‹ Harmonies de la natureChapitre 29 sur 49 · TIRÉ · texte numérisé non relu

TIRÉ

DES HARMOIOES HmiÂINES.

EMPSAEL.

Aux pieds des hautes montagnes de TAtlas^ sur les bords de la mer ^ ou voit encore aujourd'hui les débris d'une simple cabane : une jeune Françoise^ esclave et épouse d'£mpsa«l^ l'avoit fait élever pour garder le souvenir de sa patrie. Environnée d'esclaves comme elle^ Zoraïde cherchoit à adoucir leur sort ;. mais l'âmpire qu^elle eicerçoit sur le cœur de son mari n'alloit pas jusqu'à obtenir leur liberté. £mpsael^ ministre de l'empereur de Maroc, n'avoit pas toujours été à côté du trône. Son cœur étoit magnanime; mais ses souvenirs ctoient amer3 y et il avoit juré de ne vivre que pour la vengeance. Empsael étoit né dans le pays de Bambouk, sur les bords de la rivière Falémé , qui roule de l'or dans ses sables , et Ta se jeter dans le fleuve du Sénégal. Son père et sa mère y vivoient heureux dans une abondante simplicité. Des calebassiers, des cotonniers, des palmiers , des bananiers , entou-^ xoient leur cabane , et leur donnoient , toute l'année^ des meubles^ desj^ab^t^.^ du.vin^ des

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fruits et de Tombrage. Un cbamp de mil et de racines fournissoit abondamment à leurs besoins. Ils àdmiroient^ soir et matin, le soleil, qui y dans ces belles contrées , fait produire à la terre deux récoltes par an. Deux enfans, Empsael et Almiri, mettoient le comble à leur bonheur. On leur avoit empreint , en nâié^nt, sur la poitrine la figure de Tastre dn jour, en reconnoissance de ses bienfaits. Dans ces pays libres y chaque homme se figure ton' dieu à son gré. Partout où sa foible raison entrevoit Tintelligence suprême dans ua oiseau, dans un arbre, dans an rocher, elle s'y repoâe et en adore Fimage. Le soleil ftt donc le fétiche d'Empsael et d'Almiri. On les app^loit les enfans du soleil ; et quand en effet ils eussent été les fils de ce grand astre , ils n'eussent pu jouir d'un plus grand bonheur que celui qu'ils avoient en partage. Le plaisir d'Empsael étott de traverser la Falémé à la nage, en portant son jeune frère sur son dos. II alloit aussi à la chasse des bêtes féroces , et combloit de joie sa mère ^n lui apportant la peau d'un léopard ou d'une panthère. Souvent cette famille intéressante passoit une partie de la nuit à jouer du balafo , ou à diviser , au clair de la lune , avec les joûfnes filles du voisinage, simples et douces comme des tourterelles, s Déjà Empsael étoît

DE LA ITATUHE. « 4^^

dans l'âge d-aimer^ déjà son cœifr avôil Dût un choix. Ainsi ils menoient avec leurs pa-^ rens une vie libre et heureuse^ sans nuire à personne et faisant du bien à tout le monde. Aucun voyageur ne passoit près de leur cabane sans recevoir l'hospitalité ; connn ou inconnu^ il y restoit un jour, une lune, une année, tout le temps qu'il vouloit, encore plus chéri au moment de son départ qu*à celui de son arrivée.

Un jour y deux Européens se présentèrent chez cette bonne famille : elle n'avoit jamais vu de blancs. A leur aspect, les premiers ftentimens d'Empsael furent ceux de la reconnoissance envers le soleil. Lorsque les sauvages découvrent dans les bois une espèce inconnue de fruits ou d'oiseaux, ils les regardent comme un nouveau bienfait de l'astre du jour : ainsi, en voyant pour la première fois des hommes blancs , Empsael pensa que le soleil venoit de lui donner une nouvelle espèce d'amis sur la terre; Cefii-ci lui sembloient bien supérieurs à lui^néme : ils connoissoient des arts qui remplissent d'adifiiration, et même d'épouvante. Mais f^Us a voient plus d'intelligence, ils avoient aussi plus de besoins ; le père d'Empsael redoubla donc d'hospitalité a leur égard, d'autant plus qu'ils ne jponvoient fuire eonnoltre leurs désirs;

