BARA
BARAMON
BARA m Mi Ttt. 183 1 11 a, ou MA Gog. iv, RM Ttt. 2128 x=sk. vâla, td. mô ^ "poil" ; cf. *Bara
BARABASHA 3g|M& = sk- bâlabhaksa ; td.
jikishôni j£/J*5E "mangeur de petits enfants". Nom d'une classe de Trépassés T. 721 xvn.
BARADABAJA 3£p|IMfcSI = sk- Bharadvâja ; td. jûgo jËIo "parole lourde" (qui suppose une lecture °vâca). Nom d'un Dieu T. 374 xxiv (dans une série de 80 divinités), glosé Ttt. 2128 xxvi. Cf. *Harada.
BARAGA ^JcïêfiHl = sk- varâiiga ; tib. yan lag mchog. Td. myôshi &j?3£ "membres excellents". Nom d'un degré de force athlétique Tt. 1558 xvn ( = K. Lav. vu, 74) ; Mvy. 821 1. Le même terme paraît dans une épithète des Rois Tournant-la- ' Roue Mvy. 3632. Ttt. 1821 xxvn, qui donne la te, en fait le nom d'un Dieu.
BARAMARA
sk. bhramara "abeille".
Td. kokuhô H^ "abeille noire" T. 1341 vu.
BARAMON ^HHP^sk. p. brâhmana ; tib. bram ze. — Brahmane. — Autres te. barakamana '^^^,0 5*,jgglâfc;fc*, etc. ; abr. ramon g|H.— Td. j'ôgyô £j?;fT "pratiquant la pureté", jôshi ffifâ "volonté de pureté", jôshi ffôfâi "volonté d'apaisement", riyoku ^f@{ "sans Désir", shaakuhô fè2§f£ "rejetant les mauvaises Essences", jôei fëîfaf "postérité du pur [Brahmâ]", jôin Jt?f$L "postérité de [Brahmâ] l'apaisé", etc. Ttt. 1775 11 donne une td. gei ^fJË "esprit extérieur" qui doit reposer sur une interprétation fantaisiste bahîra-manas. Le terme bonshi $£jj£ correspond tantôt à brâhmana "brahmane" (T. 125 xli, Tt. 1545 xxxiv, Ttt. 1821 xn), tantôt à brahmacârin "Brahmisant" (cf. *Bon), terme qui s'applique à tous les hérétiques sortis de la famille et à leurs adeptes (Tt. 1509 lxxvi), etc. — Définitions.— Comme les td. précitées, la plupart des définitions éparses dans les textes bouddhiques insistent sur la pureté rituelle, qui semble avoir été considérée comme la caractéristique essentielle des brahmanes. Ttt. 2087 vu : Baramon signifie "pratiquant la pureté" : strictement fidèles à leur Voie, ils se vouent à la continence et observent une pureté irréprochable. Tt. 1509 x: On appelle brahmanes ceux dont la famille est pure depuis sept générations et qui ont reçu les Défenses à l'âge de six ans. Ttt. 2128 xxvi : Les brahmanes sont des laïcs qui pratiquent la pureté, appartiennent à la noblesse, rejettent les mauvaises Essences et sont savants. Ttt. 1775 11 : Ils ont des livres sacrés spéciaux qu'ils se transmettent de génération en génération ;
leur occupation est l'étude de la Voie ; ils pratiquent l'austérité, soit dans la famille soit hors de la famille ; et forts de leur Science, ils ont beaucoup d'orgueil. — Mais ailleurs les brahmanes sont définis comme les adeptes du dieu Brahmâ, leur créateur : Gog. xvm Les brahmanes sont ceux qui étudient traditionnellement la loi du dieu Brahmâ ; ils se disent nés de sa bouche, et prétendent avoir seuls le droit de porter son nom parce qu'ils sont supérieurs aux autres castes ; ils n'existent que dans les cinq Indes, et pas ailleurs ; leur appellation singnifie "postérité de l'apaisé", car ils sont la postérité de Brahmâ ("l'apaisé"). — Origine. — La doctrine classique est que les brahmanes sont nés de la bouche de Brahmâ, alors que les trois autres castes (cf. *Shishô) sont nées respectivement de ses bras, de ses cuisses et de ses talons T. 1 vi, 99 xx, 217, Tt. 1640. — Toutefois l'origine des brahmanes est parfois rattachée au mythe des Dieux Resplendissants qui, au commencement d'une Période, descendent dans le Jambudvîpa pour y manger la graisse de la terre et deviennent des hommes (cf. *Ahae) ; un de ces hommes quitte sa famille, qui lui paraît une source de soucis, pour se retirer dans les montagnes et se livrer