‹ HbgirinChapitre 11 sur 65 · ANGO · texte numérisé non relu

ANGO

printemps, été, etc.. . .tranchent leurs organes de vie. Il n'est pas jusqu'aux insectes et aux oiseaux qui n'aient leur gîte, trou ou nid... Les Moines mendiants entendirent cela. . .ils accusèrent les Six. . .(disant):. . .Les maîtres de maison s'imaginent qu'il y a des organes de vie dans les plantes et les arbustes. Comment avez-vous pu faire qu'ils se soient rendus coupables de railleries ?... Le B. réunit l'assemblée des moines. . .et prescrivit: Dorénavant les Moines mendiants sont autorisés à faire Retraite trois mois pendant l'été. — Textes parallèles : T. 1421 xix (où la faute consiste simplement dans le fait de tuer en les piétinant les insectes et les plantes) ; 1435 xxiv (. . .piétiner les plantes vivantes et prendre la vie des insectes) ; 1445 (. . .les insectes seulement). — Dates diverses. — Deux écoles, qu'on désigne au Japon comme l'ancienne et la nouvelle [quoiqu'elles s'appuient l'une et l'autre sur des autorités de la même époque : Dôsen (Tao-siuan) 3t1f et Genjô (Hiuan-tsang) &%£; la "nouvelle école", en matière de Vinaya, ne commence qu'avec Gijô (Yi-tsing) iëHPL donnent des dates différentes pour la période de l'Ango : du 16e jour du 4e mois au 15e jour du 7e mois (Ttt. 1804 1 d), ou du 16e jour du 5e mois au 15e jour du 8e mois (Ttt. 2087 vm). Genjô signale, dans ce dernier texte, l'erreur commise encore de son temps en Chine et la rectifie ; il indique expressément que dans l'Inde la Retraite commence le Ier jour de la Ie quinzaine (noire ; cf. Gijô Ttt. 2125 11) du mois Srâvana et s'achève le 15e jour de la 2e quinzaine (claire) du mois Âsvayuja, dates qui correspondent dans le calendrier chinois au 16e jour du 5e mois et au 15e jour du 8e mois (le mois Srâvana est le 5e du calendrier indien dans le système Caitrâdi qui fait commencer l'année vers l'équinoxe vernal ; le mois Âsvayuja est le 8e). Selon Genjô, les dates de l'ango admises par "l'ancienne école" étaient dues à une erreur d'interprétation des traducteurs. Cependant, dès avant Genjô, on trouve l'interprétation correcte (p. ex. Tt. 1462 xvn) aussi bien que l'interprétation erronée (p. ex. T. 1425 xn) ; T. 190 xxxix indique même comme dates initiales et finales le 16e jour du 6e mois et le 15e jour du 9e mois. — En dehors de la période primitivement fixée, le B. aurait autorisé un autre trimestre de Retraite dit postérieur (goango fê5£;^|, p. pacchimikâ, par opposition au premier dit antérieur, zenango Mî&fê, p. purimikâ), commençant exactement un mois plus tard. Cette seconde époque aurait été instituée à l'occasion d'un retard de Sâriputra et Maudgalyâyana qui, partis le 15 pour passer la Retraite avec le B., ne l'avaient rejoint que le 17 (T. 1428 xxvn). Cf. T. 1421 xix, et Tt. 1462 xvn qui spécifie, en se référant au texte original du Vinaya sk., comme date d'entrée de la première Retraite le 16e jour du 5e mois, et de la seconde Retraite le 16e jour du 6e mois. Genjô indique, lui aussi, les deux mêmes

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époques (Ttt. 2087 11). — Une troisième époque pour la Retraite est mentionnée par T. 1428 lviii (appendice), qui emploie les désignations: antérieure, moyenne (chûango tp&fê) et postérieure ; par Ttt. 1805 iv b, qui attribue cette triple classification à "l'école ancienne" exclusivement : la période moyenne aurait commencé à une date facultative entre les deux autres termes (17e jour du 4e mois et 15e du 5e); enfin par Gijô (Ttt. 2125 11), qui nie l'existence d'aucune autorité en faveur de l'époque moyenne. — Dates aberrantes. — Hors de l'Inde, on avait altéré la règle pour l'adapter au climat local ; p. ex. Ttt. 2087 I, au Tukhâra, comme la saison des pluies couvrait la fin de l'hiver et le début du printemps, la Retraite avait lieu du 16e jour du 12e mois au 15e jour du 3e mois. — Au Japon, l'institution de la Retraite est attestée dès la fin du vne siècle ; un décret de l'empereur Temmu, conservé dans le code Engishiki £jE||;^> prescrit de célébrer l'ango dans les quinze grands monastères du 15e jour du 4e mois au 15e jour du 7e mois (comput de "l'école ancienne") ; il désigne des prédicateurs, des maîtres de lecture, et ordonne des distributions de textes sacrés à cette occasion. Dans le Japon actuel, un double ango est en usage : l'ango "des neiges" ou "d'hiver" qui va du 16 novembre au 15 février, sauf dans la secte Rinzai où il dure quatre mois, à partir du 16 octobre ; l'ango "des pluies" ou "d'été" qui va du 16 mai au 15 août. Ce dernier, dans la secte Shin, consiste essentiellement en cours et conférences pour les fidèles pendant les vacances d'été. — Retraite du B. — On trouve dans les dictionnaires modernes du Japon une liste "traditionnelle" des localités où le B. aurait passé l'ango, sans aucune autorité à l'appui ; en fait, cette liste est simplement empruntée au commentaire du Buddhavamsa pâli, et elle est parvenue au Japon par les travaux européens. — Ttt. 1861 11 a, se référant au Nirvânasûtra, décrit l'emploi de la journée du B. pendant la Retraite. La journée est divisée en cinq parties : (1) le B. se lève, se lave le visage et les dents, se vêt et se retire dans la chambre d'Extase ; puis il passe son Froc, prend son Bol et va mendier sa nourriture ; (2) sa tournée faite, il se lave les pieds ; réunit l'assemblée dco moines et leur adresse une prédication ; puis il prend son repas et rentre dans la chambre d'Extase ; il en sort peu après midi et prêche pour les visiteurs venus de partout ; (3) il prend son bain, se promène au jardin ; jusqu'au soir il reçoit les moines et répond à leurs questions ; (4) il prêche pour les Dieux et les esprits jusqu'à minuit ; (5) après une petite promenade, il se couche.

ANIRAKA |îôJ4Si!3$!l, ou Bzm- cité Keds. anaraka Hfêft}|l = sk. ârdraka ; Mvy. 5694 tib. sge 'u gser, ch. kyô m "gingembre". Nom de plante, Zingiber Officinale.

ANJIN

ANSOKUKO

ANJIN ^£» "apaiser l'Esprit", en le fixant sur Amida et son Paradis par une pensée de foi et d'abandon. C'est le sens spécial qu'a pris dans la secte Jôdo ce terme qui se rencontre fréquemment dans les Ecritures des autres sectes (p. ex. T. 310 lxxvi : O roi, que ton Esprit trouve apaisement en cette Essence !). D'après T. 365 trois états d'Esprit assurent infailliblement l'accès au Paradis (sanjin EH'CO : (1) un Esprit parfaitement sincère ; (2) un Esprit profond (profondément convaincu de sa misère et de la puissance du vœu d'Amida) ; (3) l'Esprit par lequel on Défléchit ses Mérites vers le Paradis et l'on forme le Vœu d'y aller naître. Ces trois états de l'Esprit sont impliqués dans le terme mjin, qui désigne l'apaisement de l'Esprit par une dévotion exclusive et absolue à Amida, tandis que dans les autres sectes cette concentration est d'ordre :ontemplatif et intellectuel. La secte Jôdo considère ;n effet que l'anjin a pour équivalents dans chacune les autres sectes respectivement les procédés suivants Bdji. 95): P.V., Inspection de l'Impersonnel; secte rîossô, les cinq Inspections de Simple Notification ; >ecte Sanron, Inspection de la Voie correcte des huit SJégations ; secte Kegon, Inspection du Caractère ibsolu du Vide, etc.; secte Tendai, les trois Inspectons de l'Esprit unique ; secte Shingon, Inspection lu Sans-production originel.

