‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 24 sur 96 · DANS LE 60L¥£ DE GÊNES · texte numérisé non relu

DANS LE 60L¥£ DE GÊNES

Qu'un pasteur inyisible ^[uide Dans les plaines de Thorizon ; Sous ses pas Tazur se dévoile , Et le Tent , d'étoile en étoile , Disperse leur blanche tobon !

Redescendez , mes yeux , des célestes campagnes ! Voyez : sur ces rochers que Técume a polis , Voyez étinceler aux flancs de ces montagnes , Tous ces torrens sans source et ces fleuves sans lits. La cascade qui pleut dans le gouffre qui tonne Frappe Pair assourdi de son bruit monotone ; L'œil fasciné la cherche à travers les rameaux ; L'oreille attend en vain que son urne tarisse ,

De précipice en précipice , Débordant , débordant à flots toujours nouveaux , Elle tombe , et se brise , et bondit , et tournoie , Et du fond de l'abîme où l'écume se noie , Se remonte elle-même en liquides réseaux , Comme un cygne argenté qui s'élève et déploie

Ses blanches ailes sur les eaux !

Que j'aime à contempler dans cette anse écartée La mer qui vient dormir sur la grève argentée ,

Sans soupir et sans mouvement !

Le soir retient ici son haleine expirante , De crainte de ternir la glace transparente

Où se mire le firmament.

De deux bras arrondis, la terre qui l'embrasse ,

A la vague orageuse ioterdit cet espace ,

Que borde ud cercle de roseaux ; Et d^un sable brillant une frange plus tîtc , Y serpente partout entre Ponde et la rive , Pour amollir le lit des eaux !

Là tremblent dans Pazur les muettes étoiles, Là dort le mât penché, dépouillé de ses voiles ,

Là quelques pauvres matelots Sur le pont d^un esquif, qu*a fatigué la lame. De leurs foyers flottans ont rallumé la flamme

Et vont se reposer des flots.

De colline en colline , et d^étage en étage , Les monts, dont ce miroir fait onduler Pimage,

Descendent jusqu^au lit des mers ; Et leurs flancs , hérissés d^une sombre verdure , Par le contraste heureux de leur noire ceinture ,

Y font briller des flots plus clairs.

■ '.* Le chêne aux bras tendus penche son tronc sur Ponde,

Le tortueux figuier dans la mer qui Pinonde

Baigne , en pliant , ses lourds rameaux ;

Et la vigne y jetant ses guirlandes trempées ,

Laisse pendre et flotter ses feuilles découpées ,

Où tremblent les reflets des eaux.

La lune , qui se penche au bord de la vallée, Distille un jour égal , une aurore voilée , Sur ce golfe silencieux ;

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