à la méditation, mendiant sa nourriture dans les villages: c'est le premier des brahmanes T. 1 VI, 23 VI, 24 X, 25 x, 26 xxxix, 125 xxxiv, etc. Ces textes ajoutent que certains parmi ces premiers brahmanes, ne se plaisant pas à pratiquer l'Extase, s'établirent parmi les hommes pour s'adonner à l'enseignement : on les appelait "brahmanes ne pratiquant pas l'Extase" fuzembaramon ^T»ï|î^|j||f"i ou "brahmanes vivant parmi les hommes" ningembaramon AW^UffiH (termes de T. 1 VI ; les autres versions du mythe donnent différentes variantes). Ttt. 2122 cix explique que si le nom de Brahmâ (brâhmana) leur fut attribué, c'est en souvenir des Dieux Resplendissants qui résidaient dans le monde de Brahmâ (i.e. le monde du Formel) avant de descendre sur terre. — Enfin un autre mythe est rapporté dans Ttt. 1796 xix qui, à propos de la Libation bouddhique (cf. *Goma), donne un historique du feu sacré d'après les "livres védiques" et décrit en détail toutes les sortes de feu en usage dans le rituel brahmanique. Ce curieux exposé est mis dans la bouche du B. lui-même qui, dans une existence antérieure, aurait été un roi-Brahmâ dans le ciel de Mahâbrahmâ. A l'origine, dit-il, le feu sacré n'était autre que Mahâbrahmâ lui-même, et s'appelait comme lui "Orgueilleux" (gaman ffctH) et "Spontané" (jinen jtj$8). Son fils Brahmârâja donna naissance aux Etres, et au feu de ce monde nommé Habaku K£|$$'6j (sk. Pâvaka). Le texte spécifie ensuite les divers feux rituels qu'on allume lors de la conception, lors du bain de la femme au 6e mois de la grossesse et une semaine après l'accouchement, lors de l'imposition du nom, lors de l'allaitement, lorsqu'on coupe les
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cheveux de l'enfant, lors de l'initiation et, douze ans plus tard, lors du mariage. Au moment de l'initiation, le jeune homme reçoit un cordon de roseau (monja 3tp|j = sk. munja), un bâton recourbé, un vase (gunji jjiJ3F = sk. kundî) et un vêtement de peau de daim ; pendant douze ans il étudie le Veda, menant une vie austère et mendiant sa nourriture dans un bol de cuivre rouge. C'est après cette période qu'il prend femme et est admis dans la caste brahmanique. Il offre alors à son maître, avec d'autres cadeaux, une vache et un veau ; le maître procède au mariage, et c'est à cette occasion qu'il conte le mythe suivant aux jeunes mariés : Au début des Périodes passées, le roi Brahmâ le Grand, qui était le feu du Soleil (soriyakadaibonnô ^M^P^C^C^Ï), descendit dans le monde sous la forme d'une vache et se livra à ses désirs luxurieux ; telle est l'origine de la caste des brahmanes. Cette vache que voici, c'est son corps qu'il nous a laissé : suivez son exemple et perpétuez la caste de Brahmâ! — Aspect. — Les brahmanes portent un grand chignon enroulé, sont vêtus d'une peau de bête et tiennent un bâton recourbé T. 99 xxxix. — Ils portent un cordon brahmique (bonsen $£|§, cf. *Bon) et se tracent sur le front trois marques de terre blanche (chaux), ou de cendre blanche, ou de bézoard de bœuf (goô ^jUt, sk. gorocanâ) ; tout cela est interdit aux moines bouddhiques T. 145 1 1. — Ils se décorent de fleurs, et de cordons de cinq couleurs qu'ils s'attachent à l'épaule ib. 1. — Ils tiennent un vase pur et sont vêtus de peau de daim ib. xxviii (où le cordon brahmique est appelé "cordon faste" kichijôsen ^jp^j^). — Us portent un chapeau et laissent pendre leurs cheveux sur leurs tempes ; leur bâton est d'or Tt. 1545 xv. — Ils tressent leurs cheveux en chignon, portent une ceinture, tiennent un bâton de bois, leurs vêtements sont simples et leur diète frugale Tt. 1642. — Mode de vie. — Tt. 