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(Anantasvaraghosa).
A. LES HUIT BUCCHO DU PLANT DE MATRICE. Cercle conserve au Ninnaji fcfiJ^F près de Kyoto.
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B. LES HUIT BUCCHO DU PLAN DE MATRICE. Cercle conservé au Tdji %$, Kyoto.
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BUGAKU
lui fut-il répondu. "La musique des anciens rois avait pour but d'enseigner la modération en toute chose. C'est pourquoi il y a cinq modulations (gosesshô 7i" ?!?!§?•) : lente (chi )g), rapide (soku $§), principale (hon 2Js:), dérivée (matsu 5^) et de ton moyen (chûshô 4J §£)• Il ne faut Pas jouer de mélodies plus basses que le ton moyen." Il semble difficile d'identifier à ces "cinq modulations" les cinq façons de lever les manches dans la danse Gosetsu ; mais cette danse n'a vraisemblablement aucun rapport avec les cinq fêtes de l'année. Il existe d'autre part une cérémonie dite Gosetsu-sadame ILfîp/Ë, au cours de laquelle des danseuses se présentent devant l'empereur. (3) Ta-no-mai est probablement identique au Oharida-no-mai qui débuta dans le palais de Shôtoku Taishi WiMX^ situé à Oharida /bUffl, en Yamato. Dans la 12e année de l'empereur Temmu (684), des familles spéciales de chanteurs et de joueurs de flûte furent chargées de se transmettre cette danse. C'est elle qui, en se transformant, devint plus tard le Dengaku ffl^l, si populaire après la période de Kamakura. (4) Yamato-no-mai est une forme antique de danse japonaise, mais tout ce qu'on sait à son sujet, c'est qu'elle fut exécutée pour la première fois en 718, et qu'elle était pratiquée surtout aux environs de la capitale. Deux chants accompagnant cette danse nous sont parvenus. (5) Tatebushi-no-mai porte aussi le nom de Kishi-nomai "danse des bons chevaliers", au témoignage du Shakunihongi fp 0 :fc&E, commentaire sur le Nihongi. Les danseurs, au nombre de dix, tiennent de la main gauche un bouclier et de la droite une épée ; cinq d'entre eux étaient de la famille Hashi-no-Sukune iCTfB'ipS et cinq de la famille Fumi-no-Imiki >C,gc tJ*. Elle fut exécutée pour la première fois devant le cercueil de l'Empereur Temmu, en 686. (6) Tsukushi-no-mai est sans doute originaire de Kyûshû, la partie septentrionale de cette île étant connue sous le nom de Tsukushi. — Il y a en outre une danse spéciale pour le Nouvel-An, le Manzairaku f^^^â ; i la fin d'une des figures de cette danse, les danseurs poussent le cri de Mannen-arare ^7?u "Dix mille années de vie !", après quoi ils se mettent à :ourir d'un pas de course particulier qui est appelé Arare-bashiri ou encore Tôka S§^. — Après l'ère Pempyô (729-748), il y eut des danseuses pour exécuter les danses musicales, et le genre devint îinsi de plus en plus populaire. Une danse de nains, :omme il y en avait dans la Perse et l'Asie Centrale, fut aussi admise au temps de l'Empereur Temmu ^673-685). Toutes ces formes de "danse et de musique" se combinèrent pour former pendant la période de Kamakura des spectacles musicaux de nature populaire comme le Dengaku 03$!, le Saibara -fg$5 H, le Sarugaku %($& lequel est une sorte de Dôkegi iÙiflS0Jc "pièce comique". Plus tard encore, à l'époque ies Ashikaga, elles aboutirent à deux types : le drame
classique, Nô |g, et la farce, Kyôgerç ££ti\ — Influences étrangères. — Ce développement, au reste, s'était fait en partie sous l'influence des civilisations voisines. La preuve en est dans l'inventaire du personnel dépendant du Bureau de la Musique Noble pendant l'ère Yôrô (717-723); les sections de ce Bureau sont alors : Tô (T'ang) J|j (Chine), Koma It&'tfM, (Kokourye, Corée septentrionale), Kudara IS'JM (Paiktjyei, Corée du Sud-Ouest), Shiragi ffî|j|= (Silla, Corée du Sud-Est), Gi-gaku fë|j* ou Kuregaku ^$| (Wou, Chine du Sud), et elles comprennent plus de 500 personnes. Les musiciens étrangers sont au nombre de 27, avec 120 étudiants; les musiciens indigènes, 8, avec 230 étudiants ; 30 hommes, 100 femmes apprennent le chant ; 100 