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faute de parler la langue de leurs hôtes. Cepen* dant ils firent entendre par signes qu'ils s'en re** tournoient vers leur nation a l'Occident ^ et qu'il» venoient de l'Orient pour y chercher deTor, doiit ils montrèrent quelques grains dans 'des coquilles. Poiur satisfaire leur goût pour l'or on les mena sur les bords de la Falémé ^ et on leur en montra des paillettes parmi les sables de son rivage. A la vue de ce métal , ils très* saillirent de joie et n'eurent plus d'autre souci que d'en ramasser. Ils y employèrent le temps des repas et du sommeil, ne tenant aucun compte des autres productions de la contrée , ni de ses palmiers, ni des hôtes qui leur donnoient l'hospitalité. Toiichée d'une passion si étrange , toute la famille s'empressa de les aider à recueillir avec des calebasses cette poussière inutile. Quoiqu'ils en eussent déjà une quantité considérable, ils n^auroient jamais mis fin a leurs recherches , si les approches de la saison pluvieuse, où la Falémé débordé , ne les eussent fait songer à continuer leur voyage. Comme Empsael s'étoit appliqué à apprendre quelques mots de leur langue ; afin de leur être utile, ils le demandèrent pour guide à ses parens , qui , n'ayant jamais rien refusé à des hôtes, y consentirent. Son jeune frère, accoutumé à la voir tous les jours, voulut

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aussi raccompagner. Sa mère s^ opposa d^abord ; mais son père lui ayant dit qu'ils ne passeroient pas les limites de leur pays^ où ils avoient beaucoup d'amis ^ elle y consentit^ car elle n'avoit jamais résisté à sa volonté. Ces deux jeunes gens les conduisirent donc de village en village à travers le pays desBambouk, fêtés partout jusqu'aux frontières d'un peuple ennemi de la nation dont Empsael faisoit partie y mais ami des Européens. Là ils se préparoient à les quitter , lorsque y pendant la nuit^ ces perfides étrangers leur lièrent les mains, et leur mettant un bâillon dans la bouche et la tête dans un sac, les emmenèrent prisonniers. Ainsi garrottés, ils furelut conduits à travers les forêts jusqu'au bord de la mer : là , les traîtres partagèrent entre eux leur butin. L'un d'eux s'empara d'Empsael , et l'autj^e de son frère, qui, en s'éloignant , jetoit des cris lamentables en appelant à son secours sa mère dont il faisoit la joie, et son frère, qui ne pouvoit adducir ses maux. Ainsi ils furent séparés. Le ravisseur d'Empsaei , qui étoit Espagnol , le vendit à un capitaine de sa nation qui alloit à ' l'île de Saint-Domingue. Pendant tout le voyage il eut à souffrir de la faim, de la soif, de I9 chaleur, des coups de ces barbares, qui

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ayoieiit entassé par centaines dans la cale du yaissean ses malheureux compatriotes , enlevés à différentes contrées de TAfri^eu Arrivé a Saint-Domingue ^^ il fut revendu à un habitant espagnol qui passoit sa vie k tourmenter les hommes. Ce Whare portoit ^ suivant Fusaga de son pays^ ui^ poignard à son côté et uq chapelet à sa main. Dès qu'il sut qu'Empsael entendoit quelques mots de sa langue , il loi parla de sa religion. Le pauvre esclave la trouva si consolante et il étoit si malheureux ^ qu'il désira de l'embrasser. Elle ne parloit qnn d'aimer. On le fit donc baptiser et on lui dit : « Te voilà devenu un de nos frères y un enfant de Dieu comme nous. » Alors son nom fut changé y et on lui fit porter celui de son maître ^ qui s'appeloit Pedro Owrio.

Dans le premier moment , Ëmpsael crut que Pedro Ozorio en agiroit comme dans son pays , où les pères font porter à leurs enfans les noms de leurs amis pour les chérir davantage. Avec ce nom saint de Pedro > il se crut devenu un objet de vénération pour un espagnol et d'af * fection pour son maître. Mais il connoisaoit mal le perfide , qui , lui trouvant de l'intelligence , se mit en tête de le rendre aussi sa* vaut que lui ^ et de lui aj^endre i coups de