1509 xxxi 1 Les brahmanes honorent la sagesse et les livres saints, ne tourmentent pas les Etres, pratiquent le Don et observent leurs Défenses. — T. 1 xv ( = Dîg. Nik. iv Sonadandasutta) Les brahmanes réalisent cinq Essences : (1) Il ont des ancêtres honnêtes et irréprochables depuis sept générations ; (2) ils sont habiles à réciter les trois sections de la science hérétique, savent distinguer les livres sacrés de toutes sortes, sont versés dans les mystères des livres mondains, excellent dans le grand art de la physiognomie et connaissent à fond la divination, les sacrifices et le rituel ; (3) ils sont beaux ; (4) ils observent parfaitement toutes leurs Défenses ; (5) leur sagesse est profonde. — T. 99 xxxi les trois Sciences des brahmanes: (1) Leurs parents ont tous les Caractères des brahmanes, et sont exempts de toute souillure ; leurs ancêtres n'ont été l'objet d'aucune critique depuis sept générations ; (2) ils appartiennent héréditairement à la classe des maîtres (sk. guru), sont doués d'éloquence, connaissent à fond
les livres sacrés, les noms de toutes les espèces de choses, les différentes classes d'Etres, les lettres soit séparées soit groupées, et l'histoire ; (3) ils sont beaux. Ces trois Sciences sont opposées à celles des Hors-Catéchisme qui sont : la Connaissance des Naissances antérieures, celle des Transmigrations, et celle de l'épuisement des Ecoulements (cf. *Myô IJQ). — Ttt. 1821 1 : Dès l'âge de 7 ans ils étudient à à la maison ; à 15 ans, ils reçoivent la Loi des brahmanes et vont étudier en tous lieux ; à 30 ans, craignant de rester sans postérité, ils rentrent à la maison et prennent femme ; à 50 ans, ils se retirent dans les montagnes pour pratiquer la Voie. [Cette répartition s'écarte un peu de la doctrine classique des quatre asrama, ou stages de la vie brahmanique ; cf. aussi sup. le texte de Ttt. 1796 xix sur les feux rituels.] — Ttt. 2125 IV : Partout dans les cinq Indes les brahmanes sont considérés comme les plus nobles ; dans les assemblées, ils ne s'associent pas aux trois autres castes, et à plus forte raison doivent-ils tenir loin d'eux les classes mixtes qui sont en dehors des castes. — Ttt. 2087 11 spécifie qu'on ne se marie pas d'une caste à l'autre, et Tt. 1642 déclare qu'un brahmane qui épouse une femme de la quatrième caste se voit abandonné par ses parents et ses dieux familiaux et tombe en enfer (et de même un brahmane qui reçoit de la nourriture des mains d'un Sûdra est transformé en Sûdra dans le délai d'un mois, et après sa mort renaît dans la condition de chien). Toutefois d'après T. 1301 les brahmanes peuvent avoir quatre sortes d'épouses et quatre sortes d'enfants, appartenant à chacune des quatre castes, tandis que les Ksattriya n'en peuvent avoir que trois sortes, les Vaisya deux sortes, et les Sûdra une seule. — Trois catégories de brahmanes Tt. 15 79 Txx : (1) shushô Q#|, les brahmanes de caste, ceux qui naissent dans une famille d'authentiques brahmanes ; (2) myôsô ig^, les brahmanes de nom et de Connotation, ceux auxquels le monde attribue, par une Connotation gratuite, la dénomination fictive de brahmanes ; (3) shôgyô ïEf?, les brahmanes de Conduite correcte, ceux qui méritent le nom de brahmanes parce qu'ils sont infaillibles en tous leurs Actes et qu'ils ont rejeté les mauvaises Essences. — Brahmanes et Bouddhistes. — Comme on l'a vu par les définitions citées au début de cet article, les auteurs bouddhistes témoignent généralement à l'égard des brahmanes d'une mansuétude assez surprenante. Ce qui leur est reproché, c'est surtout leur orgueil. Toutefois il ne manque pas de textes où l'égalité des castes est formellement affirmée, au détriment de la supériorité brahmanique. Ainsi une importante section du Madhyamâgama T. 26 xxxv-xli est consacrée aux brahmanes, et l'un des sûtra de cette section (T. 26 xxxvn = Majjh. Nik. n° 93 Assalâyana ; td. parallèle T. 71) met en scène le B. démontrant à un groupe de brahmanes de