ANOKUDATSU fflf$&, ou anabatôta WfflS&g £, anahadatta ffîffii$M0', etc. = sk. Anavatapta ; :ib. ma dros, ch. munetsu $gf?& "pas chaud" Mvy. 5239 ; autres td. : munetsunô $£f&f§] "pas tourmenté jar la chaleur" Eog. 11 ; shôryô fjf 8jt "pur et frais", nubon ffàffe "pas brûlant" T. 291 il. Nom d'un des luit grands rois-Dragons ; il habite dans un étang jui reçoit son nom et d'où sortent les quatre fleuves lu monde. T. 1 xvm : il n'a pas les trois malheurs les autres rois-Dragons, qui sont : un vent et un iable ardents leur brûlent la peau et les os ; un vent violent souffle dans leurs palais et les découvre ; 'oiseau Garuda les tourmente au milieu de leurs eux (T. 831 : du sable chaud ne lui tombe pas :ur la tête ; il ne pratique pas la luxure avec un :orps de serpent ; il n'a pas peur du Garuda). rtt. 2087 1 : il était Bs. de la 8e Terre avant de •ecevoir la forme d'un Dragon. Tt. 1509 vu : il :st grand Bs. de la 7e Terre ; aussi ib. xxxix où 1 est cité comme un exemple des Etres mauvais lui sont devenus des Bs. T. 291 il : les pluies qui :manent de son corps fécondent le Jambudvîpa, :omme la compassion du Tg. fait prospérer les Mérites de tous les Etres. T. 1341 vu : le B. prêche >our lui et pour le roi-Dragon Sunda les huit Membres de l'Eveil. — Il est l'interlocuteur du B. ians T. 635 .Cf. Ttt. 2128 xxv, Eog. 11.— Dans l'Es. :'est le 3e des grands Garçons qui assistent le Roi le Science *Fudô (q.v.).

Fig. 17. Anoku Kannon.

ANOKUKANNON HffiBi1. La vingtième des trente-trois formes de *Kannon révérées au Japon. On la représente sur un rocher d'où elle surveille la mer. Cf. T. 262 vu (=Lotus 265, vers 6) : "Si un homme venait à tomber dans l'Océan redoutable, qui est la demeure des Dragons, des monstres marins et des Asura, qu'il se souvienne d'Avalokitesvara qui est le roi des habitants des mers, et il n'enfoncera jamais dans l'eau". — L'élément anoku dans ce nom reste inexpliqué.

ANOKUTARASAMMYAKUSAMBODAI Hff £&HigHg$l, ou abr. anokubodai PfffF&H (Pex. Tt. 1509 Lxxxv) = sk. anuttarasamyaksambodhi ; tib. bla na med pa yan dag par rjogs pa'i byan chub Mvy. 6355. — Eveil correct-complet-sans-supérieur. — Td. mujôshôhenchi IfllJijEtil^ir' connaissance. . . " même sens, ou mujôshôendô ~*|î "voie.. ." (anc. éc.) ; — mujôshôtôshôgaku M-tïE%FÎEjst "éveil..." (nouv. éc). — Cf. *Bodai.

ANSOKUKÔ ^,§.ff > sk. guggulu ; Mvy. 6257 tib. gu gu lu, ch. ansokukô ou ombakô "fëEliï. Nom d'un parfum dit "parfum des Parthes" (propt. "des Arsacides" ; ansoku=Arsak) : Encens. Un des trente-deux parfums énumérés T. 665 vu, qui représente l'original sk. par gugura Hy^JH. Autres te. kukura sjt^ijl Gog. x-xi, Eog. xlv, T. 1581 vu (qui prescrit d'en faire offrande sans le brûler) ; kyokukutsura JoBlEHè Ttt. 1829 (qui lui attribue une mauvaise odeur) ; kutsugura ttëlJIfif/î [corr. pour setsu~ }{U~] Ttt. 21 31 vin. — Ce serait la résine obtenue de la Boswellia Serrata ou du Balsamo-

ANSOKUKÔ

ARANNYA

dendron Mukul, le Bdellion des Grecs ; Laufer, Sino-Iranica 467.

ANTEIRA %mWi, ou Andara £|fÊH, Annara rë^lti- Un des douze généraux de Bhaisajyaguru. Cf. *Yakushi.

ANU PBT^ ou |JpIi£, anoku psj|^ = sk. anu ; tib. rdul phra mo "poussière subtile" Mvy. 8191 ; ch. mi % "subtil", mijin %M "poussière subtile". Ttt. 1861 va, 1821 x, 1796 1. — Cf. *Gokumi.

ANUMODA |&!l&gltf&=sk. anumoda "approbation, litt. joie à la suite". Td. zuiki ffî^g., id. — Ttt. 2125 1 : Salutation adressée au donateur par le moine qui accepte l'aumône.

ANURADA HSX3SPB=sk- anurâdhâ; Mvy. 3201 tib. lha mchams, ch. bô J§. — Nom d'une mansion lunaire. — T. 402 iv Celui qui naît sous son influence, s'il a de petites excroissances dans un espace de huit pouces au-dessus du genou, observe les Défenses, se conforme à la Loi, et possède honneurs et richesses. —Cf. *Shuku.

ANZENNA £fj§$î ou ^p$î = sk. anjana; Mvy. 9039 (anj°-salâkâ) tib. bsku ba'i thur ma "baguette à badigeonner", ch. saccho %&$} id. — Médicament pour les yeux T. 1227, Gog. xxn. — Il est fabriqué avec un minerai de couleur bleu-noir, ou violette ; il y en a aussi qui ressemble au kinsei i&fjf (lapislazuli ?) Ttt. 2128 xn et xxxvi. — D'après Eog. 11 ce médicament est tiré d'une plante aux feuilles bleufoncé. — T. 279 lxxviii Si on s'en badigeonne les yeux, ce médicament rend invisible.

Aô plffî, Rfjg, pnjPg, ou au |TPl^=sk. a+u. Ttt. 1827 1 b. : Le roi Brahmâ créa 72 lettres d'écriture kyarô -f£$$| (kharostrî) et les avala. Les deux lettres a, u, tombèrent des deux coins de sa bouche sur la terre. C'est pourquoi on les vénère et on les considère comme les Sons-Rois. Les hérétiques placent l'u au début des quatre Veda, et l'a au début des Kôôkyô J^ïï^ (les épopées ? litt. "sûtra étendus des rois"). Cf. Tt. 1509 et Tt. 1569 cités Keds. 23. — Ttt. 1736 1 a : Les hérétiques commencent tous leurs sûtra par "a, u", parce qu'ils considèrent ces lettres comme propices ; a est la non-existence, u est l'existence ; toutes les Essences relèvent de l'une ou de l'autre. — Cf. Ttt. 1718 1 a et cm. ; Keds. 23.

ARAHASHANA PpJ££S§$J, ou arabashana pf M^ÊjÊ$>> etc. = sk. arapacana ; tib. a ra ba ci na. Formule constituée par les cinq premières lettres du syllabaire sk. en 42 lettres tel que l'enseignent la Mahâprajnâpâramitâ, l'Avatamsaka, etc. (cf. *Shijûnijimon). C'est la Formule de la première des

trois Atteintes mystiques (cf. *Abanrankanken, *Abiraunken) qui sont données Tt. 905 et 906. Elle est l'objet de traités spéciaux où elle est mise en rapport avec Manjusrî Tt. 1171, 1172, 1173, 1174; elle se rencontre déjà dans le Vinaya des Dharmagupta T. 1428 xi (6e Défaillance) comme un type de récitation sacrée faite en commun.

ARAKA H^tSP = sk. râga "Attraction". Ttt. 2131 xv td. "désir". Cf. *Ai g et *Ton j£.

ARAKA PBf£Hfc = sk. arka ; Mvy. 6217 td. byakuge Ë3^£ "fleur blanche". Nom d'une fleur, Asclepias Gigantea. Gog. x-xi et Eog. xlv te. aka |5flJ3$[l ou aga ppjf&f] et td- "fleur blanche". T. 1581 vu la cite comme une chose impure.

ARAKAN piBM, ou arokan pgfègg, araka ^ BM, id. HIppJ, arika |fo7^HPj, id. |foMPPj, etc. ; abr. rakan %$$$, raka ||PnJ = sk. arhat. Cf. *Rakan.

ARAMBA PSIH^. Ttt. 1733 cité Keds. 36:

C'est une abr. de arateiramba plMkMËl^ = s^- [a]ratilambha, td. tokuki f#|£ "obtenir la joie" ; ce médicament guérit tous les maux du corps et de l'esprit et assure la joie. Eog. 11 C'est un jus qui se produit spontanément dans des creux de pierre des monts Gandhamâdana et Himalaya ; quand on en prend, on entre en Extase. T. 279 lxxxvii II rassasie le corps et l'esprit.

