‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 87 sur 96 · SAUL · texte numérisé non relu

SAUL

Quoi ! ce nom détesté dans ta bouche est encore ? Dieu le chérit!... Eh bien! c^est pourquoi je Tabhorre! €*est pour lui que de Dieu les décrets inhumains Ont brisé cette nuit mon sceptre dans mes mains * C'est pour lui que tu meurs, c'est pour lui que je tombe, Cest lui qui doit fonder son trône sur ta tombe! Et tu veux... ! Ah! plutôt dans son sein abhorré Que ne puis-je plonger ce fer désespéré, L'en retirer fumant pour l'y plonger encore.

Voir couler dans le tien tout ce sang que j'abhorre; Et lorsque sous mes coups son sang aurait coulé, Me frapper à mon tour et mourir consolé !

(Un moment de silence. )

— Mais je ne verrai pas son supplice! — Le lâche Laisse tout faire au ciel; il triomphe et se cache ! Il craint ce bras débile ! il attend pour venir Qu'un traître de ma perte aille le prévenir ! Qu'il vienne, il en est temps, saisir cette couronne Qui tombe de mon front et que son Dieu lui donne! Qu'il vienne rechercher parmi ces flots de sang

34t LA HOKT

Ce sceptre abandonné, ce trône qai Tattend !

Le voici I— Tiens régner sur ces champs de carnage; Viens recueillir de moi cet horrible héritage; Prends ma place, perfide ! et sur ces tristes bords Règne sur des déserts , des débris et des morts I

Malheureux père ! au nom de mon heure suprême. Epargnez-moi ! — Vivez et rentrez en vous-même; N*irritez pas un Dieu si sévère pour nous, Et par le repentir désarmez son courroux !

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