‹ Harmonies de la natureChapitre 26 sur 49 · SIDÉRALES · texte numérisé non relu

SIDÉRALES

LiB soleil nous paroitroit le dieu de Funivers, s'il n'y avoil pas d'étoiles ; mais^ avec tons ses mondes roulans^ il n'est lui-même dans le ciel qu'un point lumineux. Les étoiles sont des astres infiniment éloignés et d'une grandeur immense. Herschell , qui est à plus de six cent millions de lieues de iious , les éclipse ; et le télescope de son astronome^ qui grossit quatre mille fois sa grandeur apparente , et nous dé* couvre ses lunes j diminue celle des étoiles et ne les laisse voir que comme un points en les dépouillant de leur lumière divergente , et de leur scintillation trompeuse. Cet instrument ^onne à peine aux étoiles les plus brillantes un diamètre de quelques secondes. C'est d'après ce petit angle que Cassini a évalué la distance de l'étoile appelée Syrius à la terre y à quarante-trois mille sept cents fois la distance de la terre au soleil^ c'est-à-dire un billion quatre cent quatre-vingt-dix-sept milliards

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neuf cent dit millions de lieues ^ et sâ largeur à trente-trois millions de lieues de diamètre : de sorte que son globe rempliroit tout l'espace qui est entre la terre et le soleil. Il s'ensuit de -là que Syrius est près d'un million de fois plus gros que notre soleil^ qui est lui-même plus d^ln million de fois plus gros que la terre. Si les planètes éclairées par Syrius sont^ par rapport à lui , dans les mêmes proportions que celles qui circulent autour de notre scdeil y elles doivent être un million de fois plus grosses ; il doit aussi y en avoir un bien plus ^and nombre : la plus éloignée doit décrire autour de lui un orbite de plusieurs centaine^ de milliards de lieues ; son année doit être une longue suiie de siècles. Là y sans doute la vie a des proportions qui nous sont inconnues; mais quoique notre pensée ne puisse pénétrer dans ces nouveaux modes de l'existence ^ nous sentons que les étoiles ne sont à de si énormes distances les unes des autres y qu'afin que leurs planètes aient assez d'espace pour circuler autour d'elles. La planète Herschell^ qui n^aperçoit qu'à peine quelques-unes de celles de nôtres monde ^ en est bien dédommagée en voyant circuler dans son voisinage celles des mondes limitrophes. Elle voit lUerscbell d^ Syrius pliifr

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gros qfie notre soleil. Quoique le nôtre soit un million de fois plus gros que la terre, il n'est , par rapport à celui de Syrius, que ce quune petite pirogue est à l'égard d'un vaisseau de guerre. Quoiqu'il n'ait que deux lunes et qu'il soit très-éloigné de son soleil, quand il voit paroitre sur son horizon cette grosse planète étrangère avec de nouveaux satellites; quand il la voit dans la tangente de son orbite , naviguer avec lui côte à côte au sein des mers éthérées , le couvrant des reflets d'un soleil un million de fois plus brillant : alors il n'envie plus à Saturne ses sept lunes et son double anneau. S'il entrevoit à peine le système de son monde , iL aperçoit l'axe des mondes voisins. Dans son année de quatre*^vingt-trois ans , et dans son orbite de trois milliards huit cent millions de lieues, s'il ne compte pas ses saisons , comme les planètes ses sœurs, par leurs levers mutuels , il les compte par les aurores de nouveaux so^ leil$. Ainsi ses habitans, aux extrémités de notre monde, ne sont point abandonnés par l'auteur de la nature , et ils reconnoissent sa providence i s^s compensations.