ARANNYA (TpJH^ T. 1435 x, 145 1 xvii,xxiv, Gog. I, Eog. I, Ttt. 2128 xxi, 2131 xx; ou aranna HÉ#fl Gog. iv ; arennya Mfàfë T. 1425 xi, 1440 V, 1162, Ttt. 1796 m, 21 31 xx ; arenni |ÎSI|,|5E T. 1435 VIII, Ttt. 2128 xiv ; arennyo |foj$|$n Tt. 1505 1 ; aranne psfljligt Eog. 1, Ttt. 2128 xxi ; aranna MM^ Gog. 1, iv ; arannyaka ppjj^ji Ssk. va; nouv. éc. arani Ig^'J^Stî Gog. iv = sk. aranya, p. aranna ; Mvy. 2991 tib. dgon pa "ermitage en forêt", ch. genjôsho p^|?^ "endroit tranquille" ; autres td. kûjaku ^^ "vide et tranquille" Gog. 1, Ttt. 2131 xx, genjaku ^^ "oisif et tranquille" Gog. I, gengen ffîffî "tranquille" Gog. IV, jakujô $^jf id. Ttt. 2128 xiv ; td. étymologiques mujô 4ffif^, mujôshô DHf^S?: "sans querelle" (a privatif +ran[y]a "bataille") Gog. 1, iv, xxm, Ttt. 2128 xxi, Eog. 1. — Ermitage : lieu écarté où les moines se retirent pour se livrer aux pratiques religieuses. — Ttt. 1796 m Ce lieu est en dehors des limites du monastère ; les moines y résident soit seuls, soit par groupes de deux ou trois, soit dans une hutte, soit simplement sous un arbre. — D'après les Vinaya T. 1428 x et xix, 1425 XI, 1435 vin, 1440 v, 145 1 xxiv, on appelle aranya un lieu situé à 500 portées d'arc ou à une portée de voix de tout village. T. 1425 XI ajoute qu'entre le village et l'ermitage il ne doit y avoir ni pâturages

APANNYA

ARAYA

ni maisons. — Eog. I en distingue trois sortes : (i) datsuma }!=É0 = sk. dharma, Ermitage d'Essence, c'est-à-dire où l'on médite sur l'Essence apaisée et sans origine : c'est une Terrasse d'Eveil ; (2) matôga ÊftfHW^sk. mâtariga "paria", Ermitage situé [hors des agglomérations régulières] dans les cimetières, à une distance d'une portée de voix de tout village ; (3) dandaka ff|PÉiJ2nj = sk- dandaka (nom d'une région forestière et inhabitée du Deccan ancien, cf. Râmâyana), Ermitage situé dans un terrain de sable et de rochers. — Cf. liste de trois Ermitages désignés par des noms de pays : Dandaka, Mâtahga, Kalihga Tt. 1790 ( = Vimsikâ 20), T. 26 xxxn ( = Majjh. Nik. I 378 Upâlisutta) ; et K. Lav. iv, 163. — Arannyagyô f*fT, Pratique de l'Ermitage, une des douze pratiques d'Ascèse ; cf. *Zuda.

ARAYA PBl^^=sk. p. âlaya ; tib. kun gzi. — Tréfonds, nom donné à l'une des Notations. — Te. anc. éc. ariya [foJM^ft, (5*1^^15; nouv. éc. araya filffî M, W%m, WWiï : abr. riya WR, raya OT.-Td. : Anc. éc. (Paramârtha etc.) : mumotsu M:Sl "sans submersion", interprétation fondée sur une lecture a-laya, avec un a négatif en tête + laya "évanouissement" ; nouv. éc. (Genjô &%£ etc.): zô jj$Ê "magasin". Ttt. 1846 11 dit que la première interprétation est fondée sur la lettre, la seconde sur le sens. Ttt. 1851 m c énumère huit significations : Magasin, Sainte, Sens-ultime, Immaculée, Vraie, Ainsité, Maison, Fondamentale (c'est cette dernière désignation, sk. mûlavijnâna, qui était employée dans l'Âgama des Mahâsânghika, au témoignage d'Asariga et de Vasubandhu Tt. 1595 11 et 1597 11 ; aussi Tt. 1585 ni). — Aperçu. — La notion de l'âlayavijnâna "Notation de Tréfonds" est une des moins directement accessibles à l'esprit occidental. Nous sommes habitués par une longue tradition judéo-grecque à prendre la personnalité humaine comme une donnée de l'évidence et à considérer la vie humaine comme une réalité complète, intégrale, pressée entre la création absolue et l'éternité de l'au-delà ; nous avons grand'peine à nous représenter la vie telle que l'Inde l'a conçue, et telle que le bouddhisme l'enseigne, comme un enchaînement d'existences reliées par la causalité, en dehors de toute création, sans aucune préoccupation d'origine. La notion de l'hérédité, introduite parles études médicales, tend cependant à modifier assez vite notre vieille tradition. L'âlayavijnâna est pour ainsi dire le magasin de ce que nous appellerions l'hérédité psychique; mais ici, sur le terrain indien, l'hérédité n'apparaît pas comme un accident de hasard dans la suite des générations ; elle est le lien nécessaire qui réunit, avec la fatalité inéluctable d'une loi mécanique, la série infinie manifestée dans l'existence présente à la série infinie qui doit en provenir. La psycho-physique du bouddhisme pose l'existence comme une suite continue d'instants ; l'âlayavijnâna

constitue la cohésion dans chaque série autonome d'instants conditionnés par le développement d'une seule et même causalité, il nous donne ainsi l'illusion de l'individu, de la personnalité ; c'est donc à la fois une sauvegarde contre le nihilisme absolu que professe l'école Mâdhyamika, et c'est aussi un piège auquel risque de se prendre le préjugé vulgaire du Soi. On conçoit l'extrême importance de cette notion dans le développement philosophique du bouddhisme.— Petit Véhicule. — La doctrine de l'âlaya se réclame toujours d'un passage de l'Ekottarâgama qui manque à la version chinoise de ce recueil, mais qui paraît dans le Nikâya p. correspondant : Anguttara, Catukkanipâta, n° 128. Paramârtha, le citant dans Tt. 1593 1, le rend ainsi : "Le monde se plaît à l'âlaya, aime l'âlaya, pratique l'âlaya, s'attache à l'âlaya ; afin d'éteindre l'âlaya, le Tg. énonce la Loi correcte, que le monde se réjouit d'entendre." La version de Genjô est légèrement différente Tt. 1598 11 : "Les Etres du monde ont l'amour de l'âlaya, trouvent la joie dans l'âlaya, se plaisent dans l'âlaya, font leurs délices de l'âlaya ; afin de trancher l'âlaya, Il a énoncé la Loi correcte." Le commentaire d'Asvabhâva sur ce dernier texte vaut d'être reproduit Tt. 1598 11 : Ce texte, dit-il, est celui de l'école Sarvâstivâda ; "ont l'amour de l'âlaya", cette expression désigne de façon générale l'attachement à l'âlaya ; "trouvent la joie" s'applique au présent ; "se plaisent dans l'âlaya" s'applique au passé ; "font leurs délices" s'applique au futur. Vasubandhu Tt. 1597 il propose la même interprétation conjointement avec une autre ; même interprétation aussi dans Tt. 1585 ni. Ttt. 1833 m signale un texte du Yogâcârabhûmisastra Tt. 1579 xcn qui se réfère à la même répartition. — Ce texte de l'Âgama a été imité plus d'une fois ; Asvaghosa l'a versifié dans son Saundarânanda, et T. 190 xxxm l'amplifie. — Tt. 1545 cxlv a un passage curieux : "Si les Essences sont Emmagasinées dans l'âlaya du Plan du Désir et sont Prises par le mamaita Jf!J|ff?^ (sk. mamâyita = égotifié), on dit que ce sont les Liens du Plan du Désir ; si elles sont Emmagasinées dans l'âlaya, ou Prises par le mamaita, du Plan du Formel ou du Sans-Forme, on dit que ce sont les Liens du Plan du Formel ou du Sans-Forme. Âlaya est l'équivalent d'Attraction ; mamaita, l'équivalent de Vue." Ib. lxv "L'Arhat a. . .détruit l'âlaya"; Tt. 1546 xxxv (td. parallèle), au lieu de transcrire, traduit : "détruit le gîte" (sôkutsu JUS, litt. nid-grotte). — Tt. 1558 xvi ( = K. Lav. iv, 160) Un sûtra dit : Le B. dit à la Grande Mère (Tt. 1559 donne Maraki ^H #l = sk. Mâlakîmâtar) : Qu'est-ce que tu en penses ? Tous les Formels, est-ce que ton œil ne les voit pas, ne les a pas vus, ne les verra pas, n'espère pas les voir ? Est-ce que, en raison d'eux, tu ne donnes pas naissance au désir, à l'Attraction, à l'affection, à l'amour, à l'âlaya ? (Le sûtra cité n'a pas été identi-

