A LA JEUNESSE FRANÇAISE
roules infinies et inconnues qui, tantes, hors une, mènent h l'erreur.
Or, toute erreur engendre souffrance. Ou la souffrance retombe sur celui qui s'est égard, et alors elle met en œuvre la responsabilité. Ou elle va frapper des êtres innocents de la faute, et, en ce cas, elle fait vibrer le merveilleux appareil réactif de la solidarité.
Or l'action de ces lois, combinée avec le don qui nous a été fait de lier les effets aux causes, doit nous ramener, par la douleur même, dans la voie du bien et de la vérité.
Ainsi, non-seulement nous ne nions pas le mal, mais nous lui reconnaissons une mission, dans l'ordre social comme dans l'ordre matériel.
Mais pour qu'il la remplisse, cette mission, il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité; en d'autres termes, il faut respecter la liberté.
Que si les institutions humaines viennent contrarier en cela les lois divines, le mal n'en suit pas moins l'erreur, seulement il se déplace. Il frappe qui il ne devait pas frapper; il n'avertit plus; il n'est plus un enseignement; il ne tend plus à se limiter et il se détruire par sa propre action; il persiste, il s'aggrave, comme il arriverait dans l'ordre physiologique, si les imprudences et les excès commis par les hommes d'un hémisphère ne faisaient ressentir leurs tristes effets que sur les hommes de l'hémisphère opposé.
Or c'est précisément là la tendance non-sculemcnt de la plupart de nos institutions gouvernementales, mais encore et surtout de celles qu'on cherche à faire prévaloir comme remèdes aux maux qui nous afiligent. Sous le philanthropique prétexte de développer entre les hommes une solidarité factiee, on rend la responsabilité de plus en plus inerte et inefficace. On altère, par une intervention abusive s.
tl lUnstONlfiS tfCONOMlQlIES.
île I» force publique, le rapport du travail fi sn récompense, on [rouble les lois de l'industrie et lie rechange, on violente le développement naturel de l'instruction, on dévoie les capitaux et les bras, on fausse les idées, on enflamme les prétentions absurdes, on fait briller aux yeux des espérances ehiniériques, on occasionne une déperdition inouïe de forces humaines, on déplace les centres de population, on frappe d'inefficacité l'expérience même, bref on donne à tous les intérêts des bases factices, on les met aux prises et pois l'on s'écrie : « Voyez, les intérêts sont antagoniques. C'est la liberté qui fait tout le mal. Maudissons et étouffons la liberté. »
Et cependant comme ce mot sacré a encore la puissance do faire palpiter les cœurs, on dépouille la liberté de son prestige en lui arrachant son nom, et c'est sous le nom de concurrence que la triste victime est conduite à l'autel, aux applaudissements de la foule tendant ses bras aux liens de la servitude.
II ne suffisait donc pas d'exposer, dans leur majestueuse harmonie, les lois naturelles de l'ordre social, il fallait encore montrer les causes perturbatrices qui en paralysent l'action. C'est ce que j'ai essayé de faire dans la seconde partie de ce livre.
Je me suis efforcé d'éviter la controverse. C'était perdre, sans doute, l'occasion de donner aux principes que je voulais faire prévaloir cette stabilité qui résulte d'une discussion approfondie. Mais l'attention attirée sur les digressions n'aurait-elle pas été détournée de l'ensemble? Si je montre l'édifice tel qu'il est, qu'importe comment d'autres l'ont vu alors même qu'ils m'auraient appris h le voir?
Et maintenant je fais appel, avec confiance, aux hommes de toutes les écoles qui mettent la justice, le bien général et la vérité au-dessus de leurs systèmes.