Il est très-vraisemblable que chaque étoile a des .planètes soumises à son attraction, il ^st évident que cette attraction n'existe point

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entre les étoiles même, et que par conséquent, elle n'est point une qualité inhérente à lama-, tière et une loi universelle de la nature. Les étoiles^ pour la plupart , sont immobiles, et c'est cette immobilité qui leur a fait donner le nom de fixes par rapport à nos corps planétaires, qui sont toujours en moiiyement. Il est vrai que plusieurs d'entre elles ont des mouvemens par-*, ticuliers; il y en. a une qui décrit un cercle de deux degrés et demi dé diamètre: notre soleil^ dit-on , en décrit aussi un en tournant sur luimême en vingt<inq jours. Il y a une chose trèsremarquable dans la lumière des étoiles , celle de plusieurs va en croissant et en diminuant» Ce période est de trois jours dans une étoile d'Argol , de cinq dans une de Céphée , de six. dans une de la Lyre , de cent dans une d'Antinous , de soixante dans une d'Hercule , de trois cent trente et un dans une de la Baleine , de trois cent quatre-vingt-quatorze dans la changeante de l'Hydre y de quatre-vingt-dix-sept dans la changeante du Cygne. On en compte environ cent quarante qui ont disparu tout-à-. fait. Une des sept Pléiades s'évanouit à l'époque de la destruction de Troie. L'ingénieux et sensible Ovide dit qu'elle fut si toucl|pe du sort de cette malheureuse ville , qu'elle se couvrit le visage de ses mains. Mais si une étoile se cachoit

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à chaque crime de la terre ^ le ciel n'en anroit bientôt plus. H ep paroit de temps en temps de nouvelles. En 157 a on en vit une de la grandeur de Vénus dans Cassiopée , et on ne Ta plus revue depuis i574- L'étoile de la Baleine n'est visible que quatre mois et demi , elle reparoit au bout de onze mois ; celle du Cygne au bout de treize^ et celle de l'Hydre au bout de deux ans : celleci4)rille pendant quatre mois. On suppose que tontes ces variations viennent de ce qu'elles ont un côté plus lumineux que l'autre y qui quelque* fois est ténébreux^ et que, dans leur rotation sur elles-mêmes > elles nous montrent tantôt l'un et tantôt l'autre. Pour moi , si j'ose dire ma pen-« sée, je crois que la lumière , cet élément céleste^ est la vie des astres ; qu'il forme un océan immense dont les constellations sont les archipels ^ et les soleils des tles qu'il baigne par des flux et reflux éternels , et qu'il aboutit â des continens où la Divinité, dont la lumière n'est que l'ombre, réside dans son essence et dans toute sa splendeur. Peut-être les étoiles errantes ne sont-elles que des planètes étrangères à notre soleil, qui se trouvent éloignées du centre de leurs systèmes , et qui apparoissent dans le nôtre quand telles sont à l'extrémité limitrophe de leurs orbites ; peut-être aussi sont-ce de vraies étoiles qui se meuvent par des lois qui nous sont iaconaues.

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Mais si elles s'attiroient réciproquement^Ie mou- Tement d'une seule les dérangeroit toutes; la Toùte céleste s'écrouleroît si les youssoirs en ëtoient mobiles. Dans ce nombre infini d'étoiles qui s'attireroient mutuellement ^ il y en auroit qui se joindr oient et s'amalgameroient ensemble; on en verroit au moins quelques-unes de doubles : celles qui le paroissent et auxquelles on en a donné le nom ^ se montrent séparées dans I^ télescope.

Cependant ces étoiles , éloignées les unes des autres à des distances auxquelles ne peut atteindre l'arithmétique des hommes , sont liées entre elles; elles sont ordonnées. sur differens plans qui s'enfoncent dans la profondeur du firmament. Les plus apparentes s'appellent étoiles de la première grandeur , et l'on place dans la septième grandeur celles qui sont près d'échapper à notre vue. Elles nous paroissent diversement groupées. Les unes sont sur la même ligne ^ comme celles de la ceinture d'Orion , vulgairement ap-* pelées les Trois^Rois, qui brillent du même éclat; d'autres ne composent qu'une grappe lumineuse comme celles de la Poussinière. D'autres , encore moins distinctes^ forment ^ par leur multitude in* nombrable , des nuages blancs comme ceux do Magellan près du pôle sud^ et surtout cette longue bande blanche et irrégnlière qui entoure

