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PLANCHE X

BONTEN (BRAHMA).

Terre sur bois. Epoque de Nara (VIIIe siècle). Réfectoire du Horyuji ffiH^â^.

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formule sacrée du brahmanisme) : S'il y a Formel, il y a nécessairement Désir ; s'il y a Désir, on est sûr d'atteindre le ciel de Brahmâ. Le sk. ajoute : Voilà, ô brahmane, la Formule sâvitrienne qui a été énoncée par Brahmâ Sahâmpati, et elle a été approuvée par les B. complètement Eveillés d'autrefois. — Termes composés. — Bomma ffîfâfr : Brahmâ et Mâra, ou les Brahmâ et les Mâra ensemble, combinaison très fréquente dans les textes, p. ex. T. 262 I ( = Lotus p. 13 inf.) ; elle représente tous les dieux du Formel avec tous les dieux du Désir (sk. p. Sabrahmaka Samâraka). Autre te. Bommara ffîfÊjlitfâk T. 1060. — Bommani ^£HUiî = sk. brahmamani, td. jôshu £!?#£ "Gemme pure", nom de gemme ; l'épithète brahmâ dénote la pureté Ttt. 213 1 m. — Bondan ^£i8 ou ^£fQ. = sk. p. brahmadanda : Nom d'une peine disciplinaire appliquée aux Moines ; td. littérale bonjô ^^ "bâton de Brahmâ", glosé mokuhin $$fâ "tenir à l'écart dans le silence". Dîrghâgama T. 1 iv : Chanda était violent et égoïste. Le B. dit à Ânanda : Si après ma disparition il ne se conforme pas au rituel du Nirvana, infligez-lui la peine du brahmadanda : que les Moines ne lui adressent pas la parole, ne fassent pas compagnie avec lui, ne lui enseignent point. T. 1421 xxx même épisode. Tt. 1509 11 explique brahmadanda comme le châtiment selon la loi du dieu Brahmâ. Etymologie fantaisiste du terme ch. Ttt. 1805 glosant Ttt. 1804 1 b. — Dans l'ordre brahmanique, le terme s'applique à la malédiction prononcée par un brahmane. — Bondo ^£:fc, "terre brahmique" : l'Inde. — Bondâ ^£jH "Voie brahmique" ; Tt. 1509 vm : On dit de celui qui cultive la pureté de l'Extase et tranche la concupiscence, qu'il marche dans la Voie brahmique. — Bondâ ^jj£ "salle brahmique" ; autre nom des bonjû ^frfË "Stations brahmiques" (sk. brahmavihâra) ; cf. *Muryôshin. — Bonen ;££$£ : Brahmâ et Nârâyana associés. — Bonfu ^£|it; sk. Brahmapurohita, "Acolyte Brahmique" ; cf. sup. Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. — Bonfuku ;££flîg, sk. bramapunya, Félicité Brahmique : quatre actes méritoires qui font renaître au ciel de Brahmâ. Tt. 1558 xviii ( = K. Lav. iv, 250) : Le sûtra (Ekottara T. 125 xxi, cf. aussi Vibhâsâ Tt. 1545 lxxxii) dit que quatre personnes produisent la Félicité Brahmique : (1) celui qui élève un stûpa là où il n'y en avait pas pour y vénérer une relique du Tg. ; (2) celui qui construit un monastère, donne un jardin, ou offre à la Communauté des quatre points cardinaux les quatre choses (sk. vastu), vêtement, nourriture, couche, médicaments ; (3) celui qui rétablit l'union de la Communauté divisée ; (4) celui qui pratique les quatre Incommensurables ( = Stations brahmiques). [Mais T. 125 xxi compte comme le quatrième celui qui invite un B. à prêcher la Loi.] La mesure de la Félicité Brahmique, c'est de procurer la naissance au ciel pour une Période, durée de la vie des Acolytes Brahmiques. [C'est l'opinion des

anciens maîtres Sautrântika ou Mahâsânghika, mais la Vibhâsâ Tt. 1545 lxxxii dit que la mesure est la même que celle du Mérite qui produit les Caractères de Bs. — Pour l'opinion de Sanghabhadra Tt. 1562 xxm, cf. K. Lav. IV, 261, n. I.] — Dans la secte Tendai, le bonfuku "Félicité Brahmique" s'oppose au shôfuku ggfg "Félicité des Saints" [des trois V.] Ttt. 1718 x. — Bongo ;££!|J "langue brahmique", le sanscrit, ainsi nommé soit parce que l'origine en remonte à Brahmâ, soit parce qu'il est la langue de l'Inde, appelée en Chine "terre brahmique" Bondo ^E±. D'après Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 11, Brahmâ et Indra l'enseignèrent les premiers ; Pânini résuma leurs enseignements sous l'inspiration de Mahesvara. Gijô (Yi tsing) Ttt. 2125 IV limite ce prétendu historique de la langue à Pânini et Mahesvara. Tt. 1558 xi ( = K. Lav. m, 165) : Tous les dieux parlent la langue sainte, le sanscrit [Genjô (Hiuan tsang) ajoute : qui est le parler de l'Inde Centrale]. Ttt. 1916 rapporte que, d'après la secte Vijnaptimâtra, le sanscrit, langue des dieux, n'est parlé que jusque chez les dieux de la première Extase ; à partir de la deuxième Extase, il n'y a plus de Raisonnement, donc plus de langage. — En Chine le sanscrit fut d'abord appelé Kogo j!jj]!§ "langue des Hou" (Barbares Occidentaux) ; c'est seulement vers la fin des Six Dynasties qu'on commença à distinguer le Bongo ^£§f£, sanscrit proprement dit, des autres parlers des Pays Occidentaux. La distinction du Kogo et du Bongo suscita dès l'époque de Gensô ^% (557-610) des controverses qui se prolongeaient encore sous les Sô (Song) 5i5 au XIe siècle. Cf. Ttt. 2061 m (td. Lévi BEFEO iv, 561) : Dans les Cinq Indes, c'est le Bongo pur ; au Nord de l'Himalaya, c'est le Kogo ; écriture et langue diffèrent . . . Dans l'Inde les mots et les lettres sont ceux qu'a inventés le dieu Brahmâ ; ils sont originellement au nombre de 47 ; mais ils vont se multipliant : C'est ce qu'on appelle seizô pfj|iÊ "corbeille bleue" (sk. nîlapitaka) . . . Depuis les Kan (Han) ^| jusqu'aux Zui (Souei) flÊI (25-618), les traducteurs désignaient l'Inde sous l'appellation Ko JjEj...on appelait tout indistinctement du nom de Ko. A partir de la dynastie Zui (Souei), on donna à tout communément le nom de Bon ;££. C'est le cas de dire : Qui passe le but ne l'atteint pas. — Cf. *Butsugo, sur les langues que le B. emploie pour prêcher. — Bongyô Jfcff "Conduite brahmique", sk. brahmacaryâ, p. °cariyâ ; Mvy. 1279 tib. chahs kyi spyod. Le mot est emprunté à l'ordre brahmanique où il désigne la pratique rigoureuse de la règle et spécialement la continence imposée pendant la période des études. — Mahâpr°pâr°sâstra Tt. 1509 xx : Les dieux qui ont tranché le désir sexuel sont des Brahmâ, terme qui s'applique à tous les dieux du Plan du Formel ; c'est pourquoi la méthode pour trancher le désir sexuel est dite Conduite brahmique. — Mais la Conduite brahmique désigne

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aussi l'ensemble de toutes les bonnes actions. Tt. 1509 vin explique que, s'il en est ainsi, c'est pour bien marquer quelle importance capitale a l'élimination de la luxure. — T. 310 cxiv Dans la Loi bouddhique, c'est la pureté de l'Esprit qui fait la Conduite brahmique. — T. 1775 II Quoiqu'ayant femme et enfants, Vimalakîrti observe toujours la Conduite brahmique. — T. 1670 ( = Milindapanha 76) Le roi demande : Le B. se conforma-t-il à la Conduite brahmique? N'eut-il pas de rapports avec les femmes ? — Certes, répond Nâgasena. — Alors, reprend le roi, le B. fut un adepte de Brahmâ ! — Certains commentateurs chinois interprètent Bon par Nirvana et expliquent que la Conduite brahmique est celle qui conduit au Nirvana Ttt. 1721 m, 1796 xvn. — La Conduite brahmique est la seconde des cinq Pratiques des Bs. qui mènent au Nirvana T. 375 xi et xiv sq. ; cf. *Gyô. — Tt. 1604 vi ( = Mah° sûtrâP td. Lévi 147) Quatre vertus de la Conduite brahmique : (1) elle est unique, parce qu'elle n'a rien de commun avec les autres ; (2) elle est pleine, parce que contrairement à la Conduite des hérétiques elle parachève l'abandon des Passions des trois Plans ; (3) elle est pure, parce qu'elle est nettoyée naturellement, en tant qu'elle est sans-Ecoulement ; (4) elle est nette, parce qu'elle est nettoyée des taches, car la Série personnelle est nettoyée chez ceux dont l'Ecoulement est épuisé. — Bonjô ^Kl "Véhicule brahmique" : on appelle ainsi le V. des Bs. parce qu'il est pur. — Bonjû ^frfî "Station brahmique", sk. brahmavihâra ; cf. *Muryôshin. — Bonkai J&\-, monde de Brahmâ ; cf. inf. Bonsekai. — Bonkai ^ jjg^ = sk. brahmakâyika, Ensemble-brahmique ; cf. sup. Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. — Bonkaku ^E|HJ "pavillon brahmique", terme désignant les temples bouddhiques. — Bonkô ^£fp "son brahmique" : son de la voix du B., p. ex. Ttt. 2125 I ; cf. *Bonnon. — Bonnô ^£Jl "empereur [de la Loi de la terre] brahmique", désignation ch. du B., p. ex. dans la préface de Ttt. 1912. — Bonkoku 3l£|ji| "pays brahmique" : l'Inde, p. ex. Ttt. 2125 III. — Bonkyâ ^fg, ou bonkyô ^1$, bonkô j&fc, °onsaku ^^, termes désignant ce qu'on appelle aujourd'hui en Occident pothî (hindoustani pothî, du sk. pustaka, dérivé lui-même du persan pust "cuir, parchemin"), c.-à-d. les manuscrits de l'Inde et des pays de culture indienne, serrés (ko $$, kyô f$) entre des planches ou dans une boîte (kyô ^,saku^) de bois, auxquelles ils sont fixés par des attaches ; par extension, les livres chinois reliés de la même façon (notamment les collections d'estampages épigraphiques). — Bonkyô est aussi le nom d'un Sceau : pour le former, on dispose les mains en forme de bonkyô Zish. I. — Bonnyo Jfcic "femme brahmique" : femme observant la Conduite brahmique, ou femme d'un Brahmisant, ou encore femme d'un brahmane (p. ex. T. 567). — Bonrin %$fc, sk. brahmacakra :

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Roue brahmique, synonyme de *hôrin j£^, sk. dharmacakra, la Roue de la Loi, que fait tourner le B. — T. 26 xxxiv ( = Majjhima 1 431, 368) Le Tg. fait tourner la Roue brahmique. Mah°p°pâr°sâstra Tt. 1509 xxv La Roue brahmique porte ce nom parce qu'elle est pure... ou encore parce que Brahmâ signifie vaste (sk. brhant) : or la Roue de la Loi que fait tourner le B. s'étend au monde entier ; ou encore parce que le B. enseigne les quatre Stations brahmiques ; ou encore parce qu'à l'origine c'est Brahmâ Roi des Dieux qui invita le B. à faire tourner la Roue de la Loi ; ou encore, pour plaire à ceux qui vénèrent le dieu Brahmâ. — Le B. dit tantôt Roue de la Loi, tantôt Roue brahmique. Quelle différence y a-t-il entre ces termes ? — Ils sont synonymes. Toutefois, d'après certains, Roue brahmique se rapporte aux Quatre Incommensurables ( = Stations brahmiques) et Roue de la Loi aux Quatre Vérités ; ou encore, on dit Roue brahmique parce que la Voie est atteinte au moyen des Quatre Incommensurables et Roue de la Loi en tant qu'elle est atteinte au moyen d'autres Essences ; ou encore, Roue brahmique s'emploie par rapport aux Quatre Extases et Roue de la Loi par rapport aux trente-sept Ailes de l'Eveil ; ou encore, Roue brahmique s'applique à la Voie de l'Extase et de la Concentration, et Roue de la Loi à celle de la Sapience. — T. 183 Un ermite qui est le futur Maitreya, s'étant suicidé, renaît dans le monde de Brahmâ où il prêche la loi de Brahmâ ; il y obtient l'Eveil et y fait tourner la Roue brahmique. Il institue un Pénitentiel qui interdit sévèrement la viande comme aliment ; cf. BEFEO XXIV, 166. — Cf. aussi sup. le passage du Kosa sur le srâmanya-brâhmanya. — Bonsekai ^tjtti"^?-» ou bonse ^Etfr» bonkai ^t%, bontenkai ^X|?-, sk. Brahmaloka, "monde de Brahmâ" ; on le désigne souvent en chinois comme le septième Ciel (Daishichibonten Wt-\l*$E>3V) parce qu'il vient au-dessus des six mondes ou cieux du Plan du Désir. T. 1670 ( = Milindapanha 81) Une pierre qui tomberait du monde de Brahmâ ne toucherait la terre qu'au bout de six jours (pâli : de quatre mois). Ttt. 2122 v Une pierre de 1000 pieds jetée du ciel de Brahmâ le 15 de la 9e lune arrive au Jambudvîpa le même jour de l'année suivante. Tt. 201 v ( = Sûtrâlarhkâra td. Huber 130) Les Voyants de l'antiquité croyaient qu'en renonçant à leur vie ils renaîtraient dans le monde de Brahmâ . . .Mais ce n'est pas en se suicidant qu'ils renaissaient dans le ciel de Brahmâ : c'est en pratiquant l'Extase et en se délivrant des Liens. Leurs confrères crurent qu'ils y renaîtraient en se jetant dans les abîmes ou dans le feu ; c'est ainsi que naquirent les Vues Perverses. — Bonsen ^£f§ : le cordon brahmanique (porté par les hautes castes à partir de l'initiation et tressé de plantes différentes selon la caste). T. 145 1 1 interdit aux moines de le porter; c'est un péché de transgression. — Bonsetsu ^^lj = sk. brah-

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maksetra "Terrain brahmique", terme qui désigne l'Inde, où plus fréquemment les couvents bouddhiques.— Bonshaku ^£J^, Brahmâ et Sakra [Indra], souvent associés; cf. -sup. — Bonshakushitennô 3>fcff!['!<] Jiï, Brahmâ et Sakra associés aux quatre Dieux- Rois ; cf. sup. — Bonshabashu $&£~^'ï., sk. Brahmâ Sahâmpati ; cf. sup. Souverain du monde. — Bonshi ^ij£, litt. "qui a la volonté brahmique", sk. p. brahmacârin ; Brahmisant. L'équivalent sk., qui signifie littéralement pratiquant la Conduite brahmique (cf. sup. Bongyô), s'applique en particulier à l'étudiant en cours d'instruction et tenu spécialement à la continence. Le bouddhisme a changé la valeur du mot. Tt. 1509 lxxvi Les Brahmisants, ce sont tous les hérétiques sortis de la famille, ou encore ceux qui suivent leur Loi. T. 125 ix L'Arhat qui a épuisé les Ecoulements, c'est lui qu'on appelle Brahmisant. — Le mot bonshi est souvent l'équivalent de brahmane, p. ex. T. 26 xxxvn, xxxix, et Tt. 1545 xxxiv. Les commentateurs chinois interprètent la traduction bonshi "qui a la volonté brahmique" comme signifiant "qui a la volonté du Nirvana" Ysk. xix. — Bonshin ^^, sk. brahmakâya "corps de Brahmâ" ; cf. *Busshin init. Bonshin s'emploie aussi pour désigner le Corps d'Essence du B. Ttt. 1813 1. — Cf. aussi sup. Bonkai = sk. brahmakâyika. — Bonshitsu ^£H[ "chambre brahmique", désignation de la cellule du moine. — Bonshâ ^£|i "cloche brahmique" : on désigne ainsi les grandes cloches des monastères ; cf. *Shô "cloche". — Bonshu ^£^, sk. Brahmapârisadya (ou aussi Brahmakâyika) ; cf. sup. Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. — Désigne aussi la Communauté bouddhique.— Bonsô ffîfè "moine brahmique" : moine des Pays Occidentaux, ou moine pratiquant les Défenses.— Bonten ffiX "le Dieu Brahmâ", et Bontennô &XÏ "Brahmâ Roi des Dieux" ; cf. sup. — Bonten fâ!& "les livres saints de l'Inde". — Bontenkô %% Jp, la conjointe du Dieu Brahmâ ; cf. sup. Iconographie.— Cf. aussi *Baramon, *Bombai, *Busshin, etc. — Sur Brahmâ dans les Nikâya et les Âgama, le Prof. Ui a publié dans Itkk. in, 63-195, un important travail qui n'a malheureusement pu être utilisé pour la préparation du présent article. Il y montre notamment comment le bouddhisme dépersonnalise Brahmâ au point de confondre sous ce nom toutes sortes de personnages différents. Cf. p. ex. le sûtra du Sarhyuktâgama T. 99 iv (27 b-c) [=T. 100 xin (466 c) = Sam. Nik. 1 ,14] où un certain Brahmâ entre en religion, devient Arhat et, au cours de sa tournée de Mendicité, enjoint à sa propre mère de ne pas adorer le dieu Brahmâ ; sur ces entrefaites survient Brahmâ Sahapati qui recommande à la mère de faire offrande au Moine-mendiant, son fils, et non au dieu.

BONNÔ j£tg (litt. "tourment, affliction"), sk.

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klesa, p. kilesa ; tib. non moiis pa. — Passion. — Aperçu général. — Le point de départ du bouddhisme est la Douleur. Les langues romanes, slaves, germaniques comme le sanscrit nous permettent de suivre un développment sémantique qui conduit d'une racine signifiant "douleur" à un dérivé signifiant "passion": français pâtir-* passion; russe stradat "souffrir"-*-strast "passion" ; allemand leiden -*■ Leidenschaft ; sk. klis- [faire] "souffrir"-*- klesa. Le même développement se laisse poursuivre dans la liaison de la première et de la deuxième Vérité, ainsi que dans l'enchaînement des douze Dpnnéescausales. La première Vérité constate le caractère Douloureux des Essences et des Opérés ; la deuxième Vérité, celle de la Formation, en indique la cause : les Passions. L'ordre réel des douze Données-causales (opposé à l'ordre logique des quatre Vérités) se poursuit en sens inverse ; il commence par la Passion fondamentale, l'Inscience, qui équivaut à l'ensemble des Passions, et finit par rémunération de la vieillesse, de la mort, et de diverses manifestations de la Douleur : affaiblissement, fièvre, souffrance, plaintes, tristesse, tribulations. Le caractère idéaliste du bouddhisme est attesté par les équations suivantes : Inscience = Désir = Racine des Essences T. 59 (855 c) ; Inscience = Passion (Harivarman ; cf. K. Lav. ni, 91); Esprit = Inscience T. 418 1 (906 a), Esprit-en-travail = Cause des Passions T. 26 xxxm (635 b). L'Acte est causé par les Passions, qui agrègent les cinq Masses en une entité individuelle illusoire Tt. 1545 xlvi (238 b) ; l'Acte est causé par l'Esprit T. 721 xx (114 b), T. 276 (235 b) ; donc les Passions et l'Esprit sont identiques en tant que Causes des Actes, d'où résultent le Monde-Réceptacle et le Monde des Etres. La Passion n'est donc pas seulement une catégorie psychologique, mais aussi une catégorie ontologique cardinale, de même que le principe apparenté de l'Esprit. Déjà dans le Sarhyuktâgama T. 99 x (69 c), le Buddha déclare que les Passions des Etres et les variétés du monde matériel dépendent de l'Esprit, comme les couleurs et les dessins d'un tableau sont créés par le peintre. L'école Mahâsanghika (Anguttaranikâya I, p. 10; Traité de Vasumitra Tt. 2031) admettait l'existence d'un Esprit dont la substance est originellement pure, mais qui est accidentellement souillé par des Passions-de-passage. Plus tard le Tathâgatagarbhasûtra, le Srîmâlâsûtra, le Lankâvatâra, le Mahâyânasraddhotpâda divisent cet Esprit, la Matrice de Tg., la Notation de Tréfonds, en deux sections (ou états), l'une Immaculée, l'Ainsité, l'Essencité, l'autre Passionnée, Magasin des Germes des trois Plans à-Ecoulement. Les efforts du G.V. pour expliquer l'interaction et l'Imprégnation réciproque de ces deux principes métaphysiques opposés ont donné lieu à une dialectique du Milieu, conciliant thèse (Passion) et antithèse (absence de Passion) dans une synthèse progressive. L'application de cette

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méthode dans le domaine de la Discipline et de la morale a élargi le cadre étroit des Défenses négatives et des pratiques ascétiques du P.V. Une casuistique ingénieuse et intentionaliste permet aux Bs. (même aux Bs. Moines) du G. Vt tous les péchés et toutes les Passions, en première ligne les péchés de concupiscence, pourvu que ces péchés jouent le rôle de Moyens nécessités par la grande Compassion et le Travail salvifique. La fin (le Nirvana, l'Eveil, l'état de Buddha) justifie les Moyens (les Passions comme combustibles du processus vital), mais cette fin disparaît dans un avenir lointain, de plus en plus reculé (comme dans le cas des Bs. Icchantika du Lanka, qui refusent d'entrer dans le Nirvana aussi longtemps qu'il y aura des Etres à sauver ; cf. *Issendai). Ce Nirvana sans-Reste et cet Eveil du P.V. sont tellement éloignés dans un avenir infini que les Bs. considèrent leurs Passions et les actes altruistes qui en résultent comme des sortes de buts provisoires, accommodés à la Transmigration ; d'où les notions du Nirvana sans-Résidence (cf. *Nehan) et de l'Eveil actif et éternel. Leur tâche qui est de sauver les Etres pendant des vies innombrables n'est jamais accomplie ; les Etres deviennent les Mobiles de leur activité mondaine. Ces énormes perspectives du G.V. expliquent la contradiction apparente de la Prajhâpâramitâ, qui enjoint aux Bs. d'aimer les Passions aussi profondément qu'ils doivent adorer le B., et le paradoxe du fondateur de la secte Tendai : "La Passion, c'est l'Eveil." —Terminologie.— Te Jkireisha §|ftfè Ttt. 2135 (1228). — Dans les plus anciennes td. on trouve au lieu de bonnô les termes aiyoku 5£@{ "Amour- Désir, Attraction", p. ex. T. 350 (td. 11e siècle ; cf. Staël-Holstein, Kâsyapaparivarta p. 80, 88, ni, 165), ketsu fâî "Entrave", shi $• "messager", kesshi &o$! "Entrave-messager", eo %g%ff "Tache", ku tjQ "Souillure", rô $$■ "peine" T. 474 I (524 b), jinrô JH^ "poussière-peine" T. 475 il (549), etc. La td. bonnô 0>|$ apparaît vers la fin du IVe siècle, comme il ressort des textes cités dans la suite du présent article. Dans Tt. 1548, td. en 415 A.D. (comparé avec le Vibhanga p. dans Adkk..), les termes bonnô ggfô bonnôshi ^fgjfê et bonnôketsu #|f$fg correspondent au sk. samyojana "Entrave". Les stances du Samyuktâgâma T. 99 xvn (119), td. au Ve siècle, désignent comme bonnô les Passions appelées chakushi ^f$>, shi {sg et ketsu fâ dans la partie correspondante en prose. Dans Ttt. 2122 (compilé en 668 A.D.), les trois termes bonnô £gt$> shibonnô ^0t^» et shi -g; sont employés comme synonymes. — Le mot bon fâ, litt. "vexation, tourment", entre dans le nom du ciel Mubonten MtMX, sk. Avrha, p. Aviha, douzième monde du Plan du Formel, qui porte ce nom parce que les Dieux y sont délivrés de toute vexation ; dans un passage de T. 99 xxn (159) sur le ciel Avrha, bonnô se trouve comme équivalent

