‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 80 sur 96 · CANTIQUE · texte numérisé non relu

CANTIQUE

LVubli couvre ce mot suprême, Un siècle ou deux Tauront vaincu !

Mais vous ne pouvez, 6 nature !

E£Pacer une créature ; Je meurs! qu^importe? j'ai vécu !

Dieu m'a vu ! le regard de vie S'est abaissé sur mon néant, Votre existence rajeunie A des siècles, j'eus mon instant!

Mais dans la minute qui passe L'infini de temps et d'espace Dans mon regard s^est répété !

Et j'ai vu dans ce point de l'être La même image m'apparaStre Que vous dans votre immensité !

Distances incommensurables, Abîmes des monts et des cienx, Vos mystères inépuisables Se sont révélés à mes yeux !

Taï roulé dans mes vœux sublimes Plus de vagues que tes abîmes N'en roulent, ô mer en courroux !

Et vous, soleils aux yeux de flamme.

Le regard brûlant de mon âme S'est élevé plus haut que vous !

De l'être universel, unique,

La splendeur dans mon ombre a lui,

SOO CANTIQUE.

Et j^ai bonrdonné mon cantique De joie et d^amonr devant Ini ! Et sa rayonnante pensée Dans la mienne s^est retracée , Et sa parole m^a connu !

Et j^ai monté devant sa face, Et la nature m^a dît : Passe; Ton sort est sublime, il t^a vu !

Vivez donc vos jours sans mesure !

Terre et ciel ! céleste flambeau!

Montagnes, mers, et toi, nature.

Souris long-temps sur mon tombeau !

Effacé du livre de vie.

Que le néant même m^oublie !

Padmire et ne suis point jaloni !

Ma pensée a vécu d^avance , Et meurt avec une espérance Plus impérissable que vous !

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