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le firmament dans sa circonférence. Tons ces espaces blancs et lumineux renferment des mil-lionsd'étoilesquerondistingue au télescope. Les anciens ont divisé ces différentes régions du ciel, en constellations. Ils en comptoient environ soixante -trois; mais Tabbé de la Caille y en a., ajouté .quatorze y qu'il avoit formées dans rhémi-« sphère austral , où il avoit découvert neuf mille ^atre cent cinquante étoiles nouvelles. Les an-^, ciens , après avoir assemblé ces constellations sui^ntleur fantaisie 9 leur donnèrent des noms aussi absurdes que leurs figures , avec lesquelles elles n'ont d'ailleurs aucune ressemblance. Ils appelèrent constellation de l'Ourse les sept étoiles voisines du pôle de la terre ^ et qui ne ressemblent pas plus à cet animal qu'au Chariot du roi David y dont le peuple leur fait porter le nom. Les Indiens^ qui^conçoi vent l'univers fait comme un œuf , regardent la bande lumineuse qui semble le partager en deux comme une fracture qu'y a faite le Mauvais Principe. Les Grecs^ qui ramenpient tout aux divinités de leur pays^ imaginèrent que c'étoit le lait que Junon répandit en allaitant Hercule. L'abbé de la Caille est, je crois, le premier qui ait placé dans les cieux les images des objets utiles aux hommes^ en consacrant aux arts ses nouvelles constel- Jations. Il les a nommées l'Atelier du sculpteur j

le Fourneau chimique y THorloge à pendule y le Burin du graveur^ la Boussole^ le Télescope, etc. Cette idée étoit digne de la vertu de cet astro-< nome laborieux ; mais il n'y a pas d'apparence que ces dénominations intéressent jamais les peuples ni même les artistes , qui d'ailleurs ne peuvent trouver dans ces figures aucune re&« semblance avec leurs instrumens. Ne vaudroit-il pas mieux donner aux constellations et à leurs étoiles les noms des bienfaiteurs du genre humain ? Ces monumens célestes ne seroient pas exposés à être renversés par l'envie ; ils brille- Toient aux yeux de toutes les nations , et réveil-* leroient peut-être dans leur âme les sentimens d'humanité qui devroient les réunir. Quel politique forcené , quel égoïste voluptueux , ne se^ roit pas touché d'un sentiment de bienfaisance pour tous les hommes, quand il verroit luire sur son toit l'astre de Confucius ou celui de Fénélon?

Bien des gens croient avoir dans le ciel chacun, leur étoile, qui préside à leur naissance, el les rend heureux ou misérables pour tpute leur vie. Elles les rendroientpeutr-être bons si elles présidoient à des vertus. Chacune d'elles paroit, par son immensité, son.écUt et sa durée, un temple qui leur est élevé par la nature. La construction de cçs monumens n'a point à craindre 2:

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comme les nôtres ^ le maaTais choix d'un em*placement ^ le défaut de finances^ la malédiction des peuples qu'on accable d'impôts ^ Timpéritie des architectes y les injures du temps ^ et surtout celles des factions encore plus cruelles. La terre troureroit^ i la gloire et au bonheur de ses habitans , des dépenses tontes faites par les cieux ; il y auroit place pour tous les noms dans cei immense éljsée, Herschell dit qu'il y a un si grand nombre d^étoiles y que dans quelque en-* droit du ciel qu'il ait braqué son télescope y il en a TU le champ tout parsemé. H en a compté cent cinquante-huit mille dans un espace de la .Voie Lactée de quinze minutes pendant trois-* quarts d'heure de révolution. Ce qu'il y a de singulier y c'est qu'un astronome moderne y de la secte des matérialistes y affirme qnVyant ob-> serve pendant un quart d'heure la révolutioii d'une zone de deux degrés de largeur dans la cuisse d'Ophicius y il n'y en a pas vu une seule« Ne seroit-ce poiiit parce qu'il n'est pas donné aux athées de faire des découvertes dans aucun genre ? La lumière y dit Platon y est l'ombre de la Divinité : quand on a étouffe le sentiment de Dieu dans son cœur, on en doit perdre la trace dans les cieux. Parmi les cent cinquante-huit mille étoiles qu'Herschell a observées à la fois , il en a vu ci et là un très-grand nombre de groupées

