‹ HbgirinChapitre 26 sur 65 · BEN · texte numérisé non relu

BEN

BENZAITEN

façon à la fois serrée (exacte, sk. yukta Mvy. 874) et déliée (aisée, mukta Mvy. 875), ou encore Tt. 1558 xxvn comme le déroulement coulant et non entravé du discours, ou Tt. 1559 xx comme des paroles victorieuses de démonstration et de réfutation ; elle a pour Domaines la voix et le Chemin ; elle comporte neuf Connaissances ; elle est de toutes les Terres. — Ttt. 1851 xi distingue cinq conditions requises de l'Eloquence : (1) Elle doit tenir compte de la différence des Sens, (2) de la différence des doctrines, (3) de la différence des noms qui désignent les Essences, (4) de la différence des langues ou dialectes, (5) elle doit user de sons pleins et illimités comme ceux de la Conque. — Six qualités de l'Eloquence des Bs. qui pratiquent la perfection de Sapience Tt. 1509 lv : (1) elle est rapide, shôshitsuben $1$;^ ; (2) inépuisable, mujimben ffè^z^ ; (3) on ne peut l'interrompre, fukadamben ^PJÊff^ ; (4) elle est appropriée (aux auditeurs), zuiôben fêtiH^ ; (5) riche de Sens, giben f|$|f ; (6) suprême au monde (en tant qu'elle Sert à enseigner le G.V.), sekensaijôben tft53^h^- ■Sept qualités T. 220 lxxxiv, liste analogue à la précédente : (1) sans restriction ; (2) inépuisable; (3) appropriée ; (4) rapide ; (5) infaillible ; (6) riche de Sens ; (7) suprême au monde. Ttt. 1735 xvn [sur T. 279 xvi] donne une liste un peu différente, en ajoutant des explications : (1) prompte (à la réplique) ; (2) rapide (comme une cascade, tant l'intelligence des arguments est parfaite chez l'orateur) ; (3) appropriée (à toutes les circonstances); (4) infaillible ; (5) ininterrompue ; (6) riche de Sens ; (7) suprême au monde. Cf. aussi Dmsh. xxix. — Huit qualités T. 220 dlxvii : (1) pas enrouée, fushikatsuben ^^B^^l [sur le sens de shikatsu, cf. Ttt. 2128 vm] ; (2) pas confuse, fumeiramben ^nj2ËHL^ \ (3) sans crainte, fufuiben ^ffî^^ ; (4) sans orgueil, fukyômamben ^fâ^kftfty : (5) pleine de Sens, gigusokuben fUJIf 5è.Tr& î (6) savoureuse, migusokuben $frMtfè.Wt '■>

(7) sans maladresse ni aspérité, fusetsujûben sfsffl, ^ ; (8) appropriée aux (trois) saisons (chaude,

pluvieuse, froide) et aux (trois) parties (du discours, début, milieu, fin), ôjibunben }&$%&%$. — Neuf qualités T. 220 dlxvii : (1) sans attachement ; (2) inépuisable ; (3) continue ; (4) ininterrompue ; (5) sans lâcheté ; (6) sans crainte ; (7) pas commune ;

(8) sans limite [sk. anantapratibhâna, une des vertus des Tg., Mvy. 389 ; aussi nom d'une Extase, ib. 585] ; (9) adorée des dieux et des hommes. Cf. aussi Tt. 1552 I. — Cf. *Benshaku, *Benzaiten.

BENJISHINGON |Jf^EW "Formule pour régler une affaire", terme désignant dans l'Es, les Formules qui accompagnent certains actes rituels : Onction, offrandes, etc. Ttt. 1796 vin.

BENSHAKU fâ% h harateibanakuta

'Amas d'Eloquence", te. Tt.

llJS»{PE=sk. pratibhâ-

Fig. 32. Benshaku.

nakûta; tib. spobs pa brtegs pa. — Epithète des Bs.

Mvy. 703 (qui td.

benzaishû ffi^M)- Plus particulièrement, nom d'un Bs.

qui figure parmi les 16 vénérables de la Bonne Période actuelle dans le Cercle du Plan de Diamant Tt. 88i,Hmjr. 967; son nom es. est Gyôbenkongô Vjffi ifcUlj "Diamant d'Eloquence", son Germe est : vi, sa Forme de Convention est un nuage de cinq couleurs ; dans sa main droite il tient un nuage sur un lotus, sa main gauche fermée est posée sur sa hanche. — Aussi nom d'un maître de la Loi qui devint plus tard le B. Aksobhya T. 831 ; cf. *Ashuku.

