AVI HUITIEME
La bombe meurtrière,
Les mousquets, les canons,
Comme des blocs de pierre Prennent racine aux ponts;
Et leurs béantes imeules
D'où s’exhale la mort Osent se montrer seules A bâbord et tribord;
Les flammes et les voiles Se hissent sur les mâts;
Partons, vers ces étoiles,
Cherchons d’autres climats.
Parlons, l’escadre est prête, et vers la poupe agile Se rassemblent déjà les chefs et les soldats :
C’est le fier Sivori dont le courage habile Doit guider sur les mers notre flotte docile;
La victoire, à sa voix virile,
S’élance déjà sur nos pas.
Après lui Mameli, héros dont le courage Médite des exploits dignes de l’avenir;
Tripoli le verra, debout sur son rivage,
Ainsi que Canaris, aux fastes de notre âge
1 A TOMBE
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Où rayonne son souvenir.
Puis l’on voit tour-à-tour ces braves capitaines,
Que la gloire a déjà chauffé de ses rayons;
Serra, dont le grand nom s'unit an nom de Gènes, Rappelant les splendeurs et les vertus romaines, Dont ces familles souveraines Donnaient l’exemple aux nations;
Puis Yillarey, Cliizi, Todon et Malaussène.
Mais déjà nos vaisseaux s’envolent loin du port,
La brise en se jouant sur le mât de Misaine A détendu la voile, et sa suave haleine,
Sur les Ilots mouvants nous entraine,
Et nous avons quitté le bord.
Adic u, Gênes! cité puissante dans l'histoire,
Des rêves d’orient idéale beauté,
Dont chaque monument, ciselé par la gloire,
Garde un grand souvenir légué par la victoire;
Car, rien n’efface la mémoire I) un nom cher à la liberté.
CH AK T HUITIÈME
Adieu, noble pays, terre d’indépendance,
Dont le nom souverain empreint de majesté N'a pas subi l'affront qui suit la décadence,
Mais qui, plus grande encor, bénis la Providence, Car, nos rois avec l’abondance T'apportaient T immortalité.
Adieu, Gêne! ô cité par la gloire chérie!
De Colomb et d'André, magnanime patrie!
C’est toujours à regret qu’on quitte tes remparts, Mais ne m’accuse point, pour combattre je pars, Je pars, et ma pensée errante sur ta plage Viendra parfois s’asseoir sur ton joyeux rivage,
A l’heure où le soleil abandonnant les cieux Verse à tes monuments un jour mystérieux.
De marbre et de arranit tes maisons revêtues Sur leurs balcons dorés élèvent dos statues,
LA TOMBE
Qui, posant leurs pieds blancs dans des vases de fleurs Soutiennent des rideaux aux soyeuses couleurs;
Ou dirait qu’une fête éternelle et riante Anime tes ramparts de sa gaité bruyante;
Tes magiques salons enchâssés dans de l’or,
Semblent du monde entier renfermer le trésor. L'ivoire, le lapis, et l'albâtre et l’opale Inscrustent sur tes murs leur pompe orientale,
Près des tableaux divins que rêva dans son ciel,
Cet ange au doux profil qu'on nommait Raphaël.
Adieu, déjà je sens mon vaisseau qui dérive; Tu fuis comme un brouillard, ù poétique rive! El mes regards émus à mon réveil demain Aux bords de l’horizon te chercheront envahi. Arrêtez, vents jaloux, laissez-moi voir encore Ce rivage chéri (pii des mers semble éclore:
CHANT HUITIÈME
Ce sol, c’est l'Italie! à cet auguste aspect,
Nous découvrons nos fronts courbés par le respect; Vers les bords africains quand mon vaisseau s’envole Quand ma voile déjà sous le souffle d’EoIe Se gonfle comme un sein qui palpite d’amour, Quand la vague se creuse et monte tour-à-tour,
Moi, je te tends les bras, et ma voix attendrie Te jette pour adieu, chère et sainte patrie,
Le serment solennel d’être digne de toi,
El de vaincre ou mourir pour le nom de mon Roi.
