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Scène de Bugaku

HÔryT.ji (1928).

IGAKU is3

hachigaku ^gA^, "les huit musiques du Champâ". On les classe parmi les vieilles danses musicales du Japon, sauf le Manshûraku qui est classé parmi les nouvelles: (i) Bosatsu-no-mai ^[$1$$, 'danse du Bs." ; air Shada $?!?£. (2) Batô-no-mai >f\}% "danse de Pedu" (?) ; air Dô 3H ; elle a pour pendant le Genjôraku ^t^^k "Retour à la ville", air Taijiki ;fc^. (3) Karyôbin-no-mai ?2S|§t$5f|S| ou Fugengaku ^ÇJïltc "danse de l'oiseau kalavinka", ou "danse sans parole" ; air Shada ; le pendant en est une pièce de musique nouvelle, Kochô-no-mai $]$fi "danse des papillons" ; air Ichikotsu MMi- (4) Bairo-hajin-raku 4&JH$$P^?â " la Marche triomphale de Bhairava" (?) ; air Hyô 2f ; cette danse sert de pendant à une pièce de musique nouvelle, Taiheiraku ;fc^p|§! "musique de la Grande Paix", air Taijiki.

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(5) Amma $&]>$ ou Iriyôjichin-no-kyoku I^IUjiÉiiffe, 'danse Ambâ" (?) ou "le Masculin et le Féminin

apaisent la Terre" ; air Shada ; le pendant en est Ni-no-mai IL$$. "danse d'imitation"; air Ichikotsu.

(6) Manshû-raku {è]fX^k "joie des dix mille automnes" ou Jisommanshû i^^^^ "Les dix mille automnes de Maitreya", ou encore Shôkamanshû Pg^^fjl; "les dix mille automnes avec chœur"; c'est une pièce de musique nouvelle ; air Banshiki ^^ ; le pendant en est Chikyû-raku itë^m "Longévité de la Terre" ; air Sô fg. (7) Ra[n]ryôô-nyûjin-kyoku $^§£g 3EÀpî|îfÉ "le roi des Nâga Sâgara entre au camp", ou Motsunichigengo-gaku "SBJS^Pl?! "ramener au méridien le soleil couchant" ; air Ichikotsu ; le pendant en est une pièce de musique nouvelle, de nom coréen, Nasori l^^^lj ou Sôryû-no-mai §Çfll5| 'le double Dragon" ; air Ichikotsu. (8) Konju-raku

kM'éu. "Ie Hou qui boit du vin", ou Suiko-raku 5?$] $1 "le Hou ivre" ; air Ichikotsu ; le pendant en ;st Rinka %$${. "chant de la forêt", air Ichikotsu. — 1) Le Bosatsu-no-mai était sans aucun doute une cène ou un chant tirés du Jâtaka de Visvantara, ppelé aussi Sudâna. L'origine en est peut-être le irame musical de Candragomin sur ce sujet, menionné par Gijô (Yi tsing) comme un spectacle Populaire de son temps, ou bien encore le Nâgânanda le Harsa Sîlâditya qui représente l'admirable sacrifice lu Bs. Jîmûtavâhana. Aujourd'hui encore la légende le Visvantara est représentée en Birmanie et au Siam. Bosatsu-no-mai a disparu peu après la période le Nara. Tout ce qu'on en sait de précis, c'est qu'il ' figurait un seul danseur, et que l'air était celui de hada (cf. inf .) Quelquefois on le dansait en même emps que le Kalavinka et le Papillon. — (2) Le mot Batô (ou *Battô), dans le titre du Batô-no-mai, est usceptible de nombreuses graphies $t2JÎ, WtM, êfcsH,

i> M$M 5 c'est assez pour prouver qu'il s'agit d'un not étranger. Batô doit représenter le nom de Pedu, m roi qui paraît à plusieurs reprises dans le Rig et 'Atharva Veda comme un protégé des Asvin qui lui nt donné un cheval merveilleux, blanc, nommé

