‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 22 sur 96 · PAYSAGE DANS LE GOLFE DE G&NES · texte numérisé non relu

PAYSAGE DANS LE GOLFE DE G&NES

Les molles pentes des coteaux , A longer ces golfes sans nombre Où la terre embrasse dans Tombre Les replis sinueui des eaux !

Il aime à parcourir la voûte Où son disque trace la roule Des astres noyés dans les airs , A compter la foulé azurée Des étoiles dans Pempyrée , £t des vagues au bord des mers*

A travers Pombre opaque et noire Des bauts cyprès du promontoire , Il voit sur rhumide élément Chaque flot où sa lueur nage , Rouler , en mourant sur la plage , Une écume , un gémissement.

Couverte de sa voile blanche ^

La barque , sous son mât qui penche ,

Glisse et creuse un sillon mouvant ;

De la rive on entend encore

Palpiter la toile sonore

Sous Paile orageuse du vent*

Astre aux rayons muets, que ta splendeur est douce^ Quand tu cours sur les monts, quand tu dors sur la mousse, Que tu trembles sur Fherbe ou sur les blancs rameaux, Ou qu'avec Talcyon tu flottes sur les eaux !

Mais pourquoi t'éveiller quand tout dort aor la terre? Astre inutile à Phomme , en toi tout est mystère ; Tu n^es pas son fanal, et tes molles lueurs Ne savent pas mûrir les fruits de ses sueurs ; Il ne mesure rien aux clartés que tu prêtes , Il ne t^appelle pas pour éclairer ses fêtes , Mais fermant sa demeure aui célestes clartés, 11 s^éclaire de feux à la terre empruntés.

Quand la nuit vient tWvrîr ta modeste carrière , Tu trouves tous les yeux fermés à ta lumière , Et le monde insensible à ton morne retour, Froid comme ces tombeaux objets de ton amour f A peine sous ce ciel où la nuit suit tes traces , Un œil s^aperçoit-il seulement que tu passes. Hors un pauvre pêcheur soupirant vers le bord , Qui , tandis que le vent le berce loin du port , Demande à tes rayons de blanchir la demeure Od de son long retard ses enfans comptent Pbeure ^ On quelque malheureux qui , Poeil fixé sur toi , Pense au monde invisible et rêve ainsi que moi !

Àht Si j'en crois mon corar et ta sainte influence, Astre ami du repos , des songes , du silence , Tu ne te lèves pas seulement pour nos yeux ; Mais du monde moral flambeau mystérieux , À rheure où le sommeil tient la terre oppressée , Dieu fit de tes rayons le jour de la pensée ! Ce jour inspirateur et qui la fait rêver , Vers les choses d^en-haut Pinvite à s'élever; Tu lui montres de loin, dans Pazur sans limite ,

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