‹ HbgirinChapitre 49 sur 65 · PLANCHE XI · texte numérisé non relu

PLANCHE XI

LES HUIT BUCCHO.

Cercle dit de Vikîrna (Sonshô-mandara ft8S3fS). Planche extraite de V Asabasho , chafi. III.

BUCCHÔ

pundarîka, sa° plus le signe de l'î qui figure les étamines), représente la longévité et les Supersavoirs es. du Tg. ; (4) Tejorâsi : trîrh, qui signifie "Ainsité Immaculée, Roue du Feu" ; représente l'éclat de la Sapience et de la Concentration du Tg., qui détruit les ténèbres ; (5) Vikîrna : hrîrh, signifiant "délivré des Facteurs", représente les Supersavoirs de Sécurité du Tg. — Les mêmes couleurs leur sont assignées dans Tt. 852 (120). Mais dans Tt. 973 (378 b), on trouve une autre liste de couleurs :

(1) blanc, (2) jaune, (3) rouge, (4) bleu, (5) noir, et d'après ce même texte (372 a) les cinq Bucchô représentent les cinq Connaissances non du B. Sâkya, mais de Vairocana, qui porte les Bucchô dans sa coiffure. — Dans une autre série de textes, T. 950 (149 b), T. 951 (230 b), T. 952 (266 a), T. 953 (290 c), où Vijaya est désigné par l'épithète d'Ekâksara (cf. *Kinrimbucchô et *Biseiya), le quatrième des cinq Bucchô, Vikîrna, est remplacé par Kôbucchô i'.'.'j f''!'M "l'élevé" [probablement sk. Unnâtosnîsa, cf. T. 1191 v (855 a, 27-28)]. — Dans le Cercle de •Sonshôbucchô MM$>lk ( = Vikîrna) décrit Tt. 973 (381 b), les cinq Bucchô apparaissent montés sur des Garuda qui étendent leurs ailes et lèvent une patte pour arracher le cerveau des Dragons. — Les Sceaux des cinq Bucchô sont décrits Tt. 850 11 (76 c), Tt. 853 11 (159 b), T. 950 m (209 b).— Tejorâsi est mentionné séparément T. 901 1 (970 b) comme un Bs. qui apparaît dans l'auréole de la Protubérance-crânienne du B. Sâkyamuni au moment où celui-ci pratique la Compassion ; ce Bs. prononce un Charme qui fait disparaître Hayagrîva (cf. *Batôkannon), en faveur duquel Avalokitesvara intervient ; le B. prononce alors un Charme qui anéantit Tejorâsi. — Huit Bucchô. — Groupe constitué par l'ensemble des deux précédents (cinq Bucchô + trois Bucchô). L'expression "huit Bucchô" se rencontre par exemple Ttt. 1796 v (634 a), Dng. IV (314 b), appliquée à l'ensemble de ces deux groupes en tant qu'ils se rattachent à Sâkyasirhha. Mais dans le Cercle de Mahosnîsa (*Daibucchô) T. 965 (339 c) et dans celui de Vikîrna (*Sonshôbucchô) Tt. 973 (376 a), les huit Bucchô sont groupés autour de Vairocana, dont T. 965 les présente comme des émanations ; leurs noms et leurs attributs sont du reste les mêmes que dans les deux groupes ci-dessus décrits [les couleurs, qui diffèrent, ne sont indiquées que dans T. 965] : (1) Sitâtapatra, parasol, blanc ;

(2) Jaya, épée, bariolé ; (3) Vijaya, Roue, vert ; (4) Vikîrna, Croc, rouge ; (5) Tejorâsi, Protubérancecrânienne, rouge clair ; (6) Mahâ, Diamant, jaune dans cercle bleu ; (7) Abhyudgata, Lotus, jaune ; (8) Anantasvaraghosa, Conque, violet. Tous sont assis sur des lotus de leur couleur ; et d'après Tt. 973 chacun porte dans sa coiffure, comme Vairocana lui-même, cinq petits B. personnifiant les cinq Connaissances. — Dans T. 965 (339 c-340 c) Vairo-

BUCCHÔ

cana, se manifestant sous l'apparence d'un "Bucchô syncrétique", Shôissaibucchô $jJ-H|U$|j]îî, entouré des huit Bucchô (cf. inf. Neuf Bucchô), voit apparaître devant lui les huit grands Bs. (Vajrapâni, Manjusrî, Âkâsagarbha, Maitreya, Avalokitesvara, Ksitigarbha, Sarvanîvaranaviskambhî. Samantabhadra, cf. Mvy. 645-652), qui actualisent à leur tour les huit grands Rois de Science (cf. *Myôô). Se fondant sur ce texte, les auteurs japonais établissent un système de correspondance entre les huit Bucchô, les huit grands Bs. et les huit Rois de Science Asbs. m (960), Kkzs. 1 (286) ; c'est sur ce système que repose une des variétés du Cercle dit de Daibucchô XWM%S&%k (cf. *Daibucchô).— Dans le Manjusrîmûlakalpa T. 1191 (cf. Przyluski, BEFEO XXIII, 310), les Bucchô (sk. Usnîsarâja) figurent dans les deux Assemblées dites des Tg. et du Lotus, à la tête des Rois de Science (sk. Vidyârâja) sur lesquels ils ont la même prééminence que les Rois Tournantla-Roue sur de simples Rois. Pour un Cercle de Sâkyamuni que décrit cet ouvrage (Przyluski, loc. cit. 314), le texte sk. donne la liste suivante des huit Usnîsarâja [cf. T. 1191 v (855 a, 27-28)] : (1) Cakravartî, ch. Dairimbucchô ^C$iJ|5]M> (2) Usnîsa, ch. Sonshô Hlgffîi-, (3) Abhyudgata, ch. manque, (4) Sitâtapatra, ch. Byakusangai Él^la.» (5) Jayosnîsa, ch. Saishô Ht|j|$f (?), (6) Kamalosnîsa, ch. manque,