Ahihan "tue-serpent". Le danseur, vêtu de blanc et couvert de longs poils, porte dans sa main droite une sorte de petit plectre qu'il manie comme une arme ; il court en poussant des cris singuliers qui figurent sans doute des hennissements de cheval. C'est une danse du type Hashirimono "course dansée", exécutée par un seul personnage. Le Genjôraku, "Retour à la ville," qui lui sert de pendant, portait primitivement le nom de Genjaraku &&&$& "Joie à la vue d'un serpent". Au milieu de la scène est placé un serpent en bois enroulé trois fois, et le danseur tourne autour en courant. L'arme qu'il tient est noire et longue de 15 cm. dans le Batô, dorée et longue de 35 cm. dans le Genja. Selon le Kyûtôsho (Kieou T'ang chou, Ancienne Histoire des T'ang), traité sur la musique, le Batô serait venu des pays d'Occident en Chine : le sujet en serait l'histoire d'un homme qui aurait été tué par une bête de proie ; le fils de la victime retrouve dans la forêt la bête coupable et la tue. La musique et la danse sont divisées en huit sections qui représentent la joie du cheval et qui ont un caractère vraiment impressionnant. Au Japon on exécute cette danse à l'occasion d'une course de chevaux ou d'une séance de lutte ; dans ce dernier cas, le gagnant de la lutte doit exécuter la danse. Le Batô figure dans les programmes de musique du règne de l'Empereur Tô Gensô (T'ang Hiuan-tsong @fj£".3^, 721-754), et il y est classé dans le groupe brahmanique. Il aurait été apporté de l'Inde en Chine sous l'Empereur Eisô (Jouei-tsong) /Ç^? (710-712). Il aurait donc été introduit à peu près simultanément en Chine et au Japon. — (3) Karyôbin, du Karyôbin-no-mai, te. le sk. kalavinka, nom du coucou indien ; mais dans la littérature bouddhique le kalavinka est un oiseau de paradis, et son nom y est td. par myôonchô tj/çtllk "oiseau à la voix merveilleuse" ou senchô fjl|J|| "oiseau féerique". On dit que sa voix chante les vérités de la Douleur, du Vide, de l' Impermanence. Parmi les paons il refuse de chanter, et ne chante qu'en compagnie de ses semblables ; on dit aussi qu'il chante déjà dans la coquille. Le nom de Fugengaku "musique sans paroles" donné aussi à cette pièce montre qu'elle n'était pas accompagnée de chant. Quatre danseurs, qui ont chacun une paire d'ailes sur le dos, dansent lentement en frappant des cymbales pour figurer le chant de l'oiseau. La danse du Papillon, Kochô-nomai, qui lui fait pendant, substitue aux ailes de kalavinka des ailes de papillon ; on en attribue l'origine à Fujiwara-no-Tadafusa HilJ^fè. J§ , gouverneur de Yamashiro, à l'occasion d'un concours de lutte en présence de l'Empereur Uda (907). Les danseurs portent une fleur de yamabuki |JjPfc (kerria) dans leurs mains et aussi sur leurs diadèmes. — (4) Le Bairohajin-raku, quoique classé dans la musique ancienne, sert de pendant au Taiheiraku qui est compté dans la musique nouvelle. La danse de

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Bairo remonte, dit-on, à un nommé Hammeitoku (?) ï&Ofli* ; Buttetsu l'enseigna à la troupe des musiciens du Shitennôji, et chaque année on en donnait une représentation au Tôshôdaiji ^|St§# près de Nara, pour l'anniversaire du B. ; c'est ce qu'on appelait Heroe fô|Sl#"> ou Hero est une prononciation altérée de Bairo. Originellement elle était exécutée par douze danseurs d'âge moyen, qu'on réduisit plus tard au chiffre de quatre. Les

Fig. 63. Danse Bairo.

