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&ce de tubercules et de sillons, comme la terre. H est souvent couvert de plantes marines qui y végètent et de petits animaux qui les habitent. Il est semblable i un petit monde; cependant il renferme un animal intelligent, qui voyage dans l'Océan avec ses forêts et ses habitans , va , vient , circule , et passe souvent d'une zone dans Tautre en réglant 4a route sur le soleil ou sur la lune. Que dispje ! tout est rempli sur notre globe d'êtres animés: Tair, les eaux, la terre, l'épiderme d'une feuille. Un rotifère , habitant des toits , semblable à un grain de poussière , auroit une âme qu'il peut conserver des siècles dans une gouttière, sans nourriture, malgré l'excès du chaud et du froid , et il n'y en auroit pas une dans le globe immense d'une planète ! il n'y en auroit pas dans le soleil , qui donne à tous les animaux de la terre le mouvement et la vie ! Quoi ! lorsque, la nuit, je jette un coup d'œil sur les astres innombrables du firmament, et que ^ confondu dans mon néant, j'entrevois leurs distances inappréciables , leurs grandeurs immenses, leurs durées éternelles : je croirois alors que moi qui ne me suis rien donné , moi dont la vie est moins robuste que celle d'un rotifère^ moi qui ne puis rien savoir que par le secours de mes semblables, moi qui ai tout reçu; je
crôîrois^ dis-je^ que moi seul ai une âme intelligente^ à Texclusion des objets que je con«» temple! Je croirois que ces corps immenses sont les jouets éternels d'une force aveugle qui les attire toujours sans jamais les réunir^ et qui les repousse sans cesse sans jamais les séparer! Si un de ces animalcule^ lumineux -
dont rOcéan esx imprégné dans la zone torride^ étoit. capable d'une certaine, étendue de jugement^ et que^ bouleversé par la proue d'un vaisseau qui vogue la nuit au milieu des légions innombrables de: aes semblables^ il en ccmcluoit que nos .flottes isont des masses obscures et inanimées^ emportées par d'aveugles courans y il raisonneroit pbiis conscquemment que l'astronome qui sait que des milliards d'âmes sont disséminées? «ur la terre qu'il foule aux pieds^ et qui affirmeroit qu'il n'y en a pas une seule dans les cieux. Pour moi^ je crois certainement qu'il y a dans chaque planète un génie qui en règle les mouvemens y et auquel il a été donné de voir l'ensemble de nos mondes y qu'à peine l'homme peut entrevoir. Je crois que s'il m'a été permis d'apercevoir ces mondes à l'aide de leur lumière^ il a été donné à ceux qui les gouvernent d'influer sur moi et de pénétrer dans mon cœur y à la faveur de cette même lumière dont ils dis-
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posent; enfin }e crois qu'ils sont les témoin» de mes actions comme ils en sont les flambeaux* Je ne suis point surpris que parmi des pekqiies corrompus il y ait des hommes qui refusent tme âme à la nature entière , lorsqu'ils mé«^ connoissent celle tpx'ils ont reçue et qu'ils ont dépravée. Mais parmi tous ceux qui sont restés fidèles i ms lois , il n'y en a pas uff qui n'ait placée ^u un génie, ou un ange^ ou nne divinité, dans chaque astre. Quel est l'homme de mer ' qui , la Quit , au sein d'une tempête , ne aent paa' renaître l'espérance dans son oœur qaaod il ifoit apparotjtre sur les flots l'astre 'de Vénus? Quel «st l'infortuné que le chagrin tourmente par de longues m^ sommes, qui ne>e seiit pas consolé quand, au sein des ténèhres, son humble réduit est éclairé tout à coup - par las rayons 4e la lane nouvelle ? Je vous prends à témoins de ces influences célestes , peuples fayperboréens : quels sentimens religieuK n'éprouvez-vous pas lors« que , après une nuit de plusieurs mois , l'anrore vient répandre ses couleurs de rose sur les neiges de vos régions ! Il vous semble alors que l'e^érance et la joie descendent des cienx avec la lumière pour consoler les malheureux, mortels.
Les planètes sont liées entre elles par des
ri^arts entrerus dès la plus haute antimite ^ ' mais méconnus des modernes^ .^i n'en admettent que les attractions réciproques.
