PLANCHE VIII
BENZAITEN (SARASVATI).
Peinture du VIIIe siècle (date d'après S. Ôraura, Zu/.ôshûko, VI). Châsse de Kichijôten, conservée à l'Ecole des Beaux-Arts, Tokyo.
BENZAITEN
BENZENNA
milieu des batailles ; ou sous celle de Gopinandâ, toujours victorieuse dans les combats avec les dieux . . . Elle est le salut de ceux qui ont peur à la guerre, qui vont tomber dans des fosses enflammées, qui passent des gués dangereux ou sont attaqués par des brigands . . . Enfin Kaundinya récite une Formule (td. en ch.) à la gloire de la déesse : c'est là qu'est décrit le type à huit bras qui a passé dans l'iconographie jap., avec ses attributs : l'arc, la flèche, le sabre, la lance, la hache, le Diamant, la Roue de fer et le lacet. — Plus loin T. 665 x met encore dans la bouche de Sarasvatî un éloge en vers du B., qui manque au texte sk. — Dans l'Es, jap., Benzaiten figure à l'ouest de la Cour de Diamant extérieure du Plan de Matrice, entre Nârayanî et Kumâra. Son Sceau est dit Hinain H^ÉP "Sceau de la vînâ" (luth hindou) : la main gauche est étendue près du nombril, la paume en l'air, comme pour tenir le luth ; le pouce et l'index de la droite se touchent comme pour pincer la corde, les trois autres doigts sont relevés 'Tt. 851 11, 853 m, Ttt. 1796 xiv. Sa Forme de Convention est le luth. Son Germe est : sa (sup. Ttt. 1796 x). Sa Formule est : Om Sarasvatî svâhâ (Hmjr. 965), ou bien : Namo samantabuddhânârh Sarasvatî svâhâ (Tt. 853 m). — Dans le culte populaire au Japon, Benzaiten est généralement considérée comme la déesse de la richesse ; c'est à ce titre qu'elle figure parmi les sept divinités du bonheur (shichifukujin "tipw'T'lO» est invoquée par les spéculateurs, etc. Son nom est alors écrit ||lf|t^ (souvent abr. en Benten $$JO- La ressemblance des mots zai zp "talent" et zai jj/j* "richesse" explique comment on a pu attribuer à Sarasvatî ce rôle de patronne de la fortune qui appartient en réalité à Srî ou Laksmî (*Kichijcten pî^X) » ^a confusion était d'autant plus facile que ces deux divinités figurent souvent côte à côte, tant dans la mythologie hindoue que dans les textes et l'iconographie bouddhiques. Ainsi dans le Suvarnaprabhâsottamarâjasûtra, le chapitre consacré à Sarasvatî est immédiatement suivi d'un chapitre consacré à Sri ; au Tôdaiji MX^f de Nara sont conservées de belles statues en bois des deux déesses, formant paire; et la peinture reproduite pi. vin décore une "châsse de Srî" Kichijôtenzushi i^ffiJi 1HP. Du reste, plusieurs passages du Suv° prabh° sûtra, cités ci-dessus, comptent la richesse parmi les biens que Sarasvatî peut procurer à ses fidèles. — Le rôle de Benzaiten comme déesse de la richesse n'a pas entièrement effacé au Japon ses autres attributions : on invoque son image à deux bras pour acquérir l'intelligence, et son image à huit bras pour obtenir la victoire à la guerre Asbs. clv. D'autre part, ses sanctuaires s'élèvent souvent dans des étangs, des lacs, ou au bord de la mer sur des îlots, sites qui rappellent ses origines : ainsi à Tôkyô son temple le plus célèbre est situé sur un îlot au milieu de l'étang Shinobazu ^Sfife. à Ueno Jiigf ; et parmi
les cinq grands sanctuaires de Benten énumérés
Hmjr. 967, quatre se trouvent placés sur des îlots,
soit dans le lac
Biwa à Chikubu-
shima jfr & g,
soit au bord de la
mer à Enoshima
&/ H [cf. Bzze.
ni, 7 b], à Miya-
jima "g"!! et au
Kinkazani£|j£-|Ij.
— Il circule au Japon un certain nombre de sûtra apocryphes où Benzaiten est désignée sous le >V nom mystérieux / U deUga^jelleV y est décrite comme une déesse Fig- 34- Benzaiten (Plan de Matrice).
portant dans sa coiffure un serpent blanc à face de vieillard, avec huit mains qui tiennent respectivement, à gauche la Gemme, la lance, la Roue et l'arc, à doite l'épée, une arme pointue, la clé et la flèche ; elle est accompagnée de quinze (ou seize) Garçons (figurés Bzze. m) ; cf. Bdjt. 100, 1164. — Iconographie. — On distingue dans l'iconographie jap. deux types de Benzaiten, l'un à deux mains, l'autre à huit mains ; les attributs varient. (1) Types à deux mains: (a) type es. figurant dans le Plan de Matrice : la main gauche soutient un luth, la main droite en joue ; (b) type populaire : la main gauche tient une Gemme, la droite une épée Bzze 111 ; cf. la statue du XIIIe siècle appartenant à la série des vingt-huit assistants de Kannon à mille mains, conservée au Myôhôin'^;^^ de Kyoto : la main gauche tient une Gemme Bbkw. 603. (2) Types à huit mains : (a) peinture de la châsse de Kichijôten reproduite pi. IV : les attributs sont conformes au texte de T. 665 vu : à gauche le lacet (devant la poitrine), l'arc, le Diamant, la lance à trois pointes ; à droite la Roue de fer (devant la cuisse), la flèche, le sabre, là hache ; l'image est entourée de quatre personnages, non identifiés sauf Hârîtî à gauche en bas ; (b) autres attributs, texte Jksh. x, images Asbs. vi : à gauche la lance, le Diamant à trois pointes, l'arc, la Roue, à droite la lance, le croc, la flèche, le lacet ; (c) autres attributs, le type à huit mains le plus populaire Bzze. m : à gauche la Gemme, la lance à trois pointes, la Roue, l'arc, à droite l'épée, la clé, le bâton, la flèche.
BENZENNA œ$J Ttt. 1821 v, Ssk. vi a, fëîfjtf Ttt. 1830 iv, ou henzenna JH§§^Î Gog. xxiv, benshana 'fËJTrfJHJ Ttt. 1822 v, Ssk. vi b = sk. p. vyanjana ; tib. chig 'bru, etc. — Sens principal : lettre, td. mon
BENZENNA
BETSUGEDATSU
3t Tt. 1558 v ( = K. Lav. 11, 238 sq.) : Par "lettre" (mon ~£, sk. vyanjana), il faut entendre une lettre prononcée (ji ^, sk. aksara,), comme a,â,i,î, etc. Mais, demande-t-on, le mot ji (aksara) n'a-t-il pas aussi le sens de lettre écrite ? On répondra : Les lettres prononcées n'ont pas été faites pour rendre manifestes les lettres écrites ; ce sont les lettres écrites qui ont été faites pour faire connaître les lettres prononcées... On appelle mot (myô %, sk. nâma) ce qui produit une Connotation, p. ex. les mots couleur, son, odeur, etc. ; on appelle phrase (ku -fej, sk. pada) un discours comportant le développement nécessaire pour que le sens soit complet, ou encore ce qui fait comprendre les diverses relations d'activité, de qualité, de temps, qui concernent un certain objet : p. ex. la stance : Impermanents sont les Opérés, etc., ou la proposition : le Nirvana est tranquille, etc. ; on appelle lettre (mon, sk. vyanjana) une lettre prononcée, p. ex. ka, kha, ga, etc. — Cm. Ttt. 1821 v énumère les sens suivants du sk. vyanjana : éventail (vyanjana pour vyajana), condiments, lettre ; tous ces sens peuvent se ramener à celui de "rendre manifeste, faire connaître" (sk. vi-anj°) : l'éventail rend manifeste le vent, les condiments rendent manifeste la saveur des aliments, les lettres font connaître des mots, des phrases, des sens ; c'est pourquoi les anciens traducteurs rendaient vyanjana par mi lïfc "saveur". — Id. Ttt. 1822 v, qui compare la voix à la soie d'un brocart, les lettres aux lignes brodées, les mots aux dragons, phénix, etc., que dessinent ces lignes, et la phrase au groupe décoratif que forment les dragons, phénix, etc. — Explications analogues Ttt. 1830 11 b, qui ajoute les sens de "marque mineure" (sk. anuvyanjana, les 80 marques mineures des Grands Mâles, cf. *Sô ^9) et d'"organe sexuel" ("marque" du sexe ; cf. sk. lihga "signe" et "organe viril"). — Ce dernier sens aussi Ssk. VI a : de même que la lettre rend manifestes des mots et des phrases, ainsi l'organe sexuel rend manifeste sa Rétribution. — Mon 3C, sk. vyanjana, désigne souvent la lettre par opposition au Sens, gi i§, sk. artha ; Mvy. 1546. Autres sens cités Mvy. : consonne 2013 ; mets (légumes) 5704 ; marque corporelle 292 ; organe sexuel 8297 (sambhinnavyanjana "châtré"), 9514 (id. "impuissant"), 8775 (ubhaya -vyanjana "hermaphrodite"), et 8931.
BESSHINRON %\]%tm, terme désignant les sâstra qui portent sur un sûtra déterminé (p. ex. Tt. 1509, 1522, etc.), par opposition à ceux qui traitent d'un ensemble de sûtra en général (tsûshinron y§^ fre, p. ex. Tt. 1594, 1585, 1564 pour les sûtra du G.V., Tt. 1646 pour les sûtra du P.V.) ; Ttt. 1929 vi.
BESSHÔ jjljgjf , invitation particulière. Ttt. 1804 m c : La Discipline des Dharmagupta distingue deux sortes d'invitations adressées aux moines : les invita-
tions faites en passant par la filière de la Communauté (sôjishô fè^ffâ, c.-à-d. adressées au chef de la Communauté, qui délègue un moine auprès du donateur) et les invitations particulières (besshô, adressées directement à un moine) ; cette Discipline autorise les moines à accepter des invitations particulières, mais beaucoup d'autres textes le leur interdisent : ainsi le Brahmâjâlasûtra (T. 1484, vingt-septième Défense légère) déclare que les fils du B. ne doivent jamais accepter des invitations particulières ni des offrandes pour eux-mêmes, car ces offrandes reviennent à la Communauté des dix directions, et les accepter en particulier c'est voler la Communauté ; le Ninnôkyô £3E|? (T. 246 11 ad fin.) condamne les mauvais moines qui acceptent de telles invitations ; d'après la Discipline des Sarvâstivâdin, Zenshô ^§*Ë (sk- Sujâta), en invitant séparément le B. et les cinq cents Arhat, ne s'est pas acquis le Terrain de Mérite qui est le fruit d'une invitation adressée à la Communauté, alors qu'en invitant au nom de la Communauté un seul moine, fût-il hypocrite et mauvais, il eût obtenu d'innombrables Rétributions ; la Discipline des Mahîsâsaka ne permet d'accepter des invitations particulières que de la part de personnes sorties de la maison et Libérées ; le Gohyakumon SB" PI (T. 1483) stipule que si l'on reçoit une invitation particulière on peut envoyer quelqu'un à sa place pour prendre la nourriture, à moins que le donateur ne s'en offusque ; etc.
BESSHÛ %\]%fc, se séparer de l'assemblée : péché des moines qui s'abstiennent d'assister aux cérémonies de leur Paroisse ; il est classé parmi les Méfaits Ttt. 1804 1 a.
BESSOMMANDARA ft]&^£ffli, °" betsudammandara ElJtSU^ii- Cercle dont le personnage central est un autre que Vairocana. — Cf. *Mandara.
BETANA %\]fâffi = sk. vestana ? Td. i g "entourer" Ttt. 21 31 iv, qui donne comme synonyme le terme beisonuten tik^-ffiX "Dieu Vestana" (?). Mais la te. beisonu P^2p$X désigne dans T. 145 1 xxxix une des villes qui reçurent une partie des reliques du B. Sâkyamuni après la crémation de son corps (p. Vethadîpaka ?).
BETSUDEN glj-ff, "transmission spéciale" de la doctrine "d'Esprit à Esprit", en dehors de tout enseignement écrit ou oral, dans la secte Zen ; Ttt. 2059 VI.
BETSUGEDATSU #Jg?Jfè "Libération séparée", sk. prâtimoksa, p. pâtimokkha ; tib. so sor thar pa "Libération un à un". — Pénitentiel ; une des trois sortes de Défenses (cf. *Kai $).— Tt. 1558 xiv ( = K. Lav. IV, 48) Le Prâtimoksa est ainsi nommé
BETSUGEDATSU
BICHÛ
parce qu'il assure l'abandon (moksa, Libération) de toutes les espèces de péché séparément (prati, une à une). — Même interprétation Ttt. 1804 il a, 1861 m : Ce sont les Défenses qui libèrent de chacune des sept espèces de péché séparément (trois péchés corporels, quatre péchés de langage). — Mais ailleurs gedatsu (sk. moksa) est interprété au sens de Libération des Transmigrations, but visé par ceux qui observent le Pénitentiel T. 308, Tt. 1606 VIII, Ttt. 1851 1 ; et pour betsu (sk. prâti, prati) on trouve diverses explications : les Défenses du Pénitentiel sont "différentes" des Défenses d'Extase et des Défenses sans-Ecoulement Ttt. 1733 III, ou "différentes" de celles des hérétiques, etc. — Cf. *Haraidaimokusha.