FIN nu CHANT HUITIÈME
LA TRAVERSEE
(Suite (lu récit )
Loi» du golfe riant qui dans les monts s’encadre Au souffle du mistral déjà fuit notre escadre.
Deux frégates, deux bricks et cinq légers vaisseaux Dans leur course rapide ont sillonné les eaux;
C’est le léger Triton et la noble Christine,
Le Commerce puissant qui du front nous domine* L’agile Néréide, hirondelle des mers,
Qui d’un vol aérien rase les flots amers.
Entassés sur le pont des glaives, des armures,
Des poignards, des mousquets ces sinistres parures
LA TRAVERSEE
Que le guerrier revêt dans le jour des combats,
Près d’un tas de boulets se mêlent sous nos pas.
Le grave matelot, le fantassin agile Assis sur les canons font de leur voix virile Retentir en chantant une mer sans échos;
L’appareil des combats plaît au cœur des héros.
Nous voguons, et nos pas laissent un blanc sillage; On dirait à le voir un ruban qui surnage.
Debout sur le tillac, je vois filer les nœuds Mesurant notre essor sur les Ilots lumineux.
Sur ses aerrès tremblants notre vaisseau s’incline;
Sous les âpres baisers de la brise marine,
La voile qui se gonfle et retombe soudain,
Semble dans ses élans palpiter comme un sein.
Du roulis inégal les craquements funèbres,
Comme une voix qui pleure au milieu des ténèbres, Jettent de tems en tems un sourd gémissement, Auquel la vague unit son doux frémissement.
Sur les cables tendus j’entends crier les voiles;
Dans un ciel transparent scintillent les étoiles;
Ces mondes inconnus sont des lettres de feu Qui gravent en soleils le nom puissant de Dieu.
Mais le vaisseau, pourtant, fuyant de vague en vague Découvre en avançant un horizon plus vague;
CHANT NEUVIÈME
Toujours l’ immensité s’agrandit devant lui,
Et déjà la Toscane à nos regards a lui.
Mais l’escadre bientôt sous la fraîche rafale Qu’exhale jusqu’à nous la terre triomphale Où Rome étend ses pieds , vole et rase de près Ces rivages riants par l’histoire illustrés.
Oui, le vent apportait sur son aile embaumée Comme un parfum de gloire à mon âme charmé* Salut, terre sacrée! à ton auguste aspect Le matelot errant, saisi d’un saint respect, Contemple l’œil ému ces paisibles rivages Qui de leurs souvenirs entretiennent les âges:
V CJ
Voilà Rome! et ce nom a rempli lTinivers;
Voilà Rome! et ce cri répété sur les mers,
Vole de flots en Ilots, et va sur ton arène Saluer les débris de la grandeur romaine;
Déjà par un baiser, pays chéri des Dieux,
Le soleil comme nous t’adressait ses adieux!
Mais sous un ciel d’azur la mer calme et limpide S’étend comme un miroir qu’aucun souffle ne ride; La lune au loin traçant un sillon argenté.
Baigne les flots mouvants de sa pâle clarté.
Près de nous éloigner de cette antique Europe,
Nos regards enchantés découvrent Parthènope; Naples! douce syrène assise aux bords des flots, Nous attirant au bruit de tes joyeux grelots;
Qui, le front couronné de lotus et de roses,
Tes beaux pieds dans la mer mollement te reposes; On dirait à te voir vers le déclin du jour,
Quand tu viens respirer la fraîcheur et l’amour,
Que pour le plaisir seul, belle nymphe joyeuse, L’Eternel a créé ta terre radieuse.
Sous ton ciel amoureux fleurissent les beaux arts ; Un peuple insouciant inonde tes ramparts ;
Naple, ù belle cité! brillante tu domines
Tes monts riants, couverts de fleurs. . . et de ruines! . . .