ARAYA 36

fié ; mais cf. passage analogue dans T. 99 xm, p. 90 sup. = Sam. Nik. 35, 95 Sangayha, où le mot âlaya ne se retrouve pas.) — Cf. encore Tt. 1585 m. — Grand Véhicule. — Nouvelle école. — Les maîtres de l'école Sarvâstivâda n'étaient pas d'accord sur l'interprétation du mot âlaya; d'après Tt. 1593 I, ils en faisaient soit les Cinq Masses, soit une Impression de plaisir accompagnée d'Attraction, soit la Vue d'un Ensemble-de-réalités. Mais Asanga introduit une nouvelle notion: s'appuyant sur l'Abhidharmamahâyânasûtra, le Larikâvatârasûtra, le Sandhinirmocanasûtra etc., il fait de l'âlaya un autre nom de l'Esprit considéré comme le Magasin des Germes de toutes les Essences et comme la Concoction localisée, et il le compte parmi les Notations comme la huitième, la Fondamentale (honjiki ipLfJlfc, sk. mûlavijnâna), ou encore la Notation de Magasin, parce qu'il Emmagasine l'amour du Soi. — D'après Tt. 1585 II, le mot zô jjj|£, td. d'âlaya, implique à la fois les trois sens de nôzô lËJU Emmagasinant, shozô ffiffî, Emmagasiné, et shûzô $fcjig£ Magasinier. "Emmagasinant" signifie qu'il serre les Germes des Essences souillées, comme le magasin contient les marchandises. "Emmagasiné" signifie que les Imprégnations des Essences souillées y sont contenues, comme les marchandises sont contenues dans le magasin. "Magasinier" s'applique à l'Attraction du Soi, car depuis l'éternité des temps les Etres retiennent cette Notation en la prenant pour leur Soi interne, comme le magasinier veille sur le magasin. — L'âlaya est essentiellement cette Notation envisagée dans son Caractère propre ; envisagée dans son Caractère de Fruit, on l'appelle Notation de Concoction ; envisagée dans son Caractère de Cause, on l'appelle Notation de tous les Germes. En correspondance avec ces trois termes, on distingue trois états de cette Notation Ttt. 1830 11 c : (1) L'état où l'Attraction du Soi emmagasine et Travaille ; c'est de toute éternité l'état des Bs. inférieurs à la septième Terre, des Catéchumènes et des Profanes ; on l'appelle spécialement âlaya ; cette désignation est éliminée pour toujours à partir du moment où l'on atteint l'état sans Prise de Soi. (2) L'état de Fruit des actes bons et mauvais ; c'est de toute éternité l'état des Bs. avant et y compris l'Esprit de Diamant, ou des Etres jusqu'à la Libération ou jusqu'à l'état Sans-Récipient des deux Véhicules ; on l'appelle vipâka (Concoction) ; cette désignation est éliminée pour toujours à partir du moment où l'Obstruction du Connaissable n'existe plus. (3) L'état du maintien de la Série ; c'est de toute éternité l'état qui va jusqu'à la limite extrême des Tg. et auquel aspirent les Etres : on l'appelle âdâna (Attribution-personnelle; cf. *Adana), ce qui signifie maintenir, car il maintient les Germes de la Série. — Cette Notation, de toute éternité, Actualise sans s'interrompre, à la manière d'un Courant (cf. *Bôru) ; mais les Morphèmes en sont subtils et dif-

ARAYA

ficiles à connaître. Sa nature n'est ni bonne, ni mauvaise, ni Indéfinie à-Revêtement ; elle est Indéfinie sans-Revêtement ; c'est pourquoi elle peut recevoir les Imprégnations bonnes, mauvaises, etc. Elle a comme Objectifs les Germes, les cinq Organes et le Monde-Réceptacle. Entre les cinquante-et-une Essences de l'ordre-de-l'Esprit, elle n'a comme associés perpétuels que les cinq Omniprésents qui sont : Acte-Mental, Toucher, Impression, Connotation, Esprit-en-travail. Telle est, en résumé, la doctrine de l'école de Simple Notification (Vijfïaptimâtra), telle qu'elle est systématisée dans les travaux de Genjô et de ses disciples [Mbdj. 52]. — Ancienne école. — Jusqu'à Genjô, on discuta beaucoup en Chine sur la nature Vraie ou Fictive de l'âlaya ; cf. Ttt. 17 16 v c. L'école du Mhy. samparigrahasâstra Tt. 1593 la tenait pour Fictive ; les maîtres du Dasabhûmisâstra (Db. st.) Tt. 1522 la tenaient pour Vraie, les sept autres étant Fictives ; cf. Ttt. 1824 vu. C'est à eux que remontent les huit désignations énumérées sup. (Magasin, Sainte, Sensultime, etc.). L'école du Db. st. se subdivisa ellemême en deux ; Ttt. 1717 : "Jusqu'aux Shin (Tsin) ff et aux Ryô (Leang) $£, les maîtres qui propageaient le Db. st. formaient deux branches réparties géographiquement : au Nord de Sôshû jfg'J'H (Siang tcheou, actuellement Tchang-tô ^»fê§ au Ho-nan fif$i, près de la frontière du Tche-li jj|tf$ et du Chan-si UJ0), c'était l'âlaya qu'on regardait comme la base de soutien ; au Sud, c'était l'Ainsité ; l'une et l'autre branche se réclamaient de l'autorité de Vasubandhu, et leurs opinions n'en différaient pas moins comme l'eau et le feu. Quand le Mhy. samparigrahasâstra vint à être connu (td. de Buddhasânta Tt. 1592 [531 A.D.] et de Paramârtha Tt. 1593 [563 A.D.]), il fournit un appui à la branche du Nord. Mais un siècle plus tard, il parut de ce texte une seconde version [de Genjô Tt. 1594, 648-649 A.D.] qui différait de la première comme la branche Sud différait de la branche Nord. En effet, Parâmartha [Tt. 1593] faisait état d'une neuvième Notation, dite Immaculée, tandis que Genjô [Tt. 1594] n'en comptait que huit." — Cf. Ttt. 1824 vu ; et *Amara, *Adana. — MahâyânaàraddhotpâdaSâstra (Tt. 1666). — On trouve dans cet ouvrage attribué à Asvaghosa une théorie particulière de l'âlaya. Au lieu d'être, comme dans l'école nouvelle, une Essence Relative et Fictive de l'ordre de l'Opéré et du Mort-né, l'âlaya est ici la combinaison du Vrai et du Fictif, de ce qui ne meurt ni ne naît d'une part et du Mort-né de l'autre, sans qu'il y ait entre ces termes identité ni différence ; au lieu d'être Indéfinie sans-Revêtement, elle est à la fois Eveil et Non-Eveil, Imprégnant et Imprégné. — Sûtra. — Citons encore deux sûtra importants du G.V. sur l'âlaya : Abhidharmamahâyânasûtra, cité dans Tt. 1585 m : Parce qu'elle retient et emmagasine les Essences, la Notation de tous les Germes

ARAYA

est appelée âlaya ; moi, le Vainqueur, je le révèle. — Laiikâvatâra, cité ib. (=texte sk. éd. Nanjô, il, 99- 100) : De même que la mer, rencontrant le Facteur du vent, produit toutes sortes de vagues et, s'Actualisant devant nous, fait des Révolutions d'activité sans interruption, ainsi la mer de la Notation de Magasin (sk. âlaya), battue par le vent des Domaines etc., produit sans interruption les vagues des Notations qui, s' Actualisant devant nous, font des Révolutions d'activité. — Hérésie. — T. 848 mentionne, dans une liste de trente hérésies, l'hérésie de l 'âlaya. Cm. Ttt. 1796 11 : La secte hérétique de l'âlaya affirme l'existence d'un âlaya qui maintient le corps et qui a un pouvoir créateur ; il emmagasine toutes les images ; si on le comprime, rien n'existe ; si on le distend, il emplit le monde. C'est là un Sens qui diffère de celui de l'âlaya dans le bouddhisme.

ARI |JBJ^ (ou ~|g), abr. de anzukamansetsuri $H tt$0ll#ff!j (corr. ansha~ $gtt~?) = sk- arjakamanjarî. L'arjaka (Ocymum Pilosum P.W. : basilic) est un arbre à fleurs blanches et parfumées. T. 262 vu ( = Lotus p. 241): Il sera brisé en sept morceaux comme la branche de l'arbre ari (Lotus : "la tige du marjaka"). T. 985 I (td. Gijô) : Sa tête se cassera en sept morceaux comme le rankôshô jH|ffj§. ^*J° ^u' donne la te. complète note que rankô H§ correspond à arjaka et shôtô ffgji à manjarî. Ttt. 21 31 vu explique que quand les branches tombent elles se brisent en sept morceaux. Cf. aussi ib. III.

ARIGI HIÏ'É:=sk. âlihgi; td. hôsoku fèfêj 'toucher en embrassant" Ttt. 1733 xix. Nom d'une Extase.

ARISHA Wffîé;, anc. éc. |&I|£$? = sk. ârsa ; Mvy. 1432 tib. gcug lag "science sacrée", ch. kyôten l^jlÇ- "textes sacrés". Autre td. Dge. v koshôshu "rjlgrË "ancien maître saint". — Arishage psjflj ïïH$ — sk. ârsagâthâ : Formules en vers dues aux anciens Voyants ; on dit qu'elles sont de création spontanée Ttt. 1796 iv (p. 619 b).

