‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 3 sur 96 · VHTMNE DE LA NUIT · texte numérisé non relu

VHTMNE DE LA NUIT

Mon âme n'est point lasse encore D'admirer Pœuvre du Seigneur ; Les élans enflammés de ce sein qui Vadore N'avaient pas épuisé mon cœur !

Dieu dujour! Dieu des nuits! Dieu de toutes les heures! Laisse-moi m'envoler sur les feux du soleil ! Où ya vers l'occident ce nuage vermeil ?

Il va voiler le seuil de tes saintes demeures Où l'œil ne connaît plus la nuit ni le sommeil ! Cependant ils sont beaux à l'œil de l'espérance Ces champs du firmament ombragés par la nuit ; Mon Dieu ! dans ces déserts mon œil retrouve et suit Les miracles de ta présence !

Ces chœurs étincelans que ton doigt seul conduit ,

Ces océans d'azur où leur foule s'élance ,

Ces fanaux allumés de distance en distance ,

Cet astre qui paraît , cet astre qui s'enfuit ,

Je les comprends, Seigneur! tout chante, tout m'instruit

Que l'abîme est comblé par ta magnificence ,

Que les cieux sont vivans , et que ta providence

Remplit de sa vertu tout ce qu'elle a produit !

Ces flots d'or , d'azur , de lumière , Ces mondes nébuleux que l'œil ne compte pas ,

mon Dieu , c'est la poussière

Qui s*élève sous tes pas !

Nuits , déroulez en silence Les pages du livre des cieux ;

20 L'EfrMNE DE LA NOIT.

Astres , gravitez en cadence Dans vos sentiers harmonieux ; Durant ces heures solennelles, Aquilons , repliez vos ailes, Terre , assoupissez vos échos; Étends tes vagues sur les plages, mer ! et berce les images Du Dieu qui Va. donné tes flots.

Savez-vous son nom? La nature Réunit en vain ses cent voix , L^étoile à Tétoile murmure :

Quel Dieu nous imposa nos lots ?

La vague à la vague demande :

Quel est celai qui nous gourmande ?

La foudre dit à Taquilon :

8ais>tu comment ton Dieu se nomme ?

Mais les astres , la terre et Vhomme Ne peuvent achever son nom.

Quêtes temples, Seigneur, sont étroits pour mon âme!

Tombez , murs impuissans , tombez !

Laissez-moi voir ce ciel que vous me dérobez ! Architecte divin , tes dômes sont de flamme ! Que tes temples, Seigneur, sont étroits pour mon âme!

Tombez , murs impuissans , tombez !

Voilà le temple où tu résicl^s !

Sous la voûte du firmament Tu ranimes ces feux rapides

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