Pompée, Herculanum, villes que ton volcan,
Ainsi que des fruits morts, enferme dans son flanc; N’entendis-tu jamais de leur sombre agonie Le râle affreux, troubler tes cliants pleins d’harmonie, Quand le Vésuve ardent, tel qu’un phare allumé,
Fait pencher sur ton front son panache enflammé? Non, sous la pluie en feu tu t’endors oublieuse,
Sur la cendre attiédie et folâtre et rieuse,
Tu danses en chantant au son du tambourin,
Ta vive tarantelle à l’amoureux refrain.
Adieu, molle cité, par les arts embellie,
La plus belle des sœurs qui parent 1 Italie;
Adieu, Naples superbe! en rasant tes ramparts, Quelques larmes d’amour ont mouillé mes regards!... C’est ici! sous ton ciel, que naquit cette Reine Du cœur de ses sujets auguste souveraine;
Ton sol devient pour nous la terre des vertus, Christine! objet d’amour pour deux peuples émus; Ange, qui t’élançant des rives paternelles,
Sur notre trône ému vins déployer tes ailes.
LA TRAVERSÉE
Mais sept fois sur les flots où tremble sa clarté Le soleil renaissant s’est déjà reflété,
Depuis qu’abandonnant 1 heureuse Ligurie Vers l’Afrique a cinglé notre troupe aguerrie.
La Lucanie antique à nos yeux disparaît,
Et semblant se plonger dans les flots à regret,
Ses caps font mugir l’eau qui s’enfle et tourbillonne, Elle monte, descend, se relance et bouillonne,
Et de sa blanche écume au loin jonchant les flots. Découvre ses récifs aux yeux des matelots.
Plus loin, tout couronné de vapeurs et de flammes, Un volcan à fleur d’eau sort du milieu des lames,
Et posé sur ces bords, tel qu’un phare éternel,
Il trace dans les airs un sanglant arc-en-ciel D’où s’échappe la foudre et la lave enflammée , Combustibles débris dont la mer est semée;
La main de l’Eternel ralluma sur les (‘aux Pour guider dans la nuit la voile des vaisseaux,
CHANT NEUVIEME
Et pour <jue le marin suspendu sur l’abime Reconnaisse son Dieu dans cette œuvre sublime! Abandonnant ces bords si fatals aux nochers,
La Hotte prend le vent et fuit de ces rochers. Nous approchons bientôt du détroit de Messine, Je sens notre vaisseau qui remonte et s’incline Sur les Ilots orageux de Charybde à Scy lia :
Mais nous passons enfin, et la Sicile est-là.
Une ombre du passé plane sur ces rivages,
Le parfum de sa gloire a traversé les âges,
Chaque pas sur ce sol éveille un souvenir Qui d’un tems glorieux vient nous entretenir; Chaque tombe a son nom, chaque site sa gloire, Chaque pierre son Dieu, chaque mont son histoire; C’est sur ces bords riants, sous l’azur de ces cieux, Que 1 a Grece plaça ses fables et ses dieux:
Là, Cérès éplorée appelait Proserpine.
Ici, Vulcain forgeait une armure divine.
LA TRAVERSEE
Les Cvclopes géants sous leurs coups vigoureux Ebranlaient de l'Etna les antres ténébreux.
Ce cap est Orgythie, et cette onde Aréthuse,
Ce vallon est l’Enna, ces débris Syracuse.
Oui. la muse et l 'histoire ont de la plaine aux mont Secoué sur ces bords l’éclat de leurs srrands noms.
O riante Sicile! ô contrée héroïque,
L’oubli change en linceul ton voile poétique,
Et cependant ton sol en prodiges fécond,
Au cœur qui l’interroge en tressaillant répond!
Oui, ton nom immortel rappelle à ma mémoire Quelques feuillets épars de ta brillante histoire: Montre-moi tour-à-tour ces nombreux combattans Qui sèment ton passé de leurs faits éclatants; Magnanimes héros, dont le mâle courage Repoussait les soldats de Rome et de Carthage: Apparaissez encor, Archimède, Dion,
Harmocrate, Gyllipe; oui, dans chaque sillon •
De vos pas immortels je vois toujours l’empreinte ; Seuls vous restez debout sur la patrie éteinte. Empires, nations, tout meurt, tout passe, hélas, Mais les noms des héros seuls ne périssent pas!
