‹ Haute-CombeChapitre 20 sur 32 · CITAIS T SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CITAIS T SEPTIÈME

Et maintenant nos pas en foulant cette rive Vont t’éveiller encor, âme douce et plaintive !

Oh! dis moi? c’est bien toi qui pour voir ton amant, (Toute grande pensée est sœur du sentiment)

A brisé le granit, et de ces hautes cimes Précipita ce fleuve au milieu des abîmes?

Et complétant ainsi l’œuvre de l’Eternel A gravé sur le globe un amour immortel?

Quand bravant les périls, ta gondole légère, D’amour et de bonheur rapide messagère,

Portait à ton amant, sur les Ilots sans courroux,

Le signal attendu d’un premier rendez-vous.

Mais non loin de ces lieux est l’Abbaye antique Où dort de tant de rois la dépouille héroïque; Dans le creu d’un vallon exhaussé sur les flots, Haute-Combe s’élève aux bords même des eaux. Le marbre et le granit en magiques dentelles Découpent le sommet de ses hautes tourelles;

LES FUNÉRAILLES

Ses dômes aériens aux moresques vitraux Divisent de ses nefs les gothiques berceaux. Depuis près de six ans, ces pieux cénobites Consacraient à Dieu seul leurs prières bénites; Aucun bruit étranger ne troublait ces déserts,

Et rien n’interrompait leurs célestes concerts;

Ils priaient pour Félix; la vague renommée Avait jeté l’effroi dans leur âme alarmée;

Ils savaient que la mort, de son bras décharné, Avait touché ce Prince à nos yeux moissonné;

Ils savaient que vers eux des serviteurs fidèles Apportaient de ce roi les dépouilles mortelles,

Et déjà son tombeau préparé par leurs mains Attendait dans ses flancs le meilleur des humains.

Mais l'airain a vibré sous les tours ébranlées,

Il jette dans les cieux de plaintives volées; Quelle invisible main agite ces longs glas Qui pleurent dans les airs, disant: hélas, hélas!

CHANT SEPTIEME

Les lévites plongés dans leur sainte prière Ont tressailli soudain au fond du sanctuaire;

Ils ont cru voir un ange errer au haut des cieux .

De ses ailes voilant son éclat radieux,

11 semble enveloppé d'une douleur amère,

On dirait, qu’en passant, il pleure sur la terre;

Les moines à genoux tendent leurs bras vers lui,

Mais en nommant Félix, dans les cieux il a fui!... Sur l'autre rive alors on voit la sombre escorte Qui lidèle à Félix dans ces lieux le transporte;

Déjà mes chants émus qu’interrompaient mes pleurs, De tous ces chevaliers ont redis les douleurs,

Et ma muse rêveuse, à leur pélérinage Osa s’associer par un tardif hommage.

A travers leurs sanglots les moines éplorés Reconnaissent du roi les restes vénérés;

Ils révêtent soudain l’étole blanche et noire,

Et couvrant leurs esquifs de longs tapis de moire Deux-à-deux on les voit s’y placer tristement;

Leurs hymnes étouffés est un gémissement;

Leurs flambeaux répandant des clartés vaporeuses Semblent les révêtir de formes nuageuses;

Dans leurs légers bateaux descendant à pas lents,

En tenant la croix sainte entre leurs doigts tremblants.

LES FUIS ERAILLES

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Ils glissent en priant sur la vague irritée;

Dieu sous leurs pas bénis calme l'onde agitée; Bientôt de l'autre rive ils atteignent les bords, Soudain ont éclaté de lugubres transports: Près du char sépulcral la foule s’agenouille, Chacun veut contempler cette noble dépouille, El le peuple éploré pour la dernière fois Veut baiser le cercueil du plus aimé des rois.

Bais le cortège entier dans les barques s élance;

Vers l’antique Abbaye, ah voguez en silence, Betenez vos soupirs et méditez, hélas!

Sur l’éclat fugitif des pompes d’ici-bas;

A quoi nous servent donc ces grandeurs passagères , Bien que vide et néant, comme nous mensongères?

A quoi sert tout ce bruit vis-à-vis d’un tombeau?