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de bon. Quant a nô f^, l'autre élément du composé bonnô, il apparaît comme terme isolé dans le Ratnakûtasûtra T. 310 xxxv (196) et le Sâriputrâbhidharma Tt. 1548 xx (655), où l'on en énumère dix espèces qui correspondent aux dix âghâtavatthu "occasions de malfaisance" du Vibhanga : (1-3) garder rancune à celui qui me fait du tort dans le passé, le présent et l'avenir ; (4-6) à celui qui maltraite les personnes et les choses que j'aime ; (7-9) à celui qui traite bien les personnes et les choses que je déteste ; (10) à celui qui me fait tort à cause de mes Fautes. D'autre part, nô f§j est la td. courante du sk. upâyâsa "Tribulation" dans la série des douze Données-causales, et du sk. pradâsa "Mordant" dans la liste des cent Essences (et dans la Trirhsikâ, etc.). Dans Tt. 1605 IV (678 a), nô f§J est un nom donné aux trois Poisons et compté comme Passion dans la liste des variétés des Passions. — Dans l'éc. nouv. la plupart des termes qui avaient servi anciennement à rendre le sk. klesa ont été affectés à la td. d'autres mots sk. : ai 2c, sk. trsnâ "Soif" ; yoku $J, sk. kâma "Désir"; ketsu fâ, sk. samyojana "Entrave"; shi $>, sk. anusaya "Résidu" ; ku ijj, sk. mala "Souillure". La nouv. éc. rend sporadiquement klesa par waku 3$i "Trouble", qui représente souvent le sk. kariksâ. — Nô et bonnô rendent souvent le sk. p. angana "Tache", et parfois (Mvy. 6499) bonnô correspond au sk. p. upadhi "Base". — Petit Véhicule. — Âgama. — La doctrine des Passions remonte aux plus anciens discours de Sâkyamuni sur les Quatre Vérités et les Douze Données-causales. L'origine de la Douleur, telle que la définit la deuxième Vérité (Vérité de la Formation), est appelée "Soif" ou "Passion", et trois des douze Données-causales, l'Inscience, la Soif et l'Appropriation, sont comptées parmi les Passions ; l'Inscience figure même comme la Passion fondamentale. — Le Samyuktâgâma T. 99 xvm (127) [et cf. ib. vin (50, 51)] comprend sous le terme Issaibonnô —~W$M.$U "toutes les Passions" les groupes suivants : les 4 Courants ru $l> ou Jougs yaku fji (Désir, Devenir, Vue, Inscience), les 4 Appropriations shu IJî (Désir, Vue, Mauvaises Défenses, croyance au Soi), les 4 Liens baku $fi (Attraction, Haine, Adhésion excessive aux règles disciplinaires, Vue du Soi), les 9 Entraves ketsu $g (Amour, Haine, Orgueil, Inscience, Vue, Adhésion excessive, Doute, Jalousie, Avarice), les 7 Résidus shi $i (Attraction, Haine, Soif de l'Existence, Orgueil, Inscience, Vue, Doute), les 5 Revêtements gai iH ou Aliments yô ^ (Cupidité, Malveillance, Torpeur, Exaltation, Doute), les 3 Soifs (Soif du Plan du Désir, Soif de l'Existence, Soif de l'Inexistence), les 3 Taches e f§j (Attraction, Haine, Erreur). — Ib. xxvi (189-192) définit les cinq Bonnô, appelés successivement taihô j1|£è "Essences de Régression", shô (^ "Obstructions", gai H "Revêtements", et shinju >&$$ "Arbres [touffus qui étouf-

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fent] l'Esprit". Ib. xxiv (171) les désigne en outre comme les cinq mauvais Groupes, fuzenju HSfj|^ (sk. akusalarâsî). Ces cinq Passions portent les noms suivants (équivalents p. d'après Sarh. Nik. xlvii, 5) : (1) Cupidité toiiyoku &'{& (p. kâmacchanda) ; (2) Malveillance shinni BH^ (p. byâpâda) ; (3) Torpeur suimin g|@K (P- thînamiddha) ou Hébétement konjin f-Hifc (p. thîna) ; (4) Exaltation et Remords jôke ^fô (p. uddhaccakukkucca) ou Exaltation jôko fê% [var. T. 1 vin (51) jôge $ (ou M) B] ; (5) Doute gi fêfe (p. vicikicchâ). Trois de ces Passions, la Cupidité, la Haine ( = Malveillance) et le Doute (souvent remplacé par l'Inscience ou l'Erreur), constituent les trois Racines du Mal fuzengon ^Sf| $| (sk. akusalamûla), aussi désignées comme les trois Entraves, les trois Poisons, etc. — Le Samyuktagâma T. 99 xxvi (192) traite encore des Aliments jiki £ (sk. âhâra) et des Non- Aliments fujiki Jfcj^ de ces cinq Passions ou Revêtements. L'Aliment du premier Revêtement, la Cupidité, est le Toucher ; celui de la Malveillance, l'Obstruction ; celui de la Torpeur est constitué par les cinq états suivants : (a) somnolence, (b) absence d'animation, (c) bâiller et s'étirer, (d) boisson et nourriture excessives, (e) fatigue ; le quatrième, l'Exaltation, a pour Aliments (a) l'affection (sk. vitarka, cf. K. Lav. v, 89, 99) pour le village natal et la famille, (b) pour la patrie, (c) le désir de l'immortalité, (d) le regret des plaisirs mondains éprouvés dans le passé ; le cinquième, le Doute, a pour Aliments l'Incertitude quant au passé, au présent et au futur. — Un autre passage (ib. p. 189-190) définit les Revêtements comme les causes des Passions : les Revêtements affligent [bonnô et nô employés comme verbes — de même que shi >$» T. 99 xvil (119)], recouvrent, assoupissent, suffoquent l'Esprit et augmentent les Passions. — Ib. p. 191 divise chacun des Revêtements en deux : Cupidité externe et interne ; Malveillance et signes externes (i.e. expressions) de la Haine ; Hébétement (p. thîna) et Torpeur (p. middha) ; Exaltation (p. uddhacca) et Remords (p. kukkucca) ; Doute quant au Bien et au Mal : soit au total dix Revêtements. — T. 99 ix L'Essence qui Entrave keppô $Sf£, ou qui Approprie shuhô I[££fc, est définie comme la Cupidité yokuton '$ifi ; les Essences Entravées par les Entraves, ou Appropriées par les Appropriations, sont les Domaines des cinq Organes et du Mental. — h'Ekottarâgama T. 125 xvn (632) [ = Majjh. Nik. v] définit les Entraves ketsu $§ comme les mauvaises Essences qui produisent les Vues Perverses. — ib. p. 633 kesshi lolJÈ est défini tantôt comme les mauvaises pratiques des Moines-mendiants qui ne sont pas des disciples du B., tantôt par l'origine (Cupidité, Mal, ou Cupidité, Haine, Erreur) de ces pratiques.— Ib. p. 630 II y a trois Entraves-messagers kesshi ^SU qui lient les Etres et les empêchent de passer de la rive de la Transmigration (Vue de l'En-

semble-de-Réalités) à la rive du Nirvana (extinction de cette Vue) : (1) Vue d'un Ensemble- [de-réalités] shinken $f%, (var. shinja U'jfft), c.-à-d. croire à l'existence d'un Soi dans le corps, produire la Connotation d'un Moi goga ^ifc, d'un Etre, croire à l'existence d'un principe vital (sk. jîva), d'une personne (sk. purusa), à laquelle on peut s'attacher comme à un support. (2) Adhésion excessive aux règles disciplinaires kaitô J&%at '> c'est croire à ce qui suit : "Par cette pratique disciplinaire, j'obtiendrai la naissance dans une famille noble, dans une famille de brahmanes, dans le ciel parmi les Dieux." (3) Doute portant sur l'existence ou l'inexistence d'un Soi, d'un Etre, d'un principe vital, des père et mère, de la vie actuelle et future, des Moines, des brahmanes, des arhat, de 1 Attestation de la Vérité. — Ib. xx (650) énumère quatre Entraves ketsu fâî qui correspondent aux quatre upakkilesa "Sous-Passions" de l'Ang. Nik. iv, 50 : (1) Désir, (2) Haine,

(3) Erreur, (4) [recherche du] Bénéfice [personnel] riyô ^(]^|. — Ib. vi (573) énumère d'autre part 21 Entraves de l'Esprit qui font tomber les Etres dans les mauvaises Destinations : (1) Répulsion shin Bjj| ; (2) Violence igai ^W ', (3) Torpeur suimin BÉ@R ;

(4) Exaltation jôge ffîlB î (5) Doute gi fâ ; (6) Colère nu j{S* ; (7) Malveillance ki ,§, (sk. vyâpâda) ; (8) Mordant nô >\$ ; (9) Jalousie shitsu ^ ; (10) Rancune zô <ffj ; (11) Indignité muzan M$fi'> (12) Impudence mugi $&$& ; (13) Duperie gen jQ ; (14) Hypocrisie kan ^ (sk. sâthya) ; (15) Fausseté gi fj$ (sk. mrsâ) ; (16) dispute jô §^ (sk. vivâda kalaha) ; (17) Enivrement kyô ^ ; (18) Orgueil man ^ ; (19) envie to $j ; (20) Orgueil de supériorité (cf. K. Lav. v, 26 ; Penser : "je suis supérieur", "je suis égal", relativement à l'égal, au supérieur) zôjôman i&Jitsi (skadhimâna [ou abh0]) ; (21) Attraction ton Jt- — Madhyamâgama T. 26 xxvin (603) : L'Extrême de la Douleur kuhen ^^ consiste dans les sept messagers shi $i suivants : Dispute tôjô PJJf^, Jalousie zôshitsu {$&$, Hypocrisie yuten |$|§, Duperie goô $CiÊ> Mensonge môgo ^|§, Calomnie ryôzetsu pfô f§", et les innombrables mauvaises Essences. — Un passage du Madhyamâgama T. 26 xxxm (635) [cf. Dîg. Nik. xxi] groupe les Entraves (kesshi) dans une série causale : Esprit-en-travail -"-Pensée -— Désir -*- Amour -"Avarice-Jalousie-*- Massacre et les autres mauvaises Essences mentionnées ci-dessus à partir de "Dispute". Toute cette série constitue une Masse de Douleur kuon ^fptî (sk. duhkhaskandha). — Ib. p. 639 Les hommes commettent beaucoup de Péchés zai Jfll, à cause de quatre Pratiques : Pratique du Désir, Pratique de la Haine, Pratique de la Crainte fu 'fôj, Pratique de l'Erreur. — Le Dîrghâgama T. 1 vin compte plusieurs Passions dans les catégories numériques du Sangîtisûtra : les trois Ecoulements ro $j§ : Désir, Devenir, Inscience ; les trois feux ka i/c '• Désir, Haine, Erreur ; les quatre Liens du

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Corps shimbaku |p$$ : Cupidité, Haine, Adhésion, Vue du Soi ; les quatre épines shi jpl] : Désir, Haine, Vue, Orgueil ; les cinq Entraves inférieures geketsu T#n (sk. avarabhâgîya sarhyojana, dites inférieures parce qu'elles appartiennent au Plan inférieur, c.-à-d. au Plan du Désir) : Vue d'un Ensemble-de-réalités, Adhésion excessive aux règles disciplinaires, Doute, Cupidité, Haine, et les cinq Entraves supérieures jôketsu fcjn (sk. ûrdhvabhâgîya sarhyojana, appartenant aux Plans du Formel et du Sans-Forme) : Amour du Plan de Formel, Amour du Plan du Sans-Forme, Inscience, Orgueil, Exaltation ; les cinq espèces de Jalousie zôshitsu ff| j!^ : relatives au domicile, au Donateur, aux bénéfices, au Formel, à la Loi. — Vinaya. — T. 1428 xxxm (797 a) [Dharmagupta] Sont appelés "feu ardent" : Organes, Objets, Notations, Impressions, Désir, Haine, Erreur, naissance, vieillesse, maladie, mort, tristesse, douleur, tribulation. — T. 1462 v (703 c) ( = Samantapâsâdikâ p. 163) : Le Bg. énumère à Anuruddha onze Passions de l'Esprit : (1) Doute, (2) Non-Captation (p. amanasikâra), (3) Hébétement, (4) Torpeur, (5) épouvante kyô jS| (p- chambhitatta) ; joie après la réception d'un don (p. ubbilla var. uppilava "Bondissement")

(6) grossièreté dai J\ (p. dutthulla "Turbulence")

(7) Bonne-volonté trop zélée (p. accâraddhaviriya)

(8) Bonne-volonté trop molle (p. atilînaviriya) ; (9) loquacité (p. abhijappâ "désir") ; (10) Non-discernement fufumbetsu xfvfrj}!] (p. nânattasahhâ) ; (11) recherche excessive des Formes (p. atinijjhâyitattam rûpânam). — T. 1463 vin (850) [Sarvâstivâdin] Il y a 500 Passions, dont 10 Résidus, 10 Liens, 10 Entraves sont énumérés. . .Les Passions à abandonner par la Vue des Vérités sont : (1) Vue d'un Ensemble-de-réalités ; (2) Adhésion excessive aux règles disciplinaires ; (3) Doute ; (4-6) Attraction, Haine, Erreur menant aux mauvaises Destinations. Après l'élimination des Passions 1-3 on obtient le Fruit de l'Entrée-dans-le-courant. Quand l'Attraction, la Haine et l'Inscience du Plan de Désir sont devenues minces, on obtient le Fruit du Retourunique. Après l'élimination de ces Passions, on obtient le Fruit du Sans-retour. Après l'élimination de l'Attraction et de l'Inscience des Plans de Formel et de Sans-Forme, on obtient le Fruit d'Arhat. Sont à abandonner par le Chemin de l'Exercice sept Passions, à savoir : (1) Attraction du Plan de Désir ; (2) Haine ; (3) Attraction du Formel ; (4) Attraction du Sans-Forme ; (5) Inscience ; (6) Orgueil ; (7) Exaltation. — Scolastique. — Traité de Vasumitra sur les sectes Tt. 2031-2033 (et cm.). — Trois des cinq thèses attribuées à Mahâdeva, qui occasionnèrent le premier schisme bouddhique, se rapportent aux Passions. D'après Mahâdeva, l'Arhat est susceptible d'éprouver les trois Passions suivantes : l'ignorance muchi 38§£Q (sk. ajnâna), le Doute yûyo $m (sk. kânksâ), et [la Passion qui consiste en ce qu'on est sujet à]

la séduction shoyû $f!>§ (sk. ullâpana) ; selon d'autres écoles, l'Arhat est au contraire délivré de toutes les Passions (cf. J. Masuda, Early Indian Buddhist Schools, p. 15). D'autre part, les écoles Mahâsânghika, Ekavyavahârika, Lokottaravâda et . Kaukkutika soutenaient que celui qui est Entré-dans-le-courant, dans la première Terre du Chemin de la Vue, dans la Détermination de l'Exactitude shôshôrishô[ketsujô] ïEfâfêféÈtïfe/Ë] (sk. sarhyaktvaniyâma), détruit toutes les Entraves ; les Sarvâstivâdin disaient qu'il ne détruit que trois Entraves, à savoir la Vue d'un Ensemble de-réalités, le Doute, et l'Adhésion excessive aux règles disciplinaires. De plus, les écoles avaient des opinions différentes sur la nature même des Passions. Les Mahâsânghika, les Ekavyavahârika, les Lokottaravâda, les Kaukkutika, les Andhaka et les anciens Mahîsâsaka distinguaient dans la Passion d'une part la Résidu zuimin|^|15(sk. anusaya: Germe de la Passion, Passion latente, endormie, en puissance, à l'état subtil, subconsciente, inclination interne) et de l'autre l'Enveloppement ten $| (sk. paryavasthâna, paryutthâna: Passion actuelle, manifestée, en exercice, l'explosion de la Passion). L'Enveloppement, enseignaient ces écoles, est Associé à l'Esprit, de l'Ordre-de-1'Esprit, Objectif ; le Résidu n'a pas ces qualités. Les Mahîsâsaka tardifs allaient encore plus loin ; ils professaient que la Nature du Résidu est toujours présente [en tant que le Résidu est la cause qui produit les Essences]. Les Sarvâstivâdin prétendaient que tous les Résidus sont compris dans la catégorie des Enveloppements, mais que tous les Enveloppements ne rentrent pas dans la catégorie des Résidus ; ce sont ces derniers, disaientils, qui sont Associés à l'Esprit, de l'Ordre-de-l'Esprit, Objectifs. Les Mahâsânghika, etc., tardifs disaient que les Passions et le Chemin peuvent exister en même temps, les unes à côté de l'autre, c.-à-d. qu'il y a des Terres où les Passions sont contrôlées, mais où les Résidus ne sont pas encore supprimés (Masuda p. 33). Les Kâsyapîya soutenaient la thèse suivante : Du moment que les Passions sont détruites par l'Arhat et reconnues par lui comme telles, la Naturepropre de la Passion [cf. le Résidu] cesse d'exister ; les Sarvâstivâdin soutenaient au contraire que même après la destruction des Passions leur Nature-propre J continue à exister (ib. p. 65). Une des thèses des ] Mahâsânghika (ib. p. 30) contient une doctrine qui ! fut développée plus tard dans certains ouvrages du G. V., mais que réfute la Vijhaptimâtratâsiddhi [S. Lav. 1 1 1-1 12] : La Nature de l'Esprit est originellement pure ; étant souillée par les Sous-Passions et les Passions-de-passage, elle devient impure. — Abhidharmajnânaprasthânaéâstra Tt. 1543 IV (786 c) : Les 36 Résidus [cf. inf. Kosa] du Plan du Désir comportent tous la Délibération et la Décision. Parmi les ! 31 Résidus du Plan du Formel, il y en a qui compor- I tent la Délibération et la Décision, il y en a d'autres :

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qui comportent la Décision sans la Délibération, et d'autres encore qui ne comportent ni Décision ni Délibération. Les 31 Résidus du Plan du Sans-Forme n'ont ni Délibération ni Décision. . .Parmi les 5 Entraves du Plan du Désir, la Haine est associée à 3 Organes : ceux de la Douleur, de la Tristesse et de l'Apathie ; le Doute est associé à 4 Organes : ceux de la Joie, du Plaisir, de la Tristesse et de l'Apathie ; la Cupidité, la Vue d'un Ensemble-de-réalités, l'Adhésion excessive aux règles disciplinaires sont associées aux 3 Organes de la Joie, du Plaisir et de l'Apathie, et il en est de même des 31 Résidus du Plan du Formel Les 31 Résidus du Plan du Sans- Forme ne sont associés qu'à l'Apathie. — Ib. v (789- 797, résumé) : L1 'interrelation [des Passions] ichigyô — fx (sk. ekâyana, cf. Mvy. 6418 ; i.e. la théorie des relations qui existent entre les différentes Passions et leurs différents modes) parcourt d'un bout à l'autre les 6 [catégories temporelles], les 7 petites et les 7 grandes [catégories temporelles], [les catégories d'] interdépendance [des Passions, sans tenir compte de la classification présent-passé-avenir], le Devenir [dans les 3 Plans]. Dans l'explication des 6 [catégories temporelles], on répond à 6 questions, dont la première est formulée ainsi : "Si une certaine Entrave existait dans le passé, existera-t-elle également dans l'avenir ?" Dans l'explication des 7 petites [catégories temporelles], on répond à 7 questions, dont la première est formulée ainsi : "Est-ce que l'existence passée d'une certaine Entrave (p. ex. l'Amour) entraîne nécessairement l'existence passée d'une certaine autre Entrave (p. ex. la Haine), et inversement ?" Dans la section des 7 grandes [catégories temporelles], on confronte de cette façon chaque fois de 2 jusqu'à 8 Entraves avec une autre Entrave dans le passé, le présent et l'avenir. Sept fois sept (49) cas d 'Enchaînement-causal résultent de cette confrontation. [Cf. version parallèle Tt. 1544 iv (938 c).] — Mahâvibhâsâ Tt. 1545 xlvi (238 b) : L'Entrave de la Vue d'un Ensemble-de-réalités est la Racine des 62 Vues. Ces Vues sont les Racines des autres Passions. Ces autres Passions sont les Racines des Actes. — U Abhidharmakoéa Tt. 1558 consacre une section entière à la question des Passions (xix-xxi = K. Lav. v). On trouvera ci-dessous des citations caractéristiques destinées à résumer cette section, suivies de quelques passages extraits d'autres sections. — xix (98-99) Il y a six ou (en subdivisant l'Attraction) sept Résidus [équivalent de "Passion" dans ce texte Sarvâstivâdin ; cf. sup. Traité de Vasumitra] : (1) Attraction du Plan du Désir ; (2) Haine ; (3) Attraction du Devenir, c.-à-d. des deux Plans supérieurs ; (4) Orgueil ; (5) Inscience ; (6) Vue ; (7) Doute. Il y a dix Résidus si l'on divise en cinq la Vue : (1) Vue d'un Ensemble-de-réalités ; (2) Vue de Prise des Extrêmes ; (3) Vue Perverse [nier ce qui existe réellement] ; (4) Adhésion excessive

aux Vues [etc.] [considérer comme bon ce qui est mauvais] ; (5) Adhésion excessive aux règles disciplinaires [considérer les règles disciplinaires comme le Chemin unique de la Libération ; tenir pour cause de purification ce qui n'est pas tel]. [Dans la scolastique ch. ces cinq Vues sont dites "Passions aiguës", rishi flj$«, par opposition aux "Passions obtuses", donshi $$$i, qui sont l'Attraction, la Haine, l'Orgueil, l' Inscience et le Doute.] En tenant compte des trois Plans auxquels ces Résidus appartiennent et des cinq modes d'Elimination (Vue de chacune des quatre Vérités et Exercice), on obtient le chiffre de 98 Résidus, répartis comme suit : (I) Plan du Désir : 12 Vues (Vue d'un Ensemble-de-réalités, Vue de Prise des Extrêmes, 4 espèces de Vue Perverse, 4 espèces d'Adhésion aux Vues, 2 espèces d'Adhésion aux règles disciplinaires), 4 Doutes (susceptibles d'être abandonnés respectivement par la Vue de la Vérité de la Douleur, de la Formation, du Barrage, du Chemin), 5 Attractions (susceptibles d'être abandonnées par la Vue des 4 Vérités et par l'Exercice), 5 Haines, 5 Orgueils, 5 Insciences [Total : 36]. (II) Plan du Formel : Les mêmes 36 Résidus moins les 5 Haines [donc 31 Résidus]. (III) Plan du Sans- Forme : Les mêmes 31 Résidus. [Grand total : 98 Résidus.] — Ib. xix (102 c) ( = K. Lav. v, 40) Tous les Résidus des deux Plans supérieurs, et dans le Plan du Désir l'Inscience, la Vue de Prise des Extrêmes et la Vue d'un Ensemble-de-réalités, sont Indéfinis ; les autres Résidus sont mauvais. — Ib. xx (107) ( = K. Lav. v, 71 sq.) Dix Résidus se suivent dans une série causale : Inscience— Doute— Vue Perverse— Vue d'un Ensemble-de-réalités-* Vue de Prise des Extrêmes-- Adhésion excessive aux règles disciplinaires-* Adhésion excessive aux Vues-* Attraction [que l'on éprouve pour sa Vue propre]-* Orgueil [de cette Vue] —Haine [de la Vue d'autrui] . . .11 y a trois Causes-Facteurs d'une Passion : (1) Non-Elimination de son Résidu ; (2) présence [dans le champ de l'expérience] du Domaine ; (3) Acte- Mental Non-Fondé. Dans le cas d'un Arhat sujet à la Régression [dans la doctrine du P.V. l'Arhat est délivré des Résidus], une Passion peut naître par la seule force du Domaine. — Les Résidus et les Enveloppements constituent 3 Ecoulements, 4 Courants, 4 Jougs, 4 Appropriations, et [Ib. xxi (108 b)] [9 ou 10] Entraves, [3] Liens, [98] Résidus, [16, 19 ou 21] Sous-Passions, [10] Enveloppements. — Ib. xxi (109 c) ( = K. Lav. v, 91) Il y a siv Souillures de Passion : Duperie, Hypocrisie, Enivrement, Mordant, Rancune, Violence (cf. ci-dessus la liste de 21 Résidus tirée de l'Ekottarâgama T. 125 vi). Ces Souillures et les dix Enveloppements (Indignité, Impudence. Jalousie, Avarice, Exaltation, Remords, Torpeur, Hébétement, Colère, Dissimulation) sont produits par les Passions ; c'est pourquoi on les appelle Sous- Passions. — Ib. iv (19 c) ( = K. Lav. il, 161 sq.) On