Il est très-remarquable que le cours des années planétaires semble offrir des rapports marqués arec les époques principales de la TÎe humaine^ comme si l'homme, on un être semblable à l'homme^ devoit être l'objet de toutes les har-» monies^ dont le soleil est le premier moteur^ sans parler de celles de l'astre des jours et de celui des nuits ^ qui les règknt. Quand l'autre des jours a déterminé l'âge de la puberté de l'homme par un certain nombre de révoluedons annuelles j qu'on peut fixer à douze ans pour les mâles y dans la zone torride , et que l'astre des nuits , de son côté^a préparé dans lejr filles la conception par les résolutions périodiques de ses mois ^ et renfantement par neuf de ses rérolutions^ qui embrassent le cours dix soleil depuis son départ du solstice d'hiver ^. où il commence à réchauffer notre hémisphère^ jusqu'à ce qu'il l'ait couvert de fruits et qu'il soit retourné à Téquateur : l'homme alors paroit à la lumière. Les phases de sa vie sur la terre semblent se régler sur celles que les pla* nètes ont avec le soleil dans les cieux. Au bout d'une année de Merciure ^ c'est-à-dire à trois ttiois^ il commence à jouir de la yne et à juger
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des distances ; à sept mois et demi , après und année de Vénus , à sourire à sa mère ^ à une année de la terre , à* la parcourir , c'est-à-dire à marcher : c'est alors qu'il commence aussi à goûter de ses fruits ^ à l'époque de la pousse de ses premières dents. Après une révolution de Mars , qui est de près de deux années , il commence a parler ; celle de Jupiter , qui est de douze ans , Ini amène la puberté ; celle de Saturne , de près de trente ans ^ la virilité ^ et celle d'Herschell , de quatre-vingt-trois ans , la vieillesse et la décrépitude. Les hommes ^ seuls de tous les étres^ naissent eu tout temps et en tous lieux'^ ils éprouvent les influences des astres suivant les époques de leur naissance, comme les rivages de la mer éprouvent ses flux et reflux suivant leurs différentes latitudes , quoique les courans qui les produisent partent le même jour du même pôle. Mais je ne doute pas que les végétaux et les animaux, dont les genres sont déterminés à certaines zones , ne soient soumis tous à la fois à quelques-unes de ces phases planétaires. C'est ce que confirment les époques diverses et précises de leur naissance , de leurs amours , de la portée de leurs petits, de leurs émigrations et de la durée de leur vie. Nous en avons indiqué quelques^-unes des plus connues dans
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le cours . de ces harmonies» Le soleil en est le premier moteur. Semblable à l'Apollon de la Fable j il tire avec son archet d'or ^ formé de rayons de lumière^ des harmonies innombrables de tout ce qui l'environne : les planètes qui tournent autour de lui sont les cordes de sa lyre. Si iious habitions son globe fortuné y nous connoîtrions toutes ces merveilles et une infinité d'autres. Est-il vraisemblable que l'astre du jour soit revêtu d'une sphère entière de lumière ^ et ^ comme s'il n'en avoit qu'une au-* réole y qu'il n'influe que sur quelques planètes qui sont dans le plan de son équateur? Ses pôles si brillans n'échauffent-ils pas encore des mour des latéraux qui nous sont inconnus? Les cor mètes semblent circuler autour de lui sur des plans différens de son système planétaire. Quels astres merveilleux y si toutefois ce sont des astres ^ que ces corps lumineux à longues queues qui traversent les aires des planètes sans déranger leur cours , et emploient des siècles à s'approcher et à s'éloigner du soleil ! II y en a qui apparoissent nébuleuses et formées de plusieurs noyaux semblables à ces glaces flottantes 4]ui descendent de nos pôles vers la zone torride. D'autres, observées par la sœur d'Herschell, transparentes, sans opacité, et peut-être impalpables , paroissent des amas de feu électrique.