BENZAITEN fâjr%, ou Benten ffîX (pour ^ on trouve souvent £|)f qui est incorrect) "la Déesse de l'Eloquence" (cf. *Ben) ; te. Ttt. 1796 v, x : sarasabateiei gif| (ou W HKfcJSA, Ttt. 1788 v a : sarashicchibatei fÉl£fê^il® = sk- Sarasvatî — Déesse d'origine védique, personnification de la rivière Sarasvatî "riche en étangs" ; le murmure de l'eau étant comparé à celui de la parole, elle préside à l'éloquence et à l'érudition. Dans le bouddhisme elle est généralement considérée comme la déesse de l'éloquence et de l'intelligence, et reçoit les noms suivants : Benzaiten ^|^"^, Benzaitennyo ^^T XiC T. 853 m, 1091 xv, T. 1153 1, Daibenten j$kx T- 664 VI> Daibentenjin ^C^X# T. 663 11, Daibenzaitennyoshin ^C^^^^C# T. 665 vu, "déesse de l'Eloquence". Toutefois certains textes es. lui attribuent le sexe masculin et la désignent sous d'autres noms : Bionten Hît-^ T. 848 11, Ttt. 1796 x, Myôonten IfàtJK Ttt. 1796 xvn "divinité des beaux sons", ou Myôongakuten #j;f|- $&% Ttt. 1796 v "divinité de la musique". Ttt. 1796 v lui donne une concubine (hi $£), et ib. xvn dit que Daiben ~X^$ est le nom de son impératrice (gô Jp), Myôon $$9 désignant sa forme masculine, ainsi nommée parce qu'elle produit des sons supérieurs à cent milliers de sons brahmiques. — Ib. x compare cette divinité aux Gandharva, les musiciens célestes : elle en diffère un peu, car ce qu'elle révèle ce n'est pas la musique, mais les beautés de la psalmodie (ei jgjO céleste ; elle a pour Substantiel la première syllabe de son nom, sa, qui a le Sens de solidité (sk. sâra) ; s'il y a solidité, il y a production, durée, modification et disparition [les quatre Caractères de l'Opéré, K. Lav. il, 223, cf. *Ui ^"1^] ; mais dans la lettre a il n'y a pas de solidité, et par conséquent

BENZAITEN

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pas de création ni de destruction ; or toutes les lettres peuvent s'expliquer par la lettre a [puisque toutes s'y ramènent, cf. *A ; par conséquent la syllabe sa a à la fois le Sens de solidité et celui de non-solidité]. Par ses beaux sons, cette divinité réjouit les Etres ; par ses expressions délicates et souples, elle leur procure du plaisir : ses paroles n'étant pas "solides", elle leur fait comprendre l' Impermanence ; et en même temps elle leur fait attester l'Essence "solide" de Tg. — Le Suvarnaprabhâsottamarâjasûtra T. 663 II, 664 vi, 665 vu, consacre tout un chapitre à Benzaiten ; nous résumons ce chapitre d'après la td. de Gijô, T. 665 vu, qui suit de près le texte sic. ; T. 663 11 et 664 vi sont moins développés. — La déesse s'adresse au B. en ces termes: Si un maître de la Loi récite ce sûtra, j'augmenterai son intelligence et l'éloquence de ses paroles bien ornées. S'il en oublie la lettre ou le sens, je les lui rappellerai et les lui ferai bien comprendre, et il n'aura pas de difficulté à mémoriser les Formules . . . Et je ferai obtenir à tous les Etres innombrables qui entendront ce sûtra une Inconcevable Eloquence, prompte et aiguë, une intelligence inépuisable, la compréhension de tous les sâstra et des arts, la sortie des Transmigrations et la réalisation rapide de l'Eveil correct-complet-sans-supérieur; et je leur assurerai longue vie en leur existence présente et un corps sans défaut . . . [Ici s'arrête le texte de T. 663 11.] Benzaiten enseigne ensuite comment, en se baignant selon certains rites dans une lotion de trente-deux sortes de médicaments et en prononçant certaines Formules, on peut se guérir des maladies, vaincre ses ennemis, échapper aux démons, aux envoûtements, aux malchances, aux influences astrales néfastes, prolonger sa vie, se délivrer de la misère et devenir riche, etc. Puis elle ajoute : Si des moines ou des nonnes, des laïcs ou des laïques, reçoivent, récitent, écrivent, répandent ce sûtra, je leur rendrai visite avec mes assistants, leur ferai des concerts de musique céleste et les protégerai de tout mal ; ils atteindront bien vite l'Eveil Sans-Régression. Le B. félicite alors la déesse, et le brahmane Kyôchinnyo ImR^P (sk. Kaundinya) lui adresse un éloge en vers : O Sarasvatî, intelligente et énergique, reçois toutes les offrandes des hommes et des dieux ! Ta gloire emplit le monde ; tu peux exaucer les vœux de tous les Etres. Tu résides sur le sommet des hautes montagnes, dans une hutte de roseaux ; tes vêtements sont des herbes nouées ; et tu te tiens dans l'attitude de l'attente, un pied levé. Auprès de toi viennent s'assembler les dieux ; ils entonnent tes louanges et te supplient, ô sage Sarasvatî ! de faire à tous les Etres don de paroles merveilleuses. — Pour répondre à ce vœu, la déesse prononce une longue Formule suivie de stances : ceux qui réciteront cette Formule et adoreront les B. et les dieux sont assurés d'obtenir Eloquence, richesse, pouvoirs ma-

giques, intelligence, gloire, Libération. . . Kaundinys prononce alors un nouvel éloge en vers, "conform* aux enseignements des anciens Voyants" [cet élogt est extrait du Harivarhsa] : Benzaiten y est identifié* à la déesse Nârayanî, épouse de Visnu ; elle y reçoii les épithètes de faste, sereine, intelligente, modeste glorieuse, maternelle, brave, pratiquant la Bonnevolonté, victorieuse dans les combats, charitable patiente. Elle peut se manifester comme la sœur dt

[Je: ^ M ï& & ^)1

Fig. 33. Benten (amulette du temple d'Inobazu).

Yama, vêtue de soie bleue, aux yeux effrayants : tantôt elle hante les précipices, tantôt les grottes, le bord des rivières ou les grandes forêts ; les hommes' de la brousse l'adorent ; elle porte une bannière faite de plumes de paon ; les bêtes sauvages et domestiques; lui font escorte ; elle agite un grelot dont le son se! fait entendre dans les monts Vindhya ; ou bien elle tient une lance à trois pointes, ou, à droite et à gauche, des Enseignes solaire et lunaire ; on lui fait offrande le 9e et le 11e jour de la lune noire. Elle se montre aussi sous la forme de Vâsudeva, compatissante au

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