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fouet à iire et à écrire. Il Touloit aussi lui £ftir6 connoicre cette religion si douce qu'il se plaîsoit à violer sans cessé. Ëmpsael , éleri daas les caresses de ses )parens, trahi , à la vérité y par des Espaguob^ mats devenu ciiet eux Tenfani: dé lenr Dieii ; hooKxé par eux d'un noni révéré s»r leurs aiittb \ fut frappé d'étonnem^nt quand ii ae vît accablé dV)Utrages par son prétendu l>ie»Caâteur. U me loi parlait du salut de son l>me;t[fie pour le jttter dans le déseâpcà^ , de la bontéf de Dieu qu'en le menaçant de l^etifer ^ et d« bônkenr du chréties* qa^en l'accablant de tourmens dans ce monde «et xie frayeurs horri^ blés pour rentre. Abt sans doute, il étoit le pîu^ scélérat des hommes^ car ïignorance on l'er-^ reuff |»eiivént servir qtsdquefbîs d'ekcttsë é^at méchiiînsj.i&ais œax qui oonnoîssènl la justice et qui sont injustes., l'humanité et qai 'soâi inkamains; ceux qui adorent un Dieu, père commun <ies jbommes et qui en font un tyran ^ nejdeiv^nt 'être qoe4es monstres en horreur à toute la i^eire* Qumd cbm fois £mpsael put Itlre dans lélum histoires , il s^tonina des crimes 'dont H les ti^Uta remplies. Gè • ne sont que duel$ entre 7»êm^$; citoyens,! procès dans ternis fa^ millas , ! prgueil dansknrsvtrJbàs, guerre de peuples à peuples , .trahisons et paqui-es enveril

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des nations innocentes , que les guerriers dier-chent par tout le inonde pour les soumettre par le fer et le feu , et les rendre yictimes de leur gloire. Hélas ! i) apprit bientôt, par de nou<veaux compagnons de son esclarage y que les traitr.es Espagnols qui l'avoient enlevé, ainsi que son frère, avoient en même temps pris possession de son pays eny enterrant une inscription^ par laquelle ils le dëclaroient acquis à leur priuce et à leur Dieu; coutume perfide, commune aux ingrats . Européens envers les peuples bons et fidèles qui leur donnent l'hospitalité. Le roi d'Espagne uyant appris qu'on^ trouyoit de For. ^n abondance dans le territoire de !E|^mbouk, se Mta d'y envoyer des soldats. Le village fut incendié , et le pèred'Emplaél y fut tué en combattant pour sa * défense. Pour sa mère,' elle étoit morte de douleur quelque temps après l'enlèvement de ses fils , redemandant sans cesse ses enfans aux sables d'or de la Falémé et.au soleil, qui avoit répandu de si funestes trésors sur ses rivages.

Empsael avoit résisté à ses maux , mais il ne put supporter ceux de sa patrie. Il délibéra s'il devoit mourir. Mourir !rSe disoit-il ; et mes tyrans vivront ! Dsj vivront pour le màlheul^ de mon pays! vivops aussi pour la vengeândé! Alors

il voulut commencer par tuer son maître ; mais il se dit: A quoi me servira sa mort? Ce n'est pas d'un homme seul que j'ai à me venger , c'est de sa nation. Bientôt il vit que c'étoit de toute l'Europe. Avant tout, il falloit sortir d'esclavage. Un jour qu'il en cherchoit les moyens, il aperçut un vaisseau qui voguoit près de la côte de Saint-Domingue. Gomme il nageoit parfaitement, il se jeta à la mer, et gagna son bord à deux lieues au large : c'étoit un vaisseau hoUandois. Il se crut libre sous un patillon républicain; mais le capitaine , admirant sa force et sa hardiesse , lui dit qu'il le prenoit à son service. Il étoit clair qu'il ne lui appartenoit pas , et qu'on violoit à son égard les droits de l'humanité. Mais qu'importe? U étoit noir, il fut donc vendu à un capitaine anglois qui alloît à la Jamaïque; vendu ou troqué successivement à des Flamands, des Danois, des Suédois, des François, des Juifs, pour de l'argent; du fer, du tabac, du café, jpour un cheval , pour un bœuf. Tous ses maîtres étoient charmés de sa taille , de sa jeunesse y de son intrépidité; mais, voulant le soumetti:e par la violence, ils se dégoûtoient bientôt delui : il avoit appris sous son tyran espagnol à opposer la résistance la plus opiniâtre à tous les maux. On le traitoit comme une brute; mais il leux fit voir

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qa*il ^toit uii homme. Gbacaii d^tVLX imprimoit SOT sa peau le sceau de son esclayage avec un fer Jbrûlant. Son corps fut tour à tour à plusieurs tyrans 9 mais son âme resta toujours & lui. Enfin un Italien Tacbeta et fut un de ses plus crueb bourreaux. Il crut le réduire à force de tourmens ; mais n'en pouvant venir à bout * et craignant de le tuer ^ de peur de perdre son arguent il le vendit a Muiey IsmaèH^ empereur de Maroc ^ à qui il portoit en secret de la poudre^ des boulets et des canons; mais il ne sa- Toit pas qu'il lui vendoît en Empsael Tarme la plus fatale au% chrétiens. Dès qu'Empsael fut sur le continent de l'Afrique , son âme se releva comÉie se relève ^ après l'orage^ le palmier courbé par la tempête. Il abjura d'abord la religion-de ses persécsteurs , et embrassa celle des Musulmans. Quand les <^rétiens baptisent leurs esclaves 9 c'est pour leur rendre leurs fers sacrés; mais qnand les Mustdmans èircontise^t les leurs ^ c'est pout les en délivrer. Le premier acte de justice dont ils récompensèrent sa foi , fut de lui rendre sa liberté. Il se distingua bien* tôt dans ime guerre sanglante contre les Espagnols. Sa taille^ sa force^ et surtout sa haine contre les Européens , pi trrent à 'l'invincible empereur; d'ailleurs un sang pareil à celui d'Empsael couloit dans ses veines. On lui donna un vaisseau à