ARITA H^ffE^sk- arista, aristaka. Nom d'arbre. Hbg. ix te. arishitta H^^ffu et td. mugen MWi

'sans anneau" ; mais la td. correcte mokugen ^djÊ "savonnier" (Sapindus Mokurossi ; le mot sk. désigne Sapindus Detergens P.W.) est donnée T. 1059, avec une te. fautive arishitsukashi psfl^J^lJÎB^. Les graines de cet arbre, mokugenshi Tfafêlïf- (lu aussi mugenshi), servent à faire des rosaires T. 786 (texte spécial Mokugenshikyô ^/JÉ"?"!?) ; le mot est entré dans la langue japonaise sous la forme mukuroji. On les brûlait aussi pour ensorceler les démons T.

1059, d'où sans doute leur autre nom ch. mugenshi iHii?."? "grains sans calamité" ; ce dernier terme, qui semble bien correspondre au sens étymologique de

37 ASATTA

l'original sk., ne paraît cependant pas attesté dans les textes bouddhiques. On trouve aussi une forme mokugenshi "fcfë,-}-.

ARITARI HH^IÏ» td. zuishin figit» "qui suit le cœur". Nom d'un Bs. T. 901 xn. (Le premier terme du mot est probablement sk. hrd ou hrdaya "coeur".)

ARIYA m$m, mWMi PWMti abr. riya $IW Gog. xvi, ai |5Bjïjl| Ssk. x — sk. ârya, p. ariya ; tib. 'phags pa ; td. shô §g, shôja §E#, shônin |gA "saint". Gog. 1 et xvi interprète "sorti (de la douleur)". Cf. *Shônin.

AROGI #sjfli$jfiJ£=sk. ârogya, Mvy. 6520 tib. nad med, ch. mubyô jfàfâ "bonne santé". Ttt. 2125 III Salutation adressée à un inférieur par un moine.

JARORIKYA PRlPi^JlO, nom d'une Formule de Tara-Kannon ^IfèlS^ (sk. Târâ-Avalokitesvara) Tt. 1039 ; cf. *Tara.

ARUNA W%ffl> Wm.n, ou arôna J5ïJ£!$ = sk. aruna ; Mvy. 9296 tib. skya reh ( = rens), ch. shôgyô Wfêè "aurore". Autres td. myôsô fp§;JU "aspect de lumière", ryôchiji T^Ë^F "moment où l'on distingue le sol". Nom de plante. Eog. I Le lotus rouge est ainsi nommé à cause de sa couleur. Nom de parfum (plante parfumée ?) ib. 1 : Il est de couleur rouge comme l'aurore ; on l'appelle aussi aronabattei MlÈM^kMy de arona "rouge" (sk. aruna) et battei "extrêmement" (°vatî ?). Ttt. 2131 vin donne les deux sens.

ASAHANAGA |ÎBl^gï®|5f&fl = sk. âsphânaka. Nom d'une Concentration T. 866 1 ; Ttt. 2128 xxxvi glosant ce texte écrit fautivement abahanaga |5SJ^^ tSPflUl °lu* a passé dans les glossaires jap., et explique : C'est l'Inspection de Diamant subtile ; c'est elle qui fait de la vérité sortir l'activité.

ASAMATSU psJH5K=sk. Aksayamati, nom d'un Bs. — Mvy. 702 tib. blo gros mi zad, ch. mujinne $fe ^i£, mujinni $£|ÉiiÊ "esprit inépuisable". Cf. Ttt. 1721 XII, 2128 xix. Il est à plusieurs reprises l'interlocuteur du B., spécialement dans T. 262 vu ( = Lotus xxiv, dans le fameux chapitre sur Avalokitesvara), et il est le protagoniste de deux textes célèbres, T. 403 (Aksayamatinirdesa, cf. T. 397 xxvn-xxx) et T. 310 [45] (6pariprcchâ).

ASATSUJA IHIISI^sk. asâdhya "incurable".

Nom d'une maladie T. 231 vu, Gog. iv.

ASATTA pBTgl£=sk. hastâ; Mvy. 3197 tib. me bzi, ch. shin f^. Hbg. 9 donne te. et td. Nom d'une

ASATTA

mansion lunaire. T. 402 iv L'homme qui naît sous son influence a des points rouges au-dessous de la taille ; il est voleur, trompeur, fourbe, ignorant, sot, pauvre en Mérites. — Cf. *Shuku.

ASEITANJAYA psffg (ou ~fë ~ji) SgffiJflî=sk. ajitamjaya ; tib. ma rgyal rgyal "conquérant l'inconquis" ; td. munôshô ffîflêfâ, nanshô HlgÊ "invincible". Nom d'un Charme pour entrer dans la Concentration de la lettre A, Ttt. 1796 x; [et nom de ville T. 982, 984, 985 = Lévi J. As. 1915 1, 37 et 48].

ASENTEIKA ppIPUlgjJO, ancienne te. asendai (5pj[^|| = sk. acchandaka ? Gog. xxiii-xxiv et Ttt. 2128 xlvii sur Tt. 1602 v td. muyoku MWi "nondésir" ; ce nom s'applique à ceux qui ne désirent pas le Nirvana. Ib. ancienne td. zuiisa |§§i^f^ "agir selon son bon plaisir". Ib. on dit aussi senteika fëîllÉ&lSJ, td. taton £>f£ "ayant beaucoup de convoitise" : on est attaché aux Transmigrations et on ne désire pas en sortir. Ttt. 1831 I a classe cette catégorie comme la seconde parmi les Icchantika ; cf. *Issendai.

ASETTA ^B&rlJE, ou atata WW£Vfc, arara MBB, aisetta HHP#TlT]3 = sk. atata; Mvy. 4931 tib. so tham tham "dents irrégulières", ch. chôtan J|lf| "long soupir". Un des huit Enfers froids, ainsi nommé du cri qu'on y pousse. T. 125 ni ; Tt. 1509 xvi. — Cf. *Jigoku.

ASETTA ppHèfiË, ou ashitsuhata fflfàf&WL, ashahada psj<£ÉPtî> ashuta |TnJ$$f{Ê = sk. asvattha. Nom d'arbre, Ficus Religiosa. Cet arbre est fameux pour avoir abrité le B. quand il atteignit l'Eveil ; cf. *Bodai (Bodaiju). Le fruit d'asvattha est mentionné parmi les "huit jus" T. 1448 1 et 1453 v. Hbg. ix interprète à faux ce nom par ashabahada Pl^'^HS. PÊ, td. bakyaku J^IJjlJ "pied de cheval" = sk. asvapâda. Ttt. 1733 xx td. muzaiju MtfêlM "arbre sans péché" parce que, si on en fait trois fois le tour, on détruit ses péchés.

ASHABA ps^8f$ = sk. asava, nom d'une Formule qui contient en elle toutes les Formules des trois sections du Plan de Matrice, car a représente la section de Tg. (anutpâda "non-Production"), sa représente la section de Lotus (suci, suddha "pur"), et va représente la section de Diamant (vajra "Diamant", ou encore vâda parce qu'elle dépasse toutes les "théories") ; Ttt. 1796 iv et v.

ASHADA M^ = sk. (1) asâdhâ (naksatra) et (2) âsâdha (mois). — (1) Nom d'une mansion lunaire double. Mvy. 3204 pûrvâ°, tib. chu stod, ch. ki %g; 3205 uttarâ0, tib. chu smad, ch. to 4*- T. 402 iv L'homme qui naît sous l'influence de pûrvâsâdhâ

38 ASHAYA

a une marque sur la rotule ; il aime à secourir les pauvres et renaîtra au ciel. Sous l'influence d'uttarâsâdhâ, il a une marque sur le genou droit ; il est querelleur et n'inspire confiance à personne. —

(2) Nom d'un mois, le 4e du calendrier luni-solaire. Mvy. 2865 tib. dbyar zla 'brin po'i chu stod ; ch. chûge 'ftfJC "deuxième des trois mois de l'été". Ttt. 2087 il donne comme correspondante dans le calendrier ch. la période comprise entre le 16e jour du 4e mois et le 15e jour du 5e mois. — Cf. *Shuku.

ASHAMARA [H^WM = sk- aksamâlâ; td. *juzu j$(Iy}c "rosaire" T. 901 iv. — Nom d'un Sceau, aussi appelé Sceau des Dix Perfections, ib.