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Kosala (T. 71 de Srâvastî) l'inanité de leurs prétentions : ils se croient seuls Blancs, seuls purs, parce qu'ils sont nés, disent-ils, de la bouche de Brahmâ et deviennent Dieux après leur mort; mais, réplique le B., l'humanité tout entière n'est qu'un produit de la Notation de l'Esprit : ceux qui en Esprit pratiquent bien le Don renaissent parmi les Dieux et les hommes ; mais ceux qui le pratiquent mal tombent dans les trois mauvaises Destinations, à quelque caste qu'ils appartiennent [nous suivons la rédaction de T. 71]. — L'égalité des castes est aussi prêchée au roi de Mathurâ par Mahâkâtyâyana dans le Samyuktâgama T. 99 xx ( = Majjh. Nik. n° 84 Madhura) : Les quatre castes sont entièrement égales, déclare t-il expressément ; le monde les prétend différentes, mais du point de vue des Actes il n'y a point entre elles de réelle différence. — Un thème analogue est traité avec force dans la célèbre Aiguille de Diamant (sk. Vajrasûcî), un des premiers ouvrages bouddhiques connus en Europe (td. Hodgson 1829, éd. ' Wilkinson 1839), attribué soit à Asvaghosa, soit dans la version ch. Tt. 1642 à Dharmakîrti. — Un autre texte fameux, l'histoire de Sârdûlakarna (Divyâvâdâna, td. abr. Burnouf, Introd.2 205) rapporte comment un brahmane refusa de donner sa fille en mariage au Cândâla Sârdûlakarna ; le père de ce dernier, Trisaiiku, adresse au brahmane une diatribe violente contre le système des castes, et finit par le convaincre. — Cf. aussi Tt. 201 xv (td. Huber n° 77) Le maître de la Loi qui condamne les institutions brahmaniques. — Le terme *shamon ^PP^ = sk. sramana, qui désigne les moines bouddhiques (ou plus généralement, du moins à l'origine, tous les religieux "sortis de la famille" sans distinction de sectes), est traditionnellement associé au mot brahmane dans l'expression shamonbaramon $?f"î 'WMkf^ = sk. sramanabrâhmana, qui remonte aux plus anciens temps de l'Eglise. D'après Tt. 1509 x, cette expression désigne l'ensemble de tous les hommes sages, les sramana étant ceux qui sont sortis de la maison, et les brahmanes ceux qui mènent la vie de famille ; les premiers ne recherchent que la Voie, les seconds, en s'appliquant à l'érudition et à la sagesse, recherchent le bonheur. Ib. xliv ajoute que tous deux sont également dignes de recevoir des offrandes. — Il arrive que dans cette expression le mot sramana soit pris en mauvaise part, comme Tt. 1462 iv où les sramanabrâhmana sont définis comme des ennemis de la Loi bouddhique. Mais généralement c'est le brahmane que l'on cherche à spiritualiser, à "sublimer" pour l'assimiler au sramana. Ainsi l'Ekottarâgama T. 125 IX conte comment le B. rencontre à Râjagrha la femme d'un brahmane, qui sort de chez elle pour porter de la nourriture à un autre brahmane : Auriez-vous vu un brahmane ? demande-t-elle au B. Le B. lui montre alors Kâsyapa en disant : Voici un brahmane. Puis il prononce
