‹ Harmonies de la natureChapitre 7 sur 49 · O HARMONIES · texte numérisé non relu

O HARMONIES

chefs de Tétat se disent les descéndans du Prophète : tel est le grand-seigneur chez les Turcs , le sophi de Perse , le grand mogol , le prince de Moka y les émirs des Arabes y leç anciens califes d'Egypte et de Bagdad, et les schérifs, qui se sont emparés d'une si grande partie de' ^Afrique, Dans les religions idolâtres de FAsie, comme celles de l'Indoustan , du Pégu, de Siam, de la Cochinchine , les monar<ques prennent les titres de frère du soleil et * de la lune; dans la religion de la Chine, Tempereur sacrifie publiquement à TEsprit du ciel. Les autres parties du sacerdoce pûnti(i«» cal passent aux mandarins des villes y e^ même à tous les pères de famille y qui offrent souyent des hommages religieux à Confucius et aux esprits des ancêtres. Lorsque les deux puissance^ militaire et ecclésiastique se sont séparées dans la personne du prince, comme au Japon, Tempe* reur ecclésiastique ou daïri s'est réservé le droit très-important de conférer tous les premiers titres d'honneur de la cour de Fempereur séculier, qui de plus est obligé chaque année de lui payer de grands tributs : ces titres d'hon-* neur sont des titres de sainteté. Ainsi , on peut dire que dans toute l'Asie le gouvernement des peuples c!st véritablement théocratique ; le^ cdits même des souverains y renferment des

leçons de morale, ou des exhortations à la vertu , comme il conyieut aux ordres des vieillard;» : de sorte que si on s'arrête au langage des lois dans chaque partie du monde, on y retrouvera les caractères de leurs habitans^ car elles font parler en Amérique le cfonrroux des Dieux , en Afrique la colère des rois , en Europe Iei|r bon plaisir et quelquefois Fintérét des peuples, et en Asie la volonté du cîqI.

Il ne faut pas c(mclure de ces rapproche^ mens, que j'attribue les vices et les vertus de chaque peuple à son climat : j'ai réfuté ailleurs par des preuves de fait cette erreur , mise au jour par de célèbres écrivains. Ce que je viens de dire , même sur les diverses températures de chaque pai tie du monde, en est une nouvelle réfutation. Il est certain que les chaleurs de l'Afrique n'en rendent pas les nègres efféminés , comme les noirs , habitans du Bengale, qui vivent sous un climat presque semblable ; de même que les chaleurs du Bengale et delà côte d'Arisca ne rendent pas les Indiens barbares, comme les Nègres de Jaida ou les Maures de l'Afrique. La barbarie et le luxe ne sont pas des effets du climat , mais des maladies et de l'âge des nations. La première les attaque dans toute sa force à leur naissance, et s'aifoiblit à mesure, qu'elles vieillissant; l'autre, au contraire, croit avec elles, et est

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dans toute sa vigueur à leur décadence. La barbarie nait de la foiblesse d'un peuple enfant^ gouverné par le despotisme d'un monarque ou d'un corps ^ et elle a toujours pour base quelque opinion religieuse. Le luxe , au contraire , vient de la foiblesse d'un peuple vieil* lard , et est fondé sur des besoins physiques , qui se multiplient avec l'âge. La barbarie et le luxe n'adhèrent à aucune nation, puisque h. simple progression de l'âge , ou de bonnes lois, suffisent pour les en guérir ou les en préserver. On peut rapporter tous les vices d'une nation à ces deux maladies des corps politiques, et comme il est très-important d'assigner dans les maux du genre humain les sources principales qui les produisent , nous allons les déterminer par leurs effets. Ainsi, considérant la guerre comme le résultat de la barbarie de chaque peuple , et son commerce comme celui de son luxe , nous verrons ces deux thermomètres politiques hausser ou baisser, suivant les degrés de civilisation de chaque partie du monde.