ASHAMASHAMA pl^B^B Tt. 1509 n = sk.

p. asamasama ; Mvy. 529 et 6379 tib. mi ranam pa dan mnam pa "inégal et égal", ch. fubyôgyûbyôdô 7£J£%J$^ id., et mutôdô ffî*f^ id.— Epi thè te traditionnelle des B. (a privatif+sama "égal" répété). Les interprétations varient : (1) tout à fait incomparable Ttt. 1718 x, 1712 (c'est le sens le plus vraisemblable au point de vue du sk. : sama répété = "tout à fait égal", donc a-samasama "sans personne qui lui soit tout à fait égal") ; (2) les B. ne sont pas égaux (asama) aux Etres, mais le Corps d'Essence est Egal (sama) de nature Tt. 1522 11 ;

(3) il n'y a pas d'égalité (asama) entre B. et non-B., il n'y en a (sama) qu'entre B. et B. Ttt. 1775 1, 1721 xn ; (4) dans les neuf Plans, l'Esprit des Etres ne peut parvenir à égaler l'Idéal (asama) ; c'est seulement dans le Plan de B. qu'il le peut (sama) : l'Esprit du B. est donc égal (sama) à l'inégalé (asama) Ttt. 1718 x. De même les six Perfections sont égales (sama) au B. inégalable (asama) Tt. 1509 xl. — Epithète du G.V., au sens (1) sup. ; T. 310 xxm. — Nom de Concentration Mvy. 587 mêmes td. ; Tt. 1509 XLVII Quand on atteint cette Concentration, on voit que tous les Etres sont égaux (sama) aux B. incomparables (asama), et toutes les Essences égales à l'Essence de B. — Nom de Charme, un des quatre noms du Charme de la Perfection de Sapience T. 250. — Une des 37 appellations d'Amida Ttt. 1978. — [Les textes précités donnent la td., mutôdô, et non la te. qui sert de titre au présent article.]

ASHARA psjîiit, ou psjîlii, m^B etc., abr. asha |JSj^=sk. Acala "immuable", td. *Fudô ^"j$& (q.v.). Nom d'un Roi de Science.

ASHARA |fôl^lg = sk. asâra "ricin" ou "bois d'aloès". Nom d'un médicament Ttt. 191 1 1 b, 1912 1 e.

ASHAYA PBj^iË, ou aseiya (TpJtfr^ = sk. âsaya; td. Mvy. 410 et 7117 tib. bsam, ch. sô *g "esprit" ; autre td. ch. igyô j|jâ§| "plaisir de l'esprit", shinshô

ASHAYA

»Ù>fë. "nature de l'esprit". — Disposition de l'esprit : le B. sait se conformer à l'âsaya de tous les Etres. Quatre sortes d'âsaya Tt. 1603 m ; huit sortes Tt. 1594 11. Ttt. 1796 x : L'âsaya est la nature de l'esprit, le désir naturel des Organes qui résulte des Imprégnations antérieures.

ASHIRABANA HP$|^|$S = sk. srâvanâ, nom d'une mansion lunaire. Te. spéciale à T. 1341 vi. -Cf. *Shuku.

39 ASHUKU

des raisons qui ont provoqué ce mouvement ; nous pouvons constater toutefois qu'il semble associé à la poussée d'expansion qui porta le bouddhisme loin au-delà des frontières de l'Inde. Aksobhya a eu, sans doute, lui aussi, une légende développée ; mais il n'en a subsisté que de rares débris. Il est connu surtout comme un des régents des points cardinaux ;

ASHITSUBAYUJA |»Iii^gffl = sk. âsvayuja, nom d'un mois. Mvy. 8268 a asvini (âsvina), tib. ston zla 'brin po tha skar, ch. chûshû W%k "second des trois mois de l'automne". Ttt. 2087 11 donne comme correspondante dans le calendrier ch. la période comprise entre le 16e jour du 7e mois et le 15e du 8e mois.

ASHITSUREISHA |KBI!çgg$? = sk. aslesâ ; td. JVlvy. 3193 tib. skag, ch. ryû $p. Nom d'une mansion lunaire. T. 402 iv Celui qui naît sous son influence a une marque sur la poitrine ; il est querelleur, il enfreint les Défenses, il est difficile à vivre et de nature luxurieuse. — Cf. *Shuku.

ASHUBA plM'lgè, ou ashukuba H^^. etc. = sk. aksobhya. Nom de nombre. — Cf. *Sû |$;.

ASHÛBI pBf3fcH=sk. âcumbin. Td. sekku g^P "baiser". Nom d'une Extase dans l'Es. Ttt. 1733

ASHUBINI Wm&m, ou PWJgE^sk. asvinî; Mvy. 3213 tib. tha skar, ch. rô j£. Nom d'une mansion lunaire. Cf. *Ashitsubayuja, et *Shuku.

ASHUHA |»Iïi$[ = sk. Asva. Sert à désigner les Asvin (Gémeaux indiens, Castor et Pollux) T. 192 II. Ils président à la mansion lunaire d 'Asvinî ; cf. •Ashubini.

ASHUKA ppj$|$n (ou ~*SÎ, PST), ashukka H$ j|j, ajoka PnJ^Ff&n, ajukka PRl^CjîSn = sk. asoka; Mvy. 6166 tib. mya nan 'chaii "tranche-souci", ch. bôuke fèSî'fê "fleur sans souci" ; Ttt. 2131 vu td. muuke $£5£^£, id. — Nom d'un arbre, Jonesia Asoka. C'est sous cet arbre que Mâyâ enfanta le B. Sâkyamuni.

ASHUKU pnj^ = sk. Aksobhya; tib. Mi 'khrugs. Nom d'un B.— Te. ashukubi |îpJÉW> ashukuba plffî

S.— Td. fudô ^ffr, mudô MW) "inébranlable"; munu $£$*, mushinni $PJÎ;ï§; "sans colère". — Aperçu. — Aksobhya est un de ces B., dont Amitâbha est le type le plus connu, que le G.V. naissant paraît avoir introduits dans l'Eglise comme des substituts dépersonnalisés du B. Sâkyamuni. Nous ignorons tout

Fig. 18. Ashuku (Akçobhya) (peinture de Shinkaku *?ft,+ 1 180).

généralement il préside à l'Est, mais cette place paraît lui avoir été disputée dans l'antiquité par le B. Bhaisajyaguru.— Exotérisme. — Culte attesté dès les Han dans T. 313, td. Shirukasen, dont une version postérieure est incorporée dans T. 310 xixxx (titre sk. Aksobhyasya tathâgatasya vyûha, cf. Csoma-Feer 214). Dans ce sûtra le B. Sâkya, résidant au Pic du Vautour avec 1250 Moines, raconte à Sâriputra comment le Bs. Aksobhya fit Vœu, et lui expose les mérites et la splendeur de son royaume. Autrefois, dit-il, dans le royaume d'Abhirati, situé à l'Est au-delà de 1000 royaumes de B., régnait et enseignait le Tg. Kômoku Jfg@, Oeil-étendu (ou Daimoku X B . Grand-Oeil ; sk. Visâlanetra ? Virûpâksa ?), auquel un Moine mendiant déclara vouloir former le Vœu de Bs. et étudier la Voie. Le Tg. répliqua qu'une telle étude est fort difficile, car les Bs. ne doivent éprouver aucune colère à l'égard des

ASHUKU 4o

Etres. Le Moine forma le Vœu de n'éprouver ni colère, ni Répulsion, et s'étant montré "inébranlable" (aksobhya) dans l'accomplissement de ce Vœu pendant de nombreuses Périodes, il devint le Tg. Aksobhya qui règne dans ce même royaume. Quiconque y naît atteint le degré Sans-Régression ; chacun doit donc s'efforcer d'imiter les pratiques suivies par le Bs. Aksobhya pendant l'accomplissement de son Vœu. — Dans les textes de Perfection de Sapience T. 220, 224, 225, 227, Aksobhya paraît comme B. actuel, avec Maitreya qui figure comme disciple du B. Dîpahkara et comme B. futur. — Dans d'autres textes, Aksobhya à l'Est est opposé à *Amida à l'Ouest T. 362, 414. Ces deux B. se trouvent associés dans les récits de leurs existences antérieures, etc.: T. 262 III ( = Lotus 98-113) où Aksobhya figure comme le premier des 16 princes du B. Daitsûchishô jï'Mfëffî (Mahâbhijnâjnânâbhibhû) ; il devient le Novice Chishaku ^fg (Lotus 98 : Jnânâkara) et plus tard "le B. Aksobhya de l'Est, résidant au royaume d'Abhirati", un autre des 16 princes étant le futur B. Amida ; T. 831, où il figure comme fils d'un maître de maison sous le nom de *Benshaku ^fg (Pratibhânakûta) ; T. 425 vi, où il est appelé "B. Sans-Colère" ; T. 157 iv ( = Karunâpundarîkasûtra 11), où il figure sous le nom de Misso $5i|Ç (manque au texte sk.) comme le 9e des 1000 fils du roi Mujônen MWfà (Aranemi), lui-même incarnation antérieure d 'Amida. Cf. Abkk. 51 sq. — Dans la section de T. 475 m intitulée "Voir le royaume du B. Aksobhya", il est dit que Vimalakîrti est originaire du royaume d'Abhirati. — Noms ch. de ce royaume : Abiradai |foj ttittl T. 313 et Ttt. 1757 î Ayuiradai pMMifê T. 474 11 ; Myôki %fy% T. 475 III, 476 vi ; Myôraku W$k T. 474 n ; Zenke ^tk, Kangi fc^ T. 313, etc. [La td. Kangi rend aussi le nom d'une yaksinî, Abhirati, T. 1451 xxxi ; cf. Péri, BEFEO XVII, m, 4.] — Esotérisme [Hmjr. 15, etc.]. — Aksobhya réside dans le Plan de Diamant, au centre de la Roue (dite de Soleil ou de Lune) de l'Est des Assemblées d'Acte, de Convention, etc., entouré des 4 Bs. de Diamant Satta ^110 (Etre, sk. Sattva), ô £ (Roi), Ai $* (Amour) et Ki ^ (Joie). Il a pour Vertu l'une des 5 Connaissances (cf. *Chi), la Connaissance de Miroir (sk. âdarsajnâna). Son rôle est de subjuguer les Passions démoniaques et de manifester le pur Esprit d'Eveil sans souillure.