BIBACCHI f$. (ou M) £i£fe = sk. vivarti (?), vaivartika, "à-Régression" Tt 1509 iv, etc. ; td. *tai i||. — Cf. *Abibacchi, *Futai.
BIBAKA M^M Tt. 1509 xii ( = K. Lav. m, 190), Mvy. 7722, 8010, ou yuihagô ^^"p Mvy. 7848, yuihawa l^lK^fl ib. 79Ôo = sk. vivâha ; tib. khyad phyin. Nom de nombre ; cf. *Sû.
BIBASHA jg (ou f$, A) ^ (ou Jg) #?, abr. basha 5g$; = sk. vibhâsâ; td. Ttt. 1821 1 kôsetsu J^gg; "explication développée", shôsetsu B$ff& "explication supérieure", isetsu |^fft "explications divergentes"; Gog. xxix kôge j$(j$^ "explication développée", shujusetsu ff^ttfô "toutes sortes d'explications", bumbunsetsu #5Mfe "explication par parties". Titre donné à certains grands commentaires de l'Abhidharma ou du Vinaya, notamment à ceux qui furent composés lors du Concile de Kaniska Ttt. 2087 ni ; et plus spécialement à Tt. 1545, dont les auteurs (ou leurs adeptes) sont cités comme les "maîtres de Vibhâsâ" bibashashi M^'?^Sfi (sk. Vaibhâsika).
BIBASHANA MH&$5 Ttt. 1767 xii, ou Jbihashana jgj&fjfjfl Ttt. 1844 il, 2128 xvm, Eog. I, abr. Jbiha j|i§£ = sk. vipasyanâ "Inspection". Td. *kan H|, q.v. ; aussi ken ^, Ttt. 1767 xn, shujukansatsu WfêMfê Eog. i.—Bibahibashana &Wk'fèM&M = sk. vipasyanâvipasyanâ, Inspection répétée de la Douleur, du Vide, de l'absence de Soi Tt. 1462 x.
BIBASHI ^^f , ou Tt. 1509 ix bibashi f$3gf» , T. 982 m, Ttt. 2128 xvm Jbipashi #§fcf\ Bjk. 11 bibasha Jg3$>J>\ T. 4 et Bjk. 11 yuie #|§f = sk. Vipasyin, p. Vipassin ; tib. rnam par gzigs "vue complète". Td. shujuken H^f^L "toutes sortes de vues" Tt. 1509 ix, shôkan §^fg "vue suprême" Ttt. 2128 xvm, jôkan ££fg "vue pure" Eog. 1. — Le premier des sept B. du passé. — T. 1 1 : Il apparut dans la 91e des Périodes passées ; il appartenait à
la caste des Ksatriya, au clan Kaundinya ; le roi son père avait nom Bandhumant, et sa mère Bandhumatî, qui était aussi le nom de sa ville de naissance ; à son époque la durée de la vie humaine était de 80.000 (ou 84.000) ans ; il avait un fils appelé Hôyô #Jg (T. 3 : Kenda 'X$t ; T. 4 : Suwattakenda ^B^UPt;), deux disciples, Khanda et Tisya, et un disciple intendant nommé Asoka ; son arbre d'Eveil fut la patalî (cf. *Bodai) ; il prêcha la Loi à trois assemblées, la première de 168.000 disciples, la deuxième de 100.000, la troisième de 80.000. — Un sûtra td. vers l'an 1000, T. 3, est spécialement consacré à Vipasyin ; on y trouve sa biographie imitée de la légende traditionnelle du B. Sâkyamuni : promenades de Vipasyin prince héritier, quatre rencontres, sortie de la maison, première prédication au Mrgadâva où Vipasyin convertit son fils Kenda %$k et son ministre Taisoro $j?$fcBf§ puis à leur suite 80.000 habitants de Bandhumatî, dont 62.000 sont envoyés dans les villes du pays pour répandre la Loi ; à leur retour à Bandhumatî, six ans plus tard, Vipasyin leur enseigne le Pénitentiel ; les Dieux viennent l'écouter, et c'est des Dieux qu'ultérieurement le B. Sâkyamuni, étant entré en Concentration et s 'étant rendu à la ville de Sudarsana, apprend tout ce qui concerne son prédécesseur Vipasyin. — Cf. aussi T. 643 x, 982 m, Tt. 1509 ix, et les autres sources citées s.v. *Butsu ; et voir *Butsuzô ad fin.
BIBATSUI Jg$^C = P- vivatta (sk. vivarta) Tt. 1462 v ( = Samantapâsâdikâ) ; td. kôjô îjjfà "création d'une Période". — Bibattai JË,fôp£H=P- vivattatthâyin (sk. viv° sthâyin) ib. ; td. shidainishô ^fc% [fOëa "production graduelle" (d'une Période) ib.
BIBU M^ = sk- vibhu, td. henshu ^j3: "maître universel" ; une des 80 appellations du B. — La te. est donnée Ttt. 1796 xvn qui td. hôô ££3E "roi de la Loi".— Cf. *Butsu.
BIBUTSURYAKU £#§. T. 374 XL, 375 xiv, Ttt. 185 1 1, 2128 xxvi, Ssk. m a, etc.,ouf$0Mg. Tt. 1509 xxxni, hibutsuryaku ^^§ = sk. vaipulya ; td. *hôkô -ftfâ "développé", q.v.
BICHÛ gfâ, ou SêM T. 950 ; ou ichû $tfc Ttt. 1824 1 b, $$£ Tt. 1569 1, %&& Ttt. 2128 xxvi ; bisô J&£8 Ttt. 1228 lxxi ; biru j^^g ib. xxxv ; bishichû $m$k Ttt. 1796 xvn, gfëft ib. v ; bisôchû SÊM jg| Gog. xxiv, ~ JS~ Ttt. 2049 ; bishinu $Mfâ T. 1092 iv, ~§£ ib. xvn, ~#£ Tt. 1562 xiii, ~|£ Ttt. 1602 xvi, %M$Î Ttt. 2128 xxxv ; bichûnu gftfS Tt. 1579 Lix = sk. Visnu ; Mvy. 2130 tib. khyab 'jjug "pénétration universelle", ch. hennyû ^À, ' même sens (confusion avec la racine vis "entrer" ?). Autres td. hendô )^\p] "identité universelle", henshô
BICHÛ
j|§[$F "suprématie universelle" Tt. 1569 I, Ttt. 2128 xxvi ; hemmon j@^ "ouïe universelle" (var. hemmon ;j@fi!§) Tt. 1509 II. Certains textes assignent à ce nom le Sens de "Duperie" genwaku £J31& (sans doute parce qu'il "crée", sk. vis, des fantasmagories pour duper les Etres) Tt. 1562 XIII, Ttt. 1828 xvn a, 2128 xlviii. — Nom d'un des principaux Dieux du panthéon hindou, le second de la trinité (Trimûrti) ; il a pour fonction de maintenir le monde. Dans le bouddhisme, il est mieux connu sous le nom de Nârâyana (*Naraen), qui lui est donné par exemple Ttt. 1796 v et x, Ttt. 2128 xxxv ; on l'identifie d'autre part à Vâsudeva (*Baso) Gog. xxm, ou même à îsvara (Siva) Ttt. 1796 xvii. — D'après Ttt. 2049 c'est un frère d'Indra; celui-ci le fait naître au Jambudvîpa, comme fils du roi Vâsudeva, pour combattre l'Asura Indradamana. Visnu séduit la sœur de l'Asura, l'épouse, puis se bat avec l'Asura, qu'il tue grâce à une ruse de sa femme ; c'est l'origine du nom de Purusapura ("la ville du Mâle", Peshawar). — Ttt. 1824 1 b fait de Visnu le père de Brahmâ, et rapporte comment, au début des Périodes, Brahmâ apparaît sur un lotus sorti du nombril de Visnu, lequel est né lui-même des grandes eaux sous la forme d'un homme à mille têtes, deux mille mains et deux mille pieds. C'est le mythe classique tiré de Tt. 1509 vin (cf. *Bon). — Dans la théorie qui identifie la Trimûrti aux trois Corps de B., Visnu tient lieu du Corps de Correspondance Ttt. 1824 1 b (cf. *Bon). La Trimûrti est également mentionnée Tt. 1579 lvi, où sont réfutés ceux qui vénèrent Rudra ( = Siva), Visnu, et Lokapati ( = Brahmâ). Ib. lix condamne ceux qui désirent naître au monde de Visnu ; sur ce monde, cf. aussi Ttt. 1828 xvn a. D'après Ttt. 1824 I b, Visnu réside au faîte du Plan du Désir. — Tt. 1509 x : Visnu s'enorgueillit comme Brahmâ, et dit : Je suis le créateur du ciel, de la terre et des hommes .. .S'il y a dans ce monde des hommes riches, nobles et célèbres, c'est qu'ils ont une parcelle de la puissance de mon Corps. Je puis créer le monde, et je puis le détruire ; création et destruction sont mon œuvre. C'est ainsi qu'il nie le Caractère de Donnée-causale des Essences. Ib. 11 : Avec Mahesvara et Kumâra, Visnu est un grand général des Dieux ; ses adeptes lui attribuent l'Omniscience, mais celle-ci est incompatible avec la colère et l'orgueil qui le caractérisent. Ttt. 1824 1 b : A cause de sa grande puissance, il prétend que tous les Etres naissent de lui. Tt. 1602 xiv : Certains Puérils mondains font de la Nature-propre éternelle d'îsvara ou de Visnu une Cause première. — Iconographie. — Tt. 1509 il : Visnu a quatre bras ; il tient un coquillage et une Roue ; il monte l'oiseau aux ailes d'or (Garuda). Ttt. 2128 xxxv : C'est le Dieu qui tient > une Roue. Ttt. 1824 1 b : Il tient une Roue et une lance. Gog. xxiv : Il monte le Garuda ; lorsqu'il se meut, il est précédé d'une Roue ; rien ne lui résiste.
68 BIDARA
— Dans l'Es., il figure dans le Cercle du Plan de Matrice, à côté de Sarasvatî, d'après T. 848 il ; mais le cm. Ttt. 1796 v le remplace par Nârâyana. Dans les représentations "actuelles" (genzu ï|^V]) de ce Cercle au Japon figure seul Nârâyana ; toutefois l'exemplaire de Kojima -f|§ représente Visnu séparément à côté de Nârâyana Mnkk. 509. Sa conjointe Vaisnavî (Bichûnyoten it?,$ïHc30 figure parmi les assistants de Brahmâ Hmjr. 899. — Ttt. 1796 x fait de Visnu-Nârâyana un "Corps de métamorphose du B.", et lui assigne pour Germe la première syllabe de son nom : vi, et pour Formule son nom : Visnu. — T. 1092 iv donne une longue Formule de Visnu qu'il est difficile de restituer en sk. correct : On ibôgi bishinura hazumanabi sarasamantabunai sobaka 1$, jfôgiR, WÉM%, fâfâJàffl II, %mWÈffl#m, WWM [sk. Om amoghe (?) visnura (?) padmanabhi. . .svâhâ]. Ib. son Sceau consiste à entrecroiser les doigts des deux mains, légèrement recourbés. — Cf. *Naraen.
