I- Allegro
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C'est également à cette combinaison qu'a été emprunté le quintetto arrangé en si bimol , donné par l'édition Pieyel.
On peut supposer aussi la même origine au quintetto cicontre, présenté par les éditions françaises et allemandes, soit pour cor, violon, deux altos et violoncelle, soit pour violon, deux altos et deux violoncelles.
On sait enfin, par le catalogue de Mozart, que c'est à luimême qu'a faut attribuer l'arrangement pour instruments à cordes de son quatuor de piano en sol mineur.
Cet exposé de l'œuvre de Mozart fait naître, en même temps que Tadmiration , le regret de son peu d'étendue.
Néanmoins, toutes les qualités qui caractérisent ses autres œuvres se retrouvent et se montrent tour à tour dans celles-ci. Inspirations mélodieuses, profondes , -sensibles , grâce et mélancolie, gaieté et passion, science poussée parfois jusqu'à l'impossible : chez lui le génie dans toute sa puissance déborde pour ainsi dire, et, devançant le temps et lexpérience, fait de cette existence musicale d'enfant et de jeune homme un mystère qu'on ne peut qu'admirer, sans chercher à s'en rendre compte.
A toutes ces qualités vient se joindre, comme nous l'avons déjà dit plus d'une fois , cet accent théâtral , qui rend son œuvre de quatuor si sympathique à ceux mêmes qui , ignorants des secrets de la musique instrumentale, y retrouvent les chants dramatiques et passionnés et la facilité de facture inhérente à cette partie de l'art, dont il est le maître par excellence. Pour eux, oserions-nous dire, la musique de Mozart est plus m scène que celle de Haydn et de Beethoven.
Ainsi, Mozart, sans tâtonnements, sans essais apparents, entrait en maître, dès ses premiers quatuors, dans le sillon tracé si profondément par Haydn, semblant placé là non seu-
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lement pour donner au monde, qu'il a doté de chefs-d'œuvre inimitables dans tous les genres, le spectacle du plus étonnant prodige musical, mais encore pour servir de lien entre le maître qui le précédait, et celui qui allait le suivre et représenter Tart moderne.
BIOGRAPHIE ABREGEE.
LOUIS VAN-BEETHOVEN, né à Bonn, sur le Rhin, le 17 décembre 1770.
Si Tenfance de Beethoven ne présente pas le caractère dç précocité qui frappe surtout dans celle de Mozart, il fut du moins , à peine adolescent, remarqué pour soh talent sur le piano, et Ton admirait à Bonn la manière dont, à douze ans, il jouait les fugues de Bach. Il avait môme , des Tâge de dix ans , composé trois sonates pour le piano, publiées depuis en 1783 et dédiées au prince-électeur de Cîologne , Maximilien-Frédéric.
Il était d'origine musicale par son père et son grand-père. Le premier était chanteur à la chapelle de Tempereur Maximilien- Frédéric, frère de Tempereur Joseph qui avait protégé Mozart. Le second avait eu de la réputation au théâtre et était parrain de Beethoven. C'est de ce grand-père, qui était Hollandais, que Beethoven a pris la particule Van, qui précède son nom.
A sept ans, il commença la musique par l'étude du violon sous la
direction de son père. Van der Eder, organiste de la cour, et Neefe, son successeur, lui apprirent à toucher Torgue; il fut môme adjoint à ce dernier à titre d'organiste honoraire à Tâge de quinze ans. Son penchant Tentralnait vers la composition; mais, quoiqu'il eût déjà beaucoup écrit, on ne connaissait encore rien de lui qui pût faire prévoir ce qu'il serait un jour.
Il fit, de 1786 à 1788, un premier voyage à Vienne, pour y entendre Mozart, dont la musique le charmait, et qui prédit son talent après l'avoir entendu improviser une fugue sur un motif qu'il lui avait donné et dont Beethoven avait résolu la double difficulté,
En 1792, alors âgé de vingt-deux ans, Beethoven obtint, par la protection du comte Waldstein, ami de l'électeur, d'être envoyé à Vienne avec une pension pour y continuer ses études sous la direction de Haydn. Il ne travailla que peu de temps avec lui, par suite du départ de Haydn pour Londres , et il continua ses travaux avec Albrechtsberger et Salieri. — Son talent d'exécution et particulièrement d'improvisation lui firent à Vienne beaucoup d'admirateurs. Citons au premier rang le prince Lichnowski, chez lequel il logeait, et qui remplaça pour lui à Vienne ce qu'avait été à Bonn la famille de.Breuning, dans laquelle il était traité comme un enfant de la maison.