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appelle [Essences des] Grandes Terres de Passion daibonnôji[hô] ^M^Atfè] (sk. klesamahâbhûmika [dharma]) les Essences qui existent toujours et exclusivement dans l'Esprit Passionné, au nombre de 6 : Erreur, Négligence, Mauvaise- volonté, Absence de Foi, Hébétement, Exaltation. Le Mûla-Abhidharma dénombre 10 grandes Terres de Passion, en omettant l'Hébétement et en ajoutant les 5 grandes Terres de Passion suivantes : (1) Mémoire Passionnée, appelée Mémoire-dérobée ; (2) Concentration Passionnée, appelée Distraction ; (3) Sapience Passionnée, appelée Inexactitude ; (4) Acte-Mental Passionné, appelé Acte-Mental Non-fondé ; (5) Conviction Passionnée, appelée Conviction Perverse. Il y a deux Grandes Terres de Mal daifuzenji ;fc^>§| #jj (sk. akusalamahâbhûmika) : l'Indignité et l'Impudence ... Il y a dix Petites Terres de Passion (ou Sous-Passions) shôbonnôji /bJUi^flË (sk. parîttaklesabhûmika, upaklesabhûmika) [les 6 Souillures de Passion, énumérées ci-dessus, plus 4 Enveloppements : Colère, Dissimulation, Jalousie, Avarice]. Il y a huit Terres Indéterminées fujôji ^5Ë#Ë (sk. aniyatabhûmika) : le Remords, la Torpeur, la Délibération, la Décision, [l'Attraction, la Haine, l'Orgueil, le Doute]. — Ib. xvn (92 c) ( = K. Lav. iv, 202) La Passion est de deux sortes, chronique et aiguë. Seule la Passion chronique et continuelle s'appelle "Obstruction qui consiste en Passion" (bonnôshô #ït$i[^&)> parce qu'elle est difficile à dompter, comme c'est le cas chez un eunuque ou une femme stérile [qui ne' peuvent satisfaire leur Passion). — Grand Véhicule. — Sûtra. — Mahâprajnâpâramitâsûtra. — T. 220 dlxxxviii (1039) Le Bhagavat dit : Les Bs., en s 'appuyant sur les Domaines des cinq Désirs, produisent des pensées de Saveur et d'Attachement. Quoiqu'on appelle ces pensées des Actes-Mentaux Non-fondés, elles ne peuvent pas faire obstacle à l'Eveil-sans-Supérieur. En effet ces Actes-Mentaux Non-fondés font tomber dans les Passions, qui causent telle ou telle Naissance ; les Bs. reçoivent dans telle ou telle Destination tel ou tel Corps ; en tel ou tel temps les Perfections et les autres innombrables Essences de Buddha sont graduellement apprises et perfectionnées ; en tel ou tel temps, les Bs. s'approchent peu à peu de l'Omniscience. Et c'est pourquoi le Bhagavat dit que les Passions sont pour les Bs. un grand bienfait (daiondoku X&Wd- Les Passions peuvent s'accommoder (zuijun $all(fî, sk. anuloma) à l'Omniscience, peuvent aider à effectuer l'Omniscience.— Ib. dlxxx (998) L'Habileté dans les Moyens (sk. upâyakausalya) des Bs. consiste dans la production des Passions, la réception d'un Corps dans l'existence suivante, afin de porter avantage aux Etres. . .Les Passions peuvent aider les Bs. à attester l'Eveil-complet-correct-sans-supérieur. . .Les Bs., en cherchant le Grand Eveil, revêtent la cuirasse de la Bonne- Volonté pour sauver les Etres. Les Bs. restent

longtemps dans la Transmigration, et pour porter grand avantage aux Etres ils ne doivent pas se hâter de couper les Actes-Mentaux Passionnés, qui causent de nouvelles Existences et permettent ainsi aux Bs. de réaliser les Perfections et l'Eveil-sans-supérieur. Tant que le Bs. n'a pas encore attesté l'Eveil, il ne doit pas chercher à éliminer complètement ces Actes-Mentaux Passionnés. Il n'en est pas dégoûté ; au contraire il en est reconnaissant, il aime et estime les Passions et leurs Domaines aussi profondément qu'il aime et vénère le Buddha. Apologue : Un marchand s'avance lentement, avec son char lourdement chargé d'un trésor, dans la direction d'une ville lointaine. Au fur et à mesure que sa voiture roule, le moyeu, les jantes et l'essieu s'usent : les parties aiguës s'arrondissent, les parties rondes deviennent aiguës. Enfin à l'arrivée dans la ville, les éléments du char s'écroulent et se dispersent. Le propriétaire, ayant accompli ce qu'il voulait faire, n'en est pas désolé, ne regrette pas son char. Il en est de même de l'Habileté dans les Moyens. Le Bs. lie, capte et reçoit un corps dans l'existence suivante, et réalise graduellement les Perfections ; de temps en temps il fait diminuer peu à peu les Entraves de l'Existence (uketsu ^sfâî, sk. bhavasamyojana) ; il s'approche lentement de l'Omniscience, et à un moment donné atteste enfin le Grand Eveil. A ce moment les Entraves du Corps, qui lui a servi de support, sont toutes épuisées. Il a accompli ce qu'il avait à faire (shosa iben #ff^E$$, sk. krtyakrta) ; il n'a plus besoin des Entraves du Corps, de même que le marchand ne peut plus utiliser son char après l'arrivée dans la ville.. .Quoique les Passions fassent Obstruction au Grand Eveil, elles peuvent pourtant aider à produire l'Approvisionnement de l'Eveil. — Suvikrântavikrâmipariprcchâ T. 231 iv (706) : Prenable et Preneur sont appelés "combustion" nen j$$ ; leur élimination est appelée Apaisement jakujô ^ji?. L'Obstruction des Passions (wakushô j^£ |^) est appelée combustion, son élimination est appelée Apaisement . . . Toutes les Passions sont Imagination-particulière, vide et fausse ; elles ne naissent pas, elles ne disparaissent pas ; leur Nature-propre est apaisée, elle est appelée Egalité ... Toutes les Passions du Preneur et du Prenable, qui obstruent les bonnes Essences, naissent de la Vue d'un Ensemble-deréalités. — Ratnakûtasûtra T. 310 lu (309) : Les Bs. qui s'appuient sur la Perfection de Sapience savent que toutes les Essences [et par conséquent les Passions] sont des Essences de B., sont B., sont le Chemin, sont libérées, sont dégagées. Les Passions proviennent de Connotations fictives et fausses ; [mais] la Nature Substantielle des Passions est dégagée (jiri fÉJpjjl, sk. vivikta). Pourquoi ? C'est le Sens Prouvé (ryôgi TU» sk- nîtârtha) des Passions, etc. Même la plus petite Passion ne peut naître par Formation. Comprendre cela (zuikaku (^^, sk.

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anubodhana), c'est l'Eveil. La Nature de la Passion, c'est (soku |p) la Nature de l'Eveil. — Ib. lxxxxi (523) Les Bs. désireux de parfaire l'Eveil embrassent (shô $3f) la Transmigration ; les Passions peuvent leur porter avantage. Les Passions produites ne sont pas des péchés pour les Bs., qui ont atteint la Maîtrise de la Loi ; telle est l'Habileté dans les Moyens des Bs. Mais les Bs. préfèrent la mort à la pratique des Passions causées par des Racines de Bien faibles et inférieures, Passions qui ne peuvent ni porter avantage à autrui, ni parfaire leur propre Eveil. Il y a des Bs. qui par la Force de la Sapience s'appuient (harien !§£$;) sur les Passions présentes ; il y en a d'autres qui par la Force de l'ignorance sont soumis à la Régence des Passions. La différence entre ces deux classes de Bs., appelés respectivement egyô Hff " pratiquant la Sapience" et shogô ^jfè "débutants" (sk. âdikârmika ; ou dongyô |$fT "obtus"), est comparable à la différence entre le Profane et l'Entré-dans-le-Courant [dans le P.V.]. L'Entrédans-le-Courant montre la Conduite du Profane ; il est lié par l'Attraction, la Haine et le Doute, mais parce qu'il comprend parfaitement ces Passions, il ne tombe pas, comme le Profane, dans les Mauvaises Destinations. Quoique le Bs. pratiquant la Sapience n'ait pas éliminé les Imprégnations de l'Attraction, de la Haine et du Doute, il n'est pas Revêtu des Passions, il peut détruire les péchés graves. Par le feu de la Sapience il brûle le combustible des Passions. Constamment il ajoute de ce bois que sont les Passions, et le feu de la Sapience, augmenté de cette façon, devient de plus en plus brillant et brûle sans cesse. — Ib. xxxv (196-199) Neuf dizaines de Passions et de mauvais actes : Dix Oppressions (hippaku jaiâ) > dix occasions de Malfaisance ; dix Fourrés de Mauvaise Vue ; dix grandes flèches envenimées (Amour, Inscience, Désir, Attraction, Faute, Erreur, Orgueil, Vue, Existence, Non-Existence) ; dix racines de l'Amour, qui se suivent dans un enchaînement causal : Amour -«-recherche -«-Obtention -«-[sentiment du] Sien— Appropriation ferme-»- Cupidité— Attachement immodéré — Avarice — collectionner -*> garderemploi du couteau et du bâton, disputes, calomnie, Verbiage et les autres mauvaises Essences ; dix Perversités ; dix Voies d'Acte mauvaises ; dix Essences Passionnées ou Souillures (Avarice, mauvaise moralité, Haine, Mauvaise Volonté, Distraction, mauvaise Sapience, manque de respect, Doute pervers, absence de Foi, non- vénération de la Loi) ; dix grandes Craintes [existant dans le] Courant de la Transmigration ou dix Liens. — Ib. ci (566) : La Nature [originelle] des Passions ne peut être Perçue, n'a ni augmentation ni diminution, est la Nature originelle du Domaine de B., est le Domaine de B. C'est pourquoi on dit que le Tg. réside dans l'Egalité. Les Passions résident dans l'Egalité vide, sans Signe, sans Vœu. . .Ce dont la Nature est le Vide [n']existe [qu'en] paroles et

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en lettres, et c'est à cause de [i.e. par opposition à] l'existence de ce Vide, qu'existent Attraction, Haine, Erreur, de même que, si Non-Naissance, Non- Opéré, Non-Sur-Opérant, Non-Production n'existaient pas, leurs contraires, Naissance, Opéré etc., seraient également Inexpressibles. Si le Vide, le Sans-Signe, le Sans-Vœu [trois Portes de Libération, cf. Mvy. 1542-1544] n'existaient pas, l'Attraction, la Haine, l'Erreur, etc., et toutes les Vues seraient Inexpressibles. En ce Sens on dit : "Résider dans les Passions, c'est résider dans ce qui a pour Nature le Vide." Toutes les Passions constituent l'Egalité ; celui qui pratique correctement cette Egalité n'est ni dégagé des Passions ni pris dans les Passions. Si un moine ou un brahmane disent: "Moi-même je suis dégagé du Désir, mais je crois que telle autre personne a des Passions", ils possèdent deux Vues : (1) Vue de Permanence, quand ils disent "avoir des Passions" ; (2) Vue d'Elimination, qifand ils disent "ne pas avoir des Passions". Celui qui pratique correctement ne voit plus les Signes de soimême et d'autrui, d'Existence et de Non-Existence. — Avatamsakasûtra T. 279 lxii (332 c) : Les trois Plans sont la ville ; l'Enivrement et l'Orgueil sont les murs ; les Destinations sont les portes ; l'eau de l'Amour est le fossé [qui entoure les remparts]. [La ville est] couverte par l'obscurité de l'Erreur, brûlée par le feu de la Haine et de l'Attraction. Le roi des Mâra en est le seigneur ; les Puérils l'habitent.— La Cupidité constitue les rênes, l'Hypocrisie et la Duperie sont la bride et le mors, le Doute et le Trouble sont les œillères [des Etres comparés à des chevaux]. — Daiabhûmikasûtra T. 279 xxxvn (196), T. 287 v (556) [=sk. éd. Rahder p. 58 ; pour la td. tib., cf. Acta Orientalia iv, p. 253, 232] A partir de la première Terre jusque et y compris la 7e Terre la pratique des Bs. est délivrée des Passions, au fur et à mesure que leurs capacités et mérites se développent dans les Terres successives par l'effet de la Déflexion de l'Eveil [des B. sur les Bs.] et en considération de l'Egalité du Chemin. Le Bs. de la 7 e Terre a vaincu la plupart des Passions ; il habite la Terre intermédiaire chûgen fffi^ (sk- antarikâ) entre les 6 Terres inférieures, encore souillées par la Pleine-Passion, et les trois Terres supérieures, totalement dépourvues du Travail des Passions. C'est pourquoi on appelle la 7e Terre pure-Passionnée zenjô y&ffi (sk. vyâmisra-parisuddha, samklista-visuddha). On compare le Bs. de la 7e Terre à un Roi Tournant-la-Roue qui connaît la pauvreté, les péchés, les douleurs, les passions des hommes des quatre continents, mais sans être souillé luimême, quoiqu'il possède encore un corps humain ; le Bs. de la 8e Terre à un dieu non Passionné du monde de Brahmâ, qui visite et inspecte les mille mondes. — D'après un autre passage du même sûtra T. 287 m (546 c), la 3e Terre du G.V. correspond

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au Fruit A-Retour-unique du P.V. ; dans cette Terre tous les Liens de Désir, de Devenir, d'Inscience deviennent minces (mihaku $$$£, sk. tanu) ; les Liens de Vue (Passions à abandonner par le Chemin de la Vue : Vue d'un Ensemble-de-réalités, Adhésion excessive aux règles disciplinaires, Doute) ont été abandonnés dans les Terres inférieures ; l'Attraction, la Haine et l'Erreur Perverses (Passions à abandonner par le Chemin de l'Exercice) sont diminuées (sk. anupacayarh prahânam gacchanti). La 3e Terre fait partie de la Terre Mince (miyokuji $$C$CiÉ, sk. tanûbhûmi Mvy. 1145 ; ms. népalais suklavidarsanâ) et correspond à la catégorie de l'école des Sarvâstivâdin dite bairiyokuton fê$|t$i;;gC (sk- bhûyovîtarâga), catégorie comprenant ceux qui ont abandonné les six premières variétés de Passions du Plan du Désir (Attraction, Haine, Erreur fortes-fortes, fortesmoyennes, fortes-faibles, moyennes-fortes, moyennesmoyennes, moyennes-faibles) [cf. sup. Abhidharmakosa]. — Gandavyûha T. 293 ix (704) Qu'est-ce qu'on appelle les Passions internes du Corps naishimbonnô |*j %fM^ ? Elles ont 4 Causes- Facteurs : (1) L'Organe de l'Œil qui embrasse (shôju §|;g, sk. parigrah0) les Objets Formels ; (2) l'Attachement sans-Origine aux Imprégnations ; (3) la Nature Originelle et Propre de cette Notation (hishiki $£§!£, Notation de Tréfonds); (4) l'Acte-Mental et l'espoir (kemô # !!Ë) à l'endroit des Objets Formels. Par la Force de ces 4 Causes- Facteurs, la Notation de Tréfonds se Transforme, et les vagues de la Notation apparaissent, pareilles à la Série ininterrompue d'un Courant. Toutes les Notations des Organes sont produites comme la Notation de l'Œil. Les [objets les plus petits tels que les] Atomes-Ultimes et les Pores apparaissent en même temps [que la Notation]. Comme un clair miroir montre soudainement les images, les Notations à un moment donné se manifestent subitement. Comme une tempête fouette l'eau de l'Océan, de sorte que les vagues n'ont pas de repos, le vent des Domaines bat la mer de l'Esprit pur et fait surgir les vagues de la Notation, dont la Série est ininterrompue. Les Causes- Facteurs (vent, eau, vagues) se créent mutuellement, ne sont pas séparées entre elles, ne sont ni identiques ni différentes, comme l'eau et les vagues. Du fait de l'Acte, les Signes sont produits, les Liens profonds surgissent, et on ignore la Nature-propre du Formel, etc., et de l'Ensemble des cinq Notations. Tout cela Révolutionne cette Notation de Tréfonds. Enfin on ne se dit pas à soi-même : "Moi, je produis les sept Notations." On ne dit pas : "Les sept Notations naissent de la Notation de Tréfonds." Ce n'est que du fait de la Prise (shûshu gffî) des Signes des Objets par l'Esprit-propre (jishin g,i», que l' Imagination-particulière naît. Tels sont les Morphèmes de la très profonde Notation de Tréfonds : Subtilité, Terme, Ultime Limite. Seuls la

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comprennent les Bs. de la Terre de Tg. [Ce passage de T. 293, qui manque au texte sk. du Gandavyûha et aux autres versions ch. de l'Avatamsaka, s'apparente de très près à des passages du Lankâvatârasûtra, du Ghanavyûhasûtra, du Sraddhotpâdasâstra, etc.]. — Érîmâlâdevhimhanâdasûtra T. 353 v (220-222), T. 310 cxix (675-678) : Répartition des Passions en cinq Terres, dont les quatre premières servent de Récipients et de Germes aux Passions fortes et grossières, appelées Passions supérieures jôbonnô -h#J(f§)- Ces 4 Terres s'appellent : (1) Terre où sont réunies toutes les Vues ; (2) Terre de la Soif [du Plan du] Désir ; (3) Terre de la Soif [du Plan du] Formel ; (4) Terre de la Soif de l'Existence. [Le cm. de Kichizô ^jjgÊ Ttt. 1744 (50-51) explique ces Terres comme suit : la Terre (1) est celle des cinq Passions aiguës (cf. sup. Kosa) ; les Terres (2-4) sont celles des cinq Passions obtuses, parmi lesquelles la Soif prédomine, entraînant Rétribution dans le Plan du Désir (2), du Formel (3), du Non- Formel (4). Le Substantiel de (1), ce sont les 88 Passions ; de (2), l'Attraction, la Haine, l'Orgueil, l'Inscience ; de (3-4), la Soif, l'Orgueil, l'Inscience. Le Récipient de (1) et de (4) est la Notation du Mental ; de (2), les 6 Notations ; de (3), les Notations du Corps, de l'Œil, de l'Oreille, du Mental.] La 5e Terre, subtile, sans commencement, non-Associée à l'Esprit, Récipient de toutes les Passions supérieures, s'appelle Inscience. [Cf. Ttt. 185 1 ni c (524 c), qui fait correspondre cette Terre de l'Inscience originelle à la 7e Notation (Attribution-personnelle) ; et comparer le rôle capital que joue l'Inscience dans le système du Sraddhotpâdasâstra Tt. 1666- 1667.] Les Arhat, continue T. 353 v, les B.-pour-soi et les Bs., ayant éliminé les 4 Terres, ne peuvent pas éliminer cette 5e Terre, que seul le B. sait éliminer. La Terre de l'Inscience est la Cause et le Récipient des Actes sans-Ecoulement et des Corps-nés-du- Mental (sk. manomaya-kâya) des Arhat, des B.pour-soi et des Bs. de grande force. Le non-épuisement du sans-Ecoulement est la Terre de l'Inscience, qui produit, réunit, maintient et établit toutes les Passions supérieures, arrangées selon l'ordre de leur suppression par le Chemin : Passions suffoquant l'Esprit de l'Eveil, la Quiétude, l'Inspection, l'Extase, le shôju IF3£ [sk. samaya, i.e. selon Kichizô les 3 Concentrations], les Moyens, la Connaissance, le Fruit, l'Obtention [de l'Eveil], la Force, la Sécurité. Le terme Magasin des Passions bonnôzô ^'^^ désigne [l'ensemble de ces] cinq Terres, parce qu'elles embrassent toutes les Passions et parce qu'elles constituent l'état Emmagasinant et Vide de la Matrice de Tg. L'état Emmagasiné et non-Vide de la Matrice de Tg. est appelé Réalité, Corps d'Essence de Tg., Nature de B. [et aussi Ttt. 1744 ni a (72 c) Coupure du Tétralemme] . On appelle cette Matrice de Tg. Magasin du Plan d'Essence, Magasin

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du Corps d'Essence, Magasin Supérieur Supramondain, Magasin de la Pureté de la Nature -propre. Cette Pureté de la Nature-propre, qui est Matrice de Tg., est souillée par les Passions-de-passage. L'Esprit Momentané, bon ou mauvais, ne peut être souillé par les Passions-de-passage, en tant que les Passions ne touchent pas cet Esprit et que cet Esprit ne touche pas les Passions ; mais pourtant il y a des Passions qui souillent l'Esprit [i.e. l'Esprit est à la fois souillé et non-souillé ; cf. *Araya]. — Sannipâtasûtra T. 397 11 (10-13) Plusieurs Passions sont énumérées dans une liste des 16 mobiles de la Grande Compassion et des 32 mauvais Actes, dont le 16e s'appelle "Liens des Passions des Etres", le 17e "Vue de Soi". — Le ManjuSrîpariprcchâsûtra T. 468 1 a (501 a) enseigne comment éliminer les 98 Passions ou Résidus, divisées comme suit : (I) Plan du Désir : (a) 10 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité de la Douleur ; (b) 7 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité de la Formation ; (c) 7 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité du Barrage ; (d) 8 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité du Chemin ; (e) 4 Passions à abandonner par l'Exercice.

(II) Plan du Formel : 31 Passions réparties comme ci-dessus : (a) 9 ; (b) 6 ; (c) 6 ; (d) 7 ; (e) 3.

(III) Plan du Sans-Forme : 31 Passions classées comme sous (II). [Cf. sup. Abhidharmakosa.] — VimalaktrtinirdeSasûtra T. 467 iv (575) [td. Genjô 650 A.D.], Ttt. 1775 vu (390 b) [td. Kumârajîva 406 A.D.] : Le Bs. pratiquant le Non-Chemin montre et pratique toutes les Passions mondaines, quoique sa Nature (son Esprit td. Kumârajîva) soit absolument pure et non-souillée. Le terme "toutes les Passions et les 62 Vues" vise les dix groupes suivants, tous Germes de Tg. : (1) l'Existence du Corps ; (2) l'Inscience et la Soif du Devenir ; (3) l'Attraction, la Haine, l'Erreur ; (4) les 4 Idées-à-rebours (*tendô) ; (5) les 5 Revêtements ; (6) les 6 Sphères (sk. âyatana) ; (7) Résidences des 7 Notations ; (8) les 8 Perversités (sk. mithyatva) ; (9) les 9 occasions de Malfaisance (sk. âghâta) ; (10) les 10 Voies d'Acte mauvaises. — T. 475 11 (549) [autre éd. de la td. de Kumârajîva] : Les Passions sont les disciples (serviteurs) obéissants du Bs. — Ib. m (553) : Les B. peuvent accomplir la tâche de B. par les 4 Mâra et les 84.000 Passions. — Ib. 1 (542 c) : Les Passions (td. Genjô : l'extinction des Passions) sont la Terrasse d'Eveil (td. Genjô : l'Eveil merveilleux), parce que [l'Eveil] les connaît comme elles sont en Réalité. — Ib. il (548 a) : En vue des orgueilleux, le B. dit qu'être libéré de la concupiscence, de la Colère, de l'Erreur, c'est la Libération ; mais pour ceux qui n'ont pas d'Orgueil, il dit que la Nature de concupiscence, de Colère, i'Erreur, c'est la Libération. — Samâdhirâjasûtra T. 639 ni (563 c) : Les Bs. qui possèdent la Connaissance dépassent le Plan du Désir et la Terre des Passions du Plan du Formel et du Sans-Forme. —

Sandhinirmocanasûtra T. 676 IV (707) [td. Genjô 647 A.D.], T. 675 v (684) [td. Bodhiruci 514 A.D.], T. 678 (717) [td. Gunabhadra 435-443 A.D.] :

(I) La Pratique des Perfections dans la Terre de Conviction est appelée simplement Perfection. Le Bs. y manifeste encore des Passions ; il ne sait pas encore les dompter (td. Gunabhadra ; mais td. Bodhiruci : il sait les dompter). (2) La Pratique toujours plus intense des Perfections dans les 7 premières Terres est appelée la Perfection proche (td. Genjô) ou supérieure (td. Gunabhadra). Le Bs. y manifeste encore des Passions, mais il est capable de les éliminer. (3) La Pratique toujours plus intense des Perfections dans les 3 dernières Terres, où le Bs. ne manifeste plus les Passions, est appelée la Grande Perfection. — Il y a trois espèces de Passions-Re'sidus dans les

10 Terres : (1) Les "compagnons violents", c.-à-d. les Passions non-Innées (sk. asahaja), qui accompagnent les Passions Innées (sk. sahaja). Le Bs. les détruit dans les 5 premières Terres. (2) Les Passions minces (sk. tanu) de l'Inscience que le Bs. pratique dans la 6e et la 7e Terre. (3) Les Résidus très Subtils, consistant dans l 'Obstruction-Récipient du Connaissable (td. Bodhiruci : Obstruction oubtile des Domaines), que le Bs. élimine dans les 3 dernières Terres. On compare l'élimination successive de ces 3 groupes de Passions à l'arrachement de l'épiderme, du derme et des os. — Tout en produisant des Passions, le Bs. n'est pas Passionné, parce qu'à partir de la première Terre il connaît bien toutes les Essences et Passions. C'est l'incommensurable Mérite des Bs., qu'ils produisent des Passions jusqu'à l'Eveil. — Dans un autre passage ces Passions sont classées en deux catégories : (I) 1 1 Turbulences (td. Bodhiruci : Obstructions ; td. Gunabhadra : Fautes à contrecarrer), détruites dans les

11 Terres jusque et y compris la Terre de Tg., et

(II) 22 Erreurs (td. Bodhiruci : Espèces d'Inscience), deux Erreurs étant associées à chaque Turbulence comme suit: (1 a) Attachement à l'Individu et à l'Essence ; (1 b) Pleine-passion des mauvaises Destinations. (2 a) Fautes et Infractions Subtiles ; (2 b) les mauvaises Voies de l'Acte. (3 a) Désir- Attraction (td. Bodhiruci : chercher et désirer la Loi) ; (3 b) entendre et retenir complètement les Charmes. (4 a) Amour des Aplanissements ; (4 b) Amour de la Loi. (5 a) Acte-Mental unilatéral (ikkô -^[p], sk. ekântika) à l'endroit du Monde : unilatéralement tourner le dos au Monde, unilatéralement envisager le Monde ; (5 b) Acte-Mental unilatéral à l'endroit du Nirvana : comme sous (a) lire "Nirvana" au lieu de "Monde" ; (6 a) Droit-en-Face Inspecter le développement des Opérants ; (6 b) manifestation d'un grand nombre de Signes. (7 a) Manifestation de Signes Subtils ; (7 b) Acte-Mental et Moyens exclusivement tournés vers le Sans-signe. (8 a) Faire des efforts pour l'obtention du Sans-signe; (8 b)