cette stance : Celui qui n'a ni désir ni colère, qui a éliminé l'Inscience, l'Arhat dont les Ecoulements sont épuisés, c'est lui que j'appelle un brahmane. Kâsyapa se rend chez la femme, qui lui offre à manger; il lui prêche la Loi bouddhique, puis s'en retourne. Le brahmane rentre chez lui ; sa femme le conduit auprès du B. Le brahmane s'informe du prétendu brahmane qui est venu rendre visite à sa femme. Le fi. lui montre Kâsyapa assis en méditation : Quoi donc ? s'écrie le brahmane. Un sramana est-il un brahmane ? Ne sont-ils point différents ? Le B. réplique : Si tu veux parler de sramana, j'en suis un, car je possède leurs Défenses ; si tu veux parler de brahmanes, j'en suis un aussi, car je connais leur Discipline ; et il en est de même de Kâsyapa. Puis il récite ces vers : Je ne parle point du brahmane qui connaît la technique des Formules et qui prétend renaître au ciel de Brahmâ ; car celui-là n'est pas délivré des Liens. Celui qui est sans Liens, qui n'a plus de Destination où renaître, qui est libéré de toute Entrave et ne vante plus le bonheur des Dieux, c'est lui le sramanabrâhmana. Là-dessus le brahmane et sa femme deviennent disciples du B. — De même dans tout un chapitre du Dharmapada T. 210 11, 2ii iv, 212 xxx, 213 iv, presque chaque stance se termine par ce refrain : C'est lui que j'appelle un brahmane ! P. ex. T. 210 il : Celui qui a coupé le courant et atteint l'autre rive, qui est sans désir comme Brahmâ, qui connaît l'épuisement des Opérants, c'est lui que j'appelle un brahmane ! Celui qui se purifie par la Loi sans seconde, atteint l'autre rive et délie les Entraves du Désir, c'est lui que j'appelle un brahmane !.. .Ce n'est point celui qui se tresse les cheveux que j'appelle un brahmane ; celui qui observe sincèrement les Pratiques de la Loi, le pur, le Blanc, celui-là est un sage ! S'arranger les cheveux n'implique point sagesse ; et à quoi bon se vêtir d'herbes ? A quoi sert de se montrer au dehors exempt d'attachement, si on ne l'est pas intérieurement ? Celui qui, vêtu d'habits grossiers, observe en personne les Pratiques de la Loi, et qui médite dans la solitude, c'est lui que j'appelle un brahmane! Etc.... De même encore dans Tt. 201 xv (td. Huber n° 74) un brahmane qui vient de se convertir au bouddhisme s'écrie : C'est seulement maintenant que j'ai obtenu la Loi sublime des brahmanes !.. .Aujourd'hui seulement j'ai obtenu la Loi du Veda admirable ; aujourd'hui je me suis délivré des Passions humaines : cela vaut mieux que tous les Veda ; aujourd'hui je suis devenu en réalité un champ excellent de sacrifices : je dois m'efforcer d'y offrir de grands sacrifices. (Sur l'interprétation spiritualiste du sacrifice dans le bouddhisme, cf. T. 1 xv = Dîg. Nik. v Kûtadantasutta.) — Cf. aussi T. 190XXXIH, stance adressée par le B. à un brahmane fourbe : Celui qui élimine tous les Actes de péché, c'est lui que j'appelle un brah-
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mane ! Celui dont le cœur est pur et sans détours, qui toujours se maintient droit et tranquille, intérieurement comme extérieurement, qui observe la Conduite brahmique prescrite par la Loi, en parole comme en pensée, qui est exempt de toute concupiscence, c'est lui qui est de la caste brahmanique ! — C'est dans le même esprit que, dans T. i IV et T. 26 xxxix, le B. enseigne au brahmane Vâsista, lequel défend la supériorité de sa caste, seule pure, seule née de la bouche de Brahmâ, que tous les sramana peuvent se dire brahmanes, car ils sont les fils du B. qui a pour surnom le Grand Brahmâ (cf. *Busshin, init.). Cf. aussi sous *Bon le texte de Tt. 1558 xxiv ( = K. Lav. vi, 244), où la vraie Nature de sramana est identifiée à la Nature de brahmane.— La Vibhâsâ Tt. 1545 lxxvii cite un sûtra ,d 'après lequel certains Brahmisants (bonshi j^jg) enseignaient trois "Vérités brahmaniques" (baramontai ^HFIIfr) : (0 H ne faut faire de mal à aucun Etre ; (2) je n'appartiens pas à cela [à un
Fig. 24. Baramonshin.