Ce fut là et chez le prince Esterhazy que l'on entendit, en commençant par son œuvre 1 de trois trios pour piano, violon et basse, composé en 1795, tous ces chefs-d'œuvre que nous allons parcourir rapidement en signalant les plus importants : de 1796 à 1801, ses trios, quintetti, quatuors d'instruments à cordes, trios et sonates de piano, le septuor, le ballet de Protnéthée; de 1801 à 1802, les deux premières symphonies et ses admirables sonates pour piano seul ou accompagnées ; et en compositions légères : les bagatelles, les sérénades; puis les concertos qu'il exécutait lui-môme, comme Mozart l'avait fait avant lui, ou faisait jouer par ses élèves dans ses
concerts ; V Oratorio du Christ au mont des Oliviets; Adélaïde; la sonate à Kreutzer; en 1804, la symphonie héroïque, dontle premier titre était : Bonaparte ^ signée au bas de la page : Luigi Van Beethoven; en 1805 et 1806, Fidelio^ la symphonie en si bémol; en 1807, les quatuors dédiés au comte Rasoumowski, le concerto de violon, Touverture de Coriolan, la symphonie en ut mineur; en 1806, la symphonie pastorale * et la fantasia de piano avec chœur et orchestre.
Il faut cependant reprendre ici la vie réelle de Beethoven et citer un fait qu'on ne s'explique pas facilement après avoir lu l'abrégé de ses œuvres qui précède; mais il n'est que trop vrai qu'à cette époque (vers 1809), Beethoven, délaissé et vendant très mal ses compositions , allait être obligé de quitter "Vienne pour accepter une place de maître de chapelle du roi de Westphalie', Jérôme Bonaparte, si, par une idée noble et artistique, l'archiduc Rodolphe , le prince Kinski et le prince Lobkowitz ne s'étaient réunis pour offrir à Beethoven une rente annuelle de 4,000 florins qui lui serait servie tant qu'il ne trouverait pas une position équivalent^ , et à la condition de ne pas quitter l'Autriche.
Beethoven accepta, et à dater de ce jour (il avait alors trenteneuf ans), il ne quitta plus Vienne ou ses environs. C'est là que, ne vivant plus que de ce qu'on pourrait appeler sa vie intérieure, choisissant à la campagne les endroits déserts dont la solitude correspondait à la tournure mélancolique de son génie, augmentée du chagrin que lui causait une surdité toujours croissante, ou, lorsqu'il était à la ville , faisant chaque jour après son dtner (il dînait à une heure) deux fois le tour de "Vienne, comme s'il eût trouvé dans ce mouvement un auxiliaire à sa pensée créatrice , il continua à
* Noi» tenons d'un témoin oculaire qu'il y avait six personnes dans Torchestre payant le jour où Beethoven fit entendre pour la première fois cette symphonie ; Tune d'elles ayant applaudi, Beethoven quitta le pupitre ou il dirigeait et s'approcha de la rampe pour saluer et remercier son auditeur.
.liO BEETHOVEN.
travailler pour le bonheur du monde, e€ ajouta de nouveaux chefsd'œuvre à ceux qu'il avait déjà donnés.
A partir de 1810, la messe en ut, exécutée à Eisenstadt, résidence du prince Ësterhazy, où Haydn avait passé trente ans de sa vie, Eçtnont eu ses entr' actes (1811); les Ruines d'Athènes, composées pour l'ouverture du théâtre de Pesth; la septième symphonie en la (1813) ; la huitième en fa; le grand trio à Tarchiduc Rodolphe : la symphonie avec chœur (1824), union de toutes les puissances de la musique ; les dernières sonates pour piano seul inspirées du même esprit que les derniers quatuors , par lesquels se termine cet inmiense labeur du génie de Beethoven.
Beethoven ne se maria point. Il concentra toutes ses affections de famille sur un neveu qu'il adopta, mais dont les désordres empoisonnèrent les dernières années de sa vie et furent en partie cause de sa mort. Souffrant c^jà d'un commencement d'hydropisie , il entreprit pour les affaires de son neveu un voyage au mois de décembre 1826 ; retenu dans une auberge où le mauvais temps l'avait forcé de s'arrêter, il y contracta le germe d'une inflammation des poumons , à laquelle il succomba le 26 mars 1827, dans sa cinquante-septième année.
Beethoven présente le rare exemple d'une vie d'artiste en analogie parfaite avec ses œuvres.
Fuyant le monde et son influence, il sut, par cette vie simple et retirée , conserver son type individuel dans toute sa vigueur première, le renforçant encore de tout ce que la réflexion et la recherche du beau purent y ajouter de grandeur.
Il était d'une taille moyenne, mais fortement constitué. Tout son extérieur, etparticulièrementsapuissante figure, que dominait une épaisse chevelure olympienne , offrait un imposant ensemble de force et de simplicité auquel se joignait ce noble aspect de rêverie créatrice qui lui attirait le respect de tous.
Il aimait la lecture des anciens classiques dont l'énergie corres-
pondait si bien à la sienne '; l'ouverture de Coriolan et tant d'aujtres de ses œuvres le prouveraient. S'il ne les lisait que dans une traduction, il savait, à vue d'aigle, en extraire la substance et en retrouver l'esprit comme s'il devinait à demi-mot la pensée d'un de ses pairs.
