BANS LE GOL¥£ D£ GÊNES
La mer n^a pins de flots , les bois plus de murmure , Et la brise incertaine y flotte à Paventure , Ivre des parfums de ces lieni !
Sur ce site enchanté , mon âme qu^il attire S^abat comme le cyg^e , et s^apaise et soupire
A cette image du repos ; Que ne peut^elle , ô mer! sur tes bords qu^elle envie, Trouver comme ta vague un golfe dans la vie ,
Pour s*endormir avec tes flots !
Mais quel bruit m^arrache à ce songe ?
G*est Pairain frémissant dans les tours des cités , Le roulement des chars qu^un sourd écho prolonge, Le marteau qui retombe à coups précipités , L^enclume qui gémit, les coursiers qui hennissent , Les instrumens guerriers qui tonnent ou frémissent. Des pas , des cris , des chants, des murmures confus» Et des vaisseaux partans les roulantes volées ,
Et des clameurs entremêlées
De silences interrompus !
L^air , chargé de ces sons , qu^il emporte sur Fonde , Et que chaque minute étouffe et reproduit , Semble, comme une mer où la tempête gronde, Rouler des flots de voix et des vagues de bruit !
Voilà donc le séjour d^un peuple , et le murmure
De ces innombrables essaims , Que la terre produit et dévore à mesure , De leur vaine existence , hélas ! encor si vains !
Tandis que la nature et les astres sommeillent
Dans un repos silencieux , Aux lueurs des flambeaux, ces insectes qui veillent, Troublent seuls de leur bruit les mystères des cieux! Ils veillent, et pourquoi? pour que je les entende, Pour que le bruit qu^ils font revienne les frapper, Pour que leur pas résonne et leur nom se répande. Pour se tromper eux- même , ô mort ! et te tromper ! Oui , du baut de ce tertre où mon pied les domine. Je les entends encor 1 mais si je fais un pas , Si je double le cap , ou franchis la colline , Ce grand bruit, expirant sur la plage voisine.
Sera comme s^il u^était pas!...
Avant que du zéphyr la printanière haleine Ait cessé de verdir les feuilles de ce chêne.
Qui compte déjà cent hivers ; Avant que celte pierre au bord des flots roulée, £t qui tremble déjà sur sa base ébranlée.
Ait croulé sous le choc des mers ;
Ces pas, ces voix, ces cris , cette rumeur immense , Seront déjà rentrés dans Téternel silence, Les générations rouleront d^autres flots , Et ce bruit insensé, que Thomme croit sublime. Se sera pour jamais étouffé dans Vabîme, L^abîme qui n^a plus d^échos !
Mais où donc est ton Dieu? me demandent les sages. Mais où donc est mon Dieu? dans toutes ces images, Dans ces ondes, dans ces nuages,