personnes, la danse. Pour la 3e année de l'ère Tempyô (731), le personnel est détaillé comme suit : danseurs provinciaux d'origines diverses, 8 ; danseurs de Tsukushi, 20 ; musiciens des Tô (T'ang), 39 ; de Kudara, 26 ; de Koma, 8 ; de Shiragi, 4 ; de Dora p£|$ï (ou ££Jj£, traditionnellement identifié avec l'île Quelpaert, appelée Tonra f£$£ dans le Nihongi), 62. — Ainsi la musique officielle à l'époque de Nara était essentiellement une production étrangère importée dans l'île ; elle combinait le Sankan-gaku H^^l, la musique de Corée, nom sous lequel était englobée la musique chinoise de la dynastie Zui (Souei) Ppf, et la musique chinoise des T'ang, Tô-gaku ^î^c» ou de Wou, Go-gaku %$&. La première n'était qu'une musique sans danse, et on la désignait comme Zabu fëffî "la section assise" ; l'autre était une danse musicale qu'on exécutait debout, d'où son nom de Ryûbu j£|$ "section debout". L'ensemble combiné répond bien au groupe indien nrtya-gîta-vâdya "danse-chant-orchestre" ; on lui donne ordinairement le nom de Bugaku. Avec le développement de l'art musical, le Bugaku gagna en importance ; la religion l'adopta et s'en servit pour ses cérémonies ; il fut admis aussi dans l'instruction classique ; l'étude et la pratique s'en répandirent. L'influence que la Chine exerçait politiquement sur ses voisins ouvrit encore la voie à d'autres emprunts : la musique de Koutcha (Kiji îfèjSÊ) au Nord, celle du Champâ (Rinyû ^b) au Sud, passèrent ainsi à leur tour dans les cadres officiels ou populaires. Par un heureux hasard, ces deux pays situés aux extrémités opposées de l'Empire du Milieu avaient reçu la civilisation indienne et la culture bouddhique ; leur musique n'était de part et d'autre qu'un rameau du même tronc indien. — La musique, il est vrai, et la danse aussi, avaient été prohibées par le B. dans la Discipline ; mais cette interdiction ne s'appliquait qu'aux moines ; il n'était pas défendu d'employer ces deux arts dans le culte ou dans la propagande (cf. T. 1428 xxvn). En fait, le témoignage des pèlerins chinois prouve que le bouddhisme indien en tirait le meilleur parti. En Chine, le procédé de psalmodie appelé
BUGAKU
BUGAKU
*Bombai semble avoir été en usage dans le service bouddhique dès le IVe siècle. En 465, au temps des premiers Sô (Song) ^, le moine Sôkin (Seng-kin) fê-ffî ayant été désigné comme supérieur du clergé, sôshu fèï, il lui fut assigné un ensemble de hôgi ££££, c.-à-d. un équipement religieux qui consistait en baldaquins, bannières, tambours, cymbales, etc., destiné à "augmenter le prestige du cérémonial bouddhique" Ttt. 2035 xxxvi. Après le retour de Genjô (Hiuan-tsang) en Chine, quand on transporta au couvent de Daijionji (Ta ts'eu ngen sseu) ;fci$&jf, •#p, bâti en l'honneur du grand pèlerin, les images et les textes sacrés qu'il avait rapportés de l'Inde, les neuf sections de musique qui dépendaient du Ministère des Rites encadraient la procession des fonctionnaires civils et militaires ; arrivées dans la cour intérieure du temple, elles y exécutèrent des danses Ttt. 2053 vu. Mais on ignore si la Chine a jamais eu des monastères disposant d'une troupe de musiciens et de danseurs comme ce fut le cas au Japon.— Au Japon, la musique coréenne (Sankan-gaku) fut introduite en même temps que le bouddhisme et fut employée à peu près exclusivement dans les cérémonies bouddhiques. L'an 20 de l'Impératrice Suiko (612), un musicien de Kudara (Paiktjyei) nommé Mimashi çfcjfS^. arriva au Japon et y introduisit le Kure-gaku ^yfl, c.