BIDARA JgflfcH. ou meitara jif0g= Ttt- 2128 xxxv, bidaroba W£$8H T- 1464 I=sk. p. vetâla ; tib. ro lans "faisant lever les cadavres" Mvy. 4376. Td. kishiki fèM.% "démon qui fait lever les cadavres" Ttt. 2125 xxv, Mvy. 4376. T. 1330 1 donne mirizuidara *fà%y%M.$'\*M. qui correspond au composé sk.. mrta-vetâla "vetâla-cadavre". — Nom d'une sorte de démon qui prend possession des morts et leur fait accomplir des meurtres ; par extension, ce nom désigne aussi le rite magique qui consiste à ressusciter un mort et à lui faire commettre un meurtre (comme Dîg. Nik. I, vi). — T. 1464 I : Le vetâla est un démon qui s'attache aux cadavres, les fait lever et leur fait commettre des meurtres. — Bsc. 11 : Tuer au moyen d'un cadavre qu'on ressuscite par des Charmes, c'est ce qu'on appelle vetâla. — Le Vinaya des Sarvâstivâdin T. 1435 11 (et texte parallèle T. 1476) distingue deux sortes de meurtres, vetâla et demi-vetâla : Le vetâla, c'est lorsqu'un Moine mendiant (T. 1476 : un Laïc), au 29e jour, cherche un cadavre humain intact, appelle un démon, prononce des Charmes sur le cadavre et le ressuscite ; il le lave à l'eau, l'habille, lui met à la main un sabre à double lame, puis forme mentalement ou oralement le vœu suivant : J'accomplis le vetâla contre un tel ; c'est ce qu'on appelle l'accomplissement du vetâla. (T. 1476 : Si le meurtre réussit,* c'est un péché pour lequel on ne peut faire Contrition.) Si la personne qui doit être tuée se trouve en Extase, ou dans la Concentration de l'Esprit de Bonté, ou si elle est protégée par un puissant maître de Charmes, ou par des Dieux ou des esprits, il ne lui arrive aucun mal. (T. 1476 : C'est alors un péché de Contrition.) Le Moine qui fait ces Charmes meurtriers a soin de! préparer tout d'abord un mouton ou un bananier ;] si le meurtre ne réussit pas, il abat la bête ou l'arbre ;
BIDARA
autrement le démon, privé de sa proie, revient et tue le Moine lui-même. Quant au "demi-vetâla", c'est lorsqu'un Moine (T. 1476 : un Laïc), au 29e jour, fabrique un char en fer, y installe un homme en fer, appelle un démon, prononce des Charmes sur l'homme de fer, le fait lever, le lave, l'habille, lui attache un sabre à la main, etc.... (ut sup.) — Le Vinaya des Mûla-Sarvâstivâdin T. 1442 vu indique des procédés un peu différents : Qu'appelle-t-on le meurtre vetâla ? Si un Moine désire consciemment tuer un homme, une femme, un pandaka (eunuque), etc., il se rend dans un cimetière au 14e jour d'une lune noire ; il y cherche un cadavre frais, que les fourmis même n'aient pas encore touché ; il le frotte avec de la terre jaune, le lave à l'eau parfumée, le recouvre d'un tapis neuf, lui enduit les pieds de beurre fondu et prononce sur lui des Charmes ; le cadavre s'étire alors à plusieurs reprises, comme s'il voulait se lever. Il le place sur un char à deux roues, lui attache au cou deux grelots de cuivre et lui met à la main un sabre à double lame. Enfin le cadavre se lève et dit : Qui veux-tu me faire tuer ? — Le maître de Charmes répond : Connais-tu tel homme, telle femme, tel eunuque ? — Je le connais.— Eh bien ! va trancher son organe dé vie (jîvitendriya). — Si le meurtre réussit, c'est un péché d'Exclusion (pârâjika). Mais si la personne qui doit être tuée porte une ceinture de plantes médicinales ; ou fixe un flacon d'eau au-dessus de sa porte ; ou attache à sa porte une vache et un veau de même couleur, ou encore, avec la vache et la veau, un mouton et un agneau de même couleur ; ou si elle a dans sa maison des pierrres pharmaceutiques réduites en poudre et un cylindre de pierre, ou un pieu d'Indra, ou un feu jamais éteint, ou des images saintes, ou le vrai Corps du B., ou un Roi-tournant-la-Roue, sa mère ou son embryon, ou un Bs., sa mère ou son embryon ; ou si elle est sur le point de réciter les Défenses, ou les quatre Agama, ou les récite justement ; ou encore si elle va réciter, ou récite, les grands sûtra, à savoir : le Sûtra du petit et du grand Vide, les trois Sûtra de la quintuple addition, le Sûtra du filet du fantasmagorie, le Sûtra du roi suprême qui accueille le B., le Sûtra de la bannière suprême ; — si elle est ainsi protégée, le cadavre ressuscité ne peut entrer chez elle : le péché relève alors de la catégorie des Infractions graves (sthûlâtyaya). Parfois il arrive que, par suite d'une connaissance défectueuse des procédés magiques, le Moine soit à son tour attaqué par le cadavre ressuscité, qui cherche à le tuer ; si le Moine le tue, c'est aussi un péché d'Infraction grave. Quant au rite du "demi-vetâla", il diffère du précédent en ce que le char n'a qu'une roue, le mort un seul grelot, le sabre une seule lame ; les péchés qu'il implique sont les mêmes. — Le terme kishiki fèM.% td. le sk. krtya ap. Ttt. 1718 x b, 1721
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xii, 2128 liv ; mais les krtya sont des démons qui provoquent les maladies, cf. *Aikisshi. Du reste Ttt. 17 18 x b distingue expressément les krtya des vetâla, auxquels ce texte attribue une couleur rouge.
BIFURA JËlî|| = sk. p. vipula ; tib. rgyas, yans Mvy. 2690. Td. ko J$ç, kan % "large, vaste" Ttt. 1796 IX.
BIGAMA &lM=sk. ?— Nom d'une plante médicinale de l'Himalaya Ttt. 2128 XIII.
BIGARA Mtlli T. 374 v, Ttt. 1718 ix a, 1767 ix, 2049, ou biyakarana Jg$#f$,J!& Ttt. 2053 m, bikakarana ^.jôJ^^iJ^ Ttt. 2125 iv = sk. p. vyâkarana ; tib. byâ ka ra na. — Grammaire (analyse grammaticale). — Td. kiron fEI» "explication, dis-
Science des sons" (mais *shômyô correspond proprement au sk. sabdavidyâ) ; Ttt. 1818 1, 1767 ix jihon -Tr^i "origine des mots" (étymologie) ; aussi td. obscures muju $ÊfiH "sans stances" Ttt. 2128 xxv, mukeimumi âÊfg$||| "sans queue ni tête" ib. xxvi. — Ttt. 1767 ix citant Kazai ^jg ( = Dôrô àtîIlÉJ, Ve siècle) en donne la définition suivante : C'est le traité (ron p^u) des sons, l'autorité fondamentale en ce qui concerne les lettres et les mots Mondains ; le même auteur cité Ttt. 181 8 1 attribue ce traité à un "Bs. incarné" (?), daigonbosatsu ^ fêl^H- — Ttt. 2049 : C'est le traité qui explique comment le mot asura signifie "pas de bons jeux" (cf. *Ashura). Ib. en fait un traité en huit parties (hachibun bigararon AfrSIMfim) — Ttt. 171 8 IX a : C'est une œuvre de Pânini qui élucide toutes sortes de sûtra et de particularités linguistiques. — Ttt. 2087 11 appelle le traité de Pânini Shômyôron S^^fra : il Ie composa avec l'aide de Mahesvara, réduisant à mille stances de trente-deux syllabes les répertoires linguistiques plus vastes qu'avaient dressés naguère les Dieux et les Voyants. Ttt. 2053 assigne à ce traité, qu'il dénomme Vyâkarana, huit mille stances au lieu de mille, et ajoute qu'après Pânini un roi brahmane de l'Inde méridionale composa une grammaire abrégée en 2500 stances, qui était très répandue chez les peuples des frontières, mais que les savants de l'Inde n'employaient pas ; il existait aussi une grammaire partielle et complémentaire en mille stances. — Ttt. 2125 iv comprend sous le nom de vyâkarana les cinq branches suivantes de la Grammaire : le syllabaire *Shittan ; les sûtra de Pânini ; l'analyse des racines verbales (dhâtu) ; la "brousse" (khila : déclinaisons, composés, etc.) ; les sûtra développés (vrttisûtra). — T. 374 v (aussi Ttt. 181 8 1, etc.) oppose le vyâkarana à l'étude des "demi-lettres" (*hanji ^^), c.-à-d. du syllabaire ; de même qu'un père circonspect enseigne à son enfant les "demi-lettres" avant de passer à la
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Grammaire, ainsi le B. enseigne à ses disciples les sûtra des neuf catégories avant de passer aux sûtra développés (vaipulya, *hôkô) du G. V. ; l'ordre inverse serait déraisonnable. — Ttt. 1827 1 b assigne à la Grammaire la seconde place dans une série de six "traités" correspondant aux Vedânga classiques (siksâ, vyâkarana, kalpa, jyotisa, chandas, nirukta). — Ttt. 1571 n et 2128 xlix font allusion à une école hérétique qui portait le nom de Vyâkarana ; elle soutenait que toutes les Essences et le Soi sont associés à trois Caractères : Caractère masculin, qui produit les Essences ; Caractère féminin, qui les détruit ; Caractère neutre, qui les maintient ; et que ces trois Caractères donnent naissance à trois sortes d'Esprit et de sons (sanju shinshô Hîi'lM?)- T. 374 xxi mentionne cette école entre celle des quatre Veda et celle du Vaisesika. — Le sk. vyâkarana au sens de "Prophétie" se td. par *juki $£|E, q-v.
BIGAYU fl#§flr = sk; Vigatasoka ; td. rishû $t|* riu ffè^è. "sans souci". Nom d'un B., Kog. II, ou d'un Bs., Mvy. 725.
BIHAKA Mlf^sk- vipâka "Concoction" Ttt.
1830 11 b ; td. *ijuku
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BIJACHI M^lS = sk. vijnapti "Notification" Ttt. 1831 1 a, 1834 1, 1861 1 b ; td. *shiki g$, *ryôbetsu T glj. — ~matarata ~J|ftjB,$iJ£ =sk. v° mâtratâ "Simple Notification" Ttt. 1834 1 ; td. *yuishiki [Hɧ$-
BIJANA B^HÎ> ou bijanan ~^ = sk. vijnâna "Notation" Tt. 1521 vu, Ttt. 1828 1 ; td. *shiki jjj$.
BIJAYATA ^OT£=sk. vijayaratha (?), td.
saishôkôsha HI$£#F$ "le char victorieux" ; véhicule des rois Tournant-la-Roue T. 25 11.
BIJUDA %M% ou bishuda $$Hfc=sk. visuddha ; td. shôjô fô£? "pur" Ttt. 1796 vu et IX. Te. bijuda MîfeP'È dans le nom du moine Visuddhasimha Ttt. 2053 11.
BIKADAI l^fBTti, te. désignant le vêtement donné à Ânanda par le roi Prasenajit, dans le sûtra du Madhyamâg'ama qui porte ce titre T. 26 lix ; le texte p. correspondant, Majjh. Nik. lxxxiii, donne bâhitikâ.
BiKARA mmm, ou &mm, wmm, mm, etc.
= sk. p. vihâra. Td. *ji ^f "monastère" ; aussi td. littérale jûsho fÊlâ "résidence" Ttt. 1796 III et xi, 2066 1 ; autres td. *shôsha yfjtfj "habitation pure", yugyôsho jUfrîtl "promenoir" Gog. vi, kyôsho TÊt$& même sens Ttt. 1796 ni, etc.
BIKARA jg,£$|£, nom d'un des douze généraux
de Bhaisajyaguru ; cf. *Yakushi.
BIKARAHARA &MW0M=*k. vihârapâla, td.
goji H^p "gardien de monastère" ; titre du moine chargé de surveiller un monastère et notamment ses portes, de convoquer les moines, de les aviser de ce qui les concerne, etc. Ttt. 2066 I.
BIKARASHAMI fëWli;$3iî = sk. vihârasvâmin, td. jishu ^îE "propriétaire de monastère" ; terme désignant le propriétaire attitré des biens d'un monastère Ttt. 2066 1 ; cf. 213 1 1.
BIKEIROKU Ë&ffr T. 311 1, 1451 i, Tt. 1462 XVII, ou biriroku &MW) Ttt. 2128 XVI, bibeitaka MPÂtBJi Bzm. 45 a, bibitokka MWi#$9 T- M53 vin, bikeitokki W^fëtël T. 1458 vin, Ttt. 2128 LXin = sk. p. vibhîtaka, tib. ba ru ra Mvy. 5797 (qui donne un synonyme sk. vaheda 5796, et td. senren JHâO- — Nom d'un arbre et de son fruit, Terminalia Belerica (cf. T'oung Pao 1915, p. 275), variété de myrobolan. — Un des cinq fruits dont la consommation est permise en toute occasion T. 1451 1, 1453 vin. — Ce fruit a la forme d'une noix ; il est de saveur douce et guérit de la fièvre froide Tt. 1462 xvii. — Cf. *Amaroku, *Kariroku.
tBIKIRANA fttèBfc Ttt. 1796 v, ou $ Tt. 850 11 et 851 11, mgm& Tt. 852 n = sk. Vikrana (?), Vikîrna (?) ; td. shajo fê$- "rejeter", Jzeizui t%$$ "détruire" (les Passions) ; joshô [^|^ "écartant les obstacles", etc. Nom d'un des cinq Buddhosnîsa (*Bucchô j^Hf) figurant à gauche du B. Sâkyamuni dans la Cour de Sâkya du Plan de Matrice.
BIKIRINITA $fcp£Pi#ê£-=sk. vikrîdita ; td. yuyaku W$k "bondissements", yûgi jjgjj^ç "jeux", shimpen â$f£ "métamorphoses divines" Ttt. 1796 I.