Ah! notre àme n’est plus qu’une nuit sans flambeau Si la vertu n’a pas éclairé notre route;

Malheur à l'insensé qui perdit dans le doute

CHANT SEPTIEME

loi

Ces instants fugitifs que Dieu nous a donnés;

C’est pour le confesser que les hommes sont nés; C’est pour bénir son nom qu’il nous mit sur la terre Quand on n’a pas rempli ce divin ministère,

Quand on étouffe en soi cette voix de là haut,

Et que l’ange nous prend comme Job en défaut, Alors, malheur à nous, malheur âme insensée Qui renia le but de ta propre pensée,

Malheur, tel qu’un fardeau tu portais ta raison,

Et tu vins te briser à ta propre prison;

Mais lorsque les vertus forment notre existence, Quand on suit ton élan, ô sainte Providence, Lorsque tous nos pensers bénis par l’Eternel, Montent comme un parfum qui brûle sur l’autel, Lorsque tous nos instants par nos œuvres utiles Ont rendu nos vertus par l’exemple fertiles,

Quand notre cœur est pur aux regards du Seigneur, Alors la mort n’est plus que l’heure du bonheur; Insensés, qui pleurez une absence éphémère,

Ne le savez-vous pas, la vie est seule amère!

Mais lorsqu’on a vécu comme Charles Félix,

L’âme s’envole au ciel, ainsi que le phénix.

O douleur! attribut de la nature humaine,

Et de la terre aux cieux mystérieuse chaîne,

LES FUNÉRAILLES

Sur le bord du tombeau tu viens nous avertir, Que c’est ici le terme, où tout doit aboutir.

Que ce que nous pleurons, se survit à lui-même, Et qu’entendus encor par le cœur qui nous aime, Alors que le néant semble nous séparer,

Sa voix nous parle encor et nous dit d’espérer.

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Mais déjà les bateaux fendaient l’onde limpide,

Leur essaim diaprait la surface liquide;

Trois évêques pieux précédaient le cercueil,

Et les grands de l’état, tristes, menaient le deuil;

Les values frémissaient sous la rame sonore;

Sur le bateau royal qu’un long crêpe décore Le cadavre est placé sous un dais de velours;

Des emblèmes touchants en ornent les contours,

Sur les plis du satin, agraffés par des armes L’argent court en festons, ou tombe en blanches larmes. Trente canots suivaient le bateau sépulcral,

Qu'on dislhumail au loin à l'écusson royal.

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ChMI vl! D'iZEliLlO Pim.

CHANT SEPTIÈME

Mais ils touchent déjà celle rive sacrée Par la noble Abbaye à jamais illustrée,

Et du lac de Bourget abandonnant les bords,

Ils entonnent soudain ce triste chant des morts.

« Seigneur, détourne de ma tète,

« Ta foudre prête à m’écraser;

« Tu viens assis sur la tempête,

« Et ton souffle va m’embraser;

« Tu viens, et ta voix redoutable « Me chasse ainsi qu’un grain de sable « Qu’emporte le vent du désert.

« Devant Toi, Seigneur, ô que suis-je?

« Je passerai sans qu’un vestige « Garde ma trace qui se perd.

« Je passerai, bientôt ma tombe « Sera détruite pour toujours,

« Et seule une blanche colombe « Y viemlra couver ses amours.

LES FUIS ÉRAILLÉS

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« Tout doit passer et doit renaître,

« Dans ton sein la vie a son être, «Seigneur, tout découle de Toi;

« Toi seul animes la nature,

« T u dis à chaque créature :

« Remplis ton destin, je te voi.

« Homme, ou soleil, insecte, ou monde, « Ils sont tous égaux à tes yeux;

« Du néant «à ta voix féconde « Ils s’élancèrent radieux;

« Tu les lis tous de ta pensée,

« Qui jamais ne s’est surpassée « Dans tous tes ouvrages divers;

« Tout porte une empreinte divine,

« Et dans le brin d’herbe on devine « La main qui sculpta l’univers.

« Oui, Seigneur, pour l’âme du sage « Qui partout connaît tes bienfaits;

« Tout est empreint de ton image,

« Tous tes ouvrages sont parfaits :

« Depuis ces nombreuses étoiles,

« Qui des nuits parsèment les voiles,

CIIATNT SEPTIÈME

« Innombrables nids de soleils,

« Jusqu’à la légère membrane « Qui, d'une gaze diaphane,

« Enveloppe les fruits vermeils.

« Oui, partout notre âme ravie « Reconnaît son divin Auteur;

« Les ressorts secrets de la vie « Nous attestent le Créateur.

« Seigneur, à la pensée humaine « Donnant l’infini pour domaine,

« Tu la lanças en la créant;

« Ton souffle la fit éternelle,

«Et ce fut par une étincelle « Que tu la tiras du néant.

« Eternité, néant, énigmes surhumaines,

« Mots, que Dieu nous prêta sans nous les révéler;

« Qui renferment en eux ces puissants phénomènes «Que l’homme cherche envain, et ne peut épeler.

« Non, nous ne pouvons pas atteindre à ces mystères; « Notre esprit accablé se perd dans l’infini,

« Quand pour monter à Dieu de sphères en sphères,

« Il se fail de chaque astre un échelon béni.