En Amérique , les guerres sont fréquentes et très-cruelles parmi les sauvages , comme nous l'avons dit. Elles naissent de Tétat de foiblesse de ces petites nations , qui proportionnent toujours leurs vengeances à leurs craintes 3 mais ce que je n'ai pas encore dit^ c'est qu'elles y

sont presque toutes allumées par quelque fanatisme religieux. Le premier homme qui égorgea un animal domestique pour sa subsistance ^ en dévoua les entrailles aux dieux pour expier cette espèce de crime ^ en les associant à ses besoins. Voilà, dit-on, l'origine des sacrifices. Mais celui qui le premier tua son semblable, en offrit sans doute le sang aux dieux infernaux , pour les associer à sa vengeance : et voilà , selon mpi , Torigine de la férocité des guerres de TAmérique. Les sauvages n'entreprennent aucune hostilité sans consulter leur manitou, et celui d'entre eux qui le fait parler ne manque jamais de promettre un heureux succès , pourvu qu'on s'engage à fournir à la parure du manitou au moins quelques crânes ou mâchoires des ennemis. Aussi ils traitent leurs prisonniers de guerre avec la plus horrible barbarie. Ils leur arrachent la chevelure, ils les rôtissent tout vifs, ils les mangent, et ils en attachent les ossemens à la cabane ou au sac qui renferme le manitou. Les Mexicains et les Péruviens, ces peuples naturellement si doux et déjà avancés en civilisation , oflfroient chaque année à leurs dieux un grand nombre de victimes humaines ; ils faisoient même uniquement la guerre ponr en ivoir. Leurs prêtres s'écrioient de temps en temps qu'il falloit à manger au^ dieux. Aussitôt

les peuples tremhlaûs prenoient les armes ^ se jetoient sur les peuples voisins ^ d'où ils amc'noient quantité de prisonniers y auxquels les prêtres ouvroient la poitrine pour en tirer le cœur, qu'ils offroient tout palpitant à leurs idoles ; Fempereur du Mexique s'étoit abstenu roême de faire la conquête de plusieurs nations de son voisinage, uniquement afin d'avoir de quoi fournir à ses affreux sacrifices. C'est sans doute cette barbarie qui^a attiré la vengeance divine sur ces peuples , dont le gouvernement ne subsiste plus; car puisque Dieu ne se propose que le bonheur du genre humain y la barbarie est sans doute le plus grand des crimes à ses yeux* X^a guerre en Afrique est aussi fort inhu*maine, quoique beaucoup moins qu'en Amérique y parce qu'elle n'est pas mêlée de fana-^ tisme. Les !Nègres n ont ordinairement d'autre but que de faire du butin et des esclaves : ainsi ils épargnent au moins le sang des prisonniers. £n Europe, la guerre est aujourd'hui le simple effet de la. cupidité des peuples et de l'ambition de leurs princes. Quoiqu'elle y soit fréquente, elle se propose souvent l'intérêt du commerce ou des peuples. Elle a ses lois , qui en modèrent les fureurs. Il n'y a qu'une petite partie de chaque puissance belligérante qui combat ; et comme l'argent est son premier mobile, dés qu'il man-

qiie de part et d'autre^ la paix s^ensuît Dans la plus grande partie de l'Asie , les guerres sont rares et peu meurtrières.La Loubère dit que le roi d^ Siam ordonnoit à ses généraux de s'ahutenir de tuor» Z^es Chinois^ ainsi que les Indiens , ne sont pas belliqueux. Ces grandes nations n'emploient guère que les ruses de la politique pour résister a leurs ennemis. Les Turcs et les Persans sont plus guerriers ; mais ils sont à cet ^ard infé-* rieurs aux Européens ^ dont la tactique est beaucoup plus parfaite. Cependant^ quoique le luxe de l'Asie dût en adoucir les mœurs > comme les extrémités se touchent , le luxe y a introduit un autre genre de barbarie, c'est celui d'y faire des esclayes et des eunuques. Ces coutumes barbares sont déjà bien ancien* nés en Orient; ce qui me porterait à croire qu'elles sont nées dans l'enfance de ces peuples. Quoi qu'il en soit, l'esclavage est incompa-* rablement plus doux dans cette ancienne partie du monde que dans toutes les autres. Il n'est pas rare de voir des esclaves s'alUelr a leur maître, surtout s'ils en embrassent la religion. Ainsi, en considérant le mal quo la guerre £ut au genre humain, nous verrons qu'elle produit eu Amérique des victimes, en Afrique des es«« claves, en Europe des prisonniers^ en Aaie dea serviteurs.