denx à deux , trois à trois , quatre à quatre ^ cinq à cinq y et même six à six. Elles ne sont point sur le même plan, mais à la suite les unes des autres comme si on les avoit mises en perspective : elles sont à des distances incalculables. Un philoso^[ie anglois dit qu'il y en a de si éloi-» çnées , que leur lumière , qui parcourt plus do quatre millions de lieues par minute , n'a pas encore eu le temps , depuis la création , de par- Tenir jusqu'à nous. Cette pensée paroit une hyperbole ; mais les imaginations des hommes n'en peuYenten£amter d'assez exagérées pour atteindre â l'immensité de la nature. Ne croyons pas pouvoir ixous former une idée de son ensemUe. Quelque admirables que soient des soleils innom* , brables, entourés de leurs systèmes planétaires ^ ne pensons pas que l'univers entier en soit rempli c<Hsnme une ruche l'est d'alvéoles qui se touchent par leurs c6tés , ainsi que Timaginoit Descartes avec sesiourbiUoiQs^et comme Us^emblent s'offrir à notre vue. Les asitres ne sont peut-4tre que la plus petite modification de l'existence. Il y a sans doute aiUews d'autres matériaux , d'autres coAnbinaiscms y d'autres lois , d'autres résultats ; il rCeèt pas vraisemblable que l'auteur de la na-« ture> qui a créé avec une intelligence infinie une multitude d'êtres organisés , sur des millions de plans différeto; pour peupler le globule de la

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terre si borné , ait répète toujours la rnéme idée sidérale dans rimmensité d'un espace sand bornes* Nous ne sommes point en place ici* bas pour juger Funivelrs , nous petits êtres de six pieds , haletant sans cesse après^mille bénins avec un souffle de vie. Son plan est hors de notre vue et de notre conception ; la mort seule peut nous en montrer la réalité ^ comme la nait^ qui est l'image de la mort , nous en découvre quel^ ques aperçus dans les étoiles. Des astronomes , sans doute pour nous faire honneur, soupçon-^ nent que notre soleil fait partie de la constellation d'Hercule ; mais les étoiles qui se mon-» trent avec quelque édat sont plus considéra^^ blés, témoin Syrius^qui est un million de foispluâ gros. Je suis bien plutôt porté à croire le soleil une des étoiles innombrables qui nous à^pparoissent comme des grains de sable dans la Voie Lactée, d'autant que cette voie nous entoure au cénith et au nadir ^ mais quelque part que nous soyons, nous n'apercevons que quelques îles et quelques archipels de cet océan céleste. Nous sommes si loin des plus voisines, que notre navigation de plus de cent quatre-vingt-dix millions de lieues par an ne change rien à leur position. Quoique notre globe coure avec plus de vitesse qu'un boulet de canon , nous ne pouvons tii nous en approcher ni nous en reculer assez pour

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changer seulement de point de yne ; nous ne pouvons rien imaginer même au-delà de ce que nous mbntre la nature. Les rérolutions de nos pensées , comme celles de notre planète j nous ramènent toujours dans notre petit orbite. Nous ne savons point quels* sont les hahitaus de tant 'de mondes isoles y s^il y a un continent au-delà, ^ont ils sont les débris, 611 est le séjour de celui qui a produit tant de merveilles, quels plaisirs il s'est réservés pour son bonheur, lui qui en a tant créé de diverses sorté^ sur la terre pour cehii des ètrès^ sensibles : cependant il existé aussi dans les cieux. Il a Ké entre elles toutes les parties de leur ' architecture infinie. Non- ^eukment il a mis en harmonie une multitude de globes lumineux qui iie se meuvent point, avec de^ globes opaques qui se meuvent sans tresse autour d'eux pour recueillir leur himîère; mais il les a mis en rapport avecThomme. Notre système planétaire, qui a plus de quînie cents TnilHons de lieues d'étendue ; ces étoiles qui sont à des distances incalculables ; cette Voie Lactée remplie de milliards d'étoiles; toutes leurs cons* tellations, qui s'étendent depuis celle de TOursè jusqu'à celle de TEridan , et qui se déroulent «peu à peu à ses yeux pour lui présenter de liou- Teaux objets : tout ce tableau incommensurable

vient y dans les ténèbres ^ se peindre snr M rétine y qui n*a pas une ligne de diamètre. O pro* fondeur de la toute -puissance de Dieu ! 6 sagesse infinie , vous m'anéantissez sous le poids de vos mirades : mon intelligence succombe sous les prodiges de la vôtre ^ et si, sur la terre et dans un corps mortel, on peut en supporter un foible aperçu , pour surcroît de merveille . je le dois à la nuit, et à mon ignorance profonde*

