DANS LES TEMPLES
Je sors du parvis qui murmure ; Je sors , et ton ombre me suit !
Mon pied silencieux se fait entendre à peine , Mon cœur se tait , et mon haleine Sur mes lèvres passe sans bruit.
Jusqu^au retour de Faurore Sur mon front je garde encore La majesté du saint lieu ; Et comme après Sina , de toi Tâme encor pleine , Ton prophète nVsait descendre dans la plaine , Je crains de profaner par la parole humaine Mes sens encor frappés du souffle de mon Dieu !
HBiivniiiE
ttnt JTarmt,
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COHSOLATIOIf.
Tombez , larmes silencieuses , Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses , Ni sur le sein de Famitié !
Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n^essuie , Que nul souffle ne vient sécher.
Qulmporte à ces hommes mes frères Le cœur brisé d^un malheureux?
Trop au-dessus de mes misères , Mon infortune est si loin d^eux l
Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux le ciel; Leur avenir n'a point d'alarmes ^ Leur coupe n'aura point de fiel.
Jamais cette foule frivole ^ Qui passe en riant devant moi , N'aura besoin qu'une parole Lui dise ; Je pleure avec toi !
Hé bien ! ne cherchons plus sans cesse La vaine pitié des humains ; Nourrissons^nous de ma tristesse , £t cachons mon front dans mes mains.
A l'heure où l'âme solitaire S'enveloppe d'un crêpe noir.
Et n'attend plus rien de la terre , Yeuve de son dernier espoir;
Lorsque l'amitié qui l'oublie Se détourne de son chemin , Que son dernier bâton , qui plie , Se brise et déchire sa main ;
^ Quand Phomine faible et qui redoute La contagion du malheur, Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur;
Quand l'aTenir n^a pins de charmes Qui fassent désirer demain , Et que Famertume des larmes Est le seul goût de notre pain ;
G^est alors que ta voix s^élève Dans le silence de mon cœur, Et que ta main , mon Dieu ! soulève Le poids glacé de ma douleur.
On sent que ta tendre parole A d^autres ne peut se mêler.
Seigneur ! et qu^elle ne console Que ceux qu'on n^a pu consoler.
Ton bras céleste nous attire Gomme un ami contre son cœur.
Le monde qui nous voit sourire , Se dit : îyoû leur vient ce bonheur?
Et Pâme se fond en prière Et s'entretient avec les cieux , Et les larmes de la paupière Sèchent d'elles-même à nos yeux ,
Comme un rayon d^hiver essuie , Sur la branche ou sur le rocher, La dernière goutte de pluie Qu^aucune ombre n^a pu sécher.
DIXliMB
Ifiohu^
OD
PAYSAGE DANS LE fiOLFB DE GÊNES.
La lune est dans le ciel , et le ciel est sans voiles, Comme un phare avancé sur un rivage obscur, Elle éclaire de loin la route des étoiles , Et leur sillage blanc dans Pocéan d^azur.
A sa clarté tremblante et tendre , L^œil qu^elle attire aime à descendre