LES FUNÉRAILLES

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« Mais la mort déliant notre âme « De ses noeuds grossiers et fangeux,

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« Nous prête des ailes de flamme « Pour franchir ce monde orageux;

« Nos yeux ouverts à la lumière,

« De la création entière « Contemplent l’éclat immortel;

« Et sans en être consumée,

« A travers la nue enflammée,

«Notre âme entrevoit l’Eternel!....

« Oui, Seigneur, ta miséricorde « Du juste a béni le sommeil;

« C’est ta bonté qui nous accorde « Dans la mort même le réveil;

« La mort nous enfante à la vie :

« L’heure extrême à l’âme ravie « Ouvre son céleste horison :

« Tel un oiseau qui vient d’éclore « Brise l’œuf qui l’enferme encore, «Telle une âme rompt sa prison.

CH AM SEPTIÈME

Mais le cortège entier a franchi l’arc funèbre, Dernier tribut d’amour à ce Prince célèbre;

Sur le seuil de l’église il arrête ses pas,

Et tombant à genoux les prêtres, les soldats,

N'ont plus que des sanglots au but de leur voyage: Oh! d’un saint dévoùment, rare pèlerinage;

Vous tous, qui tiers encor d'honorer votre roi, Au-de-là du tombeau lui gardiez votre foi!

De la fidélité Champions héroïques,

Glorieux héritiers de nos vertus antiques;

Laissez moi dans mes chants partager vos douleurs, Et sur vos noms chéris répandre quelques fleurs.

LES FUNERAILLES

L'auguste sanctuaire ouvrant ses larges ailes S'élève environné de nombreuses chapelles;

Des emblèmes de deuil, de funestes faisceaux,

Se dressent sous la voûte et voilent les arceaux; Sur les larges vitraux des gazes transparentes, Versent 1 éclat douteux de leurs clartés errantes; Les autels dépouillés de leurs pompeux atours Se drapent sous les plis d'un funèbre velours;

Des tentes en argent et l’ondoyante moire Jettent de nefs en nefs leur voûte blanche et noire De robustes piliers sur deux lignes rangés Sous la nef, hors du chœur, s’écartent partagés Et forment sous la voûte une enceinte gothique, Où les flambeaux jetaient un éclat fantastique.

Un catafalque auguste aux longs voiles de deuil Sous un dais de velours élevait un cercueil; L’écusson de nos rois, le sceptre, la couronne, Tous ces lîers ornements dont s’entoure le trône,

CH AM" SEPTIEME

Venaient par leur splendeur parer un vain tombeau Un génie éploré renversait un flambeau;

L’Ange de la patrie appuyé sur une urne Avait à ses côtés la douleur taciturne;

Tandis que les vertus en longs habits de deuil,

De leurs bras enlacés soutenaient un cercueil;

Le marbre et le pinceau dans leurs savantes veilles Avaient dans leurs regrets enfantés des merveilles, Et les beaux arts émus pleurant Charles Félix, Eternisaient son nom sur la toile et l’onix.

Minuit vient de sonner: une lumière pâle A jeté sous les nefs sa clarté sépulcrale;

Les murs, tendus en noir, reflètent tristement Ces tremblantes lueurs qui brillent faiblement;

Tout est morne et désert sous ces arches obscures, Le vent seul a parfois d’harmonieux murmures;

On dirait qu’il se plaint comme un dernier soupir, Qui pleure lentement avant de s assoupir;

LES FUNÉRAILLES

Un souffle aussi léger qu’une haleine mourante Semble passer parfois comme une brise errante,

Elle court, elle court et les pâles flambeaux S’obscurcissent encor à cet air des tombeaux.

Quelle nuit! quel silence! au milieu des ténèbres L'œil ne peut entrevoir que des objets funèbres;

On dirait que la mort a plus de majesté,

Lorsqu’au seuil du néant et de l’éternité Aucun bruit passager ne trouble sa demeure.

Mais le pavé frémit? quelle voix passe et pleure?