BIKU JfcJÎ:=sk. bhiksu, p. bhikkhu ; tib. dge sloii "mendiant de sainteté". — Moine mendiant. — Te. nouv. éc. hisshu 1&$, ft|^, biko ifcff (p. ex. Ttt. 1733 xvin). — Td. kosshi £2dt "mendiant", etc. — Aperçu. — Le mot sk. bhiksu, au propre, désigne le mendiant dans l'acception la plus générale. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans l'Orient d'autrefois (et même encore d'aujourd'hui) un certain prestige sacré s'attache à la profession du mendiant comme à sa personne. Le mendiant est l'occasion de l'aumône, et l'aumône (sk. dâna, cf. *Se) est l'œuvre méritoire par excellence. Dans l'ordre brahmanique, le titre de bhiksu appartient au brahmane qui, ayant accompli trois des quatre stages de la vie religieuse, sort du monde pour passer par le dernier stage, dans une retraite forestière. L'appellation de bhiksu, qui a pris un relief marqué
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dans la communauté bouddhique, est loin de lui appartenir en propre ; et dans Pintérieur même de la communauté, d'autres appellations, également connues et pratiquées par ailleurs, étaient couramment en usage, surtout celle de sramana (*Shamon) propagée à travers le monde hellénique dès le temps d'Alexandre. Comme il est de règle, on a prétendu tirer de ce vocable transparent des interprétations subtiles qui avaient le charme de l'inattendu et l'apparence de la profondeur : la plus répandue est celle où bhiksu = bhi(nna)k(le)s(a) "qui a brisé les Passions" ; le sk. et le p. la connaissent. Une autre : bhiksu = bhî + ks(am) "être capable d'effrayer (Mâra)", a dû bien réjouir son inventeur. Au prestige du mendiant, sans doute affaibli par le grand nombre des moines, on cherchait à substituer des idées propres à provoquer le respect. C'est dans le même esprit que les traducteurs tibétains ont constamment attaché au simple mot sloh "mendiant" le terme dge qui exprime la sainteté : dge sloh, prononcé geloh. La sainteté du "mendiant" consiste d'abord dans l'observance rigoureuse des règles de la Discipline, et notamment du Pénitentiel ; mais plus tard un nouvel ordre de Défenses, les Restrictions Sans- Ecoulement (anâsravasarhvara ; cf. *Kai, *Bosatsukai), vient se superposer au Pénitentiel suranné ; le mendiant devient alors le Saint définitivement dégagé du péché, incapable d'y retomber. — Les Moines mendiants constituent une des quatre ou des sept Assemblées (*Shû) qui forment l'Eglise bouddhique.— Mendiant et moine. — Sarhyuktâgama T. 99 iv (manque au Nikâya correspondant) : Le B. réside au Jetavana. Chaque matin il va mendier dans la ville de Srâvastî. Il y rencontre un brahmane d'âge avancé, aux Organes mûrs, qui lui aussi, muni d'un bâton et d'un bol, mendie de porte en porte. Ce brahmane déclare au B. : Nous sommes tous deux des bhiksu. Le B. lui répond par cette stance : Ce qu'on appelle un bhiksu, ce n'est pas simplement un mendiant. Comment appellerait-on bhiksu celui qui observe la loi de la vie laïque ? Celui qui possède des Mérites, qui est sans péchés, dont la conduite est correcte et l'Esprit sans crainte, c'est lui qu'on appelle bhiksu. — Tt. 1558 xv ( = K. Lav. iv, 96-97), se référant au Vinaya (T. 1435 1), distingue quatre sortes de Moines mendiants (cf. Mvy. 8750-8753) : (1) Bhiksu de Connotation, myôsô ig [, sk. sarhjnâbhiksu : c'est celui qui n'est bhiksu que de nom, qu'on appelle bhiksu sans qu'il soit ordonné ; (2) soi-disant bhiksu, jishô EUS» sk. pratijnâbhiksu : il a reçu l'ordination régulière et se prétend bhiksu, mais il est immoral, incontinent, etc. ; (3) le bhiksu ainsi nommé parce qu'il mendie, kotsugai &{$, sk. bhiksuta (Kosavyâkhyâ : bhiksata) iti bhiksu : mendiant sans plus, brahmane ou autre ; (4) le bhiksu ainsi nommé parce qu'il a tranché les Passions, hawaku $£!§(, sk. bhinnaklesatvât : c'est
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l'Arhat. A ces quatre sortes, les mêmes textes (Tt. 1558 xv, T. 1435 I, Mvy. 8754) en ajoutent une cinquième : le moine ayant reçu l'ordination régulière de bhiksu par un Acte quadruple de déclaration publique, byakushikommaengu [1 ["-1^^151^:, sk. jhâpticaturthakarmanopasampanno bhiksu ; c'est le bhiksu en tant qu'il a reçu l'ordination, conforme aux règlements officiels de l'Eglise, qui l'autorise à porter ce titre ; Tt. 1558 xv l'oppose nettement au vrai bhiksu (sk. paramârthabhiksu, bhiksu au Sens-ultime), lequel est infaillible et ne peut déchoir de son état, tandis que le "bhiksu ordonné par Acte quadruple de déclaration" est susceptible de pécher et de perdre ainsi son état. — Même série des cinq sortes de Moines mendiants Tt. 1579 xxix. — Cf. la division de la Communauté en cinq catégories (goshusô H.fi.fë) Tt. 1562 xxxvin : (1) éhontés, muchi ^Ellt» : ils portent le vêtement monacal mais violent les Défenses ; (2) moutons muets, *ayô j^^ : ignares et silencieux ; (3) partisans, hôdô J$§£ : ^s forment des partis par amour de la discussion ; (4) moines vulgaires (laïcs), sezoku Ut'ftJ : ce sont les bons Profanes (Tt. 1440 11 : les moines Puérils, bombusô J^L-^fè [sic !]) qui font à la fois des Actes conformes et contraires à la Loi, tandis que les catégories (1)- (3) font surtout des Actes contraires à la Loi ; (5) moines au Sens-ultime, shôgi §£f§| : Catéchumènes et Hors-Catéchisme. — Même série de cinq catégories Tt. 1440 11. — Aussi Tt. 1509 m quatre catégories de moines (sô f&) : (1) ayant de la honte, ushû ^ï|& : ils observent les Défenses mais n'ont pas obtenu la Voie ; (2) éhontés : ils violent les Défenses ; (3) moutons muets : ils observent les Défenses mais sont stupides : (4) véritables, jitsu fj£ : Catéchumènes et Hors - Catéchisme ; et T. 411 v:
(1) Moines au Sens-ultime : B., Bs., B.-pour-soi, Arhat, Sans-Retour, à Retour-unique, Entrés-dansle-courant ; ce sont des saints qui n'ont pas nécessairement reçu l'ordination ; (2) Moines vulgaires : ce sont ceux qui ont reçu l'ordination ; (3) moutons muets : ut sup. ; (4) éhontés : ut sup. — Tt. 1440 III distingue (1) les bhiksu au Sens-vulgaire, setaibiku tUp$Jijin : ils observent les Défenses du Pénitentiel ;
(2) les bhiksu au Sens-ultime, daiichigitaibiku f|5— fSnfl!f.fctjIr: '• ils observent les Restrictions Sans- Ecoulement (cf. K. Lav. IV, 49-51). — Tt. 1509 m donne cinq définitions du bhiksu : (1) on l'appelle mendiant, kosshi ^jr, parce qu'il mène une vie pure en mendiant sa nourriture ; (2) on l'appelle celui qui tranche les Passions, habonnô ^jt^tS» car bhi° signifie trancher (sk. racine bhid) et °ksu signifie Passion (sk. k[le]sa = ksa ? cf. interprétation par bhinnakilesa dans les cm. palis) ; (3) on appelle bhiksu l'homme qui a quitté la maison, shukkenin ffilÎÊÀ 5 (4) on appelle bhiksu celui qui a dit, lors de l'ordination : Moi, le bhiksu un tel, j'observerai les Défenses durant toute ma vie ; (5) on l'appelle
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bhiksu parce qu'il a le pouvoir d'épouvanter le roi Mâra et son peuple : en effet bhi° signifie épouvanter (sk. racine bhî) et °ksu signifie pouvoir (racine ksam) ; lorsque le Moine quitte la maison, se rase la tête, revêt l'habit teint et reçoit les Défenses, Mâra est épouvanté, car il se dit : Cet homme entrera à coup sûr dans le Nirvana. — Définitions (i), (2), (4), (s) ci-dessus aussi Ttt. 1775 1. — T. 1428 1 toutes sortes de bhiksu : de nom (de Connotation) myôji %& ; pseudo-bhiksu sôji jftjfêl ; soi-disant bhiksu jishô gf§ ; bhiksu bienvenus zenrai f§?fc (on leur dit : "bienvenus !" lorsqu'ils demandent l'ordination) ; bhiksu mendiants kotsugu ■g 5}c ; bhiksu portant le vêtement fait de pièces chakukassaie ^fiJ#c3Îc î bhiksu ayant tranché les Passions hakesshi $£#£$* ; bhiksu ayant reçu les grandes Défenses et l'ordination complète selon la Loi, par Acte quadruple de déclaration : c'est en ce dernier sens que le mot bhiksu doit s'entendre dans les prescriptions de la Discipline. — Ttt. 1721 1 : Le moine est appelé mendiant (bhiksu) parce que d'une part il mendie au Tg. la Loi qui doit lui servir à exercer son esprit, et de l'autre il mendie aux Laïcs la nourriture nécessaire pour entretenir son corps. Le mendiant qui n'est pas moine ne mendie que sa nourriture. — Gog. vin mentionne des td. jokin l^fH "qui élimine la faim", joshi $fc-± "qui élimine" : le bhiksu élimine la faim de la concupiscence et tranche tout attachement. Même interprétation Ttt. 2040 vu. — Gog. ib. rapporte encore une td. kunshi H£:t "qui s'imprègne" : parce qu'il s'imprègne de bonnes Essences. — T. 310 cxni Le bhiksu est capable de trancher les Passions ; il tranche la Connotation du Soi, des Etres, de l'humain, des sexes masculin et féminin ; il pratique à la fois les Défenses et la Sapience ; il est libre de toute crainte, etc.. . — T. 721 m, iv, xlix, nombreuses stances sur les caractéristiques des bhiksu ; aussi T. 213 IV. — Le mot bhiksu est donné comme un nom de plante Ttt. 2128 11, 2131, etc. (P.W. : Asteracantha Longifolia, ou Sphaeranthus Mollis) ; T. 1192 I c'est une des cinq plantes fastes : elle sert d'oreiller au B. quand celui-ci se livre à des Pratiques sur le sol.
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en fait un Bs. féminin ; mais T. 1097 m, qui prescrit de la peindre au-dessous du Bs. Mahâsthâmaprâpta, l'appelle une Déesse ; et elle figure aussi dans une série de huit Reines de Science T. 895 ni. Le plus souvent elle est considérée comme une forme de Kannon, et son nom précède en manière d'épithète celui de Kannon T. 901 m, 1092 vin. — Dans un sûtra spécial T. 11 14, le B. enseigne le Charme des cent huit noms de Bhrkutî, qui assure à ceux qui le récitent toutes sortes d'avantages dont le dernier est la naissance au Paradis. — Iconographie. — T. 848 1 et cm. Ttt. 1796 v : Elle est placée à gauche de Kannon dans la Cour de la Section de Lotus (aussi dite Cour de Kannon) du Cercle du Plan de Matrice ; elle a quatre mains : celles de gauche tiennent le lotus et le vase kundî, à droite une des mains tient le cha-
BIKUCHI ^{£|g, ou bikuchi ~£D T. 901 vi, Jhikuchi £MM T. 895 m (p. 731), Jhirikuchi S^MS ib. (p. 744), etc. = sk. Bhrkutî, Bhrûkutî ; tib. khro gher can. — "Celle qui fronce les sourcils", nom d'une des formes de *Kannon dans l'Es. — Td. shimmoku Bjlg "yeux colériques" T. 1097 ni» funnu ^$* "courroucée" Mvy. 4281-2. — Tt. 1796 x : Elle naquit d'un froncement de sourcil de Kannon, et dès sa naissance terrifia par son aspect courroucé les Vajra et les Vajradhâra, qui se réfugièrent sous le siège du B. ; le B. lui dit alors : Arrête, ma sœur ! Et elle s'arrêta en répondant : A tous les ordres du B. j'obéirai respectueusement. — Ce texte
Fig. 35. Bikuchi (Bhrkutî) (Plan de Matrice).
pelet, l'autre fait le Sceau du Don du Vœu (abaissée la paume en avant) ; elle a trois yeux comme Mahesvara, et un chignon pareil à celui de Vairocana ; son corps est blanc ; son auréole est jaune, rouge et blanche : le jaune symbolise l'accroissement, le blanc l'apaisement, et le rouge le pouvoir de dompter. — C'est cette image qui est reproduite dans les "représentations actuelles" (genzu Ï|[I|) de ce Cercle au Japon ; toutefois le troisième œil y est remplacé par une marque frontale (ûrnâ). Id. aussi T. 1092 vin. T. 1101 remplace le Sceau du Don du Vœu par celui du Don de Sécurité pour une des mains droites (élevée la paume en avant). D'après Asbs. iv, 1394, une des mains gauches tient un ms. sk. au lieu du j vase kundî. T. 1080 la décrit assise sur un lotus, j portant des vêtements divins et toutes sortes d'orne-
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ments ; de même T. 1097 III, qui lui prête un aspect souriant et la montre prosternée devant Kannon, l'épaule droite découverte et les mains jointes. — Asbs. iv, 1394, et Hmjr. 889 : Ses noms es. sont Gôbukukongô &tfcfcW0, Jôekongô feM&Wl Joshôkongô fêftp^lïjlj ; son Germe est : bhr ; sa Formule : Sarvabhayatrâsanî hûrh sphataya svâhâ ; ses Formes de Convention sont le chapelet et le lotus épanoui ; et son Sceau consiste à allonger les pouces parallèlement, à croiser l'un sur l'autre les index tendus, et à replier les autres doigts à l'intérieur des paumes.
