‹ Harmonies de la natureChapitre 8 sur 49 · HARMONIES FRATERNELLES · texte numérisé non relu

HARMONIES FRATERNELLES

jXous avons représeiité jusqu'ici les harmonies que les puissances de la nature ont les unes avec les autres^ nous allons décrire maintenant celles que chacune d'elles a avec elle-même. Les pre« mières sont simples > les ^fécondes sont composées* Les premières nous ont offert l'organisation élémentaire des individus j les secondes, nous donneront celles de leurs espèces et de leurs -genres. Les premières <5omposeïit les matériaux primitifs de l'édifice de la nature , et les .secondes eu forment l'assemblage* Les imes sont physiques et les autres sont morales ou sociales. Ici va commencer un nouvel ordre de choses , ' dont le soleil est toujours le premier mobile : toutes les lois qui gouvernent la terre ont leur origine dans les cieus.

Considérons le soleil au lever de l'aurore^ lorsqu'il passe de l'hémisphère inférieur dans le 5iipérieur ; d'abord il dilate l'air de notre horizon^

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et aussitôt un vent frais s'élève de Forient pour le« remplacer. La rosée de la nuit , suspendue dans les airs y tombe sur la terre ; les plantes se raniment y les oiseaux font entendre leurs pre« mîers chants , l'homme commence le cercle de ses travaux et de ses jouissances. Chaque heure amène une harmonie nouvelle y et toutes ensemble y comme une troupe de sœurs de différens âges^ qui se tiennent par la main y vont^se réfugier sous le' manteau constellé de la nuit.

Voyons maintenant le soleil ^ au lever de l'année, au matin de ce grand jour qui va éclairer et chauffer notre pôle pendant six mois.

Alors les phénomènes de notre horizon s'opèrent en grand sur notre hémisphère. D'abord toute son atmosphère est dilatée y et celle de l'hémisphère . opposé s'efforce de prendre sa place. Aussitôt des vents chauds et humides soufflent avec violence de la partie du sud 'y les glaces de notre pôle se fondent^ s^ébranlent et s'écroulent y l'Océan, chargé de leurs débris y prend son cours vers le midi y et circule autour du globe ; les rosées et les pluies du printemps y qui résultent d'une atmosphère tiède et vaporeuse, fertilisent les terres; les végétaux ranimés poussent tour à tour leurs premiers feuillages ; les animaux , joyeux , préparent de nouveaux nids; Thomme se livre aux travaux

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renatssans de ragricultiire , de la navigation et du commerce. Chaque jour apporte de la part de la nature de nouveaux bienfaits , et tous ensemble^ après avoir entouré notre hémisphère d'une guirlande de fleurs et de fruits y vont se réfugier dans le sein de Fhiver, comme les heures du jour dans celui de la Quit.

Si une révolution d'heures amène les diverses harmonies du jour, et mie révolution de jours celles de Vannée, une révolution d'années amène à son tour celles de la vie. Après un certain nombre de périodes du cours annuel du soleil, les élémens eux-mêmes subissent des crises qui varient leurs harmonies : les ouragans , les volcans , les tremblemens de terre , donnent à l'atmosphère une autre température , à la mer des Iles naissantes , et aux continens de nouveau?!! rivages. Des périodes de mois lunaires el d'années solaires déterminent dans chaque végétal l'âge de sa floraison ; dans chaque animal celui de sa puberté , et dans tous les harmonies de leur vie. L'homme , vers l'âge de sept ans ,• sort de sa première enfance ; il entre dans son aurore. Cette époque , comme celle de la naissance dm jour et de l'année , est précédée d'une révolution : de nouvelles dents lui annoncent avec douleur qu'il a besoin de nouveaux alîmens j souvent son sang s'allume et son corps

se cpnvre d'ébuUhions. Les petites -Teroles^ lea rougeoles et les éruptions cutanées y sont les gi« boulées de son printemps. Une révolution mo-raie accompagne la révolution physique : le premier feu des passions commence à échauffer son cœur et à éclairer son esprit ; Ta-^ mitié maternelle ne peut plus lui suffire -y il lui faut des égaux ^ des compagnons^ des amis^ de nouveaux plaisirs et de nouveaux travaux^ Il entre ainsi dans la carrière humaine y dont il doit parcourir toutes les harmonies y jus-^ qu'à ce que la mort y semblable à l'hiver et à la nuit^ couvre ses jours y ses années et sa vie d'un voile funèbre.

Un cercle de vies humaines produit à son tour les harmonies des tribus y celui des tribus celles de nations , celui des nations celles du genre humain. Sans doute notre globe y avec tous ses habitans y a des relations avec les globes qui tournent autour du soleil y et l'astre du jour lui-même y avec sa sphère immense ^ en a sans doute avec les astres innombrables y ordonnés dans l'infini et dans l'éternité suivant des plans inconnus aux mortels.

Mais il suffit à ma foiblesse de m'occuper des puissances de la nature qui se manifestent sur la terre. Je les y ai présentées simples et en repos y je vais les montrer combinées et en ac^

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{ion; je vais décrire leurs relations avec les harmonies des temps* Je ne prétends point , comme Phaéton y mener de front les chevaux du Soleil y mdASy comme l'hirondelle y régler ma car-^ rière fugitive sur celle de Fastre du jour. En yolantterre à terre^ je peux^ comme lui^ faire le tour du monde y et en étudier les lois d'où àt^ pendent les destinées du genre humain.

Rappelons-nous d'abord une des lois fondamentales de la nature^ celle de la consonnance. Kous avons vu que tout corps organisé étoit formé de deux moitiés semblables qui s'entr'aidoient : j'appelle cette consonnance harmonie fraternelle.

Cette loi se manifeste dans les astres y formés de deux moitiés semblables^ puisqu'ils sont sphériques. Il y a plus y la sphère pouvant se diviser en une infinité de moitiés égales par tous les points de sa circonférence^ il en résulte qu'elle réunit en elle une infinité de consonnances y qu'elle renferme toutes les formes y et qu'elle en est la plus parfaite. £n effet ^ toutes les courbes s'engendrent des différentes révolutions de son cercle. Toutes les formes angulaires des combinaisons de ses cordes et de ses rs^jons^ et ses parties diverses^ . \mi en équilibre autour d'un centre uniqur^

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