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faire des efforts pour la Maîtrise des Signes. (9 a) Maîtrise des Charmes et d'innombrables mots et lettres pour prêcher la Loi ; (9 b) Maîtrise de l'Eloquence. (10 a) Les grands Supersavoirs ; (10 b) compréhension des Secrets subtils (himitsu jjj#$5, sk. guhya). (11 a) Très subtil Attachement aux Domaines Connaissables ; (11 b) très subtile Obstruction.— Tathâgataguhyagarbhasûtra T. 821 il (844-5) : De même qu'en soufflant sur un petit feu de brins de paille, il brûle peu à peu les choses environnantes et devient enfin un amas de feu grand comme le mont Sumeru, ainsi un Profane Puéril produit un petit Acte-Mental et une Délibération incorrects, s'attache fermement aux Vues qui en résultent et augmente ainsi peu à peu les Passions. D'autre part, de même que le feu doit s'éteindre, ainsi les Délibérations irréelles, les Passions, etc., quand elles ne sont plus produites, conçues, savourées, imaginées, doivent graduellement s'éteindre. [Même] les Passions et Délibérations faibles et minces sont irréelles. Apologue : Un homme qui entre dans un magasin de poisons, sans qu'il ait avalé de poison, est mortellement effrayé et se met à crier : "Je suis empoisonné." Un bon médecin lui donne un médicament irréel, et contrecarre ainsi par suggestion les douleurs imaginaires de son patient ; si le médecin lui avait donné un véritable médicament, il aurait succombé. Ainsi le Profane est tourmenté par des Passions irréelles ; l'Attraction est contrecarrée par l'Inspection de l'impureté (sk. asubhabhâvanâ, cf. K. Lav. vi, 149-152) ; la Haine par la Compassion ; l'Erreur par l'Ench înement-causal. Ni les Essences contrecarrées (Passions : Attraction, etc.), ni les Essences contrecarrantes (Inspection de l'impureté, etc.) ne sont des choses réelles, fixes, établies. Les Passions et les Opérés ne viennent pas, ne s'en vont pas ; on appelle les Opérés "dégagés des Passions". Telle est la Matrice de Tg., la pureté originelle de toutes les Essences, même des dix mauvaises Voies de l'Acte. Le Bg. dit que l'Attachement non-ferme aux Passions et aux mauvaises Voies de l'Acte n'est pas un péché, mais que l'Attachement et la Prise fermes, même lorsqu'il s'agit d'un mal infime, constituent un péché. Quand il n'y a pas Résidence, Prise, Attachement fermes, Production de Vues, à l'endroit des cinq Péchés-de-Damnation-immédiate, le Bg. n'appelle pas cela un péché. On n'obtient pas l'Eveil par les bonnes Essences, de même que le bois et l'herbe brûlés ne renaissent ni ne repoussent. Savoir que les Passions naissent de l 'Enchaînement-causal est appelé l'Obtention de l'Eveil, c.-à-d. savoir que ces Essences produites sans Nature-propre sont des Essences Sans-Production. Un homme qui commet les crimes les plus graves des dix mauvaises Voies de l'Acte ne recevra pas une mauvaise rétribution dans une mauvaise Destination, s'il sait et croit

qu'il n'y a ni Naissance ni Extinction, ni Bien ni Mal, ni Passionné ni Attachement. Toutes les Passions disparaissent après leur Production ; il n'y a ni Péché ni Résidence permanente du Péché ou des Passions. — Sûtra ésotériques. — T. 781 (294 a) : La Nature-Propre originelle des Etres est pure ; par les Passions-de-passage elle peut être divisée en deux aspects [pur et impur]. — T. 870 (291 b) : Le Bs. peut ruiner ces ennemis méchants, les Passions qui n'ont pas de commencement. — Le Mahâvairocanasûtra T. 848 1 (2-3) énumère 60 états d'Esprit mondains d'un Pratiquant de l'Application (sk. yogâcâra), représentant la plupart des Passions de Vue. Ces 60 états d'Esprit sont désignés par les noms suivants, et expliqués dans les cm. Ttt. 1796 H (59D 600) et Z. I xxxvi 3 (274 sq.) : (1) Attraction ; (2) Non- Attraction, considérée comme une espèce d'Attraction : Désir du Non-Passionné ; (3) Haine ;

(4) Bonté [de Vue et d'Amour, cf. Aiken, s.v. *Ai] ;

(5) Erreur ; (6) Connaissance [mondaine, incapable d'atteindre le surhumain] ; (7) suivre l'opinion du Maître sans la critiquer ; (8) Doute ; (9) Esprit obscurci ; (10) [excès ou insuffisance de] Science ; (n) considérer une partie comme l'ensemble auquel la partie appartient ; (12) disputes avec autrui ; (13) désaccord avec soi-même ; (14) s'abstenir de porter jugement ; (15) Dieu [désirer l'accomplissement spontané des souhaits, sans qu'il y ait besoin d'efforts] ; (16) Asura [prendre plaisir à la Transmigration] ; (17) Dragon [désir de richesses] ; (18) Homme [rendre le bien pour le bien, le mal pour le mal] ; (19) Femme [attachement aux désirs, au plaisir, aux apparences] ; (20) îsvara, dieu des hérétiques [convoitise du pouvoir divin] ; (21) marchand [s'occuper trop longtemps de l'accumulation et des occasions d'application des doctrines, comme le marchand qui accumule les marchandises et cherche des débouchés] ; (22) paysan [rechercher l'Erudition en tardant à mettre en pratique la Loi, comme le paysan qui s'informe de l'agriculture au lieu de cultiver] ; (23) fleuve [suivre les deux Extrêmes, comme une rivière suit les rives] ; (24) étang [soif insatiable d'argent, de gloire, comme celle de l'étang jamais rassasié des eaux qu'il reçoit] ; (25) puits [creuser outre mesure la doctrine] ; (26) garde [exclusive] ; (27) avarice ; (28) chien [contentement prématuré, comme les Auditeurs le produisent : de même le chien est vite content d'un rien qu'on lui jette] ; (29) blaireau [réception passive de la Loi, comme le blaireau qui attend sa proie ; manque de reconnaissance] ; (30) Garuda [manque d'indépendance, comme le Garuda dépend de ses ailes] ; (31) souris [désir déraisonnable de l'Elimination des Liens, comme la souris prise au piège qui se débat] ; (32); chanson [embellir outre mesure les sermons]; (33). danse [s'adonner aux jeux magiques et aux Supersavoirs] ; (34) frapper le tambour [se préoccuper

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de l'Eloquence] ; (35) maison [observance égoïste des Défenses, "pro domo"] ; (36) lion [désirer être plus fort que les autres] ; (37) hibou [esprit troublé pendant la journée ; n'étudier que la nuit] ; (38) corbeau [avoir peur] ; (39) Râksasa [toujours chercher les mauvaises conséquences d'un bon acte] ; (40) épine [regretter un bon acte ; avoir peur et honte après un mauvais acte : épines qui piquent la mémoire] ; (41) caverne [amour de l'immortalité où l'on jouit des cinq Désirs, comme dans les cavernes de Dragons ou d'Asura où l'on a l'immortalité et de belles femmes] ; (42) vent [manque de sélection] ; (43) eau [se repentir de ses péchés au lieu de comprendre la Non-Production du péché : croire qu'il faut se laver de ses péchés, comme l'eau souillée peut être purifiée] ; (44) feu [exubérance passagère, comme une flambée] ; (45) boue [manque de discernement, comme tout est mêlé dans la boue] ; (46) montrer la couleur [de l'entourage : être sujet à la suggestion d 'autrui] : (47) planchette [Pratique étroite, unilatérale, délimitée comme une planchette qui ne peut supporter sur l'eau qu'un poids infime] ; (48) s'égarer ; (49) herbes vénéneuses [stupéfiants : inertie] ; (50) filet [Liens du Soi] ; (51) cangue [excès de Quiétude et d'Inspection : vie trop contemplative]; (52) nuage [subir l'influence des douleurs et des plaisirs, comme par un temps orageux où la sensibilité est exacerbée] ; (53) champ [soigner et parfumer le corps, comme le paysan soigne son champ] ; (54) sel [Actes-mentaux que rien n'apaise, comme la soif que donne le sel] ; (55) rasoir [Elimination superficielle du vulgaire] ; (56) mont Sumeru [esprit hautain] ; (57) mer [orgueil grand comme la mer] ; (58) trou [relâchement croissant après un enthousiasme initial, comme les petits trous qui se produisent peu à peu dans les ustensiles de ménage] ; (59) recevoir une nouvelle naissance ; (60) singe [Distraction, inconstance]. Quand le Maître corrige l'Esprit de son Disciple, ces 60 états d'Esprit disparaissent l'un après l'autre. — L'Inscience produit les cinq Passions Radicales (sk. mûlaklesa : Attraction, Haine, Erreur, Orgueil, Doute), qui sont chacune multipliées par deux à cinq reprises (parce que l'Esprit Passionné des Etres, en s'appuyant toujours sur les deux Extrêmes, n'obtient pas le Chemin du Milieu), soit au total: 5x2=10x2 — 20 x 2 = 40 x 2 = 80 x 2 — 160 Sous-Passions. On compare l'Inscience au germe ; les cinq Passions Radicales aux racines ; les dix Passions Radicales (5 aiguës, 5 obtuses) aux grandes branches ; les 160 Sous- Passions aux petites branches, qui partent des grandes branches en fourches successives de deux rameaux ; les 80.000 ou innombrables Passions aux innombrables feuilles. Le Pratiquant de l'Application (sk. yôgâcâra) dépasse pendant la première Période Incalculable la première catégorie d'Imagination (te. kôha $#$£, td. môju 5ç$L, sk. kalpa)

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des 160 Passions, appelée "grossière" ; pendant la deuxième Période Incalculable il dépasse la deuxième catégorie d'Imagination des 160 Passions, appelée "subtile" ; pendant la troisième Période Incalculable il dépasse la troisième catégorie d'Imagination des 160 Passions, appelée "très subtile". Ensuite il obtient le premier état d'Esprit de la Sapience de B. Il y a trois groupes de trois Imaginations : (1) les trois Poisons ; (2) Organes, Objets et Notations ; (3) Acte (tronc), Passion (souche) et Inscience (germe). — Vinaya. — T. 1485 1 (1016 b) : Du Magasin de l'Inscience naissent 13 Passions [7 Vues et 6 états d'Esprit d'Attachement]. Les 7 Vues sont : Vue Perverse, Vue du Soi, Vue de Permanence, Vue d'Elimination, Adhésion excessive aux règles disciplinaires, Adhésion excessive aux Fruits, Vue de Doute. De ces Vues naissent les 6 états d'Esprit d'Attachement : Attraction, Amour, Haine, Erreur, Désir, Orgueil. — T. 1494 (1098) : Toutes les Passions sont la Patience [par laquelle on admet la] Non- Production des Essences. — Scolastique. — Mahâprajnâpâramitâiâstra Tt. 1509 xevi (730 a): Les Passions produisent tous les Actes, bons, mauvais et Indéfinis . . . L'Esprit des Passions produit les Actes bons, Sans-portée, Sans-faute ... Tous les états d'Esprit naissent simultanément avec la Sapience ; la Sapience doit donc exister dans l'Esprit d'Inscience. Quoique Sapience et Inscience soient des Essences opposées, dans l'Esprit Unique (isshin — ifa, sk. ekacitta, cf. Dasabhûmikasûtra T. 287 iv (553 a)> v (555 b) ; cf. aussi le Sraddhotpâdasâstra où l'Esprit Unique est subdivisé en deux Rubriques : Rubrique d'Ainsité et Rubrique de Mort-né) la Pureté et les Souillures sont produites. — Ib. 111 (81 c) Il y a deux espèces de Passions : (1) celles appartenant à la Soif [Attraction], et (2) celles appartenant à la Vue [Inscience], L'élimination de la première catégorie s'appelle "tâche" shosa 0ff^ (sk. krtya). L'élimination de la seconde catégorie s'appelle "accomplissement" (iben £J$, sk. krta ; krta-krtya est une épithète de l'Arhat). — Ib. vu (110) Parce que toutes les Passions Entravent et entourent l'Esprit, on les appelle toutes Enveloppements. Il y a dix Enveloppements : Haine, Dissimulation, Torpeur, Somnolence, Vains-propos, Exaltation, Indignité, Impudence, Avarice, Jalousie . . . Il y a deux espèces de Passions : (1) d'attachement interne : les 5 Vues, Doute, Orgueil, etc., (2) d'attachement externe : Désir (in ^), Haine, etc. L'Inscience est à la fois interne et externe ... Les Passions sont appelées kesshi fâî$i "Entraves- Résidus". — Ib. xvn (189) La Prise du Caractère de la Distraction produit les Passions, Haine etc. ; la Prise du Caractère de la Concentration et de l'Extase produit l'Attachement. Chez le Bs. il n'y a Prise ni de l'un ni de l'autre. — Ib. xx (209 a-b) L'Esprit de toutes les Passions, pratiquées par les

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gens de peu (shônin /]\ A.)> produit de petites choses ; c'est pourquoi on appelle [leurs Passions] "petites". Parmi ces Passions, toutes petites, on appelle [particulièrement] petites ces 4 Passions : Répulsion, Rancune, Haine, Mordant. L'Esprit qui a détruit la Répulsion et la Rancune s'appelle "large" ; l'Esprit qui a détruit la Haine s'appelle "grand" ; l'Esprit qui a détruit le Mordant s'appelle "Incommensurable". . .Le désir de se livrer à la Grossièreté de langage, d'injurier, de tuer, de blesser, de voler, s'appelle Répulsion. Guetter [préméditer, calculer] le moment et l'endroit opportuns pour nuire de toute sa force s'appelle "Rancune". . .La Rancune qui dure longtemps devient de la Haine . . . Porter préjudice par un Acte corporel ou oral . . . , l'Esprit étant fixé, sans peur, s'appelle "Mordant". — Ib. xxvn (260 c, 261 b-c) ; Les Arhat, les B.-pour-soi et les Bs., qui ont obtenu la Patience de la Non-Production des Essences, n'éliminent que [le Travail des] Passions (sk. klesasamudâcâra, cf. Dasabhûmikasûtra, éd. Rahder p. 71), tandis que le B. [qui possède l'Omniscience] n'élimine pas seulement [le Travail des] Passions, mais aussi leurs Imprégnations. — Ib. xxxix (346 a) Les Auditeurs disent : Les Entraves, Haine, Vue Perverse, etc. constituent un péché grossier ; les Entraves, Amour, Orgueil, etc. constituent un péché subtil. Les affections (kaku H, sk. vitarka) du Désir, de la Haine, du Mordant sont appelées grossières ; les affections relatives au village, à la patrie, à l'immortalité (cf. ci-dessus Samyuktâgama T. 99 xxvi), sont appelées subtiles ; l'affection du Bien seul est appelée très subtile. Mais dans le G.V. tout cela est appelé grossier, et constitue des péchés grossiers. — Ib. xli (361 b) L'Impression est la base de tous les Liens mondains ; c'est à cause de l'Impression que naissent les Entraves et Résidus. L'Impression de Plaisir produit la Cupidité ; l'Impression de Douleur produit la Haine ; l'Impression qui n'est ni Plaisir ni Douleur produit l'Erreur. Ces trois Poisons produisent les Passions et l'Enchaînement-causal des Actes. — Ib. lxxxvi (662 b) On dit sommairement que les Entrésdans-le-courant et les A-retour-unique éliminent 3 Entraves, [et en subdivisant,] 88 Entraves. Les Sans-Retour éliminent les 5 Entraves inférieures [cf. sup. Âgama], [et en subdivisant,] 92 Entraves. Les Arhats épuisent les 3 Ecoulements, [et en subdivisant,] toutes les Passions. — Yogâcârabhûmiéâstra Tt. 1579 vin (314 b-c) : variétés des Passions : 9 Entraves, 3 Liens, 7 Résidus, 3 Sous-Passions, 8 Enveloppements, 4 Courants, 4 Jougs, 4 Appropriations, 4 Attaches du Corps (Attraction, Haine, Adhésion excessive aux règles disciplinaires, entêtement de celui qui dit : ceci est vrai (shijitsushûshu jtfclftiJtëX sk. idamsaccâbhinivesa), 5 Revêtements, 3 Ecoulements [puis les noms suivants donnés aux 3 Poisons, Attraction, Haine, Erreur] : 3 troncs, 3

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Souillures, 3 Violences, 3 flèches, 3 Propriétés, 3 mauvaises pratiques, 3 Racines du Mal, 3 manques, 3 brûlures, 3 Mordants, 3 causes de disputes, 3 flammes, 3 fièvres, 3 Fourrés, 3 obstacles. — Ib. LV (603 c) 15 variétés de Passions : (1) internes ; (2) externes ; (3) à abandonner par la Vue [des Vérités] ; (4) à abandonner par l'Exercice ; (5) comprises dans les Enveloppements des bonnes Destinations ; (6) id. des mauvaises Destinations ; (7) comprises dans les Résidus ; (8) de la catégorie faible ; (9) de la catégorie moyenne ; (10) de la catégorie supérieure [forte] ; (11) du Degré de la Distraction; (12) du Degré de l 'Exaltation-Remords ; (13) du Degré mince ; (14) du Degré du Domptage (seibuku fljlJtJc) ; (15) du Degré du Dégagement des Attaches. — Vijnaptimâtratâsiddhi Tt. 1585 iv (22 a-b) (S. Lav. 255 SQ-) : Le Mental [Passionné] est associé aux quatre Passions Radicales : Erreur du Soi (c.-à-d. l'Inscience : ignorer l'Idéal du Non-Soi), Vue du Soi (considérer le Non-Soi comme Soi), Orgueil du Soi, Amour du Soi (sk. âtmasneha, Attachement au Soi imaginé). Ces quatre sont appelées Passions, parce 'qu'elles troublent et salissent l'Esprit interne (Notation du Tréfonds), de telle sorte que les [six] Notations externes de Fonctionnement deviennent Pleinement-Passionnées ; parce qu'elles empêchent les Etres d'échapper à la Roue de la Transmigration. — Il y a dix Passions ; pourquoi le Mental [Passionné] n'en [possède-t-il] que quatre ? — A cause de l'Existence de la Vue du Soi les autres Vues ne naissent pas, parce que dans un seul état d'Esprit il n'y a pas deux sortes de discernement (sk. prajnâ). — Pourquoi le Mental [Passionné] doit-il posséder la Vue du Soi ? — Parce que les deux Adhésions et la Vue Perverse sont exclusivement produites par l'Imagination-particulière et sont à abandonner par [le Chemin de] la Vue, [tandis que] les Passions associées au Mental [Passionné] sont exclusivement Innées et à abandonner par l'Exercice. La Vue du Sien (sk. âtmîyadrsti) et la Vue des Extrêmes naissent en s 'appuyant sur la Vue du Soi ; or la Vue associée au Mental ] Passionné] ne naît pas en s 'appuyant sur cela [la Vue du Soi] ; [en effet] elle prend toujours l'intérieur [Notation du Tréfonds] pour un Soi, et c'est pourquoi elle doit être la Vue du Soi. — A cause de la certitude de cette Vue, le Doute ne peut se produire [c'est pourquoi le Doute, qui est une des dix Passions, n'est pas associé au Mental Passionné]. A cause de l'Attachement au Soi qu'est l'Amour (sk. sneha), la Haine ne peut pas naître. C'est pourquoi le Mental n'est associé qu'à quatre Passions. . . [Ces quatre Passions] sont Innées, d'Objet intérieur, apprécié (ji ^p), subtil, et sont différentes des [autres Passions, produites par] l'Imaginationparticulière, d'Objet extérieur, méprisé, grossier. [Cf. cm. Ttt. 1830 v a (395 c) : l'Objet intérieur est aimé et produit l'Orgueil, tandis que l'Objet ex-

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térieur produit l'Orgueil seul sans amour.] — Ib. VI (23 b) : Le Mental [Passionné] est muni de 18 Essences de r]Ordre-de-l'Esprit : 5 Omniprésents, 4 Passions Radicales [Erreur du Soi, etc.], 8 Sous- Passions [Hébétement, Exaltation, Absence de Foi, Mauvaise-volonté, Négligence, Mémoire-dérobée, Distraction, Inexactitude], et une Sapience d'objet pécial. — Ib. v (23 c) Les quatre Passions Radicales Erreur du Soi, etc.] obstruent le Chemin, obscurcissent l 'Esprit-propre ; on les appelle à-Revêtement (ubuku ^TJS, sk. nivrtta). N'étant ni bonnes nim auvaises, on les appelle Indéfinies, de même que les Passions des deux Plans supérieurs, embrassées par la Force de la Concentration, sont comprises [dans la catégorie] Indéfinie. Ou encore, on appelle [les quatre Passions Radicales] Indéfinies parce que leur Récipient est subtil, et parce qu'elles Fonctionnent spontanément . — Mahâyânâbhidharmasangîtiéâstra école Hossô] Tt. 1605 iv (678 c) : Dans le Plan de Désir, il y a 10 Passions (énumérées ci-dessus : Abhidharmakosa) à abandonner par la Vue [de chacune des quatre Vérités] ; [total : 40 Passions]. — Dans les Plans du Formel et du Sans-Forme, il y a 9 Passions [les 10 Passions fondamentales moins la Haine] à abandonner par la Vue de chacune des quatre Vérités [total: 2x36 — 72 Passions]. — Dans le Plan de Désir il y a 6 Passions Innées [Vue d'un Ensemble-de-réalités, Vue de Prise des Extrêmes, Attraction, Haine, Orgueil, Inscience] à abandonner par l'Exercice ; dans les deux Plans supérieurs il y a 2 fois s Passions (les 6 Passions Innées moins la Haine) à abandonner par l'Exercice [total : 16 Pasions]. — [Grand total : 128 Passions.] — Ecole Tendai. — Ttt. 191 1 1 a (1 c-2 a) : La Passion de l'Inscience, 'est (sokuze tPê) l'Eveil. . .La Passion, c'est la Sapience. — Ib. 1 b (9 a) L'Attraction, la Haine, 'Erreur, c'est l'Eveil. La Passion, c'est l'Eveil. C'est ce qu'on appelle la Vérité de la Formation. — Ib. v b (46 a) Les 5 Revêtements, en tant que Résidus btus (Troubles d'ordre affectif], obstruent la première Extase ; en tant que Résidus aigus [Troubles d'ordre intellectuel], les 5 Revêments obstruent la Vérité.— Ttt. 1717 vu (868 c) : L'Ecole Tendai nseigne trois Passions ou trois Troubles, d'après le Mahâprajnâpâramîtâsâstra. L'Obstruction de la Conaissance embrasse Fait et Idéal. Ce qui obstrue la Connaissance des Faits, c'est le [ier] Trouble, celui des grains de poussière (jinja JH$?, Erreurs innomrables). Ce qui obstrue la Connaissance de l'Idéal, c'est le [2e] Trouble, celui de l'Inscience. L'Obstruction des Passions, à abandonner par le Chemin de a Vue et de l'Exercice, constitue le [3e] Trouble, dit kenjiwaku HJSiËS- — Dnbz. xxiv (34-35) : Dans es dix Degrés de Foi est dompté le Trouble de la Vue et de l'Exercice des 3 Plans. Dans la Ie Résidence, on élimine le Trouble de la Vue. A partir ie la 2e Résidence jusqu'à la 7e Résidence, on élimine

le Trouble de l'Exercice. De la 8e à la 10e Résidence, on élimine les Imprégnations. Dans les dix Degrés de Conduite on écarte le Trouble des Grains de Poussière, de ce qui est en dehors des 3 Plans [kaige -^.H, c.-à-d. le Domaine de la Transmigration par Métamorphose et des Actes sans-Ecoulement]. Dans les dix Degrés de Déflexion, on progresse dans la pratique de l'Inspection du Milieu, et l'on dompte le Trouble de l'Inscience. Dans les 10 Terres, on commence à Attester le Chemin du Milieu . . . Dans le Degré de l'Eveil Egal, on avance de nouveau et l'on élimine une catégorie d'Inscience ; on Atteste une partie du Chemin du Milieu. Puis le Degré de l'Eveil Merveilleux est marqué par l'élimination d'un nouvelle catégorie d'Inscience, après quoi il est appelé Eveil Merveilleux complet. — Termes composés. — Bonnôbyô ~^ maladie des Passions T.

374 (375 c), Ttt. 191 1 va (53 b). dei ~$2 boue

des Passions T. 475 il (549). — ~dô ~M (sk. klesavartman) chemin des Passions Ttt. 191 1 ni b (30 b). — ~doku ~^f§ poison des Passions T. 475 (553 c). — ~gôramô ~%V$$?fâ (s^- klesajâla) filet des Passions T. 190 (774 c). — ~hyô ~;»fC glace des Passions [dont la substance est identique à celle de l'eau, c.-à-d. de l'Eveil ou de l'Essencité : bodaisui ^^7j<] S. xxxix 9 (8 a) ; cf. Ttt. 191 1 v a (56 b). — ~jin ~P^ armée des Passions Ttt. 191 1 v a (49 a). — ~joku ~^ eau trouble des Passions T. 366 (348 a), T. 262 1 (7 b). — ~ga ~V6! fleuve des Passions T. 449 (402 c). — ~kai ~ïlj: Mer des Passions T. 397 (302). — ~ku ~l]à Souillure de Passion T. 278 (402 b). — ~kyokushi ~jjp|îpj épines des Passions T. 660 (314 c). — ~ma ~]|| les Passions comme démons Tt. 1509 (99 b). — ~muhen{shu)seigandan ~ M'MiWÛ^SMWî Vœu d'éliminer les Passions Incalculables Ttt. 191 1 v a (56 a) ; Dnbz xxxi (43 a). — ~netsu ~j|& fièvre des Passions T. 665 (412 b-c). — ~n'« ~^c forêt des Passions Ttt. 1819 il (843 b). — ~sen ~jjj montagne des Passions T. 660 (311 c). — ~shaku ~;jjfc banc de sable des Passions T. 190 (819 c). — ~shin ~ifir combustible des Passions T.