Si nous pouvons connoitre un j^our ces barxnonies sublimes , ce ne peut être que. dans le soleil y à. travers cette ^hère de lumière qui environne &es fortunés habitans: c'est son atmospbère rayonnante qui , comme un télescope céleste, nous en ^lontrera les relations avec ses planètes et les autres soleils, comme notre petite atmosphère aérienne rassemble sur la terre les rayons de Fastre du jour pour nous réchauffer et nous ranimer. La lumière du soleil forme avec . celle des étoiles des rets infinis , incorruptibles 9 éternels, qui lient toutes les parties de l'univers. Quoique cet astre si brillant et si grand n'en soit qu'un petit nœud , il doit être un de^ foyers de la vérité , comme il en est un de la lumière corporelle et de la vie. Ce n'est que dans un des mobiles de la nature qu'on peut la connoitre; ce n'est qu'au centre

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^e nos mondes qu'on doit jouir de leur en^ semble : la vue de tout ce qui s^ passe est sans . doute dans le globe qui les fait voir et se mouvoir. S'il est, après la mort, un point de rëunioii pour les foibles et passagers mortels , c'est dans l'astre qui leur a distribué la vie ; c'est là que les âmes des justes conservent le souvenir des vertus qu'elles ont exercées parmi les hommes; c'est là sans doute qu'elles influent encore- sur leur bonhetir. et qu'elles aident Finnocence malheureuse par des inspirations > des consolations , des pressentimens. C'est du soleil qu'elles ont une vue pure et une jouis *• sance sans fin de la Divinité, dont elles ont ëtë les images sur la terre. C'est là sans doute que vous vivez , bienfaiteurs du genre humain qui vous a persécutés, Orphée, Confucius, ^/ Socrate , PJaton , Marc-Aurèle > Epictèie , Fénélon y dont les lumières et la sagesse prési'dent y comme des astres , aux destinées des nations; et vous aussi dont les vertus sont d'autant plus dignes de récompense que , méprisées des hommes , elles n^ont été connues qite de Dieu. C'est là sans doute que vous êtes infortuné Jean-Jacques , qui , parvenu aux extrémités de la vie , en entrevîtes une nouvelle dans le soleil !

Mais il n'est pas permis à d'aveugles mortels 3. a4

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qui se traifient encore dans la ponssière , de p^^ nëtrer , par la pensée y dans cette sphère de lumière ; notre intelligence en est él^louie^ comme notre vue» Pour moi ^ semblable à la chenille privée d'yeux , qui rampe sur les feuilles que lui disputent les vents ^ j'entoure çà et là de quelques fils de soie le tombeau où j'ensevelis rhiver de ma vie ; mais lorsque^ dégagé de ma chrysalide , les ailes de mon âme seront développées par la mort^ comme le pensoit Platon , alors j'espère prendre mon vol vers les régions où règne un printemps étemel. Je ne verrai plus que de loin cette terre malheureuse^ qui ne nourrit que des tyrans et des victimes. Gependant j'aimerai encore à fréquenter les lieux où je vécus solitaire et heureux dans la contemplation de la nature , où les rayons de l'aurore, la verdure des prairies , Fombre des forêts , les consolations de l'amitié^ les ravissemens da Tamour ^ confirmés par des joies paternelles f me donnèrent les premières sensations de la Di« vinité. Je croîtrai mon bonheur dans les cieux de celui que j'aurai pu procurer aux infortunés ^ur la terre. C'est là que nous jouirons tous des harmonies ineffables de la lumière , au sein même de la lumière. En attendant , examinonsen les effets sur notre globe y d'abord dans l'astre des nuits ^ qui nous la renvoie du soleiL

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HARMONIES SOLAIRES

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