Beethoven ressemblait à ses œuvres par le grand côté. Noblesse, puissance, élévation de la pensée par la conviction de la grandeur de sa mission; pour lui, c'est là qu'était l'art, et c'est à ce point de vue que, loin des vulgaires exigences, il a travaillé pour la seule beauté intérieure qu'il avait à satisfaire.
Qoo^ç:
CATAIiO«UE.
L'œuvre de Beethoven a été régulièrement et complètement catalogué dans un ordre chronologique K
Nous suivrons donc cet ordre des numéros d 'œuvres sans séparer les trios, quatuors, quintetti, etc
C^est à Fœuvre 3 que commence la série des compositions de Beethoven en ce genre.
^ On en trouve notanunent une liste très complète à la fin de TintéresBant ouvrage de M. de Lenz : Beethoven et ses trois styles (Paris, Lavinée, 1855), et dans le catalogue thématique de Breitkopf et H&rtel, à Leipsig. Les éditions françaises des œuvres de quatuor de Beethoven sont : Pleyel (fondue) ; Pacini, où les 6 derniers quatuors sont remplacés par des arrangements de sonates; Janet et Colelle (14 quat., S quint., 7 trios) ; Brandus, la plus répandue aujourd'hui (17 quatuors, 3 quintetti, 6 trios). Ajoutons encore ici la mention de la belle collection en partition de Breitkopf et Hârtel, parue depuis la première édition de cet ouvrage.
Qoo^ç:
Trio.
Ce ppemiep trio pour violon, alto et violoncelle (op. 3, 1796 ; Beethoven avait alors vingt-six ans), présente, ainsi que nous le faisions remarquer dans le précédent catalogue, la plus intéressante ressemblance avec celui que Mozart a composé pour ces instruments : similitude dans la nature des idées, agréables et élégantes, rapport de ton, même nombre de six morceaux (un premier et un dernier allegro, deux adagio et deux menuets) , coupe que Ion ne retrouve plus que dans les sérénades et le septuor : on voit dans tout ce morceau combien la musique de Mozart avait alors d*attrait pour Beethoven, et quelle influence elle a exercée sur ses débuts.
GEUVRE 4.
Qulntetto.
Vient ensuite, à la même date de 1796 , un quintetto (op. k) pour deux violons , deux altos et violoncelle , dont les idées, comme dans le trio qui précède, sont inspirées de Theureux mélange des écoles italienne et allemande.
Sérénade pour violon, alto et Tloloncelle.
L'œuvre 8 parait deux ans après (1798), sous la forme d'un trio pour violon , alto et violoncelle , intitulé Sérénade. Des morceaux courts et de caractères variés , des idées légères, montrent dans ces œuvres charmantes combien le génie de Beethoven pouvait se modifier selon le point de vue auquel il se plaçait.
CATALOGUE
Vrio.
Aie" con \ brio, .
hi^U0^'i \ li'W^^t^
QviBtetto.
AlP* eon I brio.
M^ j >cfe;Lrir >ca ^
Sérénade povr tIoIob, alto et Tioloncelle*
Aie*. " — s/
BEKTHOYEN.
Trois trios po«r Tlolon, alto et Tioloneolle, dédiés a« eomto
de Browne*
Admirable exemple de puissance et d'originalité, où se mêlent dans une égale proportion le respect de la tradition et le génie créateur du maître.
On sent à cette phrase du finale de son premier trio ,
qu*un nouvel astre monte à Thorizon et va éclairer un côté de Tart inconnu jusque-là.
Cet œuvre est daté de 1798.
Nous arrivons à l'œuvre 18 , qui ouvre la série des quatuors de Beethoven* .
La pensée réunit involontairement dans une même admir ration ces six premiers quatuors de Beethoven aux six prer miers de Mozart.
Même richesse d'invention, même perfection de travail, même variété de caractère.
^ On pourrait 8*étonDer que Beethoven eût d*abord préféré la forme du trio et du quintefto, au point d^arriver jusqu'à son œuvre 18 sans avoir écrit de quatuor.
Mais il est à croire que plusieurs de ces quatuors ont été composés avant quelques-unes des œuvres qui précèdent, particulièrement avant les duos de Top. 9; ils auraient été seulement réunis en un même œuvre de six, en 1801. Le fait est attesté par quelques critiques. On suppose même que l'ordre dans lequel ces quatuors sont présentés dans l'op. 18 ne serait pas toujours celui dans lequel ils ont été écrits. Le premier, par exemple, serait celui en ré qui occupe la troisième place.
CATALOGUE
il7
VroU trios po«r tIoIob, alto et Tloloncelle» dédiés an comte
de llFowMe.
Adagio, q AW ton brio, ^^
Allegretto.
^AK,.rjjir; | j.J|
AlP* con spirito.
Cresc. sf
Qoo^'îi
CBUVRE 18. ■
fllx qnataors pour deux TiolonSy alto et Tlolonceliei dédiés an prince liObkowitE, 1801.
I. Le premier, fort de pensée, actif, brillant; sublime de sensibilité et de tristesse dans Y adagio affettuosOy