293 (721 a)- snô ~W Obstruction qui consiste

en Passion Tt. 1509 (100 a), T. 374 (428), T. 375 (670 a), T. 397 (301 a). — ~shû ~ff Imprégnation de Passion Tt. 1509 (686, 260 c). — ~yaku ~t)jj Joug des Passions T. 99 xxn (150 b). — ~yo ~f& reste des Passions Tt. 16 10 (802), Ttt. 1846 (244). — ~zoku ~$Jt, Passion comme brigand T. 365 (341 c), T. 476 (576 b).— Kongôbonnô ifc%\]fâ^ Passions dures comme le Diamant T. 411 (728).

BONNON ftfê, ou bonshô &§£, bonkô etc. ; sk. brahmasvara, p. b°ssara, tib. chans pa'i dbyans Mvy. 248. — Voix brahmique, terme désignant la voix des B. (et parfois des Bs.) ; c'est un des 32 Caractères des Grands Mâles (cf. *Sô, sk. laksana). — T. 262 1 ( = Lotus 6) : Je vois aussi les B., ces lions

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parmi les rois, qui énoncent les sûtra . . . Leur voix brahmique, profonde et merveilleuse, est un délice pour ceux qui l'entendent. — T. 360 il (273 a, 8) La voix brahmique [d'Amida] est pareille au tonnerre.— Tt. 1524 (231) La voix brahmique des Tg., aux sons subtils et merveilleux, s'entend dans les dix directions. — T. 1 1 La voix brahmique [des Grands Mâles] est pure et claire. — T. 26 xi Elle est délicieuse comme la voix de l'oiseau kalavinka (cf. *karyôbin). — T. 223 ccclxxxi Que l'assemblée soit grande ou petite, chacun l'entend également : tantôt elle est tonitruante comme le tambour céleste, tantôt douce comme le murmure du kalavinka. — T. 220 dlxvii (928) Même Indra, Brahmâ et les autres Dieux, dont les Mérites sont minimes, possèdent une voix dont la portée est profonde et lointaine ; à combien plus forte raison les Tg., qui durant des Millions de Périodes innombrables ont accumulé les Mérites ! — Dirghâgama T. 1 v (35 b-c) La voix brahmique du B. a cinq qualités pures : (1) elle est correcte ; (2) harmonieuse ; (3) pure et claire ; (4) profonde et pleine ; (5) elle a une portée universelle. — Autre liste de cinq qualités Mahâp0 pâr°sâstra Tt. 1509 iv (91) : La voix brahmique, qui est un Caractère des Grands Mâles, est pareille aux cinq sortes de sons qu'émet Brahmâ, le roi des Dieux : (1) elle est profonde comme le tonnerre ;

(2) pure et claire, elle s'entend au loin, et fait le délice des auditeurs ; (3) pénétrante, elle inspire le respect ; (4) elle est facile à comprendre ; (5) on ne se lasse pas de l'écouter. Telles sont aussi les cinq intonations qu'émettent les Bs., pareilles à la voix du kalavinka. — La voix brahmique a huit qualités, dites Membres (sk. p. anga). T. 360 11 (273) La voix brahmique est pareille au tonnerre ; ses huit sons (hatton AÇ) retentissent merveilleusement.— T. 278 vi Pour prêcher la loi selon le désir des auditeurs, il y a huit variétés de voix brahmique (hasshu bonnonjô AfÈJ£îkÏÏ£) • • ■ huit sortes de sons (hachibuon AnftW) pour énoncer les quatre Vérités. — T. 1 111 (19) De sa voix octuple, le B. enjoint à Ânanda de prendre de l'eau. — T. 579 II Huit sortes de sons brahmiques, comme la voix du kalavinka. — Ces huit qualités (parfois désignées en abrégé par le terme hachibon A&> Gog. 1 ; en p., atthanga samannâgata brahmassara, p. ex. Dîg. Nik. II, 211) varient selon les textes. Liste de T. 76 : (1) précellente ; (2) facile à comprendre ; (3) douce ; (4) harmonieuse ; (5) vénérable et sage ; (6) infaillible ; (7) profonde ; (8) pas féminine. Liste de T. 309 vin (1030) : (1) ni masculine, (2) ni féminine ;

(3) ni forte, (4) ni faible ; (5) ni pure, (6) ni impure ; (7) ni mâle, (8) ni femelle. D'après Ttt. 1733 iv, la première de ces listes se rapporte aux Caractères de la voix brahmique, la seconde à sa Nature même. — Liste de Ttt. 1925 m b : (1) précellente ; (2) douce ; (3) harmonieuse ; (4) vénérable et sage ; (5) pas

féminine ; (6) infaillible ; (7) profonde ; (8) inépuisable. Dms. xxxi, commentant cette liste, explique "pas féminine" par "virile, redoutable". — La Vibhâsâ Tt. 1545 clxxvii (889 a) donne une liste de huit Mérites de la voix brahmique dont presque tous les termes se retrouvent dans les listes de cinq citées ci-dessus : Le B. a dans sa gorge un Elément merveilleux qui lui permet d'émettre des sons brah miques, agréables et harmonieux comme la voix du kalavinka, ou bien profonds et tonitruants comme le tambour d'Indra ; sa voix brahmique a huit Mérites : elle est (1) profonde ; (2) harmonieuse ; (3) claire ; (4) agréable à l'oreille ; (5) pénétrante ; (6) réjouissante ; (7) facile à comprendre ; (8) on ne s'en lasse pas. — Dix qualités de la voix des Tg. Avatarhsakasûtra T. 279 li (268) [et cm. Ttt. 1735 xlix (876)] : (1) elle a une portée universelle et dispose de sons innombrables ; (2) elle réjouit les auditeurs selon leurs désirs, en énonçant la Loi avec clarté ; (3) elle les réjouit en se conformant à leur foi et a leur intelligence, et en purifiant leur Esprit ; (4) elle les convertit de façon opportune [en tenant compte des circonstances], chacun entendant ce qu'il lui convient d'entendre ; (5) elle est [en son essence interne] sans Production ni Barrage, comme un cri [continu] ; (6) elle est impersonnelle (mushu |H§3£), n'étant qu'un produit de tous les Actes an térieurs ; (7) elle est très profonde, étant incommen surable ; (8) elle est infaillible, car elle tire son origine du Plan des Essences ; (9) elle est ininterrompue, car elle s'étend à tout le Plan des Essences (10) elle est sans changement, étant Aboutissement — Soixante qualités (Membres, sk. p. anga) de h voix de B., énumérées Mvy. 445-504 (sk. sastyanga svara) ; la 38e est d'être "chantante comme la vob brahmique". Même liste Tt. 1604 vi ( = Mahâyâ nasûtrâlarhkârasâstra, td. Lévi 142-145 : Buddhasy« sastyâkârâ vâk) ; mais T. 310 x (55-56) donne un< liste un peu différente, où la "voix brahmique" n< figure pas. — D'autre part, le Lankâvatârasûtra T 670 m, 671 v, 672 iv (sk. éd. Nanjô m, 142-143 mentionne soixante-quatre "Morphèmes de la vob brahmique ' ' (catussastyâkârabrahmas vararutaghosa) Qu'est-ce, ô Mahâmati ! que l'Egalité de parole de; B. Tg....? De même que je produis une parol< dont les sons sont ceux de la voix brahmique à soi xante-quatre Morphèmes, ainsi la produisent toui les autres B....et cette parole est sans augmenta tion, ni diminution, ni différenciation ; car elle i pour Nature-propre les sons de la voix brahmique [pareille à la voix] du kalavinka. — Ces soixante quatre Morphèmes sont énumérés T. 312 vu (719 720) ; le 38e est la "voix brahmique". Ttt. 1535 xxn (721-722) ramène ces soixante-quatre aux hui "Membres de la voix brahmique" (cf. sup.) multi plies par les huit cas de la déclinaison sk. — Le. textes canoniques font fréquemment allusion aiu

BONSHÔ

BÔRU

soixante variétés de la voix de B. ; ainsi T. 279 xxix (158 c), ib. xlvi (244, où chacune des variétés est subdivisée en 500 parties, elles-mêmes subdivisées en sons innombrables), T. 660 iv (299, où il est dit que la voix des Bs. comporte 60.000 sons différents, qui pénètrent l'Espace et tous les Plans d'Essence, et pleuvent sur les Etres comme une pluie de Loi), T. 223 lvii (322, rokujûmimyôshion TA+lHiJ^Ç), etc. — Le terme bonnon "voix brahmique" s'emploie aussi pour désigner la Psalmodie ou plain-chant bouddhique, et plus spécialement, au Japon, une des quatre pièces de Psalmodie qui constituent l'hymnaire de langue chinoise ; cf. *Bombai. — Sur la voix de B. en tant qu'infinie et unique, cf. *Button.

BONSHÔ jyg, les Profanes (cf. *Bombu) et les Saints (cf. *Shô), identifiés par Sôjô (Seng tch'ao)

f{'$, disciple de Kumârajîva, dans les formules célèbres Bonshôichinyo Jtig— #H, Bonshôfuni J\JgL H*Z1 "Profanes et Saints relèvent de la même et unique Ainsité ; entre eux, pas de dualité". Cf. dans Ttt. 1775 iv (362 a) son cm. à ce passage du Vimalakîrtinirdesasûtra T. 475 1 (542 b) : Tous les Etres sont Ainsité ; toutes les Essences sont Ainsité ; tous les Saints sont Ainsité, et Maitreya aussi est Ainsité . . . L'Ainsité, c'est la non-dualité, l'indifférencié... Si Maitreya obtient l'Eveil completcorrect-sans-supérieur, tous les Etres doivent aussi l'obtenir (cf. *Bodai). Et aussi Ttt. 1857 (148 c), qui est un traité original de Sôjô : Un homme dont la Nature-propre est pure, qui recèle en lui-même l'Unité, et qui pendant la vie n'a point de Connotations illusoires, est un Saint ; mais dans l'Ultime Réalité il n'existe point d'Essence de Saint, et si le Saint se distingue du Profane, c'est dans une mesure atomique (infime). Un homme dont la Naturepropre est pure, qui recèle en lui-même l'Unité, mais qui produit au cours de sa vie des Connotations illusoires et souille ainsi son Substantiel-propre, c'est un Profane ; mais dans l'Ultime Réalité il n'y a point d'Essence de Profane. . .C'est pourquoi il est dit dans le Sûtra : La Nature de B. est Egale ; elle est vaste, infinie ; entre Profanes et Saints, point de dualité ; tous les Etres possèdent au complet la Nature de B., et il n'est pas jusqu'aux plantes, aux arbres, aux fourmis, aux atomes, aux poils, aux cheveux, qui ne recèlent l'Unité en eux-mêmes. . . — Dans le Système des "dix Plans d'Essence" (jippokkai +*£!?.) de l'école Tendai, les Profanes appartiennent aux six Plans inférieurs (Enfers, Trépassés, Animaux, Asura, Hommes, Dieux) et les Saints aux quatre Plans supérieurs (Auditeurs, B.-pour-soi, Bs. et B.) ; d'où l'expression Rokubonshishô AH.E9IE Ttt- 1912 v b. D'autre part, d'après le système des quatre Terres qui est propre à cette même école, Profanes et Saints résident ensemble dans la première Terre, dite Bonshôdôgodo Jil^fn]

lî;fc> laquelle se subdivise en terres pures et en terres impures ; cf. *Shido. — L'école Shingon répartit les Profanes entre les Enfers, les Trépassés, les Animaux, les Hommes et les Asura-Deva, tandis que les Saints sont Auditeurs, B.-pour-soi, Bs., B. (soit Gombutsu $JH#i soit Jitsubutsu 'ff^t») ; d'où l'expression Gobon-goshô j£ JL5.1& Hzks. vi.

ÎBORITA &!££=sk. vrata, p. vat[t]a ; td. kin ^ "interdiction" Ttt. 1796 xvn (751 c). — Observance rituelle ; cf. Kaigon $C*g, s.v. *Kai.

JBORON ^,p§0fc Tt. 9S7 (322 b), ou %&& T. 951 1 (226 c), ffîmmW T. 952 1 (264 c), #**P$ T. 953 1 (287 a), etc. = sk. bhrûrh, Formule es. ; c'est le Germe de *Kinrimbucchô ^"lii^jM (sk. Usnîsacakra, cf. *Bucchô), qu'on appelle "Kinrin à la lettre unique" (Ichijikinrin — ^^|j») parce que cette Formule ne comporte en sk. qu'un seul groupe graphique.

BÔRU (ou boru) ^ôfg, *||flft, anc. éc. bôga ^pl ; sk. ogha, tib. chu bo. — Courant. — Terme désignant les Passions (ou plus précisément leurs Résidus, sk. anusaya) lorsqu'elles sont très violentes : elles entraînent les Etres comme le courant d'un fleuve qui déborde entraîne maisons et arbres. — Tt. 1588 xx ( = K. Lav. v, 80) Les Résidus sont nommés Courants, parce qu'ils entraînent dans leur bouillonnement les bonnes Rubriques [c.-à-d. tout ce qu'il y a de bon chez les Etres] . . . Lorsqu'ils sont très violents, les Résidus sont nommés Courants ; en effet, si les Etres y tombent, ils sont emportés sans pouvoir résister, car le bouillonnement en est irrésistible. — Vibhâsâ Tt. 1545 xlviii Trois sens du mot Courant : "agitation bouillonnante", "flux qui ressaute", "submersion" : les Passions, etc., entraînent les Etres, de toutes les Destinations et de tous les Plans, dans les Transmigrations, en les agitant dans leur bouillonnement, en les élevant aux ressauts de leur flux, en les submergeant. Mais, demande-t-on, si le mot Courant se définit par "submersion" (tsuideki H$^), on ne peut classer parmi les Courants les cinq Entraves supérieures (sk. ûrdhvabhâgîya sarhyojana, K. Lav. v, 87 ; cf. *Ketsu et *Bonnô), puisque ces Entraves impliquent la renaissance dans des Plans supérieurs [Formel et Sans-Forme] (donc une évolution ascendante). On répond : Dans le cas des Entraves supérieures, on se place au point de vue des Plans et des Terres ; dans le cas des Courants, au point de vue du Chemin de la Libération. En effet, même ceux qui sont nés au Dernier Etage de l'Existence (*uchô, le plus élevé des cieux Sans-Forme) peuvent être submergés par les Courants, et ainsi ne point atteindre la Libération et la Voie sainte. Le Vénérable Myôon j&% (Ghosa) dit que, même si depuis

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longtemps on naît de plus en plus haut, on peut être submergé par les Courants, car ils font rétrograder les bonnes Rubriques ; et le Vénérable Saju 2t*s£ dit qu'on appelle Courants les Passions violentes et chroniques (cf. K. Lav. iv, 202). — Les mêmes sources répartissent les Courants en Courants de Désir, d'Existence, de Vue et d'Inscience. Cette quadruple répartition se retrouve dans le Mahâparinirvânasûtra T. 374 xxvn, où le Nirvana est comparé à un îlot que ne peuvent emporter les quatre Courants ; cf. aussi Tt. 1552 iv, Ttt. 1851 v a, etc. — De plus, Tt. 1588 xx ( = K. Lav. v, 73-75) et Tt. 1545 xlviii subdivisent ces quatre catégories de Courants en 108 éléments : dans le Plan du Désir, 29 Passions ; dans les Plans de l'Existence (Formel et Sans-Forme), 28 Résidus ; dans les trois Plans, 36 Vues et 15 Insciences. — Le Courant est aussi l'image du perpétuel devenir, ses vagues étant comparées aux incessantes Transformations de l'Esprit, comme dans la stance fameuse du Sandhinirmocanasûtra T. 676 1 : La Notation d'Attribution-personnelle, très profonde et subtile, [évolue avec] tous les Germes comme un Courant, etc. ; et cm. Tt. 1585 m ( = S. Lav. 174) Frappée par les Facteurs, elle produit, telles des vagues, les Notations de Fonctionnement ; mais elle-même, telle un Courant, est toujours continue (cf. aussi S. Lav. iSb-îSJ 5 Ghanavyûha T. 681 1 [727 b), III [746 c) ; et *Adana, *Araya). — Le rêve est également comparé à un Courant que l'éveil interrompt Tt. 1579 lxxiii.

BOSATSU |£g| = sk. bodhisattva, p. bodhisatta ; tib. byah cub sems dpa' "héros d'Esprit d'Eveil". — Autres te. fusatsu $^j$t Ttt. 2128 x, xvi, bodaisatta llifêWM passim, gH^É Ttt. 1796 1, mojisattaba PjitËUtBlÉ Ttt. 1709 11 c. makabodaishicchisatta MM1Ê$k'kifcWM = sk. mahâbodhicittasattva Ttt. 181 1 1. — Td. dôshujô M^ëE "Etre de Voie" (anc. éc. p. ex. Ttt. 1851 xiv), dôdaishinshujô jft;fc'|>^4 "Etre de grand Esprit d'Eveil" (anc. éc. p. ex. Ttt. !775 !)» daiji ;fc±- "grand héros" (p. ex. T. 225 1, T. 292 iv, T. 310 1, Ttt. 1775 1), kaiji ^j± "héros qui ouvre [la Voie]" (p. ex. Ttt. 1718 11 a, Ttt. 1778 1, Gog. iv), shôji jE:t "vrai héros" (p. ex. T. 292 iv, T. 360 11, T. 397 vin) ; nouv. éc. kakuujô -ff^ÉTfpf "Etre d'Eveil". — Aperçu général. — Dans 'e P.V. ce mot désigne en principe, à leur stage antérieur, les quelques B. que reconnaît ce V., et principalement Sâkyamuni, depuis le moment de leur Vœu dans un passé éloigné jusqu'à l'attestation de l'Eveil. Mais la Vibhâsâ discute déjà les motifs qui peuvent autoriser les Etres en général à s'appeler Bs., et le Kosa insiste sur l'altruisme des Bs. Selon le G.V. tout Etre est un Bs., tout au moins virtuel, car tout Etre (sk. sattva) a en lui les germes de l'Eveil (sk. bodhi). — Les anciennes écoles de l'Inde se sont appliquées à marquer avec précision les étapes de

la longue carrière qu'ont à fournir les Bs. Le point de départ en est la Production de l'Esprit d'Eveil (cf. Bodaishin, s.v. *Bodai), suivie du Vœu de devenir B. (cf. *Gan) ; la confirmation de ce Vœu est obtenue par une Prophétie (cf. *Juki) reçue d'un B. Avant d'atteindre le terme final, le Bs. doit traverser des périodes qui confondent l'imagination, mais que la scolastique prétend calculer avec rigueur : le P.V. s'était déjà exercé à ces supputations ; le Kosa, et dans le G.V. l'école Yogâcâra, en fixent la durée à trois Incalculables suivis de Cent Périodes. Dans l'intervalle, le Bs. du G.V. doit pratiquer les Perfections (cf. *Haramitsu) au nombre de Six ou de Dix : Don, Défenses (moralité), Patience, Bonnevolonté, Extase, Sapience, auxquelles peuvent s'ajouter : Moyens, Vœu, Forces et Connaissances. Son ascension progressive est théoriquement répartie en dix stades appelés Terres (cf. *Jûji) précédés d'une sorte d'introduction appelée Pratique de Conviction. Les Terres s'échelonnent ainsi : Joyeuse, Immaculée, Clarifiante, Radieuse, Dure-à-gagner, Droit-en-face, Va-loin, Immobile, Bonne-pensée, Nuage d'Essence ; on parvient ensuite à la Terre de B. Les Dix Terres ont été à leur tour incorporées dans un système plus large, où elles couronnent une série de Degrés dont le nombre varie d'un texte à l'autre ; le chiffre total est le plus ordinairement de 52 Degrés (cf. *Gojûnii). Mais, derrière cet appareil scolastique, l'inspiration fondamentale qui anime le Bs. dans toute sa carrière, c'est la volonté inébranlable d'être utile à autrui. Le P.V. se contentait d'enseigner une méthode de salut personnel qui promettait comme fin suprême le Nirvana, l'extinction à jamais de toute personnalité. Le Bs. au contraire reste de propos délibéré dans l'activité, qui est la souffrance ; mais son activité est pure, car elle est dégagée de tout intérêt, de tout attachement. Le Bs. est une sorte de saint ou d'ange, qui forme le trait d'union entre les Etres et les B. ; il participe des uns et des autres : comme les Etres, il vit dans le monde, sans être astreint à la vie monastique comme dans le P.V. ; le jeu normal de ses Actes ne peut le conduire qu'à de hautes Destinations, mais quand l'intérêt d'autrui le réclame, il s'abaisse de son propre choix aux Destinations inférieures. Comme les B. il possède les Caractères merveilleux ; il leur ressemble de si près qu'il apparaît souvent comme un B. vivant, équipé de tous les pouvoirs d'un B. En dehors de toutes les spéculations scolastiques, le Bs. est par excellence le "héros" de la charité et du sacrifice ; c'est autour de cette notion, sèchement abstraite à son point de départ, que se condense et se groupe tout ce que le bouddhisme contient de sensibilité attendrie, de dévotion exaltée, de charité ardente, de passion du sacrifice, de volonté de "racheter" les Etres souffrants, sans aucun soutien que les Mérites accumulés

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par les Bs. et qu'ils consentent à "défléchir" (cf. •Ekô) sur autrui. Un texte tardif qui se présente comme le Manuel du Bs., le Bodhicaryâvatâra T. 1662 (td. en français par La Vallée Poussin et par Finot) combine dans un mélange curieux les subtilités de l'école et les émotions de la foi. — D'autre part, l'Eglise a introduit les Bs. dans la hiérarchie monastique ; elle a institué une ordination spéciale à leur usage, et parallèlement tout un système d'observances destinées à faire pendant aux règles de l'ancienne Discipline ; le G.V. a son Vinaya propre, avec son Prâtimoksa, ses Défenses, son rituel de confession. Mais les mêmes termes ont servi à couvrir des conceptions toutes différentes : les prescriptions d'ordre moral et spirituel ont remplacé pour la plus grande partie les règles purement cléricales de l'ancienne Discipline (cf. *Bosatsukai). — Petit Véhicule. — Traité de Vasumitra sur les sectes Tt. 2031 ; Les Sarvâstivâdin disent que les Bs. sont encore des Profanes ; ils professent que pour les Bs. les Liens ne sont pas encore détruits ; c'est seulement quand ils ont acquis la Détermination de l'Exactitude (*shôshôrishô jE *{&$$&., sk. samyaktvaniyâma : c.-à-d. qu'ils sont prêts à accepter la vérité exacte sur les Essences, quelle que cette vérité puisse être) qu'ils passent du stade de Profane au stade de Saint (sk. âryapudgala). [Les Mahâsânghika soutiennent au contraire que les Bs. deviennent automatiquement des Saints du fait qu'ils entrent dans la seconde Période de leur carrière.] Les Haimavata aussi enseignent que les Bs. sont des Profanes ; cependant leur entrée dans le sein maternel, lors de la conception, ne s'accompagne ni d'Attraction ni d'Amour. Selon les Mahâsânghika, les Bs. dans le sein maternel n'ont pas à passer par les stades normaux du développement de l'embryon : kalala etc. ; ils prennent la forme d'un éléphant blanc pour y pénétrer, et en naissant ils sortent du flanc droit de leur mère ; ils n'ont pensée ni de désir, ni de colère, ni de malfaisance ; pour le service des Etres, ils font vœu de naître dans les mauvaises Destinations ; ils sont libres de choisir telle Destination qui leur convient. Toutefois, dans l'intérieur de cette grande école, les branches Caityasaila, Aparasaila et Uttarasaila refusaient d'admettre cette dernière thèse. [Le Kathâvatthu xxm, 3 attribue aux Andhaka une thèse analogue à celle des Mahâiânghika sur la liberté qu'auraient les Bs. de choisir eur naissance ; cf. aussi Kosa, ci-dessous Tt. 1558 kxiii]. — Vibhâsâ Tt. 1545 clxxvi Le sûtra dit : Il

a des Etres qui ne sont pas de l'espèce des ignorants, nais de celle des sages, on les appelle Bs. Qu'est-ce lu'un Bs. ? Il est nécessaire de le définir pour tran-

her l'orgueil des faux Bs...Il y a des Etres qui, iu fait d'un seul don de nourriture, de vêtement, Je logement, de rameau de saule, ou de l'observance l'une seule Défense ou de la récitation d'une seule

stance, ou d'une seule Concentration de l'Esprit ou d'une seule Inspection de l'impureté, etc., poussent aussitôt un Rugissement-de-lion en s 'écriant : A cause de cela, je suis certain de devenir B. ! — Contre cet orgueil, nous déclarons qu'il ne suffit pas d'avoir accompli des Pratiques difficiles pendant trois Périodes Incalculables ; il faut avoir accompli les Actes qui produisent les Caractères merveilleux (cf. *Sô ;ffj) pour dire : Je suis Bs. ... Le Bs. jusqu'à la fin de son premier Incalculable, malgré toutes ses Pratiques difficiles, ne sait pas avec certitude qu'il sera B. Le deuxième Incalculable achevé, il a bien cette certitude en lui-même, mais il n'ose pas encore l'exprimer sans crainte. A la fin du troisième Incalculable, lorsqu'il pratique les Actes producteurs des Caractères merveilleux, il a à la fois la certitude et le Rugissement-de-lion sans crainte. . . — On appelle Bs. l'Etre qui est susceptible d'Actes de Concoction produisant les Caractères merveilleux. — Mais si tous les Etres doivent être appelés Bs. dès qu'ils ont produit l'Esprit d'Eveil sans-Régression, pourquoi ce nom est-il réservé à ceux-là seuls qui peuvent accomplir de tels Actes ? — On n'appelle un vrai Bs. que celui dont l'Eveil et la Destination sont l'un et l'autre définitivement assurés [cf. Kathâvatthu xiii, 4, cm.] ; l'Eveil seul est assuré à partir de la Production d'Esprit, mais la Destination ne le devient qu'avec la faculté d'accomplir les Actes produisant les Caractères merveilleux. [Cf. Kathâvathu iv, 7, thèse hérétique des Uttarâpathaka : Le Bs. se reconnaît à la possession des Caractères merveilleux.] Le vrai Bs. est connu comme tel par les hommes et par les dieux ; mais, tant- qu'il n'accomplit pas ce genre d'Actes, les dieux seuls le connaissent. Du fait de ces Actes, le Bs. élimine cinq infériorités et gagne cinq supériorités : (1) il est affranchi des mauvaises Destinations et n'en acquiert que de bonnes ; (2) la famille où il naît n'est pas vile, mais noble ; (3) il est toujours de sexe masculin ; (4) il n'a pas d'infirmités ; (5) il n'oublie rien et se rappelle ses existences antérieures . . . — Question : Le nom de Bs. est tiré de Anuttarasarhyaksambodhi "Eveil complet - correct - sans supérieur". Pourquoi dit-on de celui qui n'a pas attesté cet Eveil qu'il est en Déroulement continu (zuiten HM) sk- anuvartin), et de celui qui l'a attestée qu'il est sans Déroulement continu et qu'il est B. ? Réponse : Le premier est appelé Bs. parce que, sans avoir encore obtenu l'Eveil (bodhi), il poursuit sans cesse, avec une Disposition supérieure, il se Défléchit vers l'Eveil ; il s'en approche, l'aime, le vénère, y aspire, cherche à l'attester, désire l'attester ; son Esprit sans relâche ne s'en distrait jamais. Quand l'Eveil a été attesté, cette recherche, cet amour, cette application, tout cela est arrêté. . .C'est alors qu'on est appelé B. De plus, sattva a le sens de "brave" ; le Bs. est celui qui, n'ayant pas encore

