BADA
= sk. avadâna.
BADA ^P^ = sk. bhadra, p. bhadda, nom d'une Période ; td. zen[kô] f§[£jj] "bon" Tt- ^©Ç xxxviii, ou ken[kô] R[&J] "sage" T. 184 I, 425 ï ', Ttt. 1718 vin b. Cf. *Kô.— Aussi abr. de badawara MW^Ml (ou badahara JgPBffii!» badarahari M^MMM, etc-) = sk. Bhadrapâla, nom d'un Bs. ; td. *Kengo gfg| "sage protecteur", q. v.
BADANAN 3g|j||^ = sk. vadanam "visage" ; mot cité comme exemple de flexion Ttt. 1840 I, qui spécifie que c'est le singulier et qui cite aussi comme exemple du duel badani '^M'M = S^- vadane "deux visages", et comme exemple du pluriel bada ^HîÉ qui est fautif (sk. vadanâni).
BADANDA3gJi|PÈ = sk. p. bhadanta ; tib. bcun. —Vénérable.— Td. *daitoku Xfâ "grande vertu" 1509 11.
BADARA BtPB|i=sk. bhadra ; td. ken ^ "sage". Nom d'un roi-Dragon T. 721 xvm. — Nom d'un arbre Eog. I.
BADARA[HADA]^£|t[^|?g], ou 3ggJ||[#|Pfc], badara[bada] mmVfflm, «««?], etc. = sk.
bhadra[padâ] ; tib. khrums. Nom de deux des vingt-huit mansions lunaires Mvy. 3210-321 1 : shitsu ffl, sk. pûrva0 "antérieure", tib. °stod ; et heki §£, sk. uttara0 "postérieure", tib. °smad. — T. 402 iv Ceux qui naissent sous l'influence de Bhadrapadâ antérieure ont des marques aux reins sur un espace de 8 pouces au-dessous des coudes ; ils mettent les gens en colère, sont ignorants, très cupides et se plaisent à voler. Ceux qui naissent sous l'influence de Bhadrapadâ postérieure ont une marque entre le pouce et l'index ; ils aiment à donner, observent les Défenses, ont bonne mémoire, sont sages, charitables et sans crainte. Cf. *Shuku. — Nom d'un mois, sk. bhadrapadâ, tib. ston zla ra ba "le premier mois d'automne" Mvy. 8267 ; il correspond à aoûtseptembre ; Ssk. vi b le fait correspondre à la 6e lune du calendrier ch. ; de même Bzm. ; Ttt. 2087 il : du 16 de la 6e lune au 15 de la 7e.
BADARIKI Wtfàj], faute pour sadariki W&1l = sk. sâdhârita ; nom d'une des notes de la gamme heptaphone, et aussi d'un des "systèmes" en usage dans la musique chinoise ; cf. *Bugaku.
BAGA Igfljn Tt. 1509 xlviii, Ttt. 1796 1, ou 3gg& Bzm. = sk. bhâga, bhahga ; td. ha fâ "briser".