• Oh peut voir par ces aperçus qne la barbarie s'affoiblit à mesure que les nations avancent en âge: nous allons voir maintenant le lux^ &ug* menter dans les mêmes rapports.

Le commerce y qui est le fruit du luxe ^ est fort borné chez les sauvages de T Amérique. Nous ne faisons aucun usage de leurs meubles , de leurs armes et de leurs étoffes : mais comme ils vivent plus près que nous de la nature , nous lenr sommes redevables d\me foule de biens naturels qui Femponent sur les fruits de Tart et de rindustrie de toutes les autres parties dn monde. Ce sont eux qui ont donné à nos co* lonies le manioc et la patate^^à nos tables les pèches inépuisables du banc de Terre- Neuve, à nos potagers la pomme de terre, a nos délices la vanille et le chocolat , à nos soQcis le tabac, à nos jardins une multitude de végétaux utiles ou agréables, à notre commerce et à nos manufactures le coton, l'indigo, les pelleteries, l'écaillé de tortue, la cocheaille, etc. Mous leur devons encore le café et la canne à sucre , transplantés de l'Asie dans leurs terres, et don^les productions coilteroient beaucoup plus cher , s'il falloit les aller chercher dans les lieux de leur origine. Us ne m^ donnent pas la peine de recueillir pour nous la plupart de ces richesses , mais ils nous en

Qnt montré Tusage. Celui qui fait présent an genre humain d'une plante utile , lui rend plus de service que Tinventeur d'un art. Pendant combien de siècles seroit tombée dans nos parcs la. fève amère du cacao sans que nous eussions imaginé de la torréfier y et de la corn* biner avec une substance sucrée pour en composer un aliment délicieux ? Pendant combien de temps nos botanistes auroient-ils proscrit le tabac comme un poison dangereux y si les sauvages de TAmérique ne nous avoient enseigné que c'étoit un puissant remède contre le chagrin ? Je compte pour rien y ou plutôt pour un grand mal^ cette abondance prodigieuse d'or et d'argent que nous tirons de leurs mo^tagnes. Elle a été la cause de la destruction presque totale de ces peuples enfans y auxquels on ne pouvoit reprocher d'autre crime que la religion . de leurs tyrans; mais^ par une juste réaction^ ces mêmes métaux sont aujourd'hui la cause de la plupart des guerres de l'Europe, et en entrai* neront tôt ou tard la ruine.

Le commerce de l'Afrique annonce un peu plus d'industrie de la part de ses habitans ; elle n'a pas besoin de cultivateurs étrangers pour recueillir ses productions. Nous tirons de ses €Ôteâ septentrionales, subjuguées par les Maures,

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des maroquins , des dattes, de Thuile , de la cire et des blés en abondance» Ses côtes occidentales y habitées )Mir les Nègres, nous donnent un peu d'or , de l'ivoire ^ et une foule d'esclaves que

sa malhenrense fécondité fournit A nos travaux

dt» l'Amérique.

Le commerce de l'Europe s'étend , comme les besoins de son luxe ^ jusqu'au bout du monde. Il exporta fort peu d'objets naturels et de productions de ses fiabriques ; les peuples étrangers ne veulent guère que les fruits de nos arts et de notre industrie. C'est avec de l'eau-devie y de k poudre à canon y des fusils , des sabres > du fer, que nous commerçons principalement avec les Américains et les Africains. Les Asiatiques ne reçoivent de nous que de Targent.

