‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 21 sur 96 · DANS LES TEMPLES · texte numérisé non relu

DANS LES TEMPLES

Je sors du parvis qui murmure ; Je sors , et ton ombre me suit !

Mon pied silencieux se fait entendre à peine , Mon cœur se tait , et mon haleine Sur mes lèvres passe sans bruit.

Jusqu^au retour de Faurore Sur mon front je garde encore La majesté du saint lieu ; Et comme après Sina , de toi Tâme encor pleine , Ton prophète nVsait descendre dans la plaine , Je crains de profaner par la parole humaine Mes sens encor frappés du souffle de mon Dieu !

HBiivniiiE

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COHSOLATIOIf.

Tombez , larmes silencieuses , Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses , Ni sur le sein de Famitié !

Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n^essuie , Que nul souffle ne vient sécher.

Qulmporte à ces hommes mes frères Le cœur brisé d^un malheureux?

Trop au-dessus de mes misères , Mon infortune est si loin d^eux l

Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux le ciel; Leur avenir n'a point d'alarmes ^ Leur coupe n'aura point de fiel.

Jamais cette foule frivole ^ Qui passe en riant devant moi , N'aura besoin qu'une parole Lui dise ; Je pleure avec toi !

Hé bien ! ne cherchons plus sans cesse La vaine pitié des humains ; Nourrissons^nous de ma tristesse , £t cachons mon front dans mes mains.

A l'heure où l'âme solitaire S'enveloppe d'un crêpe noir.

Et n'attend plus rien de la terre , Yeuve de son dernier espoir;

Lorsque l'amitié qui l'oublie Se détourne de son chemin , Que son dernier bâton , qui plie , Se brise et déchire sa main ;

^ Quand Phomine faible et qui redoute La contagion du malheur, Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur;

Quand l'aTenir n^a pins de charmes Qui fassent désirer demain , Et que Famertume des larmes Est le seul goût de notre pain ;

G^est alors que ta voix s^élève Dans le silence de mon cœur, Et que ta main , mon Dieu ! soulève Le poids glacé de ma douleur.

On sent que ta tendre parole A d^autres ne peut se mêler.

Seigneur ! et qu^elle ne console Que ceux qu'on n^a pu consoler.

Ton bras céleste nous attire Gomme un ami contre son cœur.

Le monde qui nous voit sourire , Se dit : îyoû leur vient ce bonheur?

Et Pâme se fond en prière Et s'entretient avec les cieux , Et les larmes de la paupière Sèchent d'elles-même à nos yeux ,

Comme un rayon d^hiver essuie , Sur la branche ou sur le rocher, La dernière goutte de pluie Qu^aucune ombre n^a pu sécher.

DIXliMB

Ifiohu^

OD

PAYSAGE DANS LE fiOLFB DE GÊNES.

La lune est dans le ciel , et le ciel est sans voiles, Comme un phare avancé sur un rivage obscur, Elle éclaire de loin la route des étoiles , Et leur sillage blanc dans Pocéan d^azur.

A sa clarté tremblante et tendre , L^œil qu^elle attire aime à descendre

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