BAGABA 3g|f]3g|=sk. p. bhagavat ; tib. Mvy. 2 bcom ldan 'das "le triomphateur qui est sorti (des existences)", rendu en ch. ib. shutsuu fàfë "sorti des
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existences". Une anc. td. shûyû ^fi^ interprétée comme "aidé de tous les Mérites" était en vogue chez les premiers td. d'après Ttt. 2126 1 ; cf. Gog. xx et xxi. La td. la plus courante est *Seson j|i;^r "vénéré du monde". Autres te. bagaba ^WMÊ< bagabon 3||ftin$:. hakugabon WMffî' bagaban Sgflnfô, id. ^f$H, hakuabon H|JBJ^ ; abr. gabon §]$£.— Tt. 1503 I énumère six significations : Souverain, Brillant, Splendide, Glorieux, Faste, Noble. Tt. 1509 Il interprète : possédant (°vat) des Mérites (bhaga) ; ou : habile (°vat) à distinguer (bhaga) les Caractères des Essences ; ou : possédant (°vat) la gloire (bhaga) ; ou : capable (°vat) de briser (bhaga) les trois Liens. Tt. 994 donne comme td. littérale : possédant des Mérites, comme glose : vénéré du monde, et comme td. grammaticale : capable (°vat) de briser (bhaga) les quatre Mâra, ou encore : attestant (°vat, racine vad "dire" à l'état de finale) le Sans-Production (a[nutpâda]) et brisant (bhag°) ainsi les Passions [donc bhag-a-vat] ; ou encore : possédant (°vat) Mérite et Sapience (bhaga). La glose "brisant les Passions" se retrouve dans le Mahâparinirvânasûtra T. 374 xvm. — Ttt. 1796 1 rappelle les six significations données ci-dessus, mais ajoute que l'école es. adopte le sens : capable de briser [les Passions ; cf. l'interprétation d'arhat s.v. *Rakan] ; puis il cite le Traité des Sons (Shôron WÉÎm, sk. Sabdasâstra) de Sakra [c'est-à-dire la grammaire Aindra ; cf. *Taishaku] d'après lequel bhaga signifie "femme" : la femme est un Facteur de désirs, mais elle peut en être aussi l'apaisement ; ou encore, bhagavat signifie "ce de quoi l'on naît", sens que la secte Kongôchô jè"[S]lJllf (sk. Vajrosnîsa) interprète ainsi : la femme, c'est la Sapience, mère des B. ; c'est d'elle que naissent tous les hommes de Sapience illimitée. Si on obtient la satisfaction d'un Facteur de désir [au sens es.], toute passion est expulsée à jamais ; ce n'est pas comme pour les désirs mondains qui peuvent être apaisés un moment, mais pour renaître avec plus d'ardeur. — Ttt. 1851 xx b donne sept sens : Brisant les Passions ; Réalisant les bonnes Essences ; Comprenant le sens des Essences ; Possédant des Mérites ; Possédant la Gloire ; Généreux en dons de Sapience ; Rejetant le sexe de la femme : en effet le Tg. rejette toutes les mauvaises Passions qui ont pour base le sexe de la femme. [Le mot bhaga a bien, en effet, le sens de pudendum muliebre, et les lexicographes lui ont donné le sens de strî "femme".] — Cf. aussi Tt. 1462 iv.
BAHASHA 3|g®ê£ = 3k. prabhâsa, p. pabhâsa. Td. kômyô 3£Ejfl "éclat lumineux"; te. Ttt. 1783 11 et Bzm. dans le titre du fameux Suvarnaprabhâsasûtra T. 663-665.
BAIMO J|f9: "la mère des coquillages" : de même que les coquillages suivent leur mère et les
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poissons leur roi, ainsi chez les profanes les Passions suivent les Vues perverses Ttt. 191 1 v.
BAIRABA Pg9|flH = sk. bhairava ; tib. 'Jigs byed "terrifique". Un Rituel traduit vers l'an 1000, Tt. 1242, est consacré à cette divinité qui y est désignée comme Kongôbairaba ^iljPgl^l^, sk. Vajrabhairava. C'est un des rares ouvrages qui représentent la "pratique de gauche" (sk. vâmâcâra) dans le Canon ch. ; cf. le Rituel tib., Kanjur, Rgyud VII, m, td. Griinwedel, Myth. 102. L'introduction a la forme d'un sûtra ; c'est un dialogue entre Bhairava et le B., qui l'autorise à prêcher la méthode des Atteintes magiques qui écrasent les ennemis de la Loi et défendent de tous les maux. Le premier chapitre enseigne à établir le Cercle devant lequel le magicien, désigné par le terme jimyô $$BJ, sk. vidyâdhara, "Porte- Science", doit danser jusqu'au moment où Bhairava en personne lui apparaît. Le 2e chapitre, la Méthode des Atteintes magiques, traite des effigies sur étoffe, ' sur écorce, en terre, en excréments, etc., qu'on brûle pour s'assurer le succès. Le 3e, l'Inspection, traite des objets que le magicien doit Inspecter, et notamment du dieu Vajrabhairava qui est ainsi décrit : Il a neuf faces ; la principale a l'aspect d'une tête de buffle (makishamokukya |f!