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La nature empIoîerou«elle pont rafraîchir I« lone torride de la spbcre solaire y et pour en réchauffer la tant glaciale , des moyens sem-» blables à cenii qu'elle emploie dans les zones du globe terrestre, des courans d'un fluide tour à tour en congélation et en fusion , des atmo^ ^>hères chaudes et froides y des douches et des glaces flottantes? L'immense océan de la lumière auroit-il ses flux et reflux cômnke notre petit Océan terrestre ? Que dis-)e I les rayons du soleil se perdent^ils en vain dans ces espaces infinis où les planètes sont à peine aperçues ? Leur matière si vitifiante y recueillie avec tant de soin par des lunes et par des anneaux planétaires, par des océans et des fleuves qui la font circuler, par les pétales des fleurs, par les yeux des animaux, parleur sang, va*t-elle s'anéantir dans les régions éthérées ? La gerbe de lumière qui part du soleil et vient en sept minutes et demie échauffer notre globe , va*t-elle se perdre pour ton jours dans le firmament, au moment même qu'elle touche notre horizon ? Un petit ruisseau qui s'échappe sous la roue du moulin qu'il fait mouvoir, va ensuite arroser des prairies ; il nourrit dans son sein une multitude d'êtres vivans. Il n'y a pas une seule de ses gouttes d'inutile, soit qu'il s'évapore dans Fair^ soit qu'il se perde dans la terre , soit qu'il soit
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absorbé pat une rivière où il se jette : et rocéan de la lumière, qui vivifie toutes choses, u'échauf* feroit-il que quelques petites planètes à des centaines de millions de lieues les unes des autres? Ne baigne-t-il ^ dans son sein , que quelques lies flottantes , et n'est-il pas ordonné à quelques continens dont il environne les rivages? ]N[e nourrit -il pas quelques espèces d'êtres vivans, incorruptibles, indivisibles^ et d'une nature semblable à la sienne? Si on peut comparer des êtres bornés à ceux qui n'ont point de bornes , une goutte d'eau , qui doit sa flui« dite au soleil , est remplie d'animalcules. Nos mers ^ imbibées de sa lumière , paroissént , dajis nos nuits d'été, et en toute saison entre les tropiques , tout étincelantes de petits corps lu*« mineux qui s'agitent dans tous les sens. Pour loaoi, î'aivu, dansnos jours d'été, un phénomène semblable dans l'air de notre atmosphère. Couché sur l'herbe, les yeux fixés sur le ciel azuré., j'ai aperçu souvent de petits cercles blancs, les uns simples^ les autres doubles, aveic un centre obscur y se mouvoir rapidement à droite et à gauche ^ en haut et en bas, tandis que quelques-uns restoient immobiles et comme ^tationnaires. Je ne mets point ces témoignages de mes foibles télescopes naturels en parallèle avec ceux des télescopes d'Herschell : les siens 3« 23
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découvrent des mondes^ et les miens des glo-^ bules. Peut-être est-ce une illusion de ma vue ^ comme me Font assuré quelques physiciens; mais enfin je rapporte ce que j'ai éprouvé. L'existence de ces globules mouvans est aussi certaine pour moi que celle des satellites d'Her* schell, invisibles à tous les hommes^ est évidente aux yeux des astronomes. D^ailleurs^ pourquoi notre océan d'air n'auroit - il pas ses ani* malcules comme notre Océan d'eau ? Pourquoi la lumière ; qui leur donne leur couleur /leur fluidité^ leur mouvement^ leur température, n'auroit-elle pas y non-seulement ses globules y mais des habitans d'une nature céleste semblable a la sienne? Jamais le sublime Newton , qui a si bien analysé les rayons du soleil , n'a osé leur donner le nom de matière. En effet y ils ne sont point , comme elle y divisibles et corruptibles. Oh ne peut point les renfermer dans des vases, comme l'air ou comme l'eau ; ils traversent les tempêtes sans en être ébranlés, et la profondeur des mers sans s'éteindre. L'astre qui nous les envoie réunit sans doute bien d'autres pro* priétés inconnues, qu'il verse sur les mondes avec les flots de sa lumière. La décomposîtion de sa chaleur donne peut-être les formes aux objets, et celle* de son attraction leurs mouvemens, comme celle de sa lumière leurs cou-
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leurs. An moins toutes les combinaisons de la forme de ses lignes^ de ses angles ^"^ de ses courbes, renfermées virtuellement da^s une sphère terrestre et morte, peuvent sottir ac^ tuellement d'une sphèi^e, céleste «t vivante*
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HARMONIES SOLAIRES