BIKUNI }fc É/ë = sk. bhiksunî,p.bhikkhunî; tib. dge slon ma ; (jap. *ama). — Nonne mendiante. — Te. nouv. éc. hisshuni ^.^fé, îtâlBJË» etc- — Aperçu. — Les Nonnes mendiantes sont un des éléments constitutifs de l'Eglise bouddhique ; elles forment une assemblée spéciale parmi les 4 ou les 7 Assemblées (*Shû). La tradition a gardé le souvenir d'une multitude de saintes dans l'entourage du B. ou après lui ; cf. p. ex. le recueil p. Therîgâthâ traduit par Mrs. Rhys Davids sous le titre de Psalms of the Sisters (Londres, 1909), avec les notices biographiques que la traductrice a placées en tête de chaque ensemble. D'ailleurs, dès l'origine, il y a en face des saintes le groupe des Nonnes perverses, telle Cincâmânavikâ qui mérite de tomber vivante en enfer. Au fond l'Eglise a toujours conservé une attitude de malveillance et de suspicion à l'égard des Nonnes ; le B. ne les aurait admises qu'à son corps défendant, et sans dissimuler ce qu'il en coûterait à l'avenir de la foi. Les inscriptions de l'époque ancienne, p. ex. à Sanchi, attestent le nombre et l'influence des Nonnes ; plus tard, cependant, la littérature de l'Inde les ravale au rôle d'entremetteuses, telle la Kâmandakî du drame classique Mâlatîmâdhava. — Institution. — Madhyamâgama T. 26 xxviii : Le B. passe l'été au Parc des Nyagrodha à Kapilavastu. Sa tante maternelle Mahâprâjapatî Gautamî lui demande si les femmes peuvent obtenir le Fruit d'Arhat, et si la Discipline les autorise à quitter la maison et à entrer en religion ; le B. lui interdit pareille pensée, mais l'engage à se raser les cheveux, à revêtir le Froc et à mener une vie pure. La même scène se reproduit à la fin de la Retraite d'été, puis dans le monastère de Ginjaka à Nâdika, où Gautamî a suivi le B., accompagnée de nombreuses matrones Sâkya. Ce triple refus désole Gautamî ; Ananda intercède en sa faveur auprès du B., qui réplique que si les femmes sont autorisées à entrer en religion, la Conduite Brahmique ne tardera pas à péricliter dans la communauté. Ananda lui rappelle les bontés qu'a eues pour lui sa tante ; elle l'a nourri et élevé après la mort de sa mère Mâyâ. C'est vrai, réplique le B., mais en retour je lui ai appris à prendre refuge dans les trois Joyaux et à mener une vie pure. Le B. consent enfin à admettre comme Nonnes
73 BIKUNI
mendiantes, par ordination régulière, sa tante et les femmes en général, à condition qu'elles observent huit règlements graves (sk. gurudharma, p. garudhamma, ch. sonshihô &$$&; "maîtresses lois", ailleurs kyôhô ^féï "lois vénérables", kyôkai tfcfà "Défenses vénérables", fukaotsuhô ^BJjtSféc ou fukakahô ^Rjà&féc "lois inviolables") : (1) les Nonnes doivent recevoir l'ordination des Moines ; (2) tous les quinze jours, les Nonnes doivent aller recevoir des instructions des Moines ; (3) elles ne peuvent passer la Retraite estivale en un lieu où il n'y a pas de Moines ; (4) à la fin de la Retraite estivale, elles doivent accomplir l'Invite [à la confession mutuelle des trois sortes de péchés] : vus, entendus, soupçonnés, dans les deux assemblées (celle des Moines comme celle des Nonnes) ; (5) les Nonnes ne peuvent poser de question sur les Sûtra, le Vinaya et l'Abhidharma des Moines que si elles y sont autorisées par ceux-ci ; (6) les Nonnes ne peuvent parler des infractions des Moines, mais les Moines peuvent parler des infractions des Nonnes ; (7) les Nonnes coupables de péchés d'Exclusion-temporaire doivent faire [confession publique] sans faute pendant quinze jours dans les deux assemblées ; (8) une Nonne, même si elle a reçu l'Ordination depuis cent ans, doit humblement saluer, servir, respecter un Moine, même si celui-ci vient seulement d'être ordonné. Gautamî s'engage à observer ces huit prescriptions et reçoit l'ordination de bhiksunî avec les cinq cents matrones Sâkya. Par la suite, elle demande à Ananda de faire en sorte que ces Nonnes, qui étaient toutes âgées, nobles, connues du roi, et avaient une conduite pure depuis longtemps, fussent saluées, servies, respectées par des Moines d'ordination récente. Ananda transmet cette requête au B., qui l'arrête avec indignation et se contente, pour toute réponse, de lui énumérer tous les avantages qu'ont perdus les Moines du fait de l'admission des femmes dans l'Eglise ; et il conclut par la parole célèbre : Si les femmes n'avaient pas été admises dans le clergé, la bonne Loi aurait duré mille ans ; mais maintenant elle ne durera que cinq cents ans. — Le même récit se retrouve avec des variantes (notamment pour le texte des huit règlements graves) dans tous les Vinaya (Sarvâstivâdin T. 1435 XV, Mûlasarvâstivâdin T. 1451 xxix-xxx, Mahâsânghika T. 1425 xxx, Mahîsâsaka T. 1421 xxix, Dharmagupta T. 1428 xlviii) et dans beaucoup d'autres ouvrages, p. ex. T. 60 et T. 1478 (sûtra spéciaux), T. 156 v, etc. — Gautamî et ses cinq cents Nonnes furent les premières, dans toute la communauté, à entrer dans le Nirvana Tt. 201 xiv (et cf. T. 144 sûtra spécial). — L'intercession d 'Ananda en faveur des femmes lui fut reprochée comme un Méfait lors du premier Concile qui se tint après le Parinirvâna. — Bikunikai ifclc/Êlrét. Défenses des Nonnes. — Les Nonnes ont leur Pénitentiel spécial, plus tardif que celui des
BIKUNI
BIMASHITTARA
Moines dont il est dérivé. Selon la tradition ch. (p. ex. Ttt. 2145 xi), le Pénitentiel des Nonnes contient 500 Défenses, soit deux fois plus que celui des Moines qui en contient 250 : car il faut aux femmes plus de Défenses qu'aux hommes. En réalité, le nombre des Défenses varie avec les écoles, la moyenne en étant de 250 pour les Moines et 350 pour les Nonnes. La plupart des "règlements graves" dont le texte a été traduit ci-dessus sont incorporés dans le Pénitentiel des Nonnes. Les formules spéciales à celui-ci, ou bien portent sur des points n'intéressant que les femmes, ou bien se retrouvent dans des textes du Mahâvagga, du Cullavagga, etc., qui complètent le Pénitentiel des Moines. D'après Ernst Waldschmidt, Bruchstucke des Bhiksunî-Prâtimoksa der Sarvastivâdin [édités d'après des mss. sk. d'Asie Centrale], mit einer Darstellung der tïberlieferung des Bhiksunî-Prâtimoksa in den verschiedenen Schulen, Leipzig 1926, les recensions des diverses écoles diffèrent beaucoup plus pour le Pénitentiel des Nonnes que pour celui des Moines : la plus archaïque serait celle des Theravâdin (en p.) ; puis viendraient celle des Dharmagupta, puis celle des Sarvastivâdin, et en dernier lieu celles des Mûlasarvâstivâdin, des Mahîsâsaka et des Mahâsânghika. — \Jhistoire du clergé féminin en Extrême-Orient est mal connue. Ttt. 2122 lxxxix (cf. Lévi-Chavannes, J. As. 1916 il, 41) Dès la première partie du 111e siècle des Nonnes indiennes seraient venues en Chine pour y donner l'ordination à des Chinoises. — Ttt. 2145 xi mentionne à Koutcha trois grands couvents de Nonnes, qui étaient placés sous la direction d'un Moine ; les femmes et les filles de rois et de princes y venaient de toute l'Asie Centrale. Le Pénitentiel en usage dans ces couvents fut traduit en ch. dans la seconde moitié du IVe siècle, mais cette version ne s'est pas conservée. — Ttt. 2063 : En 335-342, le moine Sôken fèm avait rapporté de chez les Gesshi (Yuetche) un Pénitentiel et un manuel d'ordination (komma $|0 = sk. karma) qui servirent pour l'ordination de quatre Nonnes chinoises en 357. Vers 430, le religieux indien Gunavarman traduisit un manuel d'ordination des Nonnes de l'école Dharmagupta, et en 434 une cérémonie d'ordination eut lieu à Nankin en présence d'un collège de dix Nonnes venues de Ceylan ; ce fut la première ordination de Nonnes faite en Chine selon les règles (cf. Lévi- Chavannes, ib. 46, et Pelliot, BEFEO IV, 356, n. 4). En 516, le moine Hôshô (Pao-tch'ang) ^B^ rédigeait les biographies de soixante-cinq Nonnes chinoises Ttt. 2063 : treize des Tsin 317-419, vingt-trois des Song 420-478, quinze des Ts'i 479-501, quatorze des Leang 502-515. — Au Japon, les premières Nonnes auraient été Zenshin ff^flf et autres, qui allèrent étudier laDiscipline en Corée de 588 à 590 Gkss. xvm ; mais les ordinations régulières de Nonnes n'auraient commencé que plus tard. Il existe encore au Japon
(comme en Chine) de nombreux monastères de Nonnes. A l'époque Tokugawa, seize d'entre eux portaient officiellement le nom de Bikunigosho ifcli: fê^^î) parce que les supérieures en avaient été dès l'origine des princesses ou des femmes nobles ; plus exactement, les monastères dirigés par des princesses étaient appelés Gokyûshitsu $$'$£'31, et ceux dirigés par des femmes nobles Gozenshitsu #$|!p|É[. Depuis la Restauration de 1868, ces noms ont été supprimés, mais la filiation des supérieures paraît se continuer et ces mêmes monastères sont appelés Goyuishojiin ^c "monastères à filiation".
BIMA jgj|! = sk. Bhîmâ, nom d'une Déesse, épouse de Mahesvara T. 665 VIII, Ttt. 2087 11 ; cette dernière source, dans un passage ultérieur, donne une variante bimara jg,0M Q1" pourrait correspondre au sk. bhîmala "terrible", épithète de Mahesvara (Watters, Travels, I, 223) ; mais cette variante ne figure que dans les éditions ch. de Ttt. 2087, les mss. conservés au Japon portent bima ]g,0 comme dans le premier passage. — Hbg. cite d'autre part, d'après Ttt. 1762 xii, les deux formes bima et bimara, avec une td. muku 3g$g "immaculé" = sk. vimala ; d'après Hbg. ils s'agirait ici d'un nom de fleuve, mais les termes cités ne se retrouvent pas dans le texte actuel de Tt. 1762 xii.
BIMANÔ #Ji*I£ = sk. vimâna ; td. rôkaku fëgfêl "pavillon, édifice à étage" Kse. xxn.
BIMASHITTARA %WU.&W T. 99 xl, 190 xxiv, 262 1, 310 lxii, 397 xlvii, 665 ix, Ttt. 1709 il 1834 11, 2128 xxv, etc., ou f^~ T. 24 vi ; abr. bimashitta ^M%^ T- ï xx> 663 m, Ttt. 1718 n b, Eog.