||!i$> @fè=sk. mahisamukha ; cf. les images tantriques des Bhairava, Lévi, Népal 11, 37, et Griinwedel, Myth. fig. 145 et 146) ; elle est noire ; elle porte deux cornes (setsuriga |£ pjj f$ = sk. srnga) surmontées chacune de trois faces : sur la corne de droite, la face centrale est bleue, celle de droite est rouge, celle de gauche, jaune ; sur la corne de gauche la face centrale est blanche, celle de droite est couleur de fumée et celle de gauche est noire. Toutes ont une expression de colère. Entre les deux cornes se trouve la huitième tête qui est rouge ; et au-dessus d'elle la neuvième, jaune, a l'aspect d'un jeune homme : elle porte cinq chignons et les parures de la jeunesse. Chacune de ces neuf têtes a trois yeux ; elles ont l'air méchant ou hilare, tirent la langue, froncent les sourcils. Le corps est nu et ventru ; les cheveux sont hérissés ; une peau d'éléphant sert de vêtement ; les ornements sont des crânes. Il a trente-quatre mains tenant chacune un attribut différent, soigneusement spécifié dans le texte, et seize pieds dont chacun foule un être différent, homme ou animal (buffle, bœuf, âne, chameau, etc.). Le 4e chapitre contient la Méthode pour peindre les images : on choisit comme étoffe le vêtement d'un homme brave et honnête, ou une pièce de costume qui a touché le sexe d'une femme ou qu'un accouchement a souillée, ou encore un linceul. Devant le dieu lui-même l'image représente un cimetière (shidarin F|?fc;^> sk. sîtavana) où rôdent toutes sortes de démons, et un figuier nyagrodha auquel sont suspendus des cadavres humains ou des corps embrochés, avec des bêtes de proie qui
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les dévorent. Egalement devant le dieu et fixant les yeux sur lui est figuré le magicien, entrant dans le cimetière avec un air hilare. Dans un endroit secret et écarté, on brûle de la chair humaine devant l'image pour lui en offrir l'odeur ; il faut se garder de montrer l'image à personne. Le magicien, tenant un chapelet d'ossements humains, accomplit toutes sortes de cérémonies. Le 5e chapitre traite de la méthode des Libations ; le 6e, de diverses Inspections qui assurent les Atteintes magiques. — Il convient d'observer que le type de Bhairava ne s'est pas multiplié dans le bouddhisme de la Chine et du Japon comme il l'a fait dans celui du Népal et du Tibet.— Cf. *Daiitoku.
BAIRAGAHÔ #!Hi$«fê, cérémonie en l'honneur de *Aizemmyôô, sk. Râgavidyârâja. Raga |$i$5 te. le sk. râga ; d'après Sssr. III bai $J| est un caractère forgé par l'école es. pour tenir lieu des deux caractères nyohô tmW> Qui représentent eux-mêmes en abrégé le terme nyoihôju tUM^PM, sk. cintâmani, Gemme-de-Désirs. Ce caractère, préfixé en guise d'épithète, impliquerait qu'Aizemmyôô est pur comme la Gemme.
BAIRO fê (ou |5£) *Bugaku, q.v.
(ou |g|), titre d'une pièce de
BAITA Jl£=sk. pattra, p. patta "feuille" (spécialement feuille du palmier tâla préparée pour recevoir l'écriture) ; souvent abr. en bai J|, comme dans les expressions baiyô J||j! "feuille pattra" Ttt. 1831 la, 2053 m, baichô JUjH "documents sur feuilles" Eog. I. — Ttt. 2128 x fait de baita le nom d'un arbre des pays occidentaux, dont les feuilles épaisses et dures se prêtent à la gravure des sûtra : elles sont si dures que si l'on écrit beaucoup, il faut commencer par graver les lettres au couteau, et ensuite ajouter l'encre ; il faut distinguer de cet arbre l'arbre tâla (tara ^|H) dont les feuilles minces, souples, brillantes, blanches et fines sont bien supérieures à celles de l'arbre baita. Le tâla est le plus haut de tous les arbres ; si on en coupe les pousses, elles ne repoussent pas (métaphore fréquente, p. ex. T. 945 vi,T. 1428 xxxv) ; il ressemble au palmier (shuro ^fl8|, Trachycarpus Excelsa) et croît dans les cinq Indes, mais les plus beaux spécimens sont ceux de l'Inde du Sud. Le Saiikiki |S^(I2 (ce passage ne se retrouve pas Ttt. 2087) spécifie les différentes espèces de feuilles utilisées pour les manuscrits sk. ; dans certains pays on emploie l'écorce du bouleau rouge (shakka ^j^), ailleurs le papier, ou ie cuir, ou le métal, or, argent, cuivre. — L'arbre baita dont il est question dans le texte précité paraît être un idolum libri reposant sur une confusion des te. baita j^,^— sk. pattra et tara ^UÊ = sk. tâla. Au Japon on touve même une te.
