‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 23 sur 96 · DANS LE GOLFE DE GÊNES · texte numérisé non relu

DANS LE GOLFE DE GÊNES

Cet espace infini que sans cesse elle habite; Tu luis entre elle et Dieu comme un phare éternel , Comme ce feu marchant que suivait Israël , Et tu guides ses yeux de miracle en miracle , Jusqu^au seuil éclatant du divin tabernacle, Où celui dont le nom n^est pas encor trouvé , Quoiqu*en lettres de feu sur les sphères gravé , Autour de sa splendeur multipliant les voiles , S ema derrière lui ces portiques d*étoiles î

Luis donc, astre pieux, devant ton créateur!

Et si tu vois celui d^où coule ta splendeur , Dis-lui que sur un point de ces globes funèbres Dont tes rayons lointains consolaient les ténèbres , Un atome perdu dans son immensité , Murmurait dans la nuit son nom à ta clarté !

Où vont ces rapides nuages , Que roule à flocons d^or Thaleine des autans ?

Ils semblent d^instans en instans De la terre et des flots retracer les images , Dans leurs groupes épars et leurs miroirs flottans.

Tantôt leurs couches allongées S^étendent en vastes niveaux , Gomme des côtes qu^ont rongées Le temps, la tempête et lés eaux ; Des rochers pendent en ruine Sur ces océans que domine Leur flanc, tout sillonné d^éclairs; L^œil qui mesure ces rivages ,

Voit étinceler sur leurs plages L^écumeflottaote des mers.

Tantôt en montagnes sublimes Ils dressent leurs sommets brûlans , La lumière éblouit leurs cimes , Les ténèbres couvrent leurs flancs , Des torrens jaunis les sillonnent , De brillans glaciers les couronnent , Et de leur sommet qui fléchit , Un flocon que le vent assiège , Gomme une avalanche de neige S^écroule à leurs pieds , qu'il blanchit»

Là leurs gigantesques fantômes Imitent les murs des cités , Les palais, les tours et les dômes QuMls ont tour à tour visités ; Là s'élèvent des colonnades , Ici , sous de longues arcades Où Paurore enfonce ses traits , Un rayon qui perce la nue Semble illuminer Tavenue De quelque céleste palais !

Mais y sous Vaquilon qui les roule En mille plis capricieux , Tours , palais , temples , tout s^écroule , Tout fond dans le vide des cieux ; Ce n^est plus qu^un troupeau candide ,

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