I, etc., encore abr. en bimashitsu mUiW "> nouv. éc. beimashittari |I^)^Ka-SflJ Ttt- i7°9 1. l7*3 « a» l834 il, etc. = sk. Vemacitra (ou Vemacitrî, Mahâvastu III, 148, 254 ; Vaimacitra, Hœrnle, Manuscript Remains 107) ; p. Vepacittiya ; tib. thag bzari ris "tissu à ramages". — Nom d'un roi des Asura. — Td. diverses : kiga &£|£ "dessins brodés", hôkin Hf|$ "brocart précieux" (sk. vema "métier à tisser" + citra "bariolé"), allusion à ses parures Ttt. 1723
II, 1834 11, 1709 1, 2128 xxv (se référant à Kiki |&3£) ; myôshoku #j;|§5 "tissu merveilleux" Mvy. 3393 (aussi T. 190 xxix, corr. de myôki ##fé$ ?) ; jôshin jffîib "Esprit pur" (sk. vimala "pur" + citta "Esprit") Ttt. 1718 il b ; jôshinge :0>ù~0 "fleur d'Esprit pur" Ttt. 2128 xxv (anc. éc.) ; shujugi $iMfê& "toutes sortes de doutes" (sk. vimati "doute" + citra "varié") Ttt. 171 8 n b ; shujushi WfÊftfc "toutes sortes de fils de soie", allusion à ses talents de prestidigitateur Eog. I ; henkû shujugongi 'M&MfÊWii^. "toutes sortes d'ornements dans les airs", parce que dans ses combats avec les Dieux il déploie ses armées dans le ciel, ib. ; kyôkô HPj|£ "grand bruit", kekkyo
BIMASHITTARA
BIMOKUSHA
^jg "habitant des cavernes" ib. (ces deux td. aussi Ttt. 2122 v, qui explique que du fond de la mer Vemacitra crie son nom à grand bruit, et que d'autre part il habite des cavernes marines) ; kôon î^jg "haut et loin" Ttt. 1785 VI. — Sa fille Sacî (cf. *Shashi) est l'épouse d'Indra T. 99 XL, Ttt. 1723 11 a, 1718 il b, etc. ; le mythe est conté en détail T. 643 1 (aussi Ttt. 2122 v qui se réfère à T. 1) : Au commencement des Périodes, le feu se produisit pendant une Période, la pluie pendant une Période, le vent pendant une Période, la terre pendant une Période. Lors de la formation de cette dernière Période, les Dieux Resplendissants se mirent à voler par le monde et se baignèrent dans les eaux ; l'essence des quatre Eléments pénétra dans leur corps ; ils éprouvèrent un plaisir solitaire et leur semence s'écoula dans les eaux. Les huit vents l'emportèrent; elle tomba dans la boue et se transforma en œuf. Au bout de 8000 ans sortit de cet œuf une femme de couleur bleuïioir comme la boue, à 999 têtes, chaque tête ayant 1000 yeux, à une seule bouche dont les quatre dents émettaient une flamme pareille à la foudre, à 24 mains dont chacune tenait une arme (d'après Ttt. 2122 v, 24 pieds et 999 mains) ; son corps était haut comme le Sumeru. Comme elle s'ébattait dans la mer, le vent *Biramba (sk. Vairambha) agita les eaux dont l'essence la pénétra ; au bout de 8000 ans, elle engendra un fils quatre fois plus grand qu'elle-même. L'enfant avait 9 têtes à 1000 yeux chacune ; de sa bouche sortait du feu (Ttt. 2122 v: de l'eau); il avait 999 mains et 8 pieds ; sa voix se faisait entendre du fond de la mer. Il reçut le nom de Vemacitra roi des Asura. A la manière des démons, il ne se nourrissait que de boue, et de fibres et racines de lotus. Ayant grandi, lorsqu'il vit que les Dieux étaient entourés de femmes, il demanda à sa mère : Pourquoi seul serais-je sans compagne ? Sa mère lui parla alors d'une Gandharvî des Monts Parfumés (Kyôsen ^| jJJ, sk. Gandhamâdana), qui était plus belle que le jade blanc et émettait de la musique par tous ses pores. Il décida de l'épouser ; sa mère alla la chercher et ils se marièrent. Au bout de 8000 ans, ils eurent une fille d'une rare beauté, comme la lune parmi les étoiles. Kausika (Indra) la fit demander en mariage ; l'Asura sollicita en échange un palais fait des sept Joyaux. Indra jeta dans la mer sa coiffure qui devint un édifice palatial sur lequel trôna l'Asura ; un lotus de ce palais se transforma en 84.000 femmes qui accompagnèrent chez les Dieux la fille de l'Asura; celle-ci reçut d'Indra le nom de Etsui fàM, (sk. Manojnâ? Ttt. 2122 v: elle s'appelait Sacî et était la sœur de Râhu). Elle devint jalouse de ses suivantes, que lui préférait l'empereur des Dieux, et s'en plaignit à son père qui déclara la guerre à Indra : l'Asura se leva dans la mer, s'accroupit sur le sommet du Sumeru, et de ses 999 mains secoua le Sumeru et la ville d'Indra, Sudarsana ; les quatre mers
s'agitèrent et Indra fut terrifié. Un esprit conseilla à Indra d'invoquer la Perfection de Sapience ; aussitôt quatre roues de lames tombèrent du haut des airs sur Vemacitra et lui tranchèrent oreilles, nez, mains et pieds ; la mer en fut toute rougie ; l'Asura mutilé se réfugia dans des trous de fibres de lotus. — Comme les autres Asura, Vemacitra est constamment en lutte avec les Dieux. Divers récits du Sarhyuktâgama T. 99 XL (td. parallèle T. 100 ii-iii ; Sam. Nik. xi, 1, 4, 5, 7) le montrent en conflit avec Indra, qui l'emporte toujours. Un de ces récits met en scène des Voyants établis dans une forêt, près du champ de bataille ; ils reçoivent en même temps la visite du Dieu et celle de l'Asura ; ce dernier se montre discourtois à leur égard, et les Voyants prédisent qu'il sera vaincu par les Dieux, puis lui inspirent des songes (ou des frissons) de mauvais augure. Cet épisode est cité dans la Vimsikâ de Vasubandhu Tt. 1589, 1590 ; cf. J. As. 1925 I, 17 sq. — Pour d'autres informations sur Vemacitra, cf. *Ashura.
BIMBA M|=sk. p. bimba ; tib. bim ba Mvy. 5210. Nom d'arbre, Momordica Monadelpha, une sorte d'amarante ; td. sôshi fàfê, Gog. m, Ttt. 2131 Vin. Les lèvres rouges sont comparées à son fruit T. 278 ix, 297 lxv, 293 x ; c'est une des quatre-vingts marques secondaires des Grands Mâles (sk. bimbosthi Mvy. 5210, p. bimbotthi ; aussi b°a). Eog. 11 : Ce fruit ressemble à la pomme. — ~chô ~|H, terme désignant une sorte de tenture qui orne le palais des Dieux dans le ciel Tusita, ainsi nommée soit parce qu'elle est rouge comme le fruit du bimba, soit parce qu'on y voit le reflet (sk. bimba) des objets extérieurs ; T. 279 xxn et cm. Eog. I.
BIMBARA JHKR [I], nom d'un parfum T. 279 xxn et cm. Eog. 1.
BIMBARA $mi£ [II], ou Tt. 1558 xn ( = K. Lav. ni, 190) bimbatsura ~jÊ£~, ou Mvy. 7703 etc. bimpara ~$j[~=sk. virhvara Mvy. 7703, 7829, 7958, ou bimbara ib. 8006 ; tib. drkigs. Nom de nombre ; Gog. 1 se référant à T. 190 td. jucchô +$$. Cf. *Sû.
BIMOKUKUSHA M@l^ = sk. Bhîsmottaranirghosa, nom d'un Voyant T. 279 lxiv ; T. 293 vin td. daiimyôshô %.J$.QJ5£ "grande voix terrible". Cf. les gloses (inexactes) Kse. lxiv, Eog. 11, Ttt. 1733 XVIII.
BIMOKUSHA M@^ = sk. vimoksa; td. *gedatsu j|?)}£ "Libération" Ttt. 185 1 1, 1733 XVIII. — Ttt. 1851 1 distingue vimoksa, Libération de l'ordre de l'Opéré, de moksa, Libération de l'ordre de l'Inopéré (muigedatsu
BIMOKUTEI
BINGADA
BIMOKUTEI ^^Ig=sk. vimukti ; td. *gedatsu "Libération" Ttt. 1736 liv.
BINAYA &MM T. 898, 1442-1451» 1456, 1457, 1459, Ttt. 1733 1, 1805 11 a, 1807 1, 1828 ix, 1861 11 a, Eog. 1, Gog. xiv, ou binaya &fflW Ttt. l8o5 n a, Gog. xiv, binaya #^|î T. 1464, binaya |M#fë Gog. xiv, bini jgJë T. 1440, 1441, 1463, 1489, 1775 1, Ttt. 1805 11 a, 1815 1, Srs. 1 b, Eog. 1, Gog. xiv, [binika Wï/S^ Gog. xiv] = sk. p. vinaya ; tib. 'dul ba. — Discipline ; titre d'une des trois Corbeilles du Canon. — Td. *ritsu fê. "code de lois" Ttt. 1805 11 a, Gog. xiv, etc. ; jôbuku flltfc "domptant" (les Passions) Gog. xiv, (les Pratiques ou les Actes mauvais) Ttt. 1773 1 ; aussi Ttt. 1807 1, 1828 ix, 1861 11 a, Eog. 1, etc. ; metsu j$£ "éteignant" (le mal) Gog. xiv, (les mauvaises Essences) T. 1463 1, (les mauvais Actes) Srs. I b, (les mauvais Fruits des Actes ou des Passions, ou le feu des Péchés) Ttt. 1733 1 ; aussi Ttt. 1805 11 a, 1815 1, etc. ; inshô 5I*É "guidant les Etres" (les Laïcs vers la Voie) Srs. 1 b, ou "produisant" (des Mérites) ib. ; rigyô ffèff "Pratiques écartant" (de la mauvaise Voie) Gog. xiv ; zenji f| îp "gouvernant bien" (les Etres) T. 1775 I [Kumârajîva] ; kedo /fb$£ "convertissant et sauvant" (les Etres) Gog. xiv. — Cf. *Ritsu.
BINAYAKA &%$fcM Tt. 1266, T. 1267, Tt.
1270, Ttt. 1273, Tt. 1274, Ttt. 2129 vu etc., ou binayaka ~ -&$)!} Ttt. 1796 vu, binnayaka ^#15 ^$1 T. 1272, Ttt. 2129 vu, binayokka fèffiMîM Tt. 1266 = sk. vinâyaka ; tib. log 'dren Mvy. 3165. — Un des noms de Ganesa, dieu hindou à tête d'éléphant, patron de la littérature ; devenu dans le bouddhisme un démon malfaisant. — Ce nom signifie en sk. "celui qui écarte" (vi-nî) [les obstacles, vighna- vinâyaka] ; le mot vighna "obstacle", qui entre dans un grand nombre des épithètes de Ganesa (vighnesa "maître des obstacles", vighnajit "vainqueur des obstacles", vighnarâja "roi des obstacles", vighnântaka "mettant fin aux obstacles", etc.), sert aussi à désigner le dieu lui-même. — Les interprètes bouddhistes expliquent régulièrement vinâyaka par "obstacle", shôge (^^,| : Ttt. 1796 vu Les Binayaka, ce sont tous ceux qui font des obstacles ; tous ces obstacles son,t produits par des Connotations illusoires de l'Esprit. — Ttt. 1273 Vinâyaka est un démon qui poursuit sans cesse les hommes pour leur susciter des obstacles et des difficultés. — Gog. xiv C'est un démon à forme humaine et à tête d'éléphant, qui fait obstacle aux affaires d 'autrui. — Ttt. 2129 vu C'est le Dieu des obstacles ; il se manifeste avec un corps humain et une tête d'éléphant, et fait obstacle aux Actes méritoires.— Toutefois Mvy. 2165 donne l'interprétation correcte batsuja J£}f|5 "écartant ce qui est néfaste". — Vinâyaka est parfois confondu avec Vinataka, nom d'une des sept montagnes d'or qui entourent le
Sumeru (Mvy. 4146 te. binataka M^tS?S3. td. shôgeshinsen f^||f /M' |ll "mont du Dieu des obstacles", tib. rnam par 'dud "recourber" [sk. vi-nam ?] ; cf. Tt. 1558 xi = K. Lav. m, 141) : p. ex. Gog. xiv qui explique que cette montagne a la forme de la tète de Vinâyaka, ou Ttt. 1829 1 qui te. binatakka ]^M fr£$JD et explique que la montagne est habitée pai des Dieux qui font obstacle à la bonne Loi. — Cette confusion rend compte de certaines te. aberrantes du nom du Dieu : binataka ^l^tH^D Ttt. 1273 (td, zôbi ^.^l "trompe"), benayataka Ç^^^ffM^ Ttt 2129 vu. Mais Tt. 1667 donne d'autres te. binaranôga &MBMM, biminanôga ®fâfflfè%, q"' paraissent simplement fautives. — D'après Tt. 127c Vinâyaka est l'aîné des 1500 fils de Mahesvara et d'Umâ ; il a pour sœur Hennayaka j^^^jjB aînée de leurs 1500 filles. Cette sœur est une métamorphose d'Avalokitesvara qui, pour réprimer les mauvaises pratiques de son frère, le séduit et l'épouse: tous deux sont représentés en train de s'embrasser, sous le nom de *Daishôkangiten ^C|^f5c^X» <3-v. — Vinâyaka au sens de "conducteur" est aussi une des 80 appellations du B. ; cf. *Butsu.
BINDARA ^(h3 (ou gfc) 331. ou binzu OTî = sk. pindâra ? Td. shûyoku £!$; "désirs réunis". Nom d'un Enfer où est entré le roi Ajâtasatru T. 627 il, Kog. vi b ; aussi mentionné dans le Daijiinnengyé Jï^t-ïQfâtM., sûtra apocryphe de tradition au Hieizan. qui te. ^P'Ë|$! et en fait un des Enfers où tombent les sceptiques.
BINGA m$[) = sk. bhrngâra, p. bhinkâra "vase" T. 945 11 : Si l'on emporte un vase bhrngâra, vide el bouché, d'un pays à un autre, l'air qu'il contienl lorsqu'on l'ouvre au bout du voyage n'est ni celu: du pays d'origine, ni celui du nouveau pays ; cai dans le premier cas l'air du pays d'origine aurai) été diminué de la quantité emportée dans le vase ce qui n'est pas possible, et dans le second cas c'est-à-dire si de l'air nouveau était entré dans le vase à son arrivée dans le nouveau pays, on devrai! voir sortir cet air lorsqu'on ouvre et renverse le vase De même la Masse de Notation, qui est à la fois sans Donnée-causale et sans Nature-propre, est vidt et illusoire. [De même que le vide, ou l'air, est sans allée ni venue, de même la Notation est sans production ni destruction : interprétation de Ejô 'J§t|* Hksd. xx.] — Le cm. de ce passage, Ttt. i799 n b qui explique que la te. binga désigne un vase ayani la forme de l'oiseau kalavinka, confond binga $ = sk. bhrngâra, avec binga f^fl abr. de *karyôbings 'MîfèMM^sk. kalavinka ; cf. Mvy. 481 et 4868.