(7) Tejorâsi, ch. Kôju 3£UI, (8) Unnâta, ch. Ko jjtî. — Neuf Bucchô. — Les huit Bucchô groupés autour du "Bucchô syncrétique", Shôissaibucchô ^-^^33^ Hf, qui les manifeste et n'est lui-même qu'une forme de Vairocana T. 965 (cf. sup.). Dans T. 867 (263) un personnage analogue, Issaibucchôrinnô — '$$$ BéHÉ 3Î, apparaît dans le Cercle de la Mère-de-B. Vajrasrî qui est elle-même une émanation de Vajrasattva ; le Sceau de ce personnage est décrit Tt. 850 11 (76 c) et 851 (103 c). Parfois dans l'iconographie japonaise le 9e Bucchô est appelé Henjô JU^ "omni-lumineux" Asbs. m (863) [le Sceau d'un personnage de ce nom est décrit Tt. 954 (312 a)], ou encore c'est le Tg. Vairocana lui-même qui est joint aux huit Bucchô ib. 989. — T. 951 (247-248) donne une liste de neuf Bucchô dits Chôrinnôbosatsu Hf $M 3E ïf |H (sk. Usnîsacakravaftibodhisattva), qui figurent autour du B. Sâkyamuni comme les huit Bucchô, mais dont les noms et les attributs (posés sur des lotus qu'ils tiennent chacun dans leur main gauche) sont en partie différents : (1) Ekâksâra ( = Vijaya), Roue entourée d'une lame ; (2) Tejorâsi, Cœur du B. ; (3) Unnâta, Roue à huit rais ; (4) Sitâtapatra, Parasol ; (5) Jaya, épée ; (6) JZeizui t$ft$ = Vikîrna (?), Bannière ; (7) Ezûsanchô ^jH H® "Syncrétique triple" ( = Mahosnîsa), Diamant ;

(8) Edôissaichô '^[p1-j^0@ "Syncrétique transcendant" ( = Abhyudgata), Lotus sans attribut ; (9) Shômuhen ?§î4ffi}& "son infini" ( = Anantasvaraghosa), Conque. — Dix Bucchô. — Un groupe de dix

BUCCHÔ

Bucchô est mentionné Tt. 949 (190 a-b), mais leurs noms ne sont pas spécifiés dans les textes ch. D'après la tradition jap. Asbs. III (988), il s'agit des huit avec l'addition de (9) Zekibucchô ^§9^111 et de (10 a) Munôshôbucchô MnèfÊWM ou (10 b) Henjôbucchô jSRS-P'JS, ou bien encore Hmjr. 945 des neuf Bucchô ci-dessus avec l'addition de (10 c) Futsûbucchô -fHiH^Bf- Tous ces Bucchô additionnels sont mentionnés sporadiquement dans les textes ch., mais on ne connaît que leurs Formules et leurs Sceaux, ce qui rend leur identification difficile : — (9) Zeki ^§5 "Ie destructeur" correspond, d'après sa Formule, au sk. Sarvavighnam vidhvarhsanam kâra "celui qui cause la destruction de tous les obstacles" T. 950 v (218 a-b) ; toutefois dans Tt. 955 (312 b) cette épithète sk. est rendue en ch. par JZeizui t$H$> et c'est au sk. Vikîrna que répond le ch. Zeki flljgfc [dans T. 951 (257 b), au contraire, JZeizui répond à Vikîrna]. — (10 a) Munôshô j&jfêffî- "l'invincible" : la Formule d'un Bucchô de ce nom est donnée T. 950 v (221 b), mais ce nom ne se laisse pas rétablir en sk. ; son Sceau est décrit ib. (223 b). — (10 b) Henjô ;H$ft "omni-lumineux" ; Sceau et Formule Tt. 954 (312 a). — (10 c) Futsû ^jg "commun, syncrétique", est aussi appelé Futsûissai ^jJH — -Ç(J ou simplement Issaibucchô —ÏJ]$>1M dans T. 950 11 (222 c), qui donne sa Formule et son Sceau, et ajoute que "voir ce Sceau, c'est comme voir tous les B.". Un Sceau différent est donné Tt. 949 (190 a) sous le nom de Futsû ^jH, avec cette remarque : "Si l'on n'a pas le temps de faire les Sceaux de chacun des dix Bucchô, il suffit de faire ce Sceau en récitant la Formule de tous les Bucchô."