autre], et cela [personne ou rien autre] ne m'appartient ; (3) toutes les Essences Opérées sont des Essences à Barrage [sujettes à destruction]. D'après certains, explique la Vibhâsâ, les Brahmisants dont il est question dans ce sûtra auraient été des hérétiques sortis de la famille, qui auraient professé ces trois Vérités correctes, mais avec beaucoup d'autres doctrines fausses ; d'après d'autres, il s'agirait des bouddhistes, appelés brahmanes dans ce sûtra pour réfuter les prétentions de certains hérétiques qui se disaient "les vrais brahmanes" quoiqu'ils tuassent des animaux pour leurs sacrifices : pour les confondre, le B. aurait enseigné que les vrais brahmanes ne font point de mal aux Etres ; ne cherchent point, en pratiquant la Conduite brahmique, à obtenir les plaisirs des Dieux, puisque rien ne peut nous appartenir ; et ne tombent ni dans l'éternalisme ni dans le nihilisme, puisque les Essences sont à la fois Opérées, donc non inexistantes, et à Barrage, donc
non éternelles. — Termes composés. — Baramongoku ^ifèP^jiSI "le pays des brahmanes" : l'Inde Ttt. 2087 11, 2088 1, 2125 m ; dans ces deux dernières sources, l'Inde est désignée ainsi par opposition aux pays des Ko (Hou) J§ (Asie Centrale). — ~hishi ~jg| ?E "les brahmanes fuyant la mort", titre d'un sûtra T. 131, contant comment quatre brahmanes cherchent à éviter la mort en mettant en œuvre leurs Supersavoirs ; même histoire T. 125 xxm, 211 11, 212 il, 770. — ~jô ~i$c "la ville des brahmanes" : le B. y mendia sa nourriture en vain ; c'est un des neuf tourments qu'il eut à subir en son existence actuelle
Tt. 1509 vin. Cf. *Nô t$- ô ~$l "[Corps de]
Correspondance [sous la forme d'un] brahmane", 16e des 32 formes sous lesquelles se manifeste
Avalokitesvara T. 945 VI. sen ~{|I| "le Voyant
brahmane", nom d'un Trépassé auquel on offre de la nourriture après les repas T. 131 3, Sms. iv. — ~shin ~ f% "Corps de brahmane", 14e des 33 Corps d 'Avalokitesvara T. 262 vu ( = Lotus 264) ; aussi Tt. 1067 qui lui attribue une tête de Moine mendiant, une face rouge, des vêtements blancs de Laïc et le Sistre monastique ; mais cf. l'image cicontre, extraite d'une éd. illustrée de T. 262 vu (chap. sur Kannon) imprimée en Chine en 1433. — ~sô ~-ff§- "moine brahmane", terme désignant certains brahmanes qui pratiquèrent le bouddhisme, p. ex. en Chine Buddhapâlin T. 967 préface, ou au Japon Bodhisena qui reçut en 751 le titre de ~sôjô ~fèïE "brahmane administrateur du Sangha" Gkss. xxn.
BAR AN AD A 2&BM%k, ou haranada sk. Varanâda. Td. taishô ;£§?: "grande voix". Nom d'un Yaksa T. 985 II.