BINGADA $gf!Jl]I?£ = sk. vigada "remède" (antidote) ; Ttt. 1733 xx et Eog. n relèvent une te "complète" bigôma Ji,2s£|§f qui reste inexpliquée.
BINGADA
BIRUSHANA
Ib. td. joko $ft£, fuko ^^ "éliminant" (les maladies et les poisons) ; ces td. reposent sur une fausse étymologie vi-gata, cf. *Akada.
BINIYA MfiMË = sk. vidyâ; td. *myô ij/J "Science" Dge. i, qui fait de ce terme un synonyme de *shingon jj^H" "Formule". — Te. bitei dans biteidarapitaka MB^t'^'J^^f^^vidyâdharapitaka, td. myôjujizô ^Bftt^i^ "Corbeille des détenteurs de (Formules de) Science" Ttt. 2066 il.
BINZURUGA %WÊM T- 663 ni> 664 vn» ou bindora ^fêMk T. 665 ix, nom d'un roi-Yaksa ; td. ryûfudô ifc^ifr "debout immobile" Ttt. 1785 VI. Le texte sk. correspondant (Suvarnaprabhâsottamarâjasûtra) paraît donner Pingala.
BIRABA &BM Tt. 1602 x, ou binra fâ% Tt. 1579 xxx, binra |j||g Tt. 1828 11 a, bira }|j||$[ Gog. xxii = sk. bilva, p. billa ; tib. bil ba. Nom d'un arbre et de son fruit, iEgle Marmelos. Gog. xxm Dans les pays occidentaux, les sacrificateurs utilisent cet arbre pour orner leurs cérémonies ; le fruit en est doré, et gros comme une orange (kanshi "tf "?)• Ttt. 1828 11 a Le fruit ressemble au citron (ki 1$£) ; il est de couleur safran (*ukkon Çf jfc, sk. kuiikuma); dans les pays occidentaux, on le donne aux voyageurs en guise de porte-bonheur.
BIRAMBA ^l;3g| Ttt. 2148 xlviii, Gog. 1, xvn,
xxii, abr. biran jgjg T. 279 xm, Eog. 1 ; ou biran
gjg, T. 278 v, Tt. 2042 v ; biramba f$Jg£| Tt. 1559
xvi, Gog. xxv, abr. biran f^JK, Ttt. 2128 xlviii,
Gog. 1, xvn, xxii ; beramba VXjÊLWk Tt. 1759 xxvn,
Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, 2128 xlviii, Gog. I, XVII,
xxii, Eog. 1, abr. beran Il£j|| Ttt. ib. ; beramba
VKMM Tt. 1558 xxii, Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, abr.
beran P^Hf, Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, Gog. xxv ;
te. aberrantes : senramba fêll^ Gog. xxv, senran
pË$£ Ttt. 2128 xlviii, Gog. 1, xvn, xxii, senran
jtelJtij, Tt. 1548 vi, Gog. xvn, zuiramba |§i^^ Gog.
■cxv, zuiran Bjffg Ttt. 2128 xlviii, Gog. 1, xvn, xxii
l=sk. vairambha (cf. Divyâvadâna 105), p. verambha,
Iveramba. — Nom d'un vent, td. jimmyôfû jfi^SL
■ 'vent rapide et violent". — T. 278 v, 279 xm : De
■nême que le vent Vairambha fait trembler la terre
lentière, ainsi le Terrain de Mérite des B. ébranle
Bes Etres des trois Plans. Cm. Eog. 1 donne les étyme-
■ogies suivantes : (1) be $£ "disperser" (san gfc : sk.
|vi préfixe ?) + ramba "atteint" (shoshi 0fjg : sk.
Hambha ?) : tous les endroits atteints par ce vent sont
Hdispersés et détruits ; (2) bi jg, négation (sk. vi
fcréfixe) + ramb "tarder" (chi 5g : sk. lamb°): ce vent
me tarde pas, il est très rapide et violent. Ib. Le
(Cercle du vent cosmique qui soutient le Cercle de
ll'eau porte le même nom que le Cercle de ce vent
tlVairambha). — Tt. 1558 xxii ( = K. Lav. vi, 155)
D'après certains maîtres, l'ascète doit suivre l'air qu'il expire jusqu'au Cercle du vent [qui soutient l'univers] et jusqu'au vent Vairambha. Cm. Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii : Vairambha est le nom d'un vent qui souffle à l'intérieur des Monts de Fer encerclant [l'univers à quatre continents ; sk. Cakravâda, cf. K. Lav. m, 141] ; d'autre part, d'après Paramârtha, beramba ït^W^ signifie : "qui s'élève sans cesse", kôki fUS : c'est le vent qui fait tourner le soleil et la lune. — T. 310 xxxvn Grâce à ses Supersavoirs le B. arrête au moyen d'un seul poil le vent violent beransôga IJ^M.'fê'iÔn (**•£• vairambhasangha ?), qui peut détruire les mondes des dix directions nombreux comme les grains de sable du Gange. Cm. Ttt. 2128 xm Ce nom désigne un grand vent d'ouragan qui souffle au moment de l'incendie cosmique à la fin des Périodes et peut détruire les mondes. — Tt. 2042 v (td. Przyluski 356) Même le vent violent Vairambha ne pourrait emporter les liens dont Mâra a été chargé par Upagupta. — Cf. *Barona.
BIRANAKASHABA ffil^^^$^, te. d'un mot signifiant "tortue" Ttt. 213 1 vi. La seconde partie de ce terme correspond au sk. kasyapa, kacchapa, "tortue".
BIRARI JfïPlJl^, nom d'une espèce de renard qui tue et dévore les hommes T. 1341 xv. — Sk. bidâla "chat" ?
BIRIKU &mW Tt. 852 11 (p. 121 c) = sk. Bhrgu ; tib. nan spon "rejetant le mal", td. ch. kiaku 3f§3§ même sens Mvy. 3451. — Nom d'un Voyant qui figure parmi les assistants d'Agni (*Katen) au Sud de la Cour de Diamant extérieure dans le Cercle du Plan de Matrice ; toutefois dans les représentations "actuelles" (genzu JJJfw]) de ce Cercle au Japon, il est remplacé par la conjointe du Voyant Angiras (*Akeira) Mnkk. 505., avec lequel certaines sources le confondent Sfdk. ix. Dans Tt. 852 11 (p. 122 a), 850 11 (p. 78 a), 851 11 (p. 103 b), son nom est te. gechiriga ^l^|ÏP qui paraît correspondre au sk. gargha (?). Il a pour Formule : Namo gautma mahârsarh gargha svâhâ (sic) Tt. 850 11 (cf. p. 89 b), 851 n, 852 11. — Mvy. 3573 le mentionne d'autre part dans une liste de rois mythiques.
BIRISHAGANA $ÊM$Htiffl = sk. Vrsagana (Vârsagana), nom du roi-Dragon qui habitait un étang au pied des Monts Vindhya et enseigna le système Sârhkhya à Vindhyavâsa Ttt. 2049.
BIRIYA mm Eog. 1, ou jggfjfô Ttt. 1851 XII, MUfltë Bzm., abr. biri Jg^ = sk. vîrya, p. viriya "Bonne-volonté" ; td. *shôjin ||!/ijÊ, q.v.
BIRUSHANA jgj
= sk. Vairocana, nom
BIRUSHANA
BISHAKYi!
d'un B. ; cf. *Roshana et *Dainichi.
BISASHA f$l£jRt Ttt. 2125 m, ou M~ Bzm. 44 = sk. bhaisajya, p. bhesajja ; tib. rci, sman. Td. *yaku |§ "médicament", q.v.
BISASHAHARISHIKARA B|ftJH:ftfllfe&!li= sk. bhaisajyapariskâra "Equipement de Remèdes", td. yakushigue iiîf j^t T. 1453 x. Un des treize Equipements du Moine mendiant ; cf. *Shigu.
BISEIYA #CT Ttt. 1796 v, fèfâffl Tt. 850 11 [= Vijayâ], ou bishaya Mït^P T. 848 iv, Tt. 851 il [= Vijayâ], bijaya #^$ Hizk. il, bijayu MMM Tt. 850 11 [=Vijaya], bijayoku fëfêM Tt. 851 11 [=Vijaya] = [I] sk. Vijaya, td. saishô |||$£ "victoire suprême" ; troisième des cinq Buddhosnîsa (*Bucchô; le second est Jaya) qui entourent Sâkyamuni dans la Cour de Sâkyamuni du Plan de Matrice
Fig. 36. Biseiya (Vijayâ).
Ttt. 1796 v ; il est de couleur jaune et tient un lotus dans la main gauche Hizk. 11 ; cf. *Kinrimbucchô. — Aussi=[II] sk. Vijayâ, td. saishô H$£ "invincible", nom d'une des deux compagnes du Dieu du Soleil (*Nitten; l'autre est Jayâ) dans la Cour de Diamant extérieure du Plan de Matrice T. 848 iv, Tt. 850 11, 851 11, Ttt. 1796 v; elle est de couleur chair et tient l'arc et la flèche Hizk. 11.
BISHAFU M£#, ou Tt. 1509 ix bijobafu ?|&R ^Ff, T. 411 vu bishôfu M^i?, Ttt. 1735 xx, Eog. 1 Jbishibabu ^^gR, T. 125 xlv bisharaba
&&W&, Bjk. 1 bisha |££, fusha &£, T. 190 m bishamon jg^PJ, T. 4, 278 vu zuishô fê|^ = sk. visvabhû (°bhuj), p. vessabhû ; tib. kun skyobs "protecteur de tous". Td. issaishô — $)%$ "victorieux de tous" Tt. 1509 ix, hehissaijizai j||— "ÇJJêlE "souverain universel" (sk. bhuj "jouir de, régner") Ttt. 1735 xx, 213 1 I, Eog. 1 ; issaiu — -tJU4=f "existant universellement" (sk. bhû "devenir, être") Eog. I ; kôshô |§c^k "produisant largement" (sk. bhû, sens causatif) Bjk. 1 ; shujuhengen flîlflÊïi, Gog. xxixxii ou nôhengen gÊfj£ï| Ttt. 2128 xvm "produisant toutes sortes de transformations" (même étymologie). — Le troisième des sept B. du passé. — T. 1 1: Il apparut dans la 31e des Périodes passées ; il appartenait à la caste des Ksatriya, au clan Kaundinya ; le roi son père avait nom Zentô ^® "bonne lampe" (sk. Supradîpa ? — le pâli, Dîg. Nik. xiv, a Suppatîta ==sk. Supratîta auquel répond la te. de T. 2 soharateitsu lïÇ&fcJStJglSJJ ; T. 4 donne suharadaijosetsuri fè$.W&WMM), sa mère Shôkai ffê$ "moralité glorieuse" (p. Yasavatî = sk. Yasovatî, auquel répond T. 4 yashaotsudai JflîïJjMti ! T. 2 donne harababatei Ml^lMS^sk. Prabhâvatî ?), sa ville de naissance Anupamâ ; à son époque la durée de la vie humaine était de 60.000 ans ; il avait un fils nommé Myôkaku %ty^ "Eveil merveilleux" (T. 4 : Suharawatsu M^^0). deux disciples, Fuyû $oS| et Uttama H£0 (P- Sona et Uttara ; T. 4 : Butsudai 4${g et Utta fg£ ; T. 2 : Yashutara ff$|£££), un disciple intendant nommé Jakumetsu yfëiÀËL "apaisement" (p. Upasannaka ; T. 2 : Upasento fèOTSf î T. 4 : Fukushiyô fê&M) ; son arbre d'Eveil fut le sala (cf. *Bodai) ; il prêcha la Loi à deux assemblées, la première de 70.000 disciples, la seconde de 60.000. — Cf. T. 643 x, et les autres sources citées s.v. *Butsu.
BISHAJARASHO fè$?fflM#f = sk. Bhaisajyarâja T. 474 11. Nom d'un B. ; td. *Yakuô ||ZE.
BISHAKA &M (ou &) $fl = sk. Visâkhâ ; nom d'un des huit Yaksa de la suite de Vaisravana (cf. *Bishamon) Ttt. 1796 v. Dge. xv td. daiman ;fcj$j "tout plein" ou jihô f$fë; "maintenant la Loi".
BISHAKYA ^gfè, ou M£fê, #Wfê, beshakya Ç^^^ = sk. visâkhâ, nom d'une mansion lunaire ; ch. tei Jj£, tib. sa ga Mvy. 3200 ; td. littérale besshi glJ^J "branche (sâkha) à part (vi)" Gog. xvm ; autre td. fusshô $&J1. "étoile bouillonnante" (?) Ttt. 2040 I. [Visâkhâ était aussi le nom personnel de Mrgâramâtâ (Rokushimo fê&'f'BiÙ, qui fit construire pour le B. un temple au Jetavana ; elle était née sous l'influence de cette mansion.] — Aussi — sk. vaisâkha,' nom du deuxième mois (avril-mai) ; tib. dpyid zlaî tha chun sa ga, ch. kishun -fê^ "3e lune du prin-j temps" Mvy. 8263 ; td. Ttt. 1821 vm jôyô fk%
BISHAKYA
BISHAMON
croissance .