Quelque étendu que soit notre commerce , il n'égale pas à beaucoup près celui de l'Asie. Nous allons chez tous les peuples chercher des jouissances , mais tous les peuples viennent en acheter en Asie. Je ne parle pas du commerce de l'Inde , où tant de vaisseaux abordent , mats seulement de celui de la Chine. Cet antique empire, reculé dans la partie la plus orientale de notre continent , renferme le seul grand peuple chet lequel la plupart des autres peuples de la

terre yiennentcommercer^et qui ne va tout auplus que che^ ses voisins. Les Tartares y les peuples du Thibet ^ les Russes , les Coréens^ les habitans de la Cochinchine y du Tunquin y de Siam y du Pégu y de l'Inde et de ses îles innombrables y de l'Arabie^ de la Perse , de la Turquie asiatique^ arrivent chez lui en flottes ou en longues caravanes. Ils font refluer ses productions y ses manufactures y son commerce et ses usages dans toute TÂsie et jusqu'en Afrique. Nos vaisseaux de l'Europe y abordent Ass extrémités de l'Occident. Il pourvoit même aux besoins et au luxe de l'Amérique y car les vaisseaux espagnols de Manille portent tous les ans au Pérou et au Mexique des étoiSes^ des porcelaines et des meubles de cet;te industrieuse partie du monde. tJn simple impôt mis y dans l'Amérique septentrionale^ sur une production végétale de ce riche empire > a £ût prendre les armes aux colonies angloises^ et les a séparées de leur métro-^ pôle j et on peut dire que c'est un peu de thé et le roseau qui renferme le sucre y qui ont causé une partie des guerres de l'Europe.

En assignant un des âges de la vie à chaque partie du monde y je n'ai pas voulu dire que chaque peuple ne puisse passer par les quatre périodes de la vie humaine; nous savons le con-

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traire par notre etpërience. Il y a loin du sieclâ des druides à celui de Louis XIV^ les vertus de chaque âge peuvent se naturaliser dans tous les pays. Si rei^trémité septentrionale de l'Afrique est habitée par des pirates^ son extrémité méri-' dionale^ sous deslatitudes à peu près semblables^ est devenue sous les HoUandois l'asile du com^ merce. La puissance de l'Europe et la sagesse de l'Asie se transplanteront peut-être un jour par les Anglois dans FAmérique septentrionale^ et pourront y devenir le partage des sauvages de l'Amérique ^ mais au milieu de ces grandes révolutions ; je pcuse que chaque peuple conservera toujours quelque chose de son caractère territorial. La vieillesse de l'aubépine n'est point celle du chêne y et cependant le buisson et l'arbre parcourent également le cours des siècles. Us ont chacun leurs oiseaux qui viennent se reposer sous leur feuillage > et l'embellir par leurs harmonies. La nature se plaît dans cette variété j;^ quelquefois même, lorsqu'un vieux arbre est renversé par les tempêtes y elle fait sortir de ses racines moussues un rejeton vigoureux qui lui redonne une nouvelle jeunesse. Peut-être un jour le temps , nos malheurs^ quelque génie bienfaisant comme la na-* ture^ un Lycurgue^ un Penn , unFénélon^

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IraLmèncront l'Europe à rheureuse simplicité des |>euples américains ^ sans rien diminuer de ses forces et de ses lumières.

Mais s'il est presque impossible à de grands peuples de rétrograder vers Fâge de l'innocence ; si les feux de l'ambition et des cupidités une fois allumés ne peuvent plus s'éteindre^ tâchons au moins de tirer de ceux qui nous consument une lumière qui éclaire nos vieux jours.

C'est dans l'Asie que nous trouverons des empires dont le régime peut nous servir de modèle : tel est celui des Chinois qui a quatre mille sept cents ans d'antiquité. Ce peuple vieillard compte ses années par celles du globe; il est l'ainé de tous les peuplés de la terre ^ qui viennent de toutes les régions lui rendre hommage. Four nous qui parcourons Fâge viril avec les vices de la jeu-!nesse et les défauts de l'enfance ^ nous devons chercher à raffermir la légèreté de notre constitution par les mêmes lois qui assurent la -pondération de ce vénérable empire. La vieillesse couronne la fin des nations; et comme elle prépare l'homme à une autre existence^ elle change aussi la nature d'un état et le ramène en quelque sorte à la simplicité des élémens. Ce n'est plus un fleuve qui va se perdre à la fin de son cours; c'est un océan qui engloutit tous les fleuves et les reproduit de ses émanations. 3- 6