— Une tradition identifie au B.

Aksobhya du Plan de Diamant le B. Divyadundubhimeghanirghosa (*Tenkuraion) du Plan de Matrice ; dans ce dernier, en effet, Aksobhya ne figure pas sous son propre nom ;

Fig. 19. Ashuku (Plan de Diamant).

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cf. *Butsu, et *A (Ajigoten). — Noms de Diamant. — Fudôkongô ^ijjifepjlj (Aksobhyavajra) ou Fuikongô'ffij ïsc^PU (Diamant-Effrayant). — Germe. — Hûm (Sjsh. 1). — Formules. — Om Aksobhya hûm (dans l'Assemblée d'Acte) et : Vajrajnâna hûm (dans l'Assemblée de Convention). — Forme de Convention. — Un Diamant à 5 pointes dressé verticalement sur un Diamant à 3 pointes horizontal. — Iconographie.-—* Son corps est généralement doré, mais diverses autorités lui attribuent une couleur bleue, qui d'après Bzss. 6 symboliserait l'Ensorcellement des démons : Tt. 11 19 il est bleu ; T. 868 11 Sa poitrine émet une lumière bleue qui éclaire les mondes innombrables de l'Est; Asbs. il repose sur un éléphant bleu (c'est la tradition de l'école Taimitsu) ; le bleu est sa couleur dans le système de correspondance des 5 B. es. avec les 5 points de la lettre *A (Ajigoten) ; cf. Grùnwedel Myth.98. — Sceaux. — Sa principale caractéristique iconographique est le Sceau dit de toucher le sol (sokuchiin fiSgflfiÉP), ou Sceau d'Aksobhya (ashukuin piJ^EP), ou T. 997 Sceau d'Ensorcellement (nôsaibukuin tgflJKKftJ), ou T. 868 11 Sceau de la défaite de Mâra (hamain $iJ$|ÉP), ou encore ib. Sceau de l'anéantissement des Vinâyaka (nômetsubinayakain tfêiftlË^JfôjilÉP) : la main droite pend sur le genou droit plié, les cinq doigts étendus touchant (ou désignant) le sol. La main gauche fermée tient un pan de vêtement sur le cœur T. 868 II, Tt. 11 19, 1120 A, ou repose sur le genou gauche ou le nombril Hmjr. 15. — Pratiques.— Hmjr. 15 : Au Japon le rituel d'Aksobhya Tt. 921 s'utilisait autrefois pour le culte de Bhaisajyaguru (*Yakushi), autre B. de l'Est qui était confondu avec Aksobhya ; mais depuis que ces deux B. sont nettement distingués, le rituel d'Aksobhya n'est plus guère employé.

ASHUMAKAHA HJiJ^fâgg, ou ashumakatsuka Hf§J§f$||3|£. etc. = sk. asmagarbha "émeraude" ; td. littérale Eog. I sekizô ^3^ "intérieur de la pierre". — Un des sept Joyaux. — Son nom est généralement rendu par menô Jig|J§ "cerveau de cheval" (aussi écrit £§{£, J^&i, tfj|{i$, S|ff), terme ch. qui désigne l'agate et non l'émeraude (ainsi Mvy. 5957, où td. tib. rdo 'i snih pa "moelle de diamant") ; cette confusion paraît due à une fausse étymologie du ch. menô par une variante hypothétique asvagarbha du sk. asmagarbha. Cf. BEFEO XXIV, 284-286. Ttt. 1723 11 donne une td. shozô ffi%£, "intérieur du pilon" qui répond en réalité à musalagarbha, altération du sk. musâragarbha, nom d'une autre pierre précieuse dont l'identification n'est pas certaine.

ASHURA psf<ÉÊ|jâ = sk. P- asura; tib. lha ma yin "n'est pas dieu". — Te. anc. éc. ashura H^Hâ p. ex. T. 26 xxxiv, asora PRj^tH E°g- l (°u Nf££i T. 1451 xix), asurin Wfëià T- ^5 x*1 (ou ppjflf $j| T 1 xxi) ; nouv. éc. asoraku PrU^S- p. ex. Tt.

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1545 xxvii, Ttt. 2087 ix ; abr. shûra |£$tâ T. 190 xxiii. — Td. anc. éc. mutan $pflâ "Pas beau", mumyôge $&$$$, "pas de jeux merveilleux", mushu $H/pï "sans alcool", retten <%% "dieu vil"; nouv. éc. hiten $fr% "pas Dieu". — Généralités. — Les Asura remontent au passé le plus ancien des religions indc-iraniennes. A travers les temps et les pays, ils ont conservé une physionomie énigmatique et ambiguë. L'Asura védique est un ennemi des Dieux ; mais certains entre les plus grands des Dieux portent le titre d'Asura. Dans la Perse, l'Asura aboutit à Ahura Mazda, le dieu souverain du bien, l'adversaire d'Arihman en qui s'incarne le mal. Les Asura du bouddhisme continuent cette double tradition. — L'ensemble des questions touchant les Asura est posé et discuté dans un long passage de la Mahâvibhâsâ Tt. 1545 clxxii : "Il y a des écoles qui comptent les Asura comme une sixième Destination ; c'est inadmissible, car les sûtra ne parlent que de cinq Destinations. Pourquoi les appelle-t-on Asura ? Sura signifie Dieu ; on dit : les Asura, parce qu'ils ne sont pas Dieux. Sura signifie beau ; on dit: les Asura, parce qu'ils ne sont pas beaux ; en conséquence de la jalousie qu'ils ont portée aux Dieux, leur corps s'est enlaidi. Sura signifie congénère ; en effet les Asura habitaient d'abord près des Dieux, mais ils ne sont pas de la même espèce. A l'origine du monde ils résidaient au sommet du Sumeru. Plus tard les Dieux Resplendissants, ayant épuisé leur vie, leurs actes et leurs mérites, vinrent renaître parmi eux ; et il apparut soudain pour ces Dieux un palais merveilleux. Les Asura furent jaloux d'eux et se tinrent à l'écart. Il en advint de même avec les Dieux du second Ciel et ainsi de suite jusqu'aux Dieux Trente-trois, qui vinrent tous, les uns après les autres, habiter au sommet du mont Sumeru. Les Asura, piqués, se retirèrent vers le bas. Mais tous les Dieux, au moment où ils renaissaient, les montraient du doigt en disant : Ceux-là ne sont pas de notre espèce. C'est de là que leur vint graduellement ce nom. Quant à leur laideur, elle est due à la jalousie qu'ils avaient ressentie. Si on demande : Où allèrent habiter les Asura quand ils se retirèrent de là ? la réponse est : Certains disent qu'il y a sur le Sumeru un creux pareil à un bol renversé, où se trouve une ville qu'ils habitent. Si on demande : Comment se fait-il que le sûtra (Ekottara T. 125 xxxiv) attribue aux Asura cette parole : La mer, où nous habitons, a une saveur unique ? on répond : Les villages ressortissant de l'autorité du roi des Asura sont au fond de la mer, mais il réside lui-même sur le mont Sumeru. Certains disent qu'au milieu de la mer salée se trouve une grande terrasse d'or placée sur une roue d'or; elle est haute et large de 500 Lieues et porte une ville qu'habitent les Asura. Le Prajnaptipâdasâstra (Sesetsuron, Tt. 1538) dit: Les Dragons de la mer intérieure virent des armées

