soleil, dirige toujours son orhite autour de lui dans des temps et des espaces réguliers ? U y a sans doute dans ces corps célestes deç ftmes qui disposent de leurs aimans, comme il y en a dans le corps des animaux terrestres^ qui disposent de leurs passions et qui en ont l'instinct et la conscience. Un simple coquillage est fermé d'une matière crétacée , disposée par couches concentriques ^ et parsemée i sa sur*