-à-d. la musique originaire du pays de Wou ^ situé sur le cours inférieur du Fleuve Bleu. Une école de musique fut établie à Sakurai -dj^ en Yamato pour former de jeunes artistes. Le prince Shôtoku passe pour avoir largement employé la musique dans le service bouddhique. Le Kuregaku était classé dans la "musique debout", et désigné aussi comme Gi-gaku {£H| "musique de danse ', tandis que la musique coréenne était de la "musique assise" et désignée comme Gasso ci*lj| "musique de concert". Entre tous les grands temples pourvus d'une troupe de musiciens, le Shitennôji PQj^îE-^F d'Ôsaka occupait une situation privilégiée ; il était le centre des études de musique et de danse ; certaines familles, p. ex. Tôgi, Hayashi, Sono, Oka, étaient spécialement désignées pour fournir le personnel, et recevaient en retour des exemptions de taxes ou de charges. Un Bureau de la Musique Noble (Gagakuryô %fk$$M) fut établi sous l'Empereur Mombu en 700, avec mission de surveiller les affaires musicales. Le règne de l'Empereur Shômu (724-748) marque un moment décisif ; deux grands musiciens étrangers seraient arrivés alors au Japon, l'un du Champâ (Riiiyû $ceî), l'autre du Sud de l'Inde ; le premier s'appelait Buttetsu ^jjg1, le second Bodhisena (te. Bodaisenna ^fêHHUÎ) du clan brahmanique des Bharadvâja (te. Barachi ^gHî!). D'après la légende, ils s'étaient rencontrés dans les mers du Sud, où Buttetsu, parti pour faire fortune, avait fait naufrage ; Bodhisena le décida à se rendre en Chine avec lui. Ils allèrent de compagnie au mont Godai Jig (Wou
t'ai), pour y rendre hommage à Mahjusrî ; mais un prêtre malicieux, probablement un Japonais, leui déclara que le saint était absent à ce moment-là. Il{ se retirèrent, et en route ils rencontrèrent un prêtre japonais, Rikyô SiÉit, qui était venu étudier en Chine et qui les engagea à se rendre au Japon. Ils purent profiter du bateau qui ramenait au pays un envoya de la cour japonaise. Le Bs. Gyôgi fr^, appelé le Manjusrî du Japon, vint à leur rencontre sur la plage d'Osaka avec une troupe de musiciens, et les conduisit à Nara, qui était alors la capitale, le 8e jour de la 5e lune de l'an 736. La conversation entre ces trois personnages se serait tenue dans un mélange de sanscrit et de japonais ; non seulement ils purent se comprendre, mais ils purent encore constater, paraîtil, que leurs idées et leurs doctrines étaient en parfai accord. A Nara, les deux hôtes furent installés ai Sugawaradera 'ft^^f , dont Gyôgi était le supérieur L'hospitalité qu'ils y recevaient les enthousiasma tel point qu'ils se mirent à chanter et à danser l'indienne, en battant la mesure avec leurs baguette; à manger. Or, il y avait dans la forêt, derrière 1( Sugawaradera, un vieillard qui vivait là sans jamai: ouvrir la bouche, toujours étendu face à l'Est; 01 l'avait surnommé "le vieux qui est couché et re garde", Fushimiô IJ&^Lfl. Quand il entendit le: étrangers chanter et danser, il se précipita vers 1< temple et entra dans la salle à manger en criant "Les temps sont venus ! Voilà le moment !" San: doute il était lui-même d'origine hindoue. Buttetsi et Bodhisena passèrent ensuite au Daianji ^S&c^f où le brahmane enseigna le sanscrit et la doctrin» de l'Avatamsaka, tandis que son compagnon en seignait la musique avec le sanscrit. Versés tou: les deux dans la science musicale, ils travaillèren ensemble à choisir dans les sûtra des textes à chanter à les mettre en musique, et à former de jeunes élèves Gyôgi vint à mourir avant l'achèvement du Granc B. de Nara ; son disciple Rôben &$!$ demanda, pa ordre impérial, à Bodhisena de présider à la céré nomie de dédicace en qualité de moine officiant, et : Buttetsu en qualité de musicien. On les chargea auss de préparer pour cette cérémonie les jeunes moine du Shitennôji qui devaient jouer de la musique. But tetsu trouva néanmoins le temps d'étudier l'ancienn musique du Japon et y introduisit de notables per fectionnements. En outre il composa pour la cir constance une pièce musicale, le Manshûraku ^f| "joie des dix mille automnes", resté célèbre depui lors et qui se joue encore souvent à la Cour.— Dans le récit qui précède, tout ce qui concern Buttetsu paraît légendaire ; mais Bodhisena est ui personnage historique, et il est assuré que dès l'-é poque de Nara certaines pièces de Bugaku passaien pour être de provenance chame. La musique et 1 danse que Buttetsu est censé avoir enseignées son traditionnellement désignées par le nom de Riiiyû