‹ Harmonies poétiques et religieuses (volume 2)Chapitre 89 sur 96 · S44 LA MORT · texte numérisé non relu

S44 LA MORT

Je la sens ! ô Saûl ! quelle immense clarté !

Mon père! jour divin ! céleste vérité !

Que ces rayons sacrés consolent ma paupière !•••

Que le Seigneur mVst doux à mon heure dernière !•••

Mon âme dans son sein s^eihale sans effort!

Mon père!... adieu... Seigneur, recevez...

(11 meurt.)

SAUL, cofUemplant le earpi de son fils.

Il est mort!...

Il est mort!... la voilà, cette longue espérance, Ces destins éternels promis à ma puissance, Oracles imposteurs ! à mon peuple, à mon fils, A toute ma grandeur, malheureux, je survis!... Comme un astre tombant qui brille et qui s^efface, Pai vu briller et fuir tout Tespoir de ma race! £t moi!... vieilli, défait, et pleurant sur des morts. Vaincu, je reste seul !... seul avec mes remords!... Mourons donc ! Venez tous jouir de mon supplice. Vous, ombres, quHmmoIa ma sanglante injustice! Dans le sang de mon fils voyez couler mon sang ! Mais je ne vous vois pas à ce dernier instant. Mânes persécuteurs, auteurs de ma misère !

Quoi! vous m^abandonnez à mon heure dernière? Quoi ! vous ne venez pas vous disputer mon corps ? Quoi donc ! connaîlrait-on la pitié chez les morts? Eh bien ! ma propre main vous apaise et vous venge ! Recevez tout mon sang ! enivrez-vous !

(Il entend les pu des guerriera, les cris des vidnqncvrs.)

Qu^entends-je ?

Mon nom !... Vous me cherchez? barbares ennemis!

Vous me trouverez là, sur le corps de mon fils ! Qui n^est tombé que mort n*est pas tombé sans gloire! Les voici ! Hàtons>nous, frappons, mourons !

(n se perce de son ^pëe sur le corps de Jonathas.)

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