CANTIQUE
LVubli couvre ce mot suprême, Un siècle ou deux Tauront vaincu !
Mais vous ne pouvez, 6 nature !
E£Pacer une créature ; Je meurs! qu^importe? j'ai vécu !
Dieu m'a vu ! le regard de vie S'est abaissé sur mon néant, Votre existence rajeunie A des siècles, j'eus mon instant!
Mais dans la minute qui passe L'infini de temps et d'espace Dans mon regard s^est répété !
Et j'ai vu dans ce point de l'être La même image m'apparaStre Que vous dans votre immensité !
Distances incommensurables, Abîmes des monts et des cienx, Vos mystères inépuisables Se sont révélés à mes yeux !
Taï roulé dans mes vœux sublimes Plus de vagues que tes abîmes N'en roulent, ô mer en courroux !
Et vous, soleils aux yeux de flamme.
Le regard brûlant de mon âme S'est élevé plus haut que vous !
De l'être universel, unique,
La splendeur dans mon ombre a lui,
SOO CANTIQUE.
Et j^ai bonrdonné mon cantique De joie et d^amonr devant Ini ! Et sa rayonnante pensée Dans la mienne s^est retracée , Et sa parole m^a connu !
Et j^ai monté devant sa face, Et la nature m^a dît : Passe; Ton sort est sublime, il t^a vu !
Vivez donc vos jours sans mesure !
Terre et ciel ! céleste flambeau!
Montagnes, mers, et toi, nature.
Souris long-temps sur mon tombeau !
Effacé du livre de vie.
Que le néant même m^oublie !
Padmire et ne suis point jaloni !
Ma pensée a vécu d^avance , Et meurt avec une espérance Plus impérissable que vous !