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obtenu l'Eveil, le recherche avec bravoure et Bonnevolonté ; lorsqu'il a attesté l'Eveil, cet Esprit de bravoure en vue de l'Eveil disparaît ; il ne reste plus que la supériorité de l'Eveil ; il est alors appelé B. [Cf. Buddhabhumisûtrasâstra Tt. 1530 11 même étymologie ; le tib. l'a consacrée en adoptant comme td. canonique du mot Bs. l'expression "héros d'Esprit d'Eveil".] — Ib. clxxvii Liste des Caractères des Bs. : naissance noble, beauté, virilité, absence d'infirmités, mémoire des existences antérieures, foi dans les causes et les effets, érudition, respect de la Loi, intelligence, éloquence, douceur, Détermination sans Régression, compassion, bienfaisance sans espoir de rétribution, etc. [Cf. autre liste Tt. 1602 xx : compassion, paroles d'amour, bravoure et décision, aumône, analyse du sens profond ; et aussi Mvy. xxx]. — Abhidharmakoêa Tt. 1558 xn ( = K. Lav. m, 191 sq.) Pourquoi les Bs., quand ils ont fait le Vœu, mettent-ils un si long temps à atteindre l'Eveil ?. . . Pourquoi leur faut-il accomplir des œuvres héroïques au cours de trois Incalculables?... — Pour le bien d 'autrui, parce qu'ils veulent devenir capables de retirer les autres du grand fleuve de la souffrance. — Mais quel bien personnel trouvent-ils dans le bien d 'autrui ? — Le bien d 'autrui est leur bien propre, parce qu'ils le désirent. — Qui pourrait vous en croire ? — A la vérité, les hommes dépourvus de pitié et qui ne pensent qu'à soi croient difficilement à l'altruisme des Bs., mais les hommes compatissants y croient aisément. . . Il y a une catégorie d'hommes qui, indifférents à ce qui les concerne personnellement, sont heureux par le bonheur d'autrui, malheureux par la souffrance d'autrui. Pour eux, être utile à autrui, c'est être utile à soi-même. La stance dit : L'inférieur cherche, par to js moyens, son plaisir personnel ; le médiocre cherche la destruction de la douleur, non pas le plaisir, car il est source de douleur ; l'excellent, par sa douleur personnelle, cherche le plaisir d'autrui et la destruction définitive de la douleur d'autrui, car la douleur d'autrui est sa douleur. — Ib. xvm ( = K. Lav. IV, 220) A partir de quel moment reçoit-on le nom de Bs. ? — Dès qu'on accomplit des Actes produisant les Caractères merveilleux. Dès lors on obtient de bonnes Destinations, des naissances nobles, l'absence d'infirmités, la virilité, la mémoire des existences antérieures et l'absence de Régression. — Ib. xxm ( = K. Lav. vi, 176) Dans le but d'être utiles au prochain, les Bs. vont dans les mauvaises Destinations. — Ib. xvm ( = K. Lav. iv, 224) La carrière du Bs. est de trois Incalculables avec cent Périodes supplémentaires [cf. Tt. 1509 xxm ; Que le Bs. ne tombe pas dans les mauvaises Destinations, après trois Incalculables, c'est la théorie de la Vibhâsâ]. — Grand Véhicule. — Un passage de Ttt. 2125 1 marque bien la place considérable que les Bs. occupent dans le G.V. : Ce qu'on appelle le G.V., c'est honorer

les Bs. et lire les sûtra du G.V. ; ce qu'on appelle le P.V., c'est ne pas faire ces choses. — Grand Véhicule et Petit Véhicule. — Les textes de Prajnâpâramitâ insistent à maintes reprises sur les traits qui opposent le Bs. au saint (Arhat) du P.V. : T. 220 dlxxx Afin de sauver les Etres, le Bs. ne doit pas trancher prématurément les Passions. — dxci II n'est pas permis au Bs. de résider dans l'Extase ni de sortir des trois Mondes, car ce serait tomber dans les deux V. inférieurs. — dxcii Un Bs. qui dans l'Extase peut pratiquer les cinq autres Perfections est Sans- Régression. [Pour cette "Régression" qui ramène le Bs. aux V. inférieurs, cf. ib. cm : Dans les mondes des dix directions, il n'y a qu'un Etre, ou deux, ou trois, qui restent Bs. Sans-Régression, car la plupart retombent parmi les Auditeurs ; xxxvi ; Un Bs. qui retombe à la Terre des Auditeurs est dit "tombé du sommet", chôda HU ; cf. *Futai.] — T. 221 xv Quoique ses pratiques soient pénibles, le Bs. ne tombe pas au milieu du chemin dans les Terres des deux V. — xx Le Bs. n'a pas pour terme l'Attestation, mais la Pratique. — vu C'est sans quitter les cinq Masses qu'on marche dans le chemin des Bs. — T. 223 xxix Dès le moment où il a produit l'Esprit, les Pratiques du Bs. sont pour les Etres, non pour lui-même. — Autres textes sur le même sujet : Prajnâpâr°Èâstra Tt. 1509 xxxvi Quoique les Bs, voient le Nirvana, ils passent tout droit sans s'j arrêter. — lu On ne peut appeler Bs. celui pour qui le Formel est à part de l'Esprit, et l'Esprit à pari du Formel. — lxxxv Le Bs. n'est pas bon, il esl Indéfini ; il a l'Esprit d'Attachement ; faire le bien ce n'est pas l'activité d'un Bs. — Ib. iv discute longuement le rang assigné aux Bs. parmi tous les auditeurs du B. dans l'introduction du Mahâprajnâpâramitâsûtra : Pourquoi y sont-ils énoncés \ la suite des quatre Assemblées (Moines, Nonnes Laïcs, Laïques) alors que leur vraie place est im médiatement après les B. ? C'est que les Arhat on peu de Sapience, mais ont accompli la Maturation, tandis que les Bs., riches en Sapience, n'on pas encore épuisé les Passions. Il y a deux sorte: de Lois bouddhiques : Esotérique et Exotérique Dans l'Exotérique, les B., les B.-pour-soi et le Arhat sont tous des Terrains de Bonheur parce qui leurs Passions sont épuisées sans résidu. Dan l'Esotérique, on dit que les Bs. ont atteint la Patieno des Essences Sans-Production, que leurs Passion sont tranchées, qu'ils possèdent les six Supersavoir et servent au profit des Etres. C'est en se plaçan au point de vue Exotérique que le sûtra place le Arhat avant les Bs. En effet, par la force des Moyens* les Bs. se manifestent, entrent dans les cinq Desj tinations, et éprouvent les cinq Désirs en vue de 1 Captation des Etres ; s'ils étaient placés au-dessui des Arhat, les dieux et les hommes en seraient trou blés et pris de doute... — Mais pourquoi sont-il

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placés après les Laïcs et les Laïques ? . . . Dans les sûtra des Auditeurs, on ne parle pas de quatre Assemblées. Pourquoi encore une Assemblée spéciale de Bs. ici ? — Réponse : Il y a deux sortes de Voies, celle des Auditeurs, et celle des Bs. Les quatre Assemblées, c'est la Voie des Auditeurs ; les Bs. Mahâsattva, c'est la voie des Bs.. . .11 y a deux sortes de Bs., les Moines et les Laïcs. On place en général les Bs. Moines dans les deux Assemblées monastiques, et les Bs. Laïcs dans les deux assemblées laïques. Si on en parle ici séparément, c'est que les Bs. peuvent être inclus dans les quatre Assemblées tandis que les quatre Assemblées ne comprennent pas nécessairement des Bs....car elles n'ont pas produit l'Esprit d'Eveil... — Pourquoi, au commencement des sûtra du G.V., parle-t-on de deux Assemblées, Bs. et Auditeurs, tandis qu'au commencement des sûtra du P.V. on ne parle que de l'Assemblée des Auditeurs ? — C'est afin de distinguer es deux V. Le V. des Auditeurs est étroit et petit, 'est celui du profit pour soi, de l'action pour soi ; le V. des Bs. est large et grand ; c'est celui du profit pour tous . . . — Mais pourquoi, dans les sûtra du G.V., ne se contente-t-on pas de parler de l'Assemblée des Bs. ? — C'est que le G.V. est large et que tous es V. y rentrent, tandis que le P.V. est étroit et ne :ontient pas le G.V. ... — Que signifient les mots Bodhi et Sattva ? — Bodhi, c'est la Voie des B. ; attva, c'est soit un Etre, soit un Grand Esprit. Le Bs. est l'Etre qui veut obtenir l'Esprit, indestruc- :ible comme une montagne de diamant, des Mérites ie la Voie de B. [Même interprétation de Sattva ?ar Esprit Tt. 1521 II, et aussi Ttt. 1775 1, Ttt. 1718 I.] Une stance dit : "Toutes les Essences de B., sapience, Défenses, Concentration, qui sont probables à autrui, c'est ce qu'on appelle Bodhi ; l'Esprit nébranlable, capable d'accomplir avec Patience les :hoses de la Loi, infrangible, indestructible, c'est :e qu'on appelle Sattva." Ou encore : sat signifie 'louer la Bonne Loi" [sk. st(ava) "louange"] ; tva lésigne le Substantiel de la Bonne Loi . . . Ou en- :ore : le Bs. est appelé ainsi parce qu'il recherche a Bodhi afin de délivrer les Etres (Sattva) de la îaissance, de la vieillesse et de la mort [même explication Tt. 1530 11 ; et cf. Tt. 1604 n = Mah° ûtrâl°, td. Lévi 32)... Il y a deux sortes de Bs., Sans-Régression ou à-Régression, comme c'est mssi le cas des Arhat. Les premiers seuls sont vraiment des Bs. ; les autres ne reçoivent ce nom que par extension. Ces deux catégories sont exposées bar le Tg. dans des chapitres spéciaux de la Prajnâpâramitâ [T. 220 cccxxv-cccxxvn, cdxlvii, dxiv- >xv ; ib. dlxxxiii : Le Bs. à-Régression est appelé in faux Bs.]. — Merveilles des Bs. (exception faite des Caractères merveilleux, q.v., s.v. *Sô). — T. 279 vi Le lieu qu'habitent les Bs. est vaste comme espace. — T. 310 cxvi Ce qui est sans limite, sans

bout, sans île, sans îlot etc., on l'appelle Sapience, et aussi Bs. Mahâsattva. — T. 475 11 (texte sk. dans Siksâsamuccaya 324 sq.) Les Bs., possédant l'Assurance, peuvent manifester en un instant les formes les voix, les attitudes de tous les Etres ; ils se font vieux, malades, morts, ils se jouent aux fantasmagories en vue de mûrir les Etres ... ils deviennent lune, soleil, Sakra, Brahmâ, les seigneurs du monde, l'eau, le feu, la terre, le vent. S'il y a une épidémie, ils se font médicament pour que les Etres en soient libérés, sauvés, guéris ; s'il y a une famine, ils se font boisson et nourriture. . .Ils font voir les désirs, les jouissances, et aussi l'Extase aux Extatiques ; ils chassent Mâra et ne lui laissent pas d'entrée. Comme on montrerait un lotus irréel au milieu du feu, ainsi ils montrent à la fois les Passions et l'Extase irréelles. S'ils le veulent, ils se font prostituées pour attirer les hommes ; ils les amorcent avec l'hameçon de l'attrait, ils les installent dans la Connaissance des B....Pour les pauvres, ils se font trésors inépuisables, et quand ils les ont enrichis, ils font naître en eux l'Esprit d'Eveil. — T. 299 iv développement très analogue. — Tt. 1509 xxxvin A cause de leurs grands mérites, les Bs. sont parfois des rois Brahmâ ; ils sont toujours de condition souveraine partout où ils sont ; même s'ils naissent parmi les daims ils sont rois des daims. — T. 279 xxxiv Les Bs. de la première Terre, s'ils sont Laïcs, sont rois du Jambudvîpa. — T. 286 v Les Bs. émettent de leur poitrine de Diamant bien ornée une grande lumière dite lumière qui défait les démons. — T. 279 xxxix Les Bs. des dix Terres émettent de la lumière par dix endroits, pieds, genoux, flancs, mains, épaules, cou, face, sourcils, crâne, nombril. — T. 310 c Les Bs. émettent de la lumière dans quatre circonstances : don d'une lampe, protection de la Loi, prédication à des Etres relâchés, décoration de stûpa dans les temples. — T. 397 11 Huit sortes de radiances : de Mémoire, de Mental, de Pratiques, d'Essence, de Connaissance, de Réalité, de Supersavoir, de Sans-Contreheurt. — T. 223 C'est grâce à ces Facteurs que sont les Bs. que sont tranchées les trois mauvaises Destinations, toutes les calamités, épidémies, disettes, etc.... — Tt. 1509 xxxvi C'est grâce à ces Facteurs que sont les Bs. que peuvent exister dans le monde les Essences de Bien. . .les cinq Défenses, les dix Biens, les huit Défenses (litt. Jeûnes, sk. astângika uposadha), etc., Essences réparties 'nfê trois catégories par lesquelles on obtient respectivement la Voie, la naissance au ciel, la naissance parmi les hommes. Cf. T. 222 1. — Esprit de sacrifice des Bs. — T. 261 ni Les Bs. font le Vœu d'éprouver tous les tourments à la place des Etres. — T. 155 1 Si l'on veut rechercher la Voie suprême, qu'on ne regrette point la vie de son corps ; qu'on rejette son corps comme de l'ordure, ayant compris le néant du Soi, le néant

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du Sien. Il n'est pas difficile de donner des richesses ; mais c'est par des œuvres héroïques que l'on atteint rapidement l'Eveil. — T. 279 xxm chapitre sur les dix Déflexions (sk. cité sous le titre de Vajradhvajasûtra dans Siksâsamuccaya 280 sq.) Le Bs. Mahâsattva pense : Dans toutes les mauvaises Destinations je dois éprouver toutes les sortes de douleurs à la place des Etres, afin qu'ils obtiennent la Libération ; et ainsi le Bs. éprouvant des tourments redouble de zèle ; il ne se relâche point, il ne se dérobe pas, il est sans crainte, sans faiblesse, sans Régression, sans effroi, et il ne se dégoûte jamais. Pourquoi cela ? Parce que tel est son Vœu ; il désire résolument porter les Etres comme un fardeau afin de les libérer. . .C'est comme la Déflexion dont il est parlé dans le Daiekôkyô ^JUfRjH ( = Mahâparinâmanâsûtra, cf. Vajradhvajaparinâmanâ citée Siksâsamuccaya 213) : J'ai fait le Vœu que tous les Etres obtiennent la Pureté et l'Ominscience ; mes pratiques sont destinées à leur procurer l'Omniscience ; ce n'est pas pour moi-même que je cherche la Libération. . .Pour tous les Etres j'accepte toutes les douleurs, afin qu'ils sortent de l'infini des Transmigrations et de la vallée des Douleurs ; pour tous les Etres j'éprouverai toutes les Douleurs dans tous les mondes, dans toutes les mauvaises Destinations jusqu'à la fin des Périodes futures, et c'est pour eux que je cultiverai sans cesse des Racines de Bien. Car il vaut mieux que j'éprouve seul toutes les douleurs et que les Etres ne tombent point dans les Enfers ; dans ces Enfers, parmi les Animaux, chez le roi Yama, dans tous les endroits difficiles, je ferai de mon corps un otage et rachèterai (sk. nihkratavya) tous les Etres qui sont dans les mauvaises Destinations . . . C'est ainsi qu'il me faut Défléchir mes Racines de Bien en sorte que les Etres obtiennent la joie sans fin. . .la joie de l'Omniscience. — Bodhisattva et Buddha. — T. 220 xxix Bs. et B. ne diffèrent que du point de vue de la Causalité ; l'un et l'autre ont la Connaissance de tous les Caractères. Cf. Tt. 1509 xciv ; et Ttt. 1735 lu : Au point de vue de la Cause, on reste éternellement Bs. ; au point de vue du Fruit, on est éternellement B. — T. 220 dlxviii et T. 231 11 Le corps du Bs. ne diffère de celui du Tg. que par les Mérites. — T. 223 xxix Ceux qui marchent dans le Chemin sans Contreheurt sont des Bs. ; ceux qui marchent dans le Chemin de la Libération sont des B. — Tt. 1509 xciv Les Bs. diffèrent des B. en ceci, que leur Sapience est obtuse et leur Pratique des six Perfections incomplète, car ils n'ont pas pénétré toutes les Rubriques. . .Les Bs. sont pareils à la lune du quatorzième jour qui ne soulève pas encore la marée ; les B. sont comme la lune du quinzième jour. — Ib. xl Les Bs. de la dixième Terre ne diffèrent pas des B. ; ils possèdent les dix Forces, tels Samantabhadra, Manjusrî, Avalokitesvara. — Ib. xxix Les Bs. actua-

lisent des corps de B. en vue de sauver les Etres. — T. 279 xliii Bs. et B. accomplissent également les Pratiques et les Vœux de Bs. ; ceux qui entrent dans le domaine de la Connaissance sont appelés B. ; ceux qui ne se lassent pas des Pratiques de Bs. accomplies par les Tg. sont appelés Bs. — T. 227 il Lorsqu'il n'y a pas de B. dans le monde c'est par des Bs. que sont assurées les pratiques bonnes et droites ; cf. Tt. 1509 lviii. — T. 305 v Les B. naissent des Bs. ; c'est donc grâce aux Bs. que la Tige de B. n'est pas interrompue ; c'est pourquoi calomnier les Bs. est un péché aussi grand que de calomnier la Loi du B. — T. 220 cccxciv Tant que tous les Etres ne sont pas arrivés à la perfection, n'ont pas atteint la Terre-pure, les Bs. n'attestent pas l'Eveil ; cf. T. 223 xxm. — L'étroite analogie des Bs. et des B. apparaît plus clairement encore si on compare, p. ex., dans Mvy., les rubriques spéciales assignées à chacune de ces deux catégories ; on obtient ainsi deux tableaux parallèles qui manifestent une symétrie systématique : En face des dix Forces de B. (Mvy. 120-129), on a les dix Forces de Bs. (760-769) ; des quatre Assurances de B. (131-134), les quatre Assurances de Bs. (782-785); des huit Essences Singulières de B. (136-153), les huit Essences Singulières de Bs. (787-804) ; des Concentrations de B. (506-623), les Concentrations de Bs. (737-745). — Diverses appellations des Bs. — Tt. 1604 xii Liste de seize appellations. — Mvy. 625-643 Liste de dix-neuf appellations. — Cf. aussi Dzsi. II, 889-891. — Comparaisons. — T. 279 lxiii : cercle du vent, terre, océan, soleil pur, lune claire, général farouche, souverain, feu ardent, nuage, pluie de saison, patron de barque, maîtresse poutre du pont. — Tt. 1509 v océan, Sumeru, roi des remèdes, soleil, terre, vent, feu, nuage, lune, Sakra. — Tt. 157Ç lxxix grande eau, grand feu, grand vent, lune claire roue du soleil, lion, dragon (comparés aux Pratiques des Bs.) — T. 279 lxxviii général de la Loi qui protège la ville murée de l'Omniscience. — Ib. lxxvii ( = sk. Gandavyûha cité Siksâsamuccaya 34 sqq.lj terre qui supporte tout, diamant infrangible, montagne du Cercle de Fer inébranlable, esclave obéissant, disciple docile, serviteur sans dégoût, mèn nourricière, employé zélé, balayeur sans orgueil épi mûr qui s'incline, cheval sans méchanceté I chariot à lourde charge, éléphant bien dompté; Sumeru sans écroulement, chien sans irritation [cfj. Tt. 1558 xviii = K. Lav. iv, 223], candâla saniji fierté, taureau châtré sans violence, bateau toujour;j prêt à aller, maîtresse poutre du pont pour traverseij l'eau, fils déférent, fils de roi respecteux (attitude.'j du Bs. à l'égard des Amis-de-bien). Le même ouj vrage donne d'abondantes comparaisons du mêm<| genre. — T. 221 xvn refuge du monde, lampe dij monde, logis du monde. — T. 224 v protection di| monde, plateforme du monde, salut du monde.—:

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Tt. 1509 xlviii Le Bs. dans la septième Terre, procédant à l'Inspection du Vide des Essences, est pris de regret et de dégoût, comme un homme qui, ayant fait en rêve un radeau pour passer un fleuve, se réveille en plein courant et regrette son vain effort. — Rubriques numériques. — Deux sortes de Bs. — (a) A-Régression et sans-Régression ; cf. •Futai. — (b) Faux et vrais T. 310 exil : Les faux Bs. ont quatre Essences : convoitise pour les offrandes, convoitise de renom, convoitise de bonheur égoïste, répulsion pour la vie de retraite. Les vrais Bs. ont quatre Essences : Foi dans la rétribution des Actes, Esprit de grande Compassion, joie dans le Nirvana, détachement du Fruit des bons Actes. — T. 220 dlxxxiii et Tt. 1509 iv : Les Bs. à-Régression sont les faux Bs. ; ceux sans-Régression sont les vrais. — (c) Gâtés et parfaits Tt. 1509 xxix : Les Bs. gâtés ont bien produit l'Esprit d'Eveil, mais faute de bons Facteurs, ils ont la pensée Revêtue par les cinq Obstructions ; ils naissent riches, nobles, rois, grands démons, rois des Dragons, mais non pas devant les B. ni dans les conditions exemptes de péché soit chez les dieux, soit chez les hommes. Les Bs. parfaits ne perdent jamais l'Esprit d'Eveil ; ils sont soit laïcs, soit religieux, observent les cinq ou les dix Défenses, font des Dons de biens ou de Loi. Aussi xlix sur les deux familles, ke ^, de Bs. (d) Bs. de Sapience chizôbosatsu ^iftHH et Bs. de Compassion hizôbosatsu ^i%i^\(M., selon la endance qui prédomine chez eux Tt. 1509 lxxiv. — é) Bs. d'Extase et Bs. de récitation des sûtra ib. xli. — (f) Bs. de grande force (dairikibosatsu %j)i^ ijjt) et Bs. néophytes (shimpocchibosatsu t^WM.^ $r ; cf. *Aiten) ; les premiers sont prêts à toutes les métamorphoses pour sauver les Etres, ne redoutent i l'apostolat aux delà des frontières, ni les hérésies ; es seconds ne sont pas susceptibles de métamorhoses, et sont exposés à déchoir. — (g) Laïcs (koke ;§!& ou zaike $l£) et religieux (shukke H\M) '• Tt. 1509 vu Bhadrapâla (Zenshu ^-i^î) et les quinze uitres Bs. de la Prajnâpâramitâ sont des laïcs ; Vlafijusrî, Maitreya sont des religieux. T. 159 ai Les Bs. laïcs peuvent approcher les prostituées, es bouchers, pour les convertir ; les religieux ne e peuvent pas. Cf. aussi T. 848 vi. — (h) Deux ^orps de Bs. T. 1509 lxxiv, corps de chair transnigrant (shôjinikushin $iJE\H$k) et Corps né de 'Essencité [ou du Plan d'Essence, cf. La Vallée oussin, Notes bouddhiques vin, p. 218, Bruxelles, 929] (hosshôshôjin £fe'|É^fel!')> Ie premier est celui les Bs. avant les Terres, dans les trente stages dits les Sages (cf. *Gojûnii) ; n'ayant pas encore attesté 'Essencité, ils reçoivent en rétribution de leurs ^.ctes des Corps de Portion (bundanshin frffi.fy) lui transmigrent dans les trois Mondes ; le second, 'est celui des Bs. des Terres qui ont attesté Essencité [ou Plan d'Essence] sans-Production et

reçoivent un Corps qui ne transmigre pas et qui peut se métamorphoser de façons inconcevables. Ib. xcn L'activité du Corps d'Essencité [ou de Plan d'Essence] des Bs. montre l'Egalité des Essences. Cf. autres passages td. par La Vallée Poussin, op. cit. 221-223. — Trois sortes de Bs., correspondant aux trois étapes : Production d'Esprit, Sans-Régression, Corps Ultime Tt. 1509 xcnr. — Ib. xxxviii [td. La Vallée Poussin, op. cit. 219- 221] trois sortes de Bs., qui obtiennent respectivement, lors de la Production de l'Esprit d'Eveil, la Terre Sans-Régression, l'Eveil, les six Supersavoirs. — Quatre sortes, correspondant aux quatre étapes : Production d'Esprit, pratique de la Voie, Sans- Régression, Expectative-de-succession (cf. *Fusho) T. 397 x. — Dix Corps de Bs. dans les dix Terres : Corps d'Egalité, de Pureté, d'inexhaustibilité, de bonnes Pratiques, d'Essencité, transcendant le raisonnement, inconcevable, apaisé, de Vide, de Connaissance merveilleuse T. 220 dlxviii ; 231 11 ; Ttt. 1861 vu c. — Termes composés. — Bosatsubiku 3£ $?IJ£iIr. = sk. bodhisattvabhiksu : A l'intérieur, c'est un Bs. ; au dehors, il a l'apparence d'un Moine mendiant ; p. ex. Sadâparibhûta dans T. 262 vi ( = Lotus p. 228). Cf. *Bosatsukai. — ~*bugaku ~$$ i§|, "danse et musique du Bs.", pièce de danse avec accompagnement orchestral, qui s'introduisit au Japon à l'époque de Nara (vme siècle) ; la tradition s'en est perdue au xvie siècle. Le Bs. qui figurait dans cette pièce paraît avoir été Samantabhadra ; les danseurs présentaient des offrandes de fleurs. On connaissait en Chine, sous les Sô (Song), un ballet analogue. Au Japon, on lui attribue une origine came. Il est possible que cette pièce ait été importée en Chine au début du vne siècle par des musiciens du Fou-nan (Bas Cambodge) qu'un général chinois avait ramenés du Campa ; c'est de Chine qu'elle serait parvenue au Japon un peu plus tard. Cf. Etudes Asiatiques publiées à l'occasion du 25e anniversaire de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, 1, 199 sq. — ~daiji ~;Jc:Jb = ~makasatsu, q.v. — "~gfi ~§S> titre de Bs. donné à des moines éminents : ainsi Dharmaraksa, moine originaire de Tonkô (Touen houang) qui vécut vers l'an 300, était appelé Tonkô bosatsu jfëèàWffî- Ttt. 2059 1 ; en 883 le moine Daigyô ^Cfr reçut de l'empereur de Chine le titre de Jôshôjin bosatsu fêfpBl^p; Ttt. 2035 xlii ; au Japon ce titre fut décerné pour la première fois, par décret impérial, à Gyôgi ff?S? en 749 Gkss. xvn. — "~j6 ~5!t, V. des Bs., un des trois ou des cinq V. ; cf. *Jô. — ~j*u/ï — hflË, dix Terres de Bs., cf. *Jûji. — ~makasatsu ^J^|6l^ = sk. bodhisattvamahâsattva ; mahâsattva est td. daiji ;£:£ "grand héros", daishujô :fc^^£ (anc. éc), daiujô %Jàfâ (nouv. éc.) "grand Etre" ; Mvy. 626 daibosatsu %^$k "grand Bs.", tib. sems dpa' cen po "grand héros d'Esprit". — Tt. 1530 11 Le mot Mahâsattva est ajouté au mot

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Bs. pour distinguer les Bs. des Auditeurs et des B.-pour-soi, qui recherchent également l'Eveil ; ou encore pour distinguer les Bs. des Terres de ceux qui n'ont pas encore atteint les Terres. — T. 261 iv Ceux qui d'un Esprit pur prennent refuge dans les trois Joyaux, produisent l'Esprit d'Eveil et atteignent le stade Sans-Régression, sont dits Bs. ; ceux qui naissent dans ma Loi sont dits Mahâsattva. Tt. 1509 xlv Mahâsattva signifie "grand Esprit" : par son grand Esprit il connaît toutes les Essences et sauve les Etres. Ib. xcvi Avant d'atteindre le stade Sans-Régression, Sadâprarudita (Jôtai ^Pif) était appelé Mahâsattva, car sans posséder la vraie Sapience il y pensait profondément, ne lésinait pas sur sa vie et avait de grands mérites. T. 221 xxvm Les Bs. sont les grands héros parmi les dieux et les hommes. — ~shnshô ~îiJ|É, Nature de Germe de Bs., une des cinq Natures ; cf. *Shô. — ~zô ~j^, sk. Bodhisattvapitaka Mvy. 1330 : Corbeille des Bs., nom donné aux Ecritures du G.V. ; cf. *Zô.

BOSATSUKAI gggtà, sk. bodhisattvasîla, Défenses des Bs. — Terme désignant l'ensemble des prescriptions disciplinaires propres au G.V. On dit aussi Daijôkai ;X5Jl5#, sk. mahâyânasîla, Défenses du G.V. — Généralités. — Dans un essai intitulé "Des Défenses du P.V. à celles du G.V. "(ap. Tôyô bunka no kenkyû M-WtC^^^t^ Tôkyô 1926, p. 180-202 ; cf. aussi du même auteur "Les Défenses du Brahmajâla", ap. Butten hihyôron ^j&ttfcfPfRB, Kyoto 1927, p. 398-419), le prof. B. Matsumoto définit comme suit les Défenses du G.V. par opposition à celles du P.V. : (1) elles sont d'inspiration altruiste tandis que celles du P.V. ne visent qu'au profit personnel ; (2) elles peuvent être prises par serment individuel alors que celles du P.V. sont reçues du B. ou d'un maître ; (3) elles ont un caractère absolu et doivent être observées en toute circonstance par tous les Bs., contrairement à celles du P.V. qui dépendent de Facteurs et se modifient lorsque ces Facteurs changent ; (4) les Défenses du P.V. ne peuvent être reçues qu'en présence de dix moines dont trois font fonction de maîtres ; celles du G.V. peuvent être prises par serment devant le B. sans aucune intervention étrangère, c'est de soimême qu'on peut les recevoir; (5) les Défenses du P.V. sont formelles, dans le G.V. l'esprit importe plus que les formes : ainsi dans le P.V. les Péchés capitaux entraînent l'excommunication quel qu'en soit le motif, dans le G.V. ils ne l'entraînent pas s'ils sont commis pour le bien d 'autrui. — Le caractère altruiste des Défenses du G.V. est bien marqué dans un texte traduit par Kumârajîva T. 1489 : "Qu'appelle-t-on Discipline des Bs. et Discipline des Auditeurs ? ... La Discipline fondée sur la crainte des trois Mondes, c'est celle des Auditeurs ; naître, comme tous les Etres, dans les trois Mondes afin

de convertir tous les Etres au cours de Transmigrations incalculables, c'est la Discipline des Bs.... Trancher pour soi-même les Entraves des Passions, c'est la Discipline des Auditeurs ; désirer trancher les Passions chez tous les Etres, c'est celle des Bs." — La Discipline des Bs. n'a jamais réalisé l'uniformité canonique que la Discipline des Auditeurs avait dans le P.V. ; sollicitée par des tendances diverses, elle a constamment oscillé entre elles. Les règles de morale l'emportent sans aucun doute sur le formalisme monastique ; mais tantôt on essaie de les combiner, tantôt on tente de substituer aux anciennes prescriptions un code nouveau. Au témoignage de Gijô (Yi tsing) Ttt. 2125 1, les deux V. observaient une seule et unique Discipline. Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 ni rapporte qu'en Oddiyâna les adeptes du G.V. suivaient les Disciplines du P.V. Cependant, dès l'Avatamsaka, s'ébauche la doctrine dite des Trois Masses de Défenses : la Ie comprend les prohibitions, soit identiques à celles du P.V., soit différentes ; la 2e comprend les actes de bien d'ordre individuel, elle énonce les commandements positifs qui sont l'innovation du G.V., c'est la moralité au sens large ; la 3e comprend tous les actes qui tendent à servir au bien d'autrui, elle exprime l'inspiration profonde qui fait l'originalité du G.V. — L'histoire de la Discipline des Bs. en Chine, de ses théories et de ses pratiques, est encore trop mal connue, et la documentation réunie ci-dessous est trop incomplète, pour qu'on puisse tenter de l'esquisser ici. Au Japon, deux écoles opposées se constituèrent à l'époque de Heian l'une, se fondant sur des textes appartenant à l'école Hossô (Vijnaptimâtra), professait que la première) des trois Masses de Défenses est identique au> règles canoniques du P.V. ; l'autre, qui suivait 1< Brahmajâlasûtra, se séparait complètement du P.V.— Textes canoniques. — Le MahâprajnâpâramitâÉâstra Tt. 1509 ne connaît pas de prescriptions spéciale.' de Discipline pour les Bs. ; mais si les pratique: sont uniformes, l'esprit est tout différent, xxill distingue les Défenses à-Ecoulement (urokai Ji:MÈ. et les Défenses sans-Ecoulement (murokai l&ïjyjjtë) les premières affaiblissent les Passions et permetten; de les éviter; les secondes les déracinent, xin dis) tingue (1) les Défenses inférieures qui assurent, ;j celui qui les observe, de naître dans la Destinatioi humaine ; (2) les Défenses moyennes qui assurenj la naissance dans les six cieux du Désir ; (3) le1 Défenses supérieures qui assurent la naissancl dans les cieux du Sans- Forme. Le troisième group, se subdivise à son tour en (a) Défenses pures in férieures qui mènent au Fruit d'Arhat ; (b) moyenne; qui mènent au Fruit de B.-pour-soi ; (c) supérieure qui procurent l'Eveil ; celles-ci comportent la Corni passion pour tous les Etres et la volonté de le sauver, lxxviii (à propos du passage du Prajnâpâraj

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itâsûtra où le Bs. fait Vœu, entre autres, d'avoir I pour moines d'innombrables Bs.) : La plupart des B. ont pour moines des Auditeurs et n'ont pas de Communauté spéciale de Bs. ; ainsi les Bs. Maitreya, Marïjusrî etc. siègent dans la Communauté des moines Auditeurs et y prennent place à leur rang comme tels ; c'est que le B. Sâkyamuni n'a pas de Communauté spéciale de Bs. Mais il y a des B. qui, prêchant exclusivement en vue du V. Unique, n'ont pour moines que des Bs. Il y en a dont la Communauté est un mélange d'Auditeurs et de Bs., p. ex. dans le Terrain du B. Amida il y a beaucoup de moines Bs. et peu de moines Auditeurs. — Le Nirvâqasûtra T. 374 xxvni distingue expressément les Défenses des Bs. des Défenses des Auditeurs ; [le contenu en est identique, comme l'indiquent d'autres passages, mais] pour les Bs. elles commencent à la Production d'Esprit et se prolongent jusqu'à l'Eveil ; pour les Arhat, elles débutent avec l'Inspection du Squelette [la dernière des neuf Inspections d'Impureté, Mvy. 1164] et s'arrêtent au Fruit d'Arhat. Ib. distingue (a) les Défenses intégrales (kukyôkai $£§lJ$Û> qui ne requièrent pas de Facteurs, et celles qui ne le sont pas, puisqu'elles exigent une intervention humaine, celle d'un maître, etc. ; (b) les Défenses qu'on observe pour la Loi et celles qu'on observe par intérêt ; (c) celles qui sont profondes et inébranlables, et celles qui sont superficielles et vacillantes ; (d) celles qu'on observe pour les Etres et celles qu'on observe pour soi ; (e) celles qui sont innées et celles qu'on acquiert par l'enseignement. Le premier groupe de chacune de ces séries conduit à voir le Nature de B. et les Tg. ; [ce sont donc celles des Bs.] — h'Avatamsaka T. 279 xxxv prescrit dix actes de bien, interdit dix actes de mal, exactement comme le P.V. (cf. Jûaku +^§, s.v. *Aku) ; mais il y ajoute des prescriptions nouvelles, telles que compassion, pitié, bienveillance, protection etc. universelles.— Cette triple division annonce les trois Masses de Défenses. Celles-ci sont nommées et définies avec précision dans des textes traduits vers le début du Ve siècle. T. 1581 iv-v, td. ca. 414- 426 {Bodhisattvabhûmi, chapitre sur les Défenses; cfpLa^Vallée Poussin, Le Vinaya et la pureté d'intention, dans Notes bouddhiques, vu, Bruxelles 1929) distingue d'abord deux sortes de Défenses de Bs> : pour les Laïcs et pour les Moines ; elles forment ensemble ce qu'on appelle "toutes les Défenses" issaikai -^iJJJ^. Celles-ci se subdivisent en trois Masses (ju |fé, sk. skhandha) : (I) Défenses de Restrictions (ritsugikai fft'ftl^, sk. samvarasîla) : ce sont les Défenses que reçoivent les sept Assemblées : Moines, Nonnes, Catéchisés, Novices hommes et femmes, Laïcs et Laïques et que peuvent recevoir les Bs. soit Moines soit Laïcs [le texte parallèle du Yogâcâryabhûmisâstra, Tt. 1579 XL, spécifie qu'il s'agit du Pénitentiel des sept Assemblées] ; (II)

Défenses de Captation des bonnes Essences (sh§zembôkai §|fj;fi£, sk. kusalasamgrahasîla ?) : ce sont toutes les bonnes pratiques du corps, de la bouche et de l'esprit, que cultivent les Bs. en vue du grand Eveil, en prenant comme point de départ les Défenses de Restrictions; (III) Défenses de Captation des Etres (shôshujôkai ï^^^fcrêt) : ce sont les Actes altruistes ; on en distingue onze catégories. Le texte décrit ensuite la cérémonie de l'ordination. Si un Bs. Moine ou Laïc, ayant émis le Vœu d'Eveil, désire étudier les trois Masses de Défenses, il doit se rendre chez un Bs. Coreligionnaire (dôhô [n]^, sk. sahadhârmika), ayant lui aussi émis le Vœu et possédant sagesse et force ... Il doit se prosterner devant lui et lui adresser cette prière : Je désire vous demander, Révérend (ou : homme excellent, ou : mon Aîné), de me donner toutes les Défenses pures de Bs....Puis il doit saluer les B. des dix directions et tous les Bs. sages et forts des grandes Terres, et, fixant son esprit sur les Mérites de ces derniers, obtenir de la force par leurs Mérites et purifier son Esprit. [T. 1499 ajoute : Le Bs. sage et fort doit alors enseigner au candidat la Corbeille de la Loi et les Matricules des Bs., et lui apprendre tout ce que les Bs. doivent étudier et éviter.] Prosterné devant une statue de B., il renouvelle sa demande d'ordination et purifie encore son Esprit en le concentrant sur un Objectif unique : les Mérites qu'il obtiendra prochainement ... Alors le Bs. sage et fort lui dit : Toi un tel, homme excellent (ou : excellent disciple de la Loi), es-tu un Bs. ? — Oui. — As-tu émis le Vœu d'Eveil ? — Oui. — Tu désires recevoir de moi les trois Masses des Défenses pures de Bs. ; tous les Bs. passés, futurs, présents, les possédèrent, les posséderont, les possèdent, les étudièrent, etc. ... Peux-tu les recevoir? — Oui. — Ce dialogue est répété trois fois, puis, tandis que le candidat reste toujours prosterné, le donateur des Défenses s'adresse ainsi, devant une statue de B., à tous les B. et Bs. : Maintenant le Bs. un tel, devant moi, le Bs. un tel, a déclaré à trois reprises recevoir les Défenses de Bs. Moi, le Bs. un tel, j'ai témoigné pour le Bs. un tel. Je désire que tous les B. et Bs. de tous les temps et en tous lieux, tous les saints suprêmes, tous les Etres Eveillés, soient aussi témoins de ce Bs. un tel qui reçoit les Défenses. — Il répète cette formule trois fois ; et ainsi est terminé l'Acte de la Réception des Défenses. — Le texte énonce ensuite une longue série d'infractions que les Bs. doivent éviter, notamment quatre péchés d'Exclusion (*harai $S|j|^|, sk. pârâjika) qui diffèrent entièrement de ceux qu'enseigne le P.V. : le premier consiste à se louer soi-même et à dénigrer autrui ; le second, c'est l'avarice ; le troisième se définit par la colère, la grossièreté, la violence ; le quatrième consiste à calomnier la Corbeille des Bs. et à établir une Loi illusoire. Le texte énumère également un grand

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nombre de Méfaits (*îtokira $?î!îfl,sk. duskrta), que la confession publique (Contrition) suffit à effacer ; pour les péchés d'Exclusion, s'ils ont pour cause des Passions de l'ordre inférieur la confession devant un seul témoin suffit, ou même l'acte de Contrition solitaire ; s'ils ont pour cause des Passions de l'ordre moyen, ils nécessitent la confession devant trois personnes au moins ; s'ils ont pour cause des Passions de l'ordre supérieur, on ne peut s'en absoudre qu'en recevant à nouveau les Défenses. Il est en effet spécifié que pour les Bs. ces péchés n'entraînent point l'Exclusion sans retour ; ils peuvent recevoir une nouvelle ordination, ce qui n'est pas possible aux Moines-mendiants qui suivent le Pénitentiel. — Le texte ajoute qu'en l'absence de personne qualifiée, par ses Mérites, pour donner les Défenses, on est autorisé à les recevoir "de soi-même", en s'agenouillant devant une statue de B. et en répétant trois fois la formule suivante : Moi, un tel, je déclare à tous les B. des dix directions et à l'Assemblée des Bs. des grandes Terres que je reçois maintenant les trois Masses de Défenses, devant tous les B. et Bs. Ces Défenses furent étudiées par les Bs. passés, le seront par les Bs. futurs, le sont par les Bs. présents, etc. Après quoi il se relève. [Une des Essences Singulières des Bs. est qu'ils possèdent les Défenses sans qu'elles leur soient enseignées, Mvy. 788 sk. anupadistasîla, ch. gushokairitsusha -jt^jétftMIf.] — Le Yogâcâryabhûmiêâstra Tt. 1579 xl-xlii (attribué à Maitreya-Asanga, td. Genjô VIIe siècle) comprend un chapitre sur les Défenses qui ne diffère du texte précité que par de légères variantes de rédaction ; la terminologie chinoise y est celle de la nouv. éc, et la troisième Masse, p. ex., y porte le nom de nyôyakuujôkai ^^^trljS "Défenses pour le bénéfice des Etres" (sk. sattvârthakarasîla ?). — Les fragments de T. 1581 (Bodhisattvabhûmi) et Tt. 1579 (Yogâc0 bh°sâstra) relatifs aux péchés d'Exclusion et aux Méfaits ont été détachés sous le titre de Bosatsukaihon ^WtlQUf- "Texte des Défenses de Bs." et forment respectivement T. 1500 (td. ca. 414-426) et 1501 (td. Genjô vne siècle). Le fragment de Tt. 1579 relatif à la cérémonie d'ordination, aux quatre péchés d'Exclusion, à la confession, a été également détaché, avec de légères modifications, sous le titre de Bosatsukaikommamon ^Wj$MW%. "Texte de l'Acte [de Réception] des Défenses de Bs. "et forme T. 1499 (td. Genjô VIIe siècle). — La théorie des trois Masses de Défenses se retrouve dans les traités de l'école Vijnaptimâtra apparentés à Tt. 1579 : Tt. 1594 III (Asanga), 1522 iv (Vasubandhu), 1585 ix (les dix maîtres, Dharmapâla etc.) ; dans ce dernier texte elles sont définies ainsi : Les Défenses de Restrictions, c'est éviter tout ce qui doit être évité ; les Défenses de Captation des bonnes Essences, c'est attester par la pratique tout ce qui doit être attesté ; les Défenses de Captation des Etres, c'est assurer le profit et le

bonheur de tous les Etres. — Un autre ouvrage traduit au début du Ve siècle, T. 1582 iv (chapitre sur les Défenses), expose les trois Masses d'une façon analogue à T. 1581 : la première comprend les Défenses des sept Assemblées, que les candidats doivent recevoir avant les deux autres Masses afin de purifier leur Esprit, de même qu'un homme qui se propose d'inviter un roi commence par nettoyer sa maison ; la deuxième Masse comprend dix sortes de bonnes pratiques du corps, de la bouche et de l'esprit ; la troisième se répartit en onze catégories. Le texte ajoute que pour observer les Défenses un Bs. ne doit jamais penser : Je les ai reçues d'un maître, d'un Professeur, mais : Je les ai reçues des B. et Bs. des dix directions ; si je les avais reçues d'un Maître ou d'un Professeur, elles ne seraient pas appelées Défenses de Bs. Il enfreint également ces Défenses s'il -fait des distinctions entre les Moines des dixhuit écoles : il doit considérer tous les Moines, et tous les Etres, comme des disciples des B. et Bs. des dix directions. — Dans le chapitre servant d'introduction au même ouvrage T. 1582 1, le B., résidant au jardin d'Anâthapindika, enseigne comment les Bs. doivent faire acte de Contrition pour leurs péchés devant 35 B. ; puis il expose à Upâli les différences entre les Défenses [le Pénitentiel, spécifie T. 310 xc] des Auditeurs et celles des Bs. : elles diffèrent par les Facteurs, par l'Esprit, par les Ornements, par les Moyens. Pour les Auditeurs, la pureté des Défenses consiste à ne pas rechercher l'Existence ; pour les Bs. elle consiste au contraire à la rechercher, et il n'est pas de pire infraction que le dégoût de l'Existence. Les Défenses des Auditeurs tendent à la destruction des Passions, tandis que les Bs. peuvent éprouver tous les plaisirs des Passions sans pour cela violer leurs Défenses. Les Défenses des Auditeurs sont rapides, elles visent à éliminer les Passions en une seule fois ; celles des Bs. sont lentes, elles conduisent à l'Eveil par des Moyens graduels. Les premières peuvent se définir par le mot "boucher", les secondes par le mot "ouvrir". Pour les Auditeurs l'infraction aux Défenses constitue un obstacle irrémédiable à l'obtention de la sainteté ; mais si un Bs. commet une infraction, pourvu qu'il prenne conscience de son péché il peut continuer à penser à l'Eveil. S'il a péché le matin, il lui suffit de fixer son esprit sur l'Omniscience pendant la journée ; s'il a péché à midi, pendant la soirée, etc.. . .11 ne faut pas qu'il se laisse bouleverser par le remords, ni qu'il exagère le repentir ; mais un Auditeur qui commet un péché dégradant perd, lui, toute sa Masse de Défenses (passage cité en sk. sous le titre d'Upâlipariprcchâ dans Siksâsamuccaya 178). | Des trois infractions : Attraction, Répulsion, Inscience, la première est légère, car elle peut aider à Capter les Etres et d'autre part elle est difficile à trancher ; la Répulsion est plus grave, car elle éloigne