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Vu état vieux et l>ieu ordonné attire à lui et s^incorpore ses voisins , ses alliés , et ses conquérant même; la nature le réserve pour être la tête du genre humain , dont les autres peuples ne sont que les membres. Cet empire universel, dont le désir agite tour à tour les peuples de l'Europe, est offert par la nature à tous ceux du globe : il a été présenté successivement aux Assyriens, aux Scythes, aux Mèdes, aux Perses, aux Grecs, aux Romains, aux Tartares, aux Arabes, et il leur a été enlevé à tous; il n'est le prix ni de la force ni de la ruse , mais celui de la sagesse. Un Enropéen vantoit à un Chinois la puissance de nos royaumes modernes, leur tactique^ leur navigation, leurs conquêtes; il luifaisoit réloge des peuples anciens de l'Europe, dont il n^avoit jamais ouï parler; des Athéniens, des Lacédémoniens, des Romains. « Sans doute, lui répondit le Chinois, ces peuples ont été puissans et vous l'êtes aussi, mais vous passerez avec eux , et nous autres nous durons. ,»

On doit affermir la base du bonheur public sur les saintes et éternelles lois de la nature. C'est la nature qui, en donnant des griffes aux animaux de rapine, avec l'instinct de la férocité , a fait l'homme nu et lui a donné l'instinct de la bienfaisance , afin qu'il secourût ses semblables par le sentiment de ses propres

l»esoms. Elle a gravé dans 45on cœur cette loi inaltérable : Nk faites pas a autrui ce que vous

»E VOUDIVÎEZ PAS qu'on VOUS FÎT. C'cSt CCttC loi

que Conf ucius appelle la vertii du cœur , qu il recommande sans cesse dans ses écrits, comme le principe de toute conduite particulière» et qui est la base des neuf, maximes de gouvernement qu'il a présentées aux souverains de son pays. C'est elle qui y en rendant à la Chine les récompenses et le$ punitions personnelles à tous ses habilans sans exception^ les a rassemblés sous leur m.onarqtte comme une famille sous un père, et a rendu leur constitution inébranlable^ c'est elle qui^ malgré la corruption des mandarins , les guerres civiles, les invasio&s des Tar tares, a maintenu ce grand empire , comme le pivot d'un vieux chêne soutient son tronc caverneux contre les tempêtes du ciel et les débordemens des eaux: loin d'en être abattu , il accroît ses forces de. ce qui devroit le renverser; son vasie feuillage se nourrit d'orages, ses racines boivent Finondar tion des fleuves.

C'est celte loi que l'Évangile nous recommande comme le second de nos devoirs > elle est pour chacun de nous l'extrémité dé ce rayon dont la Divinité est le centre et le genre humain la circonférence. C'est elle seule qui nous fait hommes et qui nous rappelle à la nature dans

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quelque partie du monde que nous soyons nés; elle nous force d'abjurer, au moins intérieurement, les préjugés de familles , de corps y de nations y et nous défend d'être Turcs, Juifs, Brames, Africains, lorsque nous ne pouvons Fétre sans cesser d'être hommes. An milieu de tant d'opinions qui arment les nations les unes contre les autres, elle nous montre notre intérêt personnel dans celui da genre humain , et celui du genre humain dans notre intérêt personnel. VouIcé-vous savoir si une maxime est juste par rapport à autrui, applique^la à vous-même -, par rapport à vousmême, appliquez-la à autrui, et étendez-la à tous les hommes : si elle ne convient pas à tous , elte ne confient à aucun. Enfin cejlte loi est l'heureux instinct qui rapproche tous les peuples de 2a terre les uns des autres , et elle est la seule règle invariable de ce qui est juste, bon, dé^^ eent, honnête, vertueux et religieux dans tou^ les temps et dans tous les pays du monde.

DE I/A NATUKEi &5

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