Et sur ces bords déserts, autre fois pleins de vie, Lorsqu’une ville entière, éteinte, évanouie,
CHANT NEUVIEME
Ne laisse rien de soi, que quelques noirs débris Faisant encor douter à nos regard surpris Qu’un nom si glorieux tienne si peu de place,
Quand sous la faux du teins tout se broyé et s’efface, Un nom seul, quelque fois, triomphant du passé, Comme un géant superbe entre les tems placé, Entretient l’avenir, et dominant les âges,
De son grand souvenir a rempli ces rivages:
Tel d’Archimède encor le spectre colossal.
Alors qu’il prend l’Etna la nuit pour piédestal, Semble jeter son nom à la Sicile émue,
Qui sent à cette voix son volcan qui rémue... ...
De ta gloire passée, adieu, rivage en deuil;
Ta mer parait gémir aux pieds de chaque écueil,
Et la voix de ses flots, doux comme un chant de Muse, Répète tristement le nom de Syracuse!!
Loin de ces bords déserts nous dirigeons nos pas; Soldat, j’aspire encor un parfum de combats,
Alors (pie mon vaisseau rase en passant ces côtes Qui d’Athène et de Rome ont abrité les flottes.
Et je suis lier aussi, de contempler ce sol Que l’aigle de Savoie effleura dans son vol,
Quand le noble Victor, guidé par la victoire,
Su r ces bords un instant \int transplanter sa gloire.
LA TRAVERSÉE
Mais l’escadre pourtant vers le milieu du jour Franchit de Pachvnum l’harmonieux contour; Quand ce vent embrasé, qui souffle d’Arabie,
A dévié nos pas du chemin de Lvbie;
Le pilote attentif gouverne à l’occident,
Et nous voguons joyeux loin du Simoun ardent. La flotte suit le vent, et cingle vers Carthage; Nous voulons en passant saluer ce rivage,
Phare éternel de gloire aux regards éblouis, Terre deux fois sacrée, où mourut Saint-Louis. Nos soldats cependant, impatients de gloire, Désignent Tripoli, ce sol de la victoire,
Et le montrant du doigt, ils semblent demander Qu'au rivage africain on les laisse aborder.
Et debout sur le pont, aspirant la tempête,
De l’aspect du danger ils se font une fête;
Mais le chef leur a dit, qu’aux bords Carthaginois Dort le grand souvenir du plus juste des rois;
CHANT NEUVIÈME
Et qu'il vient révérer l’ombre presque divine ,
Au nom Auguste et cher de la noble Christine. Tous les soldats alors par le respect émus:
« Fille de Saint-Louis, Toi, qui par tes vertus,
« Comme un astre de paix, brille sur la patrie,
« Gloire à tous tes ayeux, Souveraine chérie!
« Gloire à ton noble nom, gloire à tous ces héros,
« Gloire aux lis, gloire à l’aigle, intrépides drapeaux, « Qui souvent réunis dans notre grande histoire,
« Avez à votre aspect enchaîné la victoire.
« Philibert et Henry, Louis, Emmanuel,
«Oui! vos noms ont brillé d’un éclat immortel!
LA TRAVERSEE
2(Vl
Mais qu’ils sont longs les jours qu'on passe dans l’attente, Lorsque l’œil fatigué n’aperçoit que des flots;
Quand toujours devant nous fuit la vague éclatante;
Qu’on n’entend que le bruit des eaux;
Quand tout, autour de nous, n’est que calme et silence; Quand le navire errant marche et marche toujours ,
Et que ternes et froids, sur l’horison immense,
Pour nous se lèvent tous nos jours.
