HTHNE BE LA MORT
Pleurais-tu quand la calomnie Souillait la gloire de poison, Ou quand les ailes du génie Se brisaient contre sa prison ; Pleurais-tu lorsque Philomële, Couvant ses petits sous son aile.
Tombait sous Pongle du vautour; Quand la faux tranchait une rose.
Ou que la vierge à peine éclose Mourait à son premier amour ;
Et sentais-tu ce vide immense Et cet inexorable ennui, Et ce néant de Texistence, Cercle étroit qui tourne sur lui.
Même en f enivrant de délices Buvais-tu le fond des calices; Heureuse encor n^avais-tu pas Et ces amertumes sans causes, Et ces désirs brûlans de choses Qui n^ont que leurs noms ici-bas?
Triomphe donc, âme exilée ; Tu vas dans un monde meilleur.
Où toute larme est consolée, Où tout désir est le bonheur !
Où Pâtre <{ui se purifie N^emporte rien de cette vie Que ce quHl a d'égal aux dieux ^ Comme la cime encore obscure
HYMNE DE lA. MORT. Wï
Dont Pombre décroît, à mesure Que le jour monte dans les cieux.
Là sont tant de larmes versées
Pendant ton exil sous les cieux ,
Tant de prières élancées
Du fond d^un cœur tendre et pieux !
Là tant de soupirs de tristesse,
Tant de beaux songes de jeunesse !
Là les amis qui t^ont quitté,
Épiant ta dernière haleine,
Te tendent leur main déjà pleine
Des dons de Pimmortalité !
Ne vois-tu pas des étincelles Dans les ombres poindre et flotter ?
N^entends-tu pas frémir les ailes De Pesprit qui va t'emporter ?
Bientôt, nageant de nue en nue, Tu vas te sentir revêtue Des rayons du divin séjour.
Gomme une onde qui s^évapore Contracte en montant vers Paurore La chaleur et Péclat du jour !
Encore une heure de souffrance, Encore un douloureux adieu !
Puis endors-toi dans Pespérance pour te réveiller dans ton Dieu !
Tel sur la foi de %e^ étoiles
NVs-to plus le Dieu des armées ?
N^es-tu plus le Dieu des combats ?
Jadis tu te levais ! tes tribus palpitantes Criaient : Seigneur ! Seigneur! oujamais, ou demain! Tu sortais tout armé , tu combattais ! soudain L^Âssyrien frappé tombait sans voir ta main, D^un souffle de la peur tu balayais ses tentes, Ses ossemens blanchis nous traçaient le chemin ! Où sont-ils ? où sont-ils ces sublimes spectacles Qu^ont vu les flots de Gad et les monts de Séirs ? £h quoi ! la terre a des martyrs, Et le ciel n^a plus de miracles ?
Cependant tout un peuple a crié : Sauve-moi ; Nous tombons en ton nom, nous périssons pour toi !
Les monts Pont entendu! les échos de PAttique De caverne en caverne ont répété ses cris, Athène a tressailli sous sa poussière antique, Sparte les a roulés de débris en débris !
Les mers Pont entendu ! Les vagues sur leurs plages, Les vaisseaux qui passaient, les mâts Tout entendu ! Le lion sur FOEta, Taigle au sein des nuages; Et toi seul, ô mon Dieu ! tu n^as pas répondu !
Ils t^ont prié, Seigneur, de la nuit à Taurore, Sous tous les noms divins où Punivers t^adore ; Ils ont brisé pour toi leurs dieux, ces dieux mortels. Ils ont pétri. Seigneur, avec Peau des collines, La poudre des tombeaux , les cendres des ruines.^ Pour te fabriquer des autels !