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d'Asura qui revêtaient des cuirasses d'or, d'argent, etc., et s'armaient pour sortir de la ville des Asura ; et ils le dirent aux Dieux. Pourquoi ? C'est que les Dieux se servaient des Dragons pour monter la garde sur le mont Sumeru ; quand ceux-ci virent de loin les armées des Asura so-tir de leur ville située dans la grande mer, ils avertirent les Dieux. — Comme les Dieux Trente-trois. . .les rois det> Asura ont quatre parcs, savoir : Plaisir, Joie, Joie extrême, Aimable. . . ils ont un arbre Citrapâtalî. Comme Incna est le souverain des Trente-trois, Vemacitra eac leur souverain. Quelle est l'apparence des Asura ? Ils sont droits. Quel est leur langage ? La langue sainte. A quelle Destination appartiennent-ils ? D'après certains, c'est à la Destination des Dieux. Mais pourquoi ne peuvent-ils entrer dans la vraie nature dégagée des naissances ? C'est qu'ils sont Revêtus de fourberie, car ils doutent sans cesse du B., et croient qu'il prend le parti des Dieux ; si le B. leur prêche les quatre Aide- Mémoires, ils pensent qu'il en a prêché cinq aux Dieux ; s'il leur parle des trente-sept Ailes de l'Eveil, ils croient qu'il en a prêché trente-huit aux Dieux. Néanmoins, on ne peut pas dire qu'ils relèvent des Mauvaises Destinations ; c'est le même cas que les Dasyu et les Mleccha qui, eux aussi, ne sont pas entrés dans la vraie nature dégagée des naissances. Certains disent qu'ils relèvent de la Destination des Trépassés. Mais pourquoi le sûtra dit-il qu'Indra parlant à Vemacitra l'interpella ainsi : Tu es le Dieu de cet endroit ? Pourquoi ne le traite-t-il pas de Trépassé ? C'est qu'il emploie un mot honorable pour s'adresser au père de son épouse Sacî, et qu'il veut ainsi la contenter. Comment se fait-il que des Trépassés aient des relations intimes avec les Dieux ? C'est parce que les Dieux éprouvent de la concupiscence pour la beauté, sans considération de clan ni de famille. . . Comment se peut-il qu'ils combattent avec les Dieux ? Il arrive que des inférieurs combattent contre des supérieurs, comme esclave et maître, chien et homme." — Interprétations du nom. — Outre les interprétations données dans le texte précité, Ttt. 2128 1 analyse Asura ainsi: anégatif+su "bien" + ra ( = ram°) "jeu", d'où la traduction : "pas de jeux merveilleux", parce qu'ils n'ont pas les jeux des Dieux. — Ttt. 1718 11, 2122 v: Ils sont appelés Asura "sans alcool" parce que, ayant cueilli des fleurs, ils voulurent s'en servir comme ferment dans la mer, mais l'eau ne se changea pas en breuvage à cause des poissons et des Dragons ; ils s'irritèrent et firent serment de renoncer à l'alcool. — Classement dans les Destinations. — Un texte attribué à Asvaghosa T. 726 les dénombre comme une Destination particulière, entre les hommes et les Dieux : "Leur conduite est toujours fourbe ; ils aiment à se battre furieusement ; pour avoir autrefois pratiqué le Don, ils sont devenus rois-Asura." Cf. aussi Tt. 1509 xxx, etc. Mais en général ils sont répartis entre les autres

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Destinations, Enfers exceptés. Tt. 1579 iv les classe parmi les Dieux, dont ils ne se distinguent que par leur nature mensongère. Id. Tt. 1530; cf. Ttt. 1723 11 a. T. 721 consacre quatre chapitres xvinxxi aux Asura, incorporés dans la section des animaux ; mais il en distingue deux espèces, l'une malfaisante; assimilée aux Trépassés, habitant sur terre, dans les montagnes, sous forme de démons, l'autre établie au fond de la mer et assimilée aux animaux. D kprès un Gâthàsûtra (Gadakyô ,ffJt][S'£i|5) cité Ttt. 1723 il a ot 2122 v, ils relèvent à la fois des Trépassés, des animaux et des Dieux. T. 945 ix (texte es.) définit quatre espèces d 'Asura : (1) ceux qui ressortissent de la Destination de Trépassés naissent d'oeufs, et grâce à la protection qu'ils exercent sur la Loi ont la faculté surnaturelle d'entrer dans le vide ; (2) ceux qui ressortissent de la Destination d'hommes naissent de fœtus, ils sont tombés du ciel et habitent près du soleil et de la lune ; (3) ceux qui ressortissent de la Destination de Dieux naissent par métamorphose, ils sont puissants, intrépides, capables de lutter avec les Dieux ; (4) ceux qui ressortissent de la Destination d'animaux naissent de la moiteur, ils sont vils et faibles, vivent au fond de la mer dans des trous ; le matin ils se promènent dans les airs et le soir rentrent dans leur domicile aquatique. — Pour les textes p. sur cette question, cf. K. Lav. m, p. 11 n. 2. — Causes de naissance comme Asura. — T. 80 et Ttt. 2122 v en énumèrent dix : péchés bénins de corps, de bouche, d'esprit ; six espèces d'orgueil ; bonnes actions faites dans l'intention de renaître comme Asura. — La croyance commune au Japon, c'est que l'inscience, l'orgueil et le doute font renaître parmi les Asura. — Le Sarhyuktâgama cité Ttt. 2122 v donne le mythe suivant : Les Asura étaient autrefois des hommes pauvres qui habitaient au bord d'une rivière et passaient du bois à gué ; comme ils risquaient d'être emportés par le courant, un B.-pour-soi auquel ils avaient offert de la nourriture leur apparut dans les airs ; les Asura formèrent alors le vœu de renaître avec un corps assez grand pour que les eaux les plus profondes ne leur allassent qu'aux genoux. C'est pourquoi ils peuvent maintenant se tenir dans la mer, qui ne dépasse pas leurs genoux ; et ils s'appuient des deux mains sur le sommet du Sumeru, pour regarder au-dessous d'eux les Dieux Trente-trois. — Monde des Asura.— Grands rois : Raka HUpI (sk. Râhu), ville au fond de la mer, N. du Sumeru ; au centre, la petite ville de Rinshumabata $|^0^B î Bimashitta 8LBW& (sk. Vemacitra) ; Semmara B$j$f| (sk. Sambara) (T. I xx) ;— Vemacitra, au fond de la mer, E. du Sumeru ; "le Bondissant", au S. ; Sambara, à l'O. ; Râhula (sic, comme souvent, pour Râhu), au N. ; leur assemblée se tient aux Sept-Têtes, au centre de la capitale de Vemacitra, Setsumabatai WtWt^lkfê (T. 24 vi et vin) ;— Bali, Suraskandha (var. ch. Khara-

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skandha), Vemacitra, Râhu (T. 262 1 = Lotus 3) ; — Vemacitra, Parada, Bali [te. JBaji jj-j^J-Vairocana, Râhula, Mucilinda, Sucitra, Sambara (T. 397 xlvii) ; — Bimashitta (sk. Vemacitra), Barada ^MPfc (sk. Parada), Zempi ^^f (sk. Suskandha), Bacchi J^Jg! (sk. Bali), Birushana (sk. Vairocana), Sembari [l^^H flj (sk. Sambara), Rakusen $!?$£ (Aimant-la-guerre), Zemmoku *j|g (Bon-œil), Fukusangai -t^H^?- (Soumettant-les-trois-Mondes), Mokushinrinda g JUr^'t* (sk. Mucilinda) (T. 310 xlii) ; — Râhu, Vemacitra, Sambara, Bandhi, Vairocana, Drdhavajra, [Su] Citrâhga, Brhadâra, Balavipulahetumati, Vatsasrîsambhava, Suvratasvara (Mvy. 3392-3402) ; — (1) Râhu, qui pour voir les Déesses couvre de sa main le soleil et la lune qui l 'éblouissent ; il a une ville nommée Kômyô %$%, 4 parcs, 4 épouses nommées Nyoyô Mj$£ "ombre" (sk. Châyâ), Shokô §g|f "parfums", Myôrin pfrfà "merveilleuse forêt", Shôtoku B^ît* "vertu éminente" ; sa vie est de 5000 années, où chaque jour = 500 années humaines ; (2) Damakô [fgJllllfê (td. kotsuen ^-(ig "gosier obstrué par un os ?"), parfois appelé Keman ?£S> habite la terre Gatsuman /§f|, située dans la mer plus profondément que celle de Râhu ; il a une ville appelée Sôyûgi ff^felç ; dans cette 2e terre réside aussi Yûken J§fj| "Brave", sa vie est de 6000 ans, où chaque jour = 6oo années humaines; (3) Keman ?£§t "Guirlande de fleurs" ; sa terre, encore plus profonde, est nommée Shunaba ^^^, et sa ville Gombira fâiSlfâ î sa vie est de 7000 ans où chaque jour = 700 a.h. ; (4) Bimashittara jg,IK3t£fi (sk- Vemacitra), aussi nommé Pakasa S^P^I^, ou Pakasabimashittara, ou Bimashittarapakasa ; sa terre,

Fig. 20. Ashura (Asura) (Plan de Matrice).

toujours plus profonde, s'appelle Fudô yf^^J "immobile", et sa ville Gombira, ut sup. ; dans les guerres contre les Dieux, Râhu marche à l'avant-

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