Souvent pour écarter l’ennui des longues heures,
Les matelots pensifs et les joyeux soldats,
Quand le calme enchaînant nos flottantes demeures Semblait aux mers clouer nos pas,
Charmaient leurs vains loisirs du récit de nos gloires, Assis en rond , autour des vétérans conteurs,
Us écoutaient émus ces brillantes victoires,
Pages d’une ère de splendeurs!
CHANT NEUVIEME
Ils parlaient tour-à-tour de ces jours d’allégresse, Quand l’étranger fuyait d’un sol indépendant;
Quand nos princes, enfin, rendus à notre ivresse, Heureux de cet amour ardent,
Souriaient de bonheur, tandis qu'un peuple immense Venait orner de fleurs le drapeau savoyard,
Et que, nous jurions tous, en prenant sa défense,
De mourir sous cet étendard.
De Raus, de l’Anthion les soldats magnanimes,
Le sein cicatrisé par le fer étranger,
Rappelaient ces combats, par le malheur sublimes, Quand leurs rangs tombaient sans bouger. Aux grands noms de Victor, (I Amédée et d’ Eugène, Ils opposaient Albert, dont les récents lauriers Ont fait mettre à Cadix le jeune Capitaine
Au rang de nos meilleurs guerriers.
Mais le vaisseau file et s'envole,
La brise vient le caresser;
Les vagues au souffle d’Éole Mollement semblent le bercer;
Nous glissons sur l’onde écumeuse,
Et déjà la terre brumeuse
LA TRAVERSÉE
Se dessine dans le lointain;
Ainsi qu’une noire ceinture,
Sur les flots bleux, la rive obscure A l’horison paraît soudain.
La voilà, cette noble terre Dont il ne reste que le nom!
A peine quelques blocs de pierre Gîssent épars sur le limon,
Quelques débris, et des ruines Que cachent des buissons d’épines...
Ici, le tems a tout broyé!...
L’Aigle Romain ouvrant sa serre Laissa s’échapper son tonnerre Sur cet empire foudroyé.
«Terre! Terre! ont crié nos cohortes errantes, «Terre! ce même cri s’élevant à la fois,
Vole de flots en flots sur les vagues mouvantes, Semblant n’avoir qu’une âme et qu’une seule voix.
CHANT NEUVIÈME
La terre aux matelots est toujours la patrie:
La terre! objet d’amour pour leur âme attendrie! Centre où Dieu plaça l’homme au sortir de sa main; Héritage commun à tout le genre humain.
Oui, nos vices ont seuls amenés T injustice,
Et de l’œuvre de Dieu détruisant l'édifice,
Nous seuls avons tâché de le faire ébouler;
Et bloc-à-bloc c’est nous qui le fesons crouler; Chacun vient le miner quand l’intérêt le guide,
Tous les partis ont pris la cognée homicide,
Et sous le nom pompeux de bien-être commun, L’égoïsme s’érige en orageux tribun.
Parmi tant de pouvoirs qui veulent tout refondre, Quand chacun crie à l’aide, et nul ne vient répondre; Parmi tant d’intérêts l un par l’autre heurtés,
Tant de mauvaise foi, de combats effrontés Entrepris pour guérir l’humanité souffrante,
On ne s’aperçoit pas qu’à ce bruit expirante
LA TRAVERSEE
On ne fait que hâter le moment de sa lin: Envoyez-nous, Seigneur, un ardent Séraphin,
Qui, ralliant à lui les esprits indociles,
Ramène l’âge d’or dans nos cités tranquilles:
Que l’homme vove en l’homme un frère bien-aimé Que du désir du bien chacun soit animé:
Beaux teins! apparaissez à mon âme ravie,
Où le pauvre verra le riche sans envie,
Où le riche à son tour, humain et généreux, Respectera dans l’autre un ami malheureux;
Où la religion sublime et triomphante,
Pure de ces brouillards que l’athéisme enfante, Nous abritera tous à l’ombre de la croix.
Où la vertu sera la base de nos lois.
CHANT NEUVIEME