BARANIMITSU ^£|fê^ = sk. parinirmita ; td. take -fÈfb "métamorphosé par d'autres" Gog. m. Elément qui figure dans le nom d'une classe de Dieux ; cf. *Takejizai.
BARASHA 3g$£# = sk. palâsa. Td. shakkaju # fêH| "arbre à fleurs rouges". Nom d'un arbre aux fleurs orange, Butea Frondosa. Gog. xxiv dit qu'avec la sève on fait une teinture rouge. Ib. xxv donne un synonyme kenshukuka Sû^pjfl^sk. kimsuka qui est en effet le même arbre ; il ajoute que les feuilles de cet arbre, étant résistantes, sont employées par les marchands à la confection de sacs. Ttt. 1767 1 cité Keds. 358: Les fleurs sont noires avant l'aube, rouges au soleil, jaunes après le coucher du soleil. Hbg. ix cité ib. donne une td. nichishakka 0 ffcVc "fleurs rouges au soleil". [C'est l'arbre palâs ou dhâk de l'Inde moderne ; cf. l'article Dhawk du Hobson- Jobson par Yule-Burnell.]
BARASHAKYA ^££&fë> ou harashakya £fc§^f
BARASHAKYA
BASERA
(ou ffâ) <f£ = sk. prasâkha [ou °â] ; tib. Mvy. 4071 rkan lag rgus "pieds et mains bougent". Td. shishi jj£;£, shibun 3£5h> shisetsu ^fîp "branches" (=membres). Stage de l'embryon, quand les membres se forment, dans la cinquième semaine ; Gog. xxm, Ttt. 1822 ix, 1829 11.— Cf. *Tai.
BARASHAMARA $&§*§?&§ =sk. Aparacâmara, Varacâmara ; nom d'un des huit continents intermédiaires, dont le précédent est appelé Câmara Tt. 1558 xi (=K. Lav. m, 146). La Mvy. 3052 td. câmara par shôfutsu /)\%fe "petite époussette", tib. rria yab "queue de yak" (utilisée comme époussette ou chasse-mouches ; c'est le sens du sk. câmara), et aparacâmara par betsufutsu jjlji^î "autre époussette", tib. rna yab gzan "autre queue de yak" (sk. apara "autre"). Les cm. du Kosa, Ttt. 1821 xi, 1822 xi, td. shômyôgo H^Jeb^ "yak supérieur", ce qui suppose une leçon varacâmara (sk. vara "précellent"), à laquelle correspond bien la te. de Tt. 1558 xi.
BARASHI ^HH = sk. balâkî ? Nom d'un arbre. Td. hakuro g^ "aigrette" (Egretta Modesta) T. 374 ix et Hbg. cités Keds. 358 ; aussi Ttt. 2128 xxv. Le sk. balâka signifie "grue" et ne paraît pas attesté comme nom d'arbre ; peut-être la te. ch. correspondelle à balâkî (°kin) "ayant des grues" [le troisième caractère $# se lit aussi ki].
BARI 3£|fU T. 374 xiii, Ttt. 2128 xxvi, ou hari $[f!j Hbg. = sk. vâri "eau". — Aussi = sk. Bali, nom d'un Yaksa T. 984 1 ; et nom d'un Asura, cf. *Bachi.
BARIKARA gjtfdfïIHsk. vârsikâhara (?) ; td. jikitô j£;$| "mangeur de jasmin" (cf. *Bashika).
|BARIMANI ^flJJ^JË T. 984 11, ou bacchimatsuni m$J£fâ T. 985 n-sk. Balimani, td. rikishu fiïfc "Gemme de force" ; nom d'un Yaksa.
BARIYA ^Pfff, ou bariya ^^H5, bayu 3gjg = sk. bhâryâ "épouse" ; T. 25 x td. fu #ff, même sens.
BAROKITEI $fmmfê=sk. avalokita, td. Ttt.
1709 m b shokan ^ff| "Inspecté" : le Caractère Réel des B. en tant qu'objet d'Inspection.
BAROKITEISHIBARA mfâ$U&Wifàm=sk.