BUGAKU ||^ "danse et musique". Nom d'un genre de divertissement de cour (danse avec accompagnement orchestral) en usage dans certains temples bouddhiques du Japon. — Les origines de la danse au Japon. — La danse nationale du Japon ancien est souvent mentionnée ; mais la manière de l'exécuter ne s'est pas transmise exactement. Elle ressemblait probablement au Kagura j$!£&, la danse shintoïste qui passe pour remonter à Ame-no-uzumeno-mikoto ^c^HiÉC-pp ; celle-ci l'aurait, dit-on, exécutée devant la grotte de la déesse du Soleil pour l'attirer au dehors. Le Kagura se danse encore aujourd'hui dans les sanctuaires du Shinto, à Ise, à Kasuga, etc., et parfois aussi dans les fêtes rustiques à l'occasion de la moisson. La forme primitive de la danse semble avoir consisté en de simples mouvements des mains et des pieds, teburi ^Jg, ashiburi j^lÈÊ, accompagnés à l'occasion de textes chantés, prescriptions divines ou psaumes. Quand il chante, le danseur avance le pied droit et lève le bras droit. On distinguait, semble-t-il, deux styles dans la danse, le style indigène, hinaburi %%§,, et le style de la cour, miyabitoburi KÀ#K- Des chants, un certain

BUGAKU

nombre ont été transmis par les Kataribe d'Izumo (les Kataribe |§nP étaient des familles ayant pour charge de conserver par transmission les récits historiques). D'autres sont désignés comme les chants de Kume, Kume no uta ;Xyjv3fe (Kume est un nom de lieu) ; on les exécute en battant la mesure de la main, tabakari ^Ht, c.-à-d. qu'on claque des mains plus ou moins vite pour rythmer la voix. Les instruments sont le wagon $1^ "luth du Japon", à huit cordes ; la sonnette, suzu §p, simple ou multiple, et les claquettes de bois, hyôshigi tÔ"?"^» pour marquer le temps. — Pièces purement japonaises.— D'après le Ryô-no-shûge ^MiW en 30 volumes, composé dans l'ère Engi (901-923) par Koremune Naomoto tJt?r;j^L^, — qui est un commentaire (le second en date) sur le Taihô-ritsuryô ^Wft^*> Ie Code de la période Taihô, publié en 700, — dans le passage où il explique le règlement du Bureau de la Musique Noble (Gagakuryô ÏH^^), les danses musicales étaient: (1) Kume-no-mai fK%t |5f ; (2) Gosetsu-no-mai Jifnîlf ; (3) Ta-no-mai [HH > (4) Yamato-no-mai f|||î| ; (5) Tatabushi-no-mai |^'^ |5| ou Kishi-no-mai ^ itll ; (6) Tsukushi-no-mai 3£$t||. — (1) Kume est le nom d'une famille que la tradition fait remonter à Amatsukume XP^&Jft et à ôkume ^C^Vyjt, personnages qui accompagnèrent le dieu Ninigi-no-mikoto JgArffi^ lors de sa descente sur terre dans la province de Hyûga 0 [pj . Elle était chargée de protéger la famille impériale et possédait des danses et des chants qui se sont transmis jusqu'à nos jours. La danse de Kume est généralement exécutée par quatre danseurs, secondés par deux ou trois chanteurs et quatre musiciens. Des trois chants de Kume qui nous sont parvenus, les deux premiers sont des poèmes attribués à Jimmu 'Pl'iKi Ie premier empereur, et le troisième est un hymne en son honneur. (2) Gosetsu peut signifier "les cinq fêtes de l'année" : (a) Nouvel-An ; (b) fête des fleurs de pêcher, le 3 de la 3e lune ; (c) fête des iris, le 5 de la 5e lune ; (d) fête du Tisserand (l'étoile Vega), le 7 de la 7e lune ; (e) fête des chrysanthèmes, le 9 de la 9e lune. Mais il paraît s'agir plutôt d'une danse d'origine chinoise, les mots gosetsu devant s'entendre au sens de "cinq modulations". Cette danse est exécutée par des jeunes filles lors des cérémonies après l'Intronisation (Daijô-sai ~X1Ê%&) et à la Moisson (Niiname-sai $?'$"!&) î j cette dernière a lieu chaque année à la 11e lune, le ; premier jour de la Vache (ushi-no-hi 3tB)- L'ex- ,| pression gosetsu est expliquée comme suit dans le Honchôgetsurei ^^j^-fr, cité Ksdj. : "On l'appelle I danse des cinq modulations parce que les danseuses lèvent leurs manches de cinq façons différentes. Il est dit dans un ouvrage chinois, le Sôgozuihitsu i^fê[5a$ '■ La première année du duc Shô (Tchao) BS&, Ie duc demanda si les femmes pouvaient être autorisées à s'approcher: "Soyez modéré [setsu fâi] ! '

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