Sur ce cercueil où dort l'objet de nos douleurs, Est-ce un ange qui vient de jeter quelques fleurs? Vers l’autel révéré des lévites s’avancent,

Des vases de parfums dans leurs mains se balancent, Sur leurs habits de deuil brille une croix d’argent Qui sur le velours noir jette un reflet changeant; Dans le chœur où la nuit étend ses voiles sombres,

Ils vont s’agenouiller semblables à des ombres,

Et dans l’obscurité, fantômes indécis,

lis semblent ces géants aux bords du Nil assis;

Leurs voix à l'unisson s’élèvent fugitives,

Traînant les lents accords de leurs notes plaintives; On sent que la douleur murmure dans leur chant Tout ce que la prière, hélas, a de touchant ;

CHANT SEPTIÈME

0 Psaumes de David, cri sublime de l ame,

Qui monte vers le ciel sur des ailes de flamme! Soupir du Roi prophète, hymne de la douleur,

Et le plus noble accent de l’homme au Créateur; Plainte, où l’humanité dans la même prière, Depuis les premiers tems a gémi tout entière;

Des quatre points du globe à la fois on entend

Monter vers (Eternel cet hymne palpitant;

Harpe sainte, le cri qui frémit sur ta corde Est un titre éternel à la miséricorde;

O chant de désespoir, d’amour et de douleur,

Que pour parler au ciel, nous apprit le Seigneur! Cantique surhumain et l’extrême prière,

Que l'homme dit encor à son heure dernière; Sublime chant de deuil et prophétique accord, Dont un divin instinct nous fait bercer la mort,

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FIN DU CHANT SEPTIEME

CHANT HUITIÈME

LA TOMBE

Mais déjà le soleil dissipait les ténèbres,

Ses rayons se glissaient sous les voûtes funèbres Et d'un jour éclatant, colorant les vitraux, Tombaient en gerbes d’or à travers les carreaux Des moines à genoux la voix mélancolique Murmurait tristement un funèbre cantique, Depuis l'heure, où des nuits le char silencieux, D'ombres et de vapeurs avait voilé les cieux. Tout-à-coup les reflets de l'aurore naissante Suspendent un instant leur plainte gémissante:

LA TOMBE

Ils sc sont relevés et tristes, abattus,

Sur leurs traits par le jeune et leurs sens combattus, Où leur sévérité par des lâches livides,

Pétrilia leurs pleurs arrêtés dans leurs rides.

L'œil voit avec effroi, qu'une fraîche douleur A sur leurs fronts ternis répandu sa pâleur;

Ils marchent deux-à-deux , et la tête baissée,

Comme écrasés du poids de leur propre pensée; S’éloignant à regret du chœur morne et désert,

De leurs pas derrière eux le faible bruit se perd.

De longs crêpes de deuil drapent la basilique; L’airain vibre ébranlé sous la flèche gothique, Un glas plaintif et lent dans les airs a gémi; On dirait une voix qui pleure son ami,

Et jette un cri d’amour à la tombe muette;

De la douleur du peuple éloquent interprète,

CHANT HUITIEME

Dans les airs attristés fais voler nos sanglots,

Que tes balancements éveillent les échos,

Ri que ta voix en pleurs par un plaintif murmure Exhale les soupirs de toute la nature;

Appelle par tes sons tristes et désolés.

Ces peuples malheureux de douleur accablés;

Ah! dis leur d’accourir sous tes saintes murailles,

Où déjà retentit le chant des funérailles .

Mais à ces sons pieux apportés par les vents, Sublime adieu qu’aux morts décernent les vivants, La foule est accourue, éperdue et tremblante,

Et se précipitant sous la porte béante,

Elle inonde à longs flots les parvis révérés,

El jusqu’au seuil des chœurs aux prêtres consacrés. De lutnibres erradins environnent l’enceinte;

Sous un dais de velours qu’ombrage la croix sainte. L’archevêque pieux s’est placé tristement;

Les guerriers sont placés autour du monument Qui de Charles Félix renferme la dépouille;

Sous de larges piliers le peuple s’agenouille.

Et les grands de l’état autour du noir cercueil Soutiennent le drap d’or en longs habits de deuil; Sur leurs seins étoilés où resplendit la moire, Flottent les sombres plis de leur écharpe noire.

LA TOMBE

Les gardes de Félix, ees (idèles soldats,

Dont la gloire et l’honneur guidèrent seuls les pas, Mornes et l’œil baissé laissent couler leurs larmes; Appuyés tristement aux pommeaux de leurs armes, Ils ne déguisent pas l’excès de leurs douleurs,

Ils pleurent: les héros sont plus grands sous les pleurs. Leur chef tient à la main l’étendard de Savoie, Qu'enferme dans ses plis un long réseau de soie;

Et près du monument entr ouvert devant eux,

Ils tombent à genoux pleins d'un respect pieux.

Des chants ont résonné sous la voûte ébranlée,

El la foule attendrie en ces lieux rassemblée,

Elève jusqu’au ciel l’accent de ses regrets :

La prière est un baume à nos ennuis secrets Lorsqu'aux pieds du Très-Haut, sur ses ailes de flamme, Elle va déposer les peines de notre âme,

CHAPsT HUITIÈME

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