Avalokitesvara ; te. tronquée du nom sk. de *Kannon.
BARÔNA^» T. 397 lviii, Ttt. 1733 ", Hbg., ^nf^ T. 985 11, baruna fôm% T. 848 1, mm& Ttt. 1796 v = sk. Varuna, le Dieu des Eaux du brahmanisme ; dans le bouddhisme, nom d'un roi-Dragon T. 397 lviii (qui en fait le roi des Dragons-poissons) ; Ttt. 1733 11 td. sui 7jc "eau", T. 848 1 td. ryûô fgï "roi-Dragon" ; aussi nom d'un Dieu dans l'Es., cf.
*Suiten 7jc^ ; nom de ville, T. 982, 984, 985, Hbg. td. ko jg£ (cf. J.As. 1915, I, 96). — Aussi nom d'un vent, comparé à l'Esprit d'Eveil qui peut ébranler tout ce qui est soumis à son influence T. 279 lxxviii et 283 xxxv qui te. barôna 3g|tt#|J ; T. 278 lix (version parallèle), te. birôna j§,U#P > Ie texte sk. correspondant (Gandavyûha) donne varunapâna ; cm. Ttt. 1735 lx td. jimmyôfû jjyÊJH, "vent rapide et violent", qui td. ordinairement le sk. vairambha (cf. *Biramba); d'après Eog. II, il s'agirait d'un vent solide et dru qui soutient le Cercle du vent cosmique.
BASANBAENTEI Wffl'l&fâB T. 279 lxviii, ou bashabada 3g|§Ê^P£ T. 278 lxi, te. "complète" basantabaentei -Q^1^.& '$£$(}§£, Eog. n = sk. vasantavayantî (?). Divinité de la nuit résidant à Kapilavastu, un des personnages auxquels Sudhana rend visite d'après le Gandavyûha = T. 278 lxi, 279 lxviii, 293 xvii ; cette dernière version rend son nom par shunwa ^^P "printemps + union, harmonie" (sk. vasanta "printemps" + vayantî participe présent de va "tisser" ?). Ellle réside dans les airs au-dessus de la ville, assise sur un lotus dans un palais précieux ; sur son corps brillent les astérismes ; elle porte une torsade pareille à celle de Brahmâ. Elle convertit les Etres en les sauvant des dangers qui les assaillent, sur terre et sur mer, dans les ténèbres de la nuit, lorsque rôdent les esprits et les voleurs. — Eog. il analyse son nom ainsi : vasanta "printemps" + vayantî "présidant" : elle préside à la protection des Etres et des moissons au printemps ; on l'appelle aussi barabasatsuna '^^j£$£ffl> td. eshimui $c]L\ ffî?< "appui sans crainte", parce qu'elle est l'appui (sk. vasana) des Etres et les délivre de toute crainte ; son autre nom vasanta "printemps" peut aussi s'interpréter métaphoriquement au sens de "faire croître le bien chez les Etres". — Ces deux dernières explications sont tirées de Ttt. 1733 xix, qui corrige en barabasatsuna WkW^kWM la te. bashabada ^^ ^Pg de T. 278 lxi. — Un ouvrage ch. du IXe siècle, le Yûyôzasso (Yeou yang tsa tsou) MIBHÊ^E de Dan Jôshiki (Touan Tch'eng-che) JBtJjîfc:^, rapporte qu'en prononçant le nom de Vasantavayantî (te. de T. 279 lxviii) on peut éviter le somnambulisme et les mauvais rêves.
BASATTARA ^HtM Bzm., ou basan ^# Ttt. 1828 vi b = sk. vastra ; td. e ^5c "vêtement".
BASEI 3gj£$Ç, nom d'un oiseau figurant dans le Cercle de Yama (cf. *Emma) ; il ressemble à un petit milan ; il est de couleur jaune, son bec est jaune ; il connaît des procédés pour se cacher Ttt. 1796 xvi. — Sans doute sk. bhâsa, nom d'un oiseau de proie.
BASERA ^J(tgi&=sk. Vasila ; T. 278 L, Eog. 11
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