BISHAMON S'^PI. ou Tt. 1509 liv Wfrft = sk. Vaisravana, Vaisramana, p. Vessavana ; tib. rnam thos bu, rnam thos sras "fils de celui qui est entièrement entendu" (c.-à-d. du glorieux, sk. Visravas, jnom du père de Kuvera). Autres te. : (1) beishirabana k^R» Tt. 1298, bisharabana g (ou #) &lfê m<fi Gog. xix, Ttt. 2129 VI, qui répondent au sk. Vaisravana ; (2) mais la plupart des te. répondent pu sk. Vaisramana : beishiramana ^X^MkW-^ Tt. L 246, beisharamana V%%$&fêffl T. 9°* XI> heishijramana M^M^M T. 665 VI, Tt. 1246, beishiramana k^^ Ttt. 2129 vi, bishiramanô %%W$rMM JEog. 1, etc. — Nom d'un des quatre Dieux-Rois ï*Tennô X3Î) ', il préside au Nord, aux Yaksa, et aussi à la richesse, à la guerre, etc. — La plupart des îtd. de son nom reposent sur la forme sk. Vaisravana J' racine sru "entendre") : la plus courante est tamon %■% "beaucoup entendu", qui s'interprète de pifférentes façons : beaucoup de gens entendent oarler de sa richesse Gog. xix, Ttt. 2129 vi, ou de tes Mérites Eog. 1 ; il entend souvent prêcher la Loi, par c'est lui qui protège la Terrasse d'Eveil des B. Ttt:. 1721 xn ; les mêmes interprétations s'attachent lux td. fumon -^•[^ "vastement entendu", hemmon igfifl "partout entendu" Gog. xix, Ttt. 2129 VI. Gog. kix donne une td. rimon lH[îfj "séparément entendu" pu le préfixe sk. vi° (d'où vai°) est pris au sens ! iéparatif . Enfin Eog. 1 donne une glose fantaisiste Ke la forme sk. Vaisramana : vai serait une exclamaion précédant le mot sramana "moine" ; à l'origine pe roi s'appelait Kuvera (Kukotsura {f^Sfjl, à corr. [en Kubira {^Mft). mais il lui arriva un jour de •evêtir le Froc pour écouter prêcher le B. ; et lorsqu'il entra dans l'assemblée des auditeurs, ceux-ci se i pirent les uns aux autres : Vai, sramana ! vai, sramana! lé ! voici le moine, voici le moine ! D'où son nouveau nom. — Comme régent du Nord, Vaisravana igure non seulement dans la série des quatre Dieuxlois, mais aussi dans celle des Dieux des huit direcions (*Happôten), des Douze Dieux (*Jûniten), etc. 1 habite au Nord du Sumeru, soit sur le flanc Nord le la montagne à mi-hauteur, T. 24 vi et 25 vi, Ttt. 121 1 (au sommet du Yugandhara, à 42.000 Lieues u-dessus de la terre), Tt. 1644 v (entre les deux ommets du Yugandhara), Tt. 1558 xi ( = K. Lav. H, 160 : sur la 4e terrasse, à mi-hauteur du Sueru, au niveau du sommet du Yugandhara, là où ont les châteaux du soleil et de la lune) ; soit à 1000 ieues au Nord du Sumeru T. 1 xx, ou à 4000 ieues T. 23 m. Il a trois villes, un parc, et un tang, dont les noms diffèrent selon les textes : première ville, T. 1 xx Kai pjg "redoutable", T. 3 ni Shama $fg, T. 24 vi, 25 vi Bisharaba fg<£r W&; deuxième ville, T. 1 xx Tenkyô %%fc "vénérée es Dieux", T. 23 ni Hakaraotsu #£iJra£JàB> T. 24 vi,
25 VI Gabahattei $$&$$& ; troisième ville, T. 1 xx Shûki 5jÇ|§ "tous les refuges" (ou : "refuge des assemblées"), T. 23 III Aniban PSJ/Ê^» T. 24 vi, 25 Adabanta |&J^^^ (et cf. les te. suivantes désignant l'une des villes de Vaisravana : T. 310 II] *Atabattei P"»ÏP£$JS, T. 1245 Anakabatei H^&Mftfô' 999 Anakabatei |5^^|$fjgi = sk. Atakavatî, Alakavatî ; T. 982 11, Ttt. 2128x1 Anabanta j§^$6^,T. 984 1 Atabanta M£-%à£>, 985 11 Katabanta 'ffl^Vfc&y T- 190 11 Araka pslil^O, ib. xn Arakabanta WM^^Z-, Tt- 1644 v Arakamanda psliJÊÏiîi^lS'Ë) ; le nom du parc est : T. 1 xx Kabientô ^JÊiiiSBJi, T. 23 III Kabienta $â§Lfê£', T. 24 VI, 25 VI Kabien j&Ufc&E ; le nom de l'étang : T. 1 xx Narinni $Jg$/E, T. 23 m Nari $jîflj, T. 24 vi Natsuini ffôffÊ/ê, T. 25 vi Nachini UflP.fô (sk. Nalinî, Nadinî). Vaisravana, qui est le plus important des quatre Rois, dispose seul d'un parc et d'un étang (et les trois autres Rois n'ont qu'une ville chacun) ; mais sa résidence communique par des escaliers avec celles des trois autres, qui viennent lui rendre visite et se promener dans son parc. Tt. 1644 v décrit en détail sa ville, ainsi que tout le royaume qu'il régit. — C'est lui qui protège le continent situé au Nord du Sumeru, l'Uttaravatî T. 397 Li, ou bien encore, au Sud du Sumeru, la partie septentrionale du Jambudvîpa T. 397 lu : c'est en effet, ajoute ce dernier texte, dans le Jambudvîpa qu'apparaissent les B., et c'est pourquoi Vaisravana y veille sur les quatre royaumes de Ôgamagada ^fjJ^VÊ. Bôgamagadha f&f^fl |?g, Abanta psf*^ et Shidai £$§ ; il en a reçu la mission du B. lui-même : avec ses 91 fils qui parcourent les dix directions, montés sur des animaux, des hommes, des femmes, et avec les Yaksa, les Râksasa, les Kumbhânda, les Trépassés, les Pisâca, les Dragons, les Dieux, les constellations qui forment son armée, il défend le bouddhisme et réprime le mal ; aux pieux fidèles, il assure cinq avantages : accroissement de vie, de richesse, de santé, de plaisir, de célébrité ; mais il abandonne les disciples pervers à la justice royale. — Dans T. 2043 vi et Tt. 2042 vi, c'est d'Indra que Vaisravana reçoit, après la mort du B., la mission de protéger le bouddhisme dans la région du Nord, spécialement contre les attaques de trois rois cruels, Saka, Yavana, Pahlava. — Et en effet c'est dans les pays du Nord que Genjô (Hiuan-tsang) rencontra le culte de Vaisravana Ttt. 2087 1 et xn : le grand couvent de Balkh était protégé par son image, qui avait miraculeusement fait échouer l'attaque armée d'un khan turc ; et les rois de Khotan prétendaient descendre de Vaisravana, leur premier ancêtre étant né du front de sa statue (sur cette dernière légende, cf. Kse. xlv). Ttt. 2126 11 insiste sur les rapports "très étroits" qui existaient entre Vaisravana et Khotan, et prétend même que son nom, Bishamon, était tiré d'un des noms du pays de Khotan, Bishabu If^pfl- Cf. aussi T. 982, 984,
BISHAMON
BISHAMOIS
985 (J. As. 1915, I, 53), qui assignent comme résidence à Vaisravana le pays des Tukhâra. — Il préside aux Yaksa. La Mahâmâyûrî, T. 982, 984, 985, le mentionne lui-même comme Yaksa, à deux reprises, d'abord sous le nom de Vaisravana, puis sous celui de Vaisramana (J. As. 191 5 1, 53 et 58). — T. 279 lxvii : Il est à la tête de la multitude des Yaksa. — Tt. 1644 v : Du Yugandhara jusqu'au Cakravâda septentrional, tous les Yaksa dépendent de lui. — T. 133 1 IV II prononce cette stance : Autrefois, cultivant l'Eveil, je me suis fait roi des démons (Yaksa) pour le bénéfice des Etres ; à ceux qui demeurent dans les ténèbres de l'Inscience, j'ouvre les yeux avec ma hache d'or ; et je les sauve des Transmigrations, et les élève au Nirvana. — Dans T. 1245, texte tardif qui lui est spécialement consacré, il prononce un sûtra intitulé Adanôtei PRlIFÊ^iSf ( = p. Âtânâtiyasutta du Dîg. Nik. xxxn, qui ne figure pas dans les td. ch. des Âgama ; cf. aussi Hœrnle, Manuscript Remains, 24 sq.), grâce auquel les disciples du B. peuvent se défendre contre ceux des Yaksa dépendant de Vaisravana qui sont incrédules et malfaisants. En réalité ce sûtra traite des quatre Rois, et le quatrième, qui régit le Nord, y est appelé le Yaksa Kuvera (cf. inf.) ; il a 91 fils nommés Taishaku $?f!g (nom désignant ordinairement Devendra Sakra = Indra), qui sont soumis au B., et qui par leur exemple incitent tous les Yaksa à protéger le Nord. Dans le même texte T. 1245, Vaisravana prononce ensuite des Formules destinées à subjuguer les Gandharva malfaisants, qui sont ses propres frères, les Pisâca, les Kumbhânda, les Trépassés, les Dragons, etc. — Dans T. 999 1-11 ( = sk. Mahâsahasrapramardinî, cf. Mitra, Nepalesc Buddhist Literature, 166-167), Vaisravana enseigne également une Formule pour dompter les Yaksa qui enivrent les hommes, les hébètent, les rendent fous, les dévorent : C'est moi qui suis leur roi, déclare-t-il, et ils adorent la sainte image placée dans le stûpa que je tiens à la main. — Ib. Le B. enseigne la "Formule du roi Brahmâ" qui permet de soumettre le fils aîné de Kuvera, le grand Yaksa Sanjaya J|k^SF (sk. Sanjaya), qui chevauche un homme, et ses autres fils Janika Éf,flS2ïï» Daimi ;fc$ÉJs "grand démon" et Ufuku ^flg "jarre-ventre". — D'après Tt. 1509 liv et Ttt. 2129 vi, il préside à la fois aux Yaksa et aux Râksasa. — Tt. 1297: Lorsque Vaisravana est joyeux, les Yaksa ne nuisent point aux hommes ; lorsqu'il est en colère, ils causent du désordre. — T. 1 xx ( = Ttt. 2121 1) et T. 24 VI ( = 25 vi) : Il est toujours accompagné de cinq Yaksa qui veillent sur sa personne : (1) T. 1 Hanjarô j^^^> T. 24 Gojô 2£3fc "cinq fois dix pieds" (sk. Pancâla) ; (2) T. 1 Dandara fëïP'gil. T. 24 Kôya jJgjfF "brousse" (cette dernière td. correspond au sk. Âtavaka, cf. *Atabaku) ; (3) T. 1 Keimabatsuda MBWt (sk. Haimavata), T. 24 Konsen ^-Uj "montagne d'or"
Fig. 37. Bishamon (Plan de Matrice).
Amrta). — Famille.— Tt. 850
(sk. hema "or") (4) T. 1 Daigen
mmii, t. 24 jô.
shin JUJ- "lonf corps" ; (5) T.
Shuitsuroma |tE)§ jfèj^, T. 24 shimmô $f^ "aiguille' poil" (sk. Sucilo' ma). — Ou encore d'après une au tri liste donnée Bdjt 1487 : (1) Zennik Ï?JÊA î (2) Dok.
ken $3g| ; (3) Nats tHftl; (sk. Nada) (4) Kubatsura % HtSft(sk.Kubâra) (5)Kanro-H-|g(sk lui attribue hui
frères, une mère et une grand 'mère. — D'après Std 1, son père s'appelle Rabada |j/i2£|[P& ou Bananda 3g JUPE, et sa mère Mitsujaru fëÙ ou Sofu ffî.%-- Ses huit frères ne sont autres que les huit générauï Yaksa qui l'entourent dans le Cercle du Plan de Matrice Ttt. 1796 v : (1) Mânibhadra ; (2) Pûrnabhadra (3) Pâfïcika ; (4) Sâtagiri ; (5) Haimavata ; (6) Visâkha (7) Âtavaka ; (8) Pancâla ; le texte ajoute qu'anciennement Pâfïcika, le 3e, était nommé Sanjaya [pour h restitution de ces noms en sk., cf. J.As. 1915, 1].— Selon T. 1245 cité sup., il a pour frères les Gandharva.— Quant à ses fils, le nombre et les noms er varient selon les textes. L'aîné est le plus souvent appelé Nata ^jî(F£ ( = sk. Nada ; cf. Nada-Kûbara nom du fils de Kuvera dans la mythologie hindoue) C'est lui qui aurait remis au maître ch. Dôsen îftjÉ une dent du B. volée à Indra par les Râksasa Ttt 2061 (cf. *Butsuge). On raconte aussi, dans la secti Zen, qu'il se rompit les os et se déchira la chai: pour les restituer à ses père et mère, puis leur apparu et leur prêcha la Loi Gte. 11 ; mais cette légende n'est pas attestée dans les textes canoniques Stj.