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baitara Hâ^iH Qui ne paraît pas attestée dans les textes ch. ; elle a été empruntée pour désigner l'Ilex Latifolia, un arbre jap. qui n'a aucun rapport avec le palmier. — Gog. XXIV s'élève expressément contre l'emploi du terme baita pour désigner le tâla, dont il donne la description suivante : comme le palmier, il est droit et haut ; ses rieurs sont blanches, grandes, ont la forme de deux mains élevées ; ses fruits deviennent rouges en mûrissant et ressemblent aux grenades ; il ne produit fleurs et fruits qu'au bout de cent ans. Ib. n ajoute que ses fruits se mangent, qu'il atteint une hauteur de 70 a 80 pieds, et qu'il est particulièrement abondant dans l'Inde orientale. Cf. aussi Ttt. 1721 xii. — Ttt. 2087 xi en signale dans l'Inde du Sud une grande forêt où tous les royaumes s'approvisionnaient en feuilles à écrire. — Eog. 1 : Le bois de l'arbre tâla est dur comme le fer; ses feuilles sont vastes et compactes. — Ttt. 2131 vu : Il atteint 80 à 90 pieds de hauteur, et ses fleurs ressemblent à du riz jaune (ômaishi ^yjv-y*). — Ttt. 2131 vu td. tâla par gan ^ "rive", sans doute par confusion avec tara "traversée [vers l'autre rive]" ; cf. l'application erronée du terme baita J|£ à l'arbre sous lequel Sâkyamuni atteignit l'Eveil T. 713, Ttt. 2085, 181 1 1 (cf. *Bodai). — Hbg. ix donne pour taraju £$| (ou R£f£) fâ et hataraju $|l£itî$ une td. jû 1g "lourd" qui est obscure. — C'est aussi par erreur que Mvy. 6180 td. par tarajuyô ^Hâlajîj^ "feuille de l'arbre tâla" le sk. tamâlapattra "feuille du tamâla" ; cf. ib. 6254.
BAJARAHANI g£|g|t$Iij£=sk. Vajrapâni. Td.
kongôshu ^-^Ij^ "Diamant en main" Ttt. 213 1 iv ; ou *Shukongô ^^p^lj, même sens. — Cf. *Niô.
BAJARAHANI-BARIKAN $|0 J| $fè $M $,
deux sur douze divinités protectrices de stûpa, Ttt. 1892 citant un texte du VIe s. qui td. Bajarahani par Kongô #^!) (sk. Vajrapâni) et Barikan par Rikishi J^J I±r "le vigoureux" (cf. sk. balin) ; toutes les douze sont aussi appelées ib. Kongôrikishi "les vigoureux de Diamant". Pour Barikan, Ttt. 213 1 vi donne un syn. sk. Malla — Cf. *Niô.
BAKA ^IfpJ^sk. p. vâha ; tib. rjan ; td. Ttt. 2128 xxiv ton £g, sui $g. Mesure de capacité ; litt. une charrette. Tt. 1558 xi ( = K. Lav. ni, 175 sq.) citant un sûtra : O moines, un vâha magadhien de sésame de quatre-vingts kharî (boisseaux), si on y prenait un grain tous les cent ans, il serait vide avant que ne se termine la vie des Etres nés dans 1' [Enfer] Arbuda (cf. *Abuda).
BAKKUYORAKU J£g||$ê "enlever la douleur et donner le plaisir". On désigne ainsi l'effet produit par la Compassion (bakku) et par la Bonté (yoraku) respectivement Ttt. 1509 xxvn.