commander^ la fortune lui fut favorable^ et Muley Ismaël l'honora bientôt de toute sa confiance. Successivement bâcha d'Almanzor^ de Tétuan^ de Salé^ du cap d'Aguer , et enfin amiral et ministre des royaumes de Fez et de Maroc , il fut comblé de biens. Mais le plus grand de tous pour lui étoit la vengeance. On le vit porter dans les deux mers la terreur du Croissant, et poursuivre les vaisseaux européens sous tous les rhumbs de vents, dans la Méditerranée, sur les côtes d'Italie /de Malte, et, dans rOcéan , le long des rivages de l'Espagne , du Portugal, de la France, de la Hollande , de l'Angleterre, et jusque dans \es Hébrides et les Orcades. Il croisoit surtout le long des côtes de la Guinée , où les chrétiens vont chercher les nègres dans leurs berceaux. Toutes les nations maritimes de l'Europe trembloient à la vue de ses pavillons noirs , semés de sabres et de têtes de mort. Ses vaisseaux, comme des éperviers, f ondoient nuit et jour sur leurs rivages , et en enlevoient des familles entières. Aucun des Européens qui tomboient en son pouvoir ne recevoit de soulagement dans ses maux.

Cependant , l'amour cherchoit à apaiser cette soif de la vengeance ; chaque jour , Zoraïde osoit, sous les yeux mêmie d'£mpsael,prodi- 3. ^7

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guer For de ses parures aux infortunés dont elle étoit entourée. Elle ne vivoît que pour aimer ; mais elle aimoit surtout les malheureux ^ et son unique souci étoit de les soulager. Quelquefois on voyoit ces pauvres esclaves s'assembler dans la forêt près de la ville déserte des Lions y ou sur la colline où s'élevoit la chaumière où Zoraîde venoit chercher les souvenirs de sa patrie : alors ils s'entretenoient entre eux et soulageoient leur douleur par les aveux de leurs plus doux secrets. Un soir, Januario^ ancien écuyer napolitain^ et Williams, pilote hollandois^tous deux dans les fers d^Empsael y se rencontrèrent sous les dattiers qui bor-» doient la chaumière : les malheureux sont bientôt amis. Letirs travaux venoient de cesser ; c'étoit rheure du repos ': ils furent s'asseoir sur un rocher couvert de'raquettes et d'aloès , qui dominoit la campagne ; les rayons du soleil couchant doroient les tours de la ville d'Aque et les sommets lointains de l'Atlas. Après un instant de silence^ Januario s'adressa à Williams : Mon cher Williams^ vous êtes toute ma consolation -, car il ' n'y a pas d'état plus malheureux que celui d'un écuyer dans l'esclavage ; il est tout le jour au vent y au soleil , à la pluie y à exercer des chevaux fougueux :

heureux encore de passer sa vie avec ces animaux I mais, à la chasse, il faut suivre des bêtes féroces , un maître barbare , encore plus intraitable ; il faut courir ventre à terre dans la montagne à travers les hallièrs et sur les bords des précipices : non il n'y a que l'amitié qui

puisse me faire supporter mon malheureux état.

WILLIAMS

Le vôtre est moins à plaindre que le mien. Jour et nuit, un homme de mer est le jouet des élémens ; le feu est toujours près de consumer son vaisseau, Taîr de le renverser, Peau de le submerger , et la terre de le briser ; il n'éprouve qu'ingratitude de la plupart des hommes auxquels il apporte les richesses des deux mondes. L'esclavage n'ajoute presque rien à sa misère ; cependant on l'embarque de force sur un corsaire , où il est obligé , au milieu du feu, des combats et des orages, de contribuer, au risqué de sa vie, à la captivité de ses propres compatriotes. Avouez qu'il n'y a rien d'aussi misérable que le sort d'un pilote j mais l'amour et ma pipe me consolent de tout.

JANUAAIO.

Gomment pouvez-vous comparer votre état au mien? Sachez que rien n'est plus difficile que de bien dresser un cheval.

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