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des Etres, tout en étant plus facile à trancher (sk. Siksâsamuccaya 164). A la fin du chapitre, Manjusrî explique à Upâli le Sens profond de la Discipline. — Un texte très proche de ce chapitre, mais un peu développé, forme la section 24 du Ratnakûta T. 310 xc, intitulée Upâlipariprcchâ. — T. 1582 ne contient pas de prescriptions pour l'ordination des Bs. ; celles-ci sont énoncées dans un opuscule du même titre (Bosatsuzenkaikyô ^J^cHtiIIjL "Sûtra des bonnes Défenses de Bs.", avec une variante JUparimombosatsujukaihô là$Mfà'&W%.tâfé "Méthode d'ordination des Bs. [enseignée dans] l'Upâlipariprcchâ") dû au même traducteur (Gunavarman, ca. 431 A.D.) T. 1583. Ce texte commence par stipuler que l'obtention des Défenses de Bs. doit nécessairement être précédée de celle des Défenses de Laïc, de Novice et de Moine-mendiant, de même que pour atteindre le quatrième étage d'un édifice il faut passer par les trois premiers. Cette comparaison laisserait à croire que le Bs. doit être Moine, mais la suite du texte montre qu'il peut aussi bien être Laïc. Après la réception des Défenses du P.V., le candidat doit s'Inspecter soi-même comme s'il Inspectait un Etre parvenu à la Connaissance, puis, se retirant en un lieu tranquille, il salue tous les B. et Bs., met le genou droit en terre devant une statue de B. et, tourné vers l'est, dit en joignant les mains : Révérends B. des dix directions et vous, Assemblées des Bs., écoutez-moi ! Moi, un tel, je désire maintenant demander les Défenses de Bs. Inspectez mon Esprit, et si j'ai des pensées sans foi, contraires à l'Eveil, des pensées de mal, de mensonge, ne me donnez pas les Défenses ! Si je n'ai point de telles pensées, donnez-les moi, par compassion ! Il répète cette formule trois fois puis, ayant concentré son Esprit en silence, il reprend à trois reprises : Maintenant les Défenses de Bs. m'ont été données, je les ai obtenues. Comment cela ? Tous les B. et Bs. ont Inspecté mon Esprit au moyen de la Connaissance de l'Esprit d'autrui ; j'ai un Esprit de vérité, et je sais qu'ils m'ont donné les Défenses de Bs. par compassion. Or je suis sans maître ; tous les B. et Bs. sont mes maîtres. — L'événement est alors annoncé par les B. et Bs. aux grandes Assemblées ; le nouveau Bs. se relève et les salue. C'est là ce qu'on appelle l'Acte [d'ordination] par soi-même (jikomma ê$J^) ; c'est la méthode suivie s'il n'y a point dans le voisinage de sage qualifié pour donner les Défenses, ou encore en cas de troubles politiques, de maladie, etc. Mais si l'on peut se rendre auprès d'une personne de même Esprit d'Eveil, de même Loi, de même Mental, possédant la Connaissance, habile à parler et à enseigner, c'est d'elle qu'il faut solliciter l'ordination ; la cérémonie est dite alors Acte par lequel les Défenses de Bs. sont reçues d'un Bs. (bosatsujubosatsukaikomma ^M^lÊtMj&^M) • Par des formules analogues à celles qui ont été citées

ci-dessus, le candidat s'adresse au donateur des Défenses, qui lui pose les questions suivantes : Es-tu maintenant un vrai Bs. ? As-tu produit l'Esprit d'Eveil ? Possèdes-tu les trois sortes de Défenses du P.V. ? Es-tu détaché de toute chose, externe et interne ? Es-tu prêt à donner ta vie et tes biens ? Peux-tu recevoir et observer toutes les Défenses de Bs. ? Puis le donateur intercède auprès de tous les B. et Bs. pour qu'ils agréent le candidat. Un vent frais s 'élevant des dix directions signifie que sa requête est accordée ; le candidat s'engage de nouveau à bien observer les Défenses, et le donateur en informe tous les B. et Bs. en ces termes : Maintenant un tel a déclaré à trois reprises avoir reçu de tous les B. et Bs. les Défenses de Bs. C'est moi, un tel, qui parle ; le récipiendaire est un tel. Je témoigne pour lui. Ses grands maîtres sont tous les B. et Bs. innombrables des dix directions ; je suis son petit maître. Il y a deux sortes de maîtres : visibles, comme moi ; invisibles, comme vous. Cet homme a reçu les Défenses des deux sortes de maîtres. — Le texte énonce ensuite tout ce que doivent faire et éviter les Bs. après cette ordination : ils doivent notamment étudier la Corbeille de Loi et les Matricules des Bs. ; parmi les infractions, huit sont distinguées comme particulièrement graves, six d'entre ces huit devant être observées par les Bs. Laïcs ; un grand nombre d'infractions plus légères sont définies en détail. — T. 1485, ouvrage qui d'après une tradition suspecte aurait été traduit vers la fin du IVe siècle, définit la première des trois Masses non plus comme les Défenses du P.V., mais comme dix Défenses spéciales dites d'Exclusion (*harai = sk. pârâjika) ou pour lesquelles on ne peut faire Contrition (fukake ^RltêO : eues interdisent respectivement (1) le Meurtre, (2) le Vol, (3) la Luxure, (4) le Mensonge, (5) la médisance, (6) l'Usage de l'alcool, (7) l'exaltation de soi-même au détriment d'autrui, (8) l'avarice, (9) la Malveillance, (10) la calomnie relative aux trois Joyaux ; il n'y a pas dans le P.V. de liste exactement correspondante [cf. *Aku]. La seconde Masse des Défenses est constituée par 84.000 Rubriques de bonnes Essences, et la troisième comprend la compassion et le renoncement en vue de la conversion et du bonheur de tous les Etres. Trois sortes d'ordination des Bs. sont distinguées : supérieure, moyenne et inférieure. La première est celle qu'on reçoit devant les B. ou Bs. présents ; la seconde est reçue d'un maître, lorsque les B. et Bs. sont entrés dans le Nirvana ; la troisième est prise par serment personnel devant une statue de B. ou de Bs., s'il n'y a pas de maître dans un rayon de mille lieues. Avant de recevoir l'ordination, les candidats s'engagent à ne pas enfreindre les dix Défenses d'Exclusion ; s'ils les enfreignent, il leur faut recevoir une nouvelle ordination. La confession publique suffit par contre à effacer la violation des

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BOSATSUKAI

84.000 Défenses "légères". — Un texte de valeur douteuse, T. 839 1, expose une doctrine analogue à la précédente. — Le Brahmajâlasûtra (td. par Kumârajîva en 406) T. 1484 est resté en Chine jusqu'à nos jours l'ouvrage le plus populaire de la Discipline du G.V. Une td. antérieure de ce texte, attribuée à Ko Môshô (K'ang Mong siang) M^M qui travailla à la fin du 11e siècle, est mentionnée Ttt. 2034 iv ; mais il s'agissait probablement du texte du même titre qui fait partie du Dîrghâgama T. 1 xiv ( = Dîg. Nik. n°i). T. 1484 passe pour être une section extraite d'un grand Brahmajâlasûtra en 61 sections et 120 chapitres, ouvrage inconnu par ailleurs, mais qui d'après les commentateurs de l'époque aurait été analogue, par son plan et par sa doctrine, à l'Avatarhsakasûtra [cf. Matsumoto, Butten hehyôron]. La tradition de T. 1484 lui-même n'est pas parfaitement claire ; il n'est pas mentionné dans Ttt. 2145, et Ttt. 2146 v le classe parmi les textes "douteux". La théorie des trois Masses n'y figure pas ; les Défenses, qui sont exclusivement propres au G.V., sont divisées en dix interdictions graves (jûkinkai JU||;Ji£, série identique à celle de T. 1485 ci-dessus, sauf interversion des nos 5 et 6) et quarante-huit Défenses légères (kyôkai $£;J$). Pour le détail de ces dernières, on consultera la td. de De Groot, Le Code du Mahâyâna en Chine, Amsterdam 1893, qui décrit également la cérémonie de l'ordination telle qu'il l'a observée dans un temple voisin de Fukushû (Fou tcheou) flig'J'I'l en China. On choisit pour cette cérémonie le 8e jour de la 4e lune ou le 17e de la 11e lune, anniversaires de naissance de Sâkyamuni et d'Amitâbha. Les candidats reçoivent, dans les quelques jours qui précèdent, les cinq, les dix et les deux cent cinquante Défenses du P.V. qui leur assurent respectivement la qualité de Laïcs, de Novices et de Moines ; cette ordination préliminaire est conférée par l'abbé du monastère, un Maître d'Actes et un Maître Enseignant (cf. *Ajari), devant sept témoins, selon le rituel du P.V. L'ordination de Bs. comporte la confession devant les B. et Bs., l'acceptation par serment des dix et quarante-huit Défenses du Brahmajâlasûtra, la brûlure des cheveux au moxa (on se brûle parfois un ou plusieurs doigts, et l'histoire du bouddhisme chinois rapporte des sacrifices plus cruels), puis le rite de l'ordination proprement dit. Ce dernier est accompli par l'abbé du monastère, qui dirige en fait toute la cérémonie ; mais en principe Sâkyamuni y joue le rôle de Professeur, Manjusrî celui de Maître d'Actes, Maitreya celui de Maître Enseignant, et les témoins sont les B. des douze directions.— Citons pour terminer un texte montrant comment le G.V. élargit la notion de moine au point d'aboutir à une véritable négation des principes mêmes de l'Eglise : T. 159 Dans le monde et hors du monde il y a trois sortes de moines (sô fè) : les

moines Bs., les moines Auditeurs et les moines Profanes. Manjusrî, Maitreya, etc., étaient des moines Bs. ; Sâriputra, Maudgalyâyana, etc., étaient des moines Auditeurs ; tout Profane sincère, observant parfaitement les Défenses du Pénitentiel, possédant toutes les Vues correctes, et capable d'enseigner à autrui la Loi de la Voie sainte et de rendre heureux les Etres, est appelé un "moine Profane" [cf. *Biku]. — Textes historiques. — En Chine, d'après les préfaces de T. 1484, trois cents disciples de Kumârajîva reçurent les Défenses de Bs. lorsque ce texte fut traduit en 406. — L'empereur Mei (Ming) des Sô (Song) ^HJ^ (466-472) les reçut Ttt. 2145 xii, et de même, en 467, un laïc nommé Hi Sôsen (Fei Tch'ong sien) J|s^5fc Ttt. 2122 xxiv. — En 519- 520 l'empereur Bu (Wou) des Ryô (Leang) jjj£H5 $T les reçut de Eyaku (Houei yue) i^fà (il régna encore trente ans), et son exemple aurait été suivi par 48.000 moines et laïcs Ttt. 2035 xxxvn, Bdnp. 1004. — En 551 l'empereur Bunsen (Wen siuan) "jSCm. des Hokusei (Pei Ts'i) :jfc^? les reçut avec son impératrice et ses concubines (il régna encore six ans) Ttt. 3025 xxxvin. — L'empereur Sen (Siuan) ^*j? des Hokushû (Pei Tcheou) &M (578-580) fit choisir 220 moines auxquels il fut interdit de se couper les cheveux ; on les appelait "moines Bs." bosatsusô ^^fâ" > la tonsure leur fut permise en 580, lors de l'avènement de l'empereur Bun (Wen) 3St$? des Zui (Souei) |îpf. Le moine contemporain Genshû J£ïîj; n'admettait pas qu'il pût y avoir des "moines Bs." ; il estimait que l'usage de porter des coiffures fleuries, des bracelets, etc. . . .comme les statues de Bs., était un abus contraire aux institutions bouddhiques Ttt. 2126 11. — En Corée, les rois Eisô (Ouei tjong) 0^ (1106-1122) et Jinsô (In tjong) K^-% (1123-1146) recevaient les Défenses de Bs. chaque année à la 6e lune Bdji. 4175. — Au Japon, en 749 l'empereur Shômu |jg|J; et l'impératrice les reçurent de Gyôgi fàSS? Tdjy. 1 (9-10). Au début du ixe siècle, Saichô Mcât (Dengyô Daishi #$CX8|Î) les reçut en Chine ; il rapporta au Japon le Brahmajâlasûtra, et en 806, au mont Hiei, il conféra les Défenses de Bs. à plus de cent personnes Bdnp. 275. Dès lors les adeptes de la secte Tendai, au mont Hiei, suivirent pour les ordinations, du moins en théorie, le Brahmajâlasûtra, tandis qu'à Nara on s'en tenait à la tradition des textes se rattachant au Yogâcâryabhûmisâstra Tt. 1579, selon lesquels la première Masse est constituée par les Défenses du P.V. La première école, dite du Brahmajâla ou de la Discipline du G.V., reconnaissait une communauté spéciale de moines Bs., dont les Défenses et l'ordination différaient de celles des moines Auditeurs ; l'autre, dite du Yoga, soutenait au contraire qu moines du G.V. ne se distinguent de ceux du P.V«| que par l'esprit qui les anime. — Cf. *Endonkai j

BÔZU

BUCHAKUKONGÔ

BÔZU :£££, désignation populaire des moines bouddhistes au Japon, d'où est tiré le terme européen 'bonze". En ch. le mot bô (fang) ^ signifie "quartier d'une ville (ou du palais impérial), hameau, atelier", etc. ; mais au Japon il s'emploie aussi pour désigner les "quartiers" ou groupes de bâtiments dont l'ensemble constitue un monastère bouddhique — ou plus précisément les habitations des moines (dites aussi bôsha #réj, bôryô Jfifë, etc.) — , d'où l'expression bôzu, lecture en go-on des caractères ifjî. "maître de bô". Cette expression paraît avoir désigné anciennement les supérieurs des monastères ; ainsi dans l'Azuma-kagami ^j^KI vi, on appelle bôzu le supérieur d'un monastère du Yamato en 1135. Mais plus tard elle fut appliquée à tous les moines en général, et le Hogo-no-uragaki JK"ÈS®, rédigé vers 1567, l'emploie pour désigner jusqu'aux Novices. Sous les Tokugawa, on appelait bôzu, par dérision, les vassaux (samurai) de bas rang qui remplissaient les fonctions de médecins, de maîtres de la cérémonie du thé, etc., parce qu'ils se rasaient la tête comme les bonzes ; et pour la même raison, les fillettes au service des prostituées recevaient le sobriquet de bôzu-kamuro 3#;Ë5fè "chauves comme des moines". Le mot bôzu a pris ainsi un sens de plus en plus familier ou ironique. On l'abrège souvent en bô ijj, ou avec le suffixe honorifique san en bô-san, qui dans la région du Kansai, ainsi qu'à Nagasaki, se prononce bon-san. C'est cette prononciation nasalisée du terme bô qui paraît expliquer le ■n- du mot "bonze", tel que le notèrent au XVIe siècle les premiers missionnaires portugais à Nagasaki ; Saint François Xavier écrit bonzo, bonso, correspondant sans doute à une prononciation jap. bonzu ; mais Richard Cocks, qui visita Edo (Tôkyô) au début du xvne siècle, donne boze, bose, formes qui rendent bien la prononciation bôzu du Kantô (cf. Yule-Burnell, Hobson-Jobson 105). Le mot bô, Ou son diminutif bocchan tfjj- Y >, s'emploient encore de nos jours comme appellation familière des petits garçons, dont c'était autrefois la coutume de raser le dessus de la tête ; à Kyoto on trouve le diminutif bon-bon 4C>$C>, où reparaît le -n- de notre mot "bonze"

BU |$, Section. Terme qui correspond aux mots sk. varga (catégorie, section d'ouvrage, etc.), nikâya (école, secte), kula (groupe), etc., et entre dans diverses expressions numériques comme les suivantes : — Ryôbu Mffî, les deux Sections ou variétés de Cercles es. : Plan de Diamant et Plan de Matrice ; cf. *Mandara, etc. — Sambu Hpfl, les trois Sections ou clans (sk. kula) du Plan de Matrice : Section de.B., de Lotus, de Diamant; cf. *Taizôkai ; — désigne aussi trois méthodes d'Onction, cf. *Kanjô ; — trois sortes de Libation, cf. *Goma; — et différents groupes de trois sûtra, cf. *Sambukyô — Shibu HoP, shibushu ~^£,

etc., les quatre Assemblées constituant la Communauté, cf. *Shu ; — désigne aussi un groupe de quatre sûtra (shibukyô'PgSIJiK), cf. *Sambukyô.— Gobu SâP, les cinq Sections du Plan de Diamant correspondant aux cinq B. et aux cinq Connaissances : Section de B., de Diamant, de Joyau, de Lotus, d'Acte ; cf. *Kongôkai ; — aussi les cinq écoles du P.V. qui possédaient chacune un Vinaya particulier : Dharmagupta, Sarvâstivâdin, Mahîsâsaka, Kâsyapîya, Vâtsîputrîya, cf. *Shôjô ; — cinq méthodes de Libation, cf. *Goma. — Hachibu Aqft, huit Assemblées, cf. *Hachibushu ASP3fc — Kubu jifâ, jûnibu[kyô] -f- — t$[|xiL les neuf ou douze catégories entre lesquelles sont traditionnellement répartis les textes sacrés du P .V —Jûhachibu +A§ft, nijûbu Zl+ê(5, les dix-huit et les vingt écoles (sk. nikâya) du P.V. ; cf. *Shôjô. — Nijûgobu Zl+JL^Î, les vingt-cinq Sections du Plan de Diamant, obtenues en attribuant cinq Connaissances secondaires à chacun des B. qui représentent les cinq Connaissances principales Hizk. 11. — *Nijûhachibu[shu] Zl+Awl$[^], vingthuit Assemblées ; cf. article spécial. — Rokujûrokubu 7\-\r/\e$, les soixante-six exemplaires du Hokkekyô (Saddharmapundarîkasûtra) que les pèlerins japonais reçoivent de soixante-six temples différents ; souvent abr. en rokubu Aqft. — Termes composés. — Bugyô ffîfi "pratiquant en groupes", sk. vargacârin, une des deux sortes de B.-pour-soi ; cf. *Engaku. — Bumo gjJ^J: "mère de Section", bushu §P£ "président de Section", personnages présidant aux Sections des Cercles es. — Bushu désigne aussi les patriarches fondateurs des écoles du P.V. — Btishû q$$t "[opinions] soutenues par les écoles" du P.V. ; cf. le titre de Tt. 2033.

BUCHAKUKONGÔ #flU&HlJ, nom d'un des huit grands Rois de Science (cf. *Myôô). Pour le premier élément de ce nom, Buchaku, litt. "pas" + "lancer", Tt. 1232 donne une te. hannanôkesshiha M#$iilin$:#£ [pour le second caractère, on trouve une var. han f&t fautive], qui semble recouvrir un original sk. padânârh ksepa "lancement des pieds" (?). T. 965 fait de ce personnage une manifestation du Bs. Samantabhadra, et en donne la description suivante : Dans la main droite il tient un dais, dans la gauche un Diamant [foudre à trois dents] ; son corps à la couleur de l'Espace [azur] et émet une flamme éclatante [cf. fig. 62]. Ce type est figuré Asbs. v (2020), Jksh. VIII. Tt. 1232, qui est un Rituel de Buchakukongô, indiquant toutes sortes de Formules et de Sceaux pour les cérémonies es. qui lui sont consacrées, décrit en détail un type, également assis, à vingt bras : son corps est de couleur bleue ; il écrase un Mâra bleu à quatre bras ; il est flanqué de deux Garçons de Diamant, de couleur rouge. Aucune représentation de ce second type n'a été conservée au Japon. — D'après Asbs. v et Jskh. vin,

BUCHAKUKONGÔ

BUCCHÔ

Fig. 62. Buchakukongô.

D'apiès un destin de Shinkaku (fn8o), reproduit dans Zuzôshûko.

son Germe est hûrh, et sa Forme de Convention le Diamant (foudre) à trois dents.

BUCCHÔ $fc]g, sk. Buddhosnîsa, Usnîsarâja, etc. Nom de divers personnages es. personnifiant la Protubérance-crânienne du B. (cf. *Chôsô Util}), un des Caractères du Grand Mâle (cf.* Sô ifg), manifestation et symbole de la Connaissance qui le distingue. Dans les textes comme dans l'iconographie, ces personnages sont souvent associés en groupes, de nombre variable ; dans le présent article il ne sera question que de ces groupes, des articles spéciaux étant réservés à ceux des Bucchô qui ont assez d'importance et d'invidualité pour être traités comme des personnages indépendants (cf. *Byakusangaibucchô, *Daibucchô, *Kinrimbucchô, *Shijôkôbucchô, *Sonshôbucchô). Ils sont souvent représentés sous l'apparence de Rois Tournant-la-roue, l'épithète de Rinnô $i3E étant fréquemment accolée à leurs noms. — Trois Bucchô. — Un groupe de trois Bucchô figure à la droite (c'est-à-dire au Nord) de Sâkyasirhha, à l'est du Cercle du PI. M. décrit par le Mahâvairocanasûtra T. 848 1 (7 c), qui leur donne les noms suivants : (1) Kôdai Uc;*; "vaste et grand" [sk. Mahosnîsa, cf. te. Sfdk. 125] ; (2) Gokkôdai @^^C "très vaste et grand" [sk. ?] ; (3) Muhehonjô $§y|Hli? "voix au son infini" [sk. Anantasvaraghosa, cf. te. Sfdk. 260]. Mais dans le Cercle spécial de Sâkyasirhha décrit ib. v (35), ils reçoivent les noms suivants :

(1) Kôshô J^£ "vaste-produit" ; (2) Hosshô H£ "émis-produit", ou Geita %%> [sk. Abhyudgata, te. Sfdk. 260] ; (3) Muryôshô MmM "voix infinie". Dans le cm. Ttt. 1796 xvi (743 c), leurs noms sont encore différents : (1) Ezûdaibucchô -#JS^#IM "grand Bucchô syncrétique" ; (2) Abihosshô pBfji H£ [sk. Abhyudgata] ; (3) Muryôon ^ft^ "son infini". Ce cm. ajoute que (1) a pour Sceau (c.-à-d. pour attribut) le Diamant, (2) le Lotus, et (3) la Conque ; et ib. v (634 a) leur assigne respectivement les couleurs (1) blanche, (2) jaune et (3) rouge [cf. aussi Tt. 850 (76 b), 852 (138 a), 973 (378 b)], en spécifiant qu'ils personnifient la Protubérance-crânienne comme symbole des vertus de chacune des trois sections du PI. M. : (1) section de B., (2) section de Diamant et (3) section de Lotus. D'après Tt. 973 (378 b), on peut aussi les interpréter comme représentant respectivement (1) les Défenses, (2) la Concentration et (3) la Sapience. — D'après Dns. vu (376 b), les trois Bucchô ont pour Germe-commun la syllabe hûrh ; mais dans Tt. 850 (77 et 89), leurs Germes sont les suivants : (1) srûrh, (2) trârh, (3) hûrh. — Cinq Bucchô. — Le groupe le plus connu est celui des cinq Bucchô qui, comme les précédents, figurent à la fois à l'Est du Cercle du PI. M., à la gauche de Sâkyasirhha T. 848 1 (7 c), et dans le Cercle spécial de Sâkyasirhha ib. v (35 a). Le Mahâvairocanasûtra T. 848 (loc. cit.) en donne la liste suivante [les indications entre crochets sont tirées du cm. Ttt. 1796 v (633 c-634 a) et xvi (743 c) ; pour les noms sk., cf. aussi Tt. 850 (89)] : (1) *Byakusangai Él^H "Parasol blanc" [sk. Sitâtapatra ; Parasol blanc ; couleur or] ; (2) Shô ^ "Victorieux" [sk. Jaya ; épée ; couleur safran] ; (3) Saishô f||^ "Victorieux suprême" [sk. Vijaya, cf. *Biseiya ; Roue ; jaune clair] ; (4) Kaju tKM ou Kôju %%. "masse de flamme" [sk. Tejorâsi ; Chignon ; blanc] ; (5) Shajo Jjjy[$; "qui écarte" ou Joshô |^|^ "écartant les obstacles" [c'est-à-dire les Passions ; sk. Vikîrna, Vikrana, cf. *Bikirana ; Croc; blanc "peu profond"]. Dans T. 848 v (35 a) et cm. Ttt. v (633-634 a), l'ordre de (4) et (5) est interverti. — D'après Ttt. 1796 v (633 c-634 a), ces personnages représentent les cinq Connaissances (cf. *Chi) du Tg. Sâkya, et sont figurés sous l'apparence de Rois Tournant-la-Roue parce que parmi toutes les Vertus du Tg. ces Connaissances sont prééminentes comme des Rois Tournant-la-Roue. Toutefois, ajoute ce cm., ils n'ont des Rois Tournant-la-Roue qu'un Caractère, celui de la Protubérance-crânienne "double" (protubérance de chair surmontée d'une touffe de cheveux) ; pour le reste ils sont figurés comme des Bs. — I b. x (686 c) assigne à chacun des Cinq Bucchô des syllabes- Germes qu'un autre cm., Dng. vu (376 b-377 a), interprète comme suit : (1) Sitâtapatra : larh, "Compassion" ; (2) Jaya : sa, "Apaisement" (sk. sânti) ; (3) Vijaya : sî, "Lotus de la Loi" (sk. Saddharma-

Tecfgai ?m

(Dais)

Hôkô Wt

O'cjorâsi)

kt

Jôgoten iff5>; (Suddhavâsadeva

Hosshô *£ (Àbhyudgata)

(Jôzanze P$^.1tt (Trailokyavijaya)

Dainichi :*B

( Vairocana)

Sonshô SjtU5 (Vikîran»)

Kôro »* (Briile-parfum)

- Muhenjô ml&& (Anantasvaraghosa)

Saishô fil ( Vi jaya)

Kôshô 3f.t£ (JVlahosrjûça )

Fudô *fc<; (Acab)

a. ajo

(«iaC)

fît. 1796^ Buddhosnî

personnifiant la

(cf. *chôsô mffl),

(cf.* Sô ffl), de la Connaissance

sont

variable ; dans

.>. obuH

group

articK

articii

qui 1

être :

(cf. •]

chô,

souvent p. (KiaaA)

nant-ia-ro!

quetri!

et

le du PI. M.

oms suivants :

Ylahosnîsa, cf.

^AÇ* "très vaste

^JÉHH "voix

i, cf. te. Sfdk.

imha

. ants :

Jït/fc "vaste-produit"; (2) Hosshô $$£ i'§£ [sk. Abhyudp "voix il 3 c), leurs non laibucchô fëjfà kfàl

(2) Abih luryôon ■$ a pour Sceau :

le Diari le Lotus

Conque ; et ib. v (1 •- assigne resp

les couleurs (1) blanche, (2) jaune et (3) roui Bi Tt. 850 (76 b), 852 (138 a), 073 (37* I spécifiant qu'ils personnifient la Protubérar • nienne comme symbole des vertus de chacune à* I trois sections du PI. M. :ife)tfç,Ç,îiQn; de B., (2) j de Diamant et (3) secfc^dfcrffoaèjs. D ap 3 (378 b), on peut aussi les interprète. JW$ ôjJôh; représentant respectivement (1) les Défenses, (iUioiaT) Concentration et (3) la Sapience. — D'après vu (376 b), les trois Bucchô ont pour Germe-c; la s? Kins rPt. 850 (77 e;

,.. iits : (1) srum, (2) tran

nq tïuccliô. — Le groupe le plus ( ,ô qui, comme les pi figurent à la fois à l'Est du Cercle du PI gauche de Sâkyasimha T. 848 1 (7 c), et da Cercle spécial de Sâkyasimha ib. v (35 a). Le iûtra 1 . 848 (loc. citv) en donne i ** crochets son

[ (743 c) ( 1) •Byal îtapatj blan $ "Victo:

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