Paravent conservé au Bureau de la Musique, Ministère de la Maison Impériale

quatre danseurs, portant chacun une hallebarde et un bouclier, viennent sur le devant de la scène et font une ronde tandis que la musique joue le Rinyûranjô ^fcê<^L^ "prélude du Champâ". La ronde est appelée Dairin ;fc$j| "grand cercle" (sk. mahâmandala, jap. waku "rebord"). Puis ils descendent de la plateforme jusque dans la cour, plantent aux quatre coins leurs hallebardes, dégainent leurs épées, remontent sur la scène et font une seconde fois la ronde ; ensuite, levant leurs boucliers l'un contre l'autre, ils vont en dansant de droite à gauche et, la danse achevée, se mettent à courir dans l'attitude de l'attaque : c'est là le Herobashiri "courir le Bairo". Ils descendent de scène, rengainent leurs épées, remontent en scène, et se disposent sur une rangée. Le Ranjô "prélude" est terminé ; le Chôshi fïj^ "air", appelé aussi Jo f^ "introduction", commence alors, suivi de l'air "brisé" Ha $£, et d'une reprise du Ranjô ; on joue ensuite l'air Kyû %* "rapide" et encore le Ranjô. Les danseurs dansent une dernière ronde et se retirent en courant (cf. Dainihonshi % 0 5^$., section sur la musique). La fin de la septième ronde doit coïncider avec un ton appelé shamô ^^Ç, peut-être sk. samo "calme",

ou samavâdi "accord d'ensemble". Si la correspondance est parfaite, elle présage une bataille victorieuse ; autrement c'est signe de défaite. Minamoto-no-Yoshiiye MM.*i%> (1041-1108) aimait beaucoup cette danse, dit-on, et la faisait exécuter avant de partir en campagne ; il triompha deux fois, dans la guerre de neuf ans (1054- 1062) et dans celle de trois ans (1085-1087). Depuis lors on exécute le Bairc à l'occasion d'une victoire. Le Bairo étant une

danse guerrière ne peui être d'origine bouddhique, puisque le bouddhisme a toujours été opposé à la guerre. Elle vient sans doute de l'hindouisme ; Bairc n'est autre que Bhairava la forme terrible de Siva. Ce serait en principe une danse frénétique de Siva, ou peutêtre encore le norr d'un type mélodique sk. râga, car un bhairavarâga paraît dans Ice listes de râga. Marche triomphale, le Hajinraku $cp>ji^â "musique d'attaque du camp" comme on appelle encore le Bairo, ferai) un pendant tout nature au Taiheiraku "joie de la grande paix" ; les deux forment bien un Bambt #|5| "couple de danses". — (5) Amma est le sk Ambâ "la mère", nom qui est donné par excellence à la déesse Durgâ, l'épouse de Siva. La danse semble représenter la danse frénétique de Siv£ imitée par la déesse. Un autre nom de cette danse est Ihyô-jichin-no-kyoku "musique des (divinités mâle et femelle, pacification de la terre", désignation quelque peu énigmatique, mais évidemment er rapport avec la terre sous son aspect maternel. Er outre, la danse qui lui fait pendant, Ni-no-ma "danse secondaire", implique une idée d'imitation dans cette danse, les danseurs des deux sexes parais sent au-dessous de l'escalier du pavillon tandis que les danseurs de l'Anima sont encore à danser sur 1 plate-forme qui sert de scène. Quand ceux-ci s retirent, les nouveaux venus leur demandent de leu céder leurs bâtons, mais en vain ; ils montent don^ sur la scène sans bâtons, et ils essaient d'imiter le pas et les gestes de leurs devanciers, mais sans réussir. L'expression Ni-no-mai a été conséquent ment appliquée aux entreprises qui échouent pa maladresse. La danse d'Amma était originelle ment accompagnée d'une musique indienne, mai

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sous l'Empereur Nimmyô (834-850) on y introduisit des modifications par ordre impérial ; chacune des danses est accompagnée d'un chant spécial. Pour Anima, c'est : "D'où est venue la musique ? La musique est venue du Sud de l'Inde. L'art de la danse a été créé par des rejetons de la famille du B., des Asura, etc. Si nous goûtons l'exécution de la musique, le B. la goûtera aussi. Amma a été composé par un homme noble." Et pour Ni-no-mai : "Le jour approche du crépuscule ; j'ai encore un long chemin devant moi." Les danseurs d'Amma portent un bâton et aussi un masque appelé zômen jJUîiî Qui consiste en une figure géométrique sculptée sur une planche oblongue ; ceux de Ni-no-mai portent une branche de bambou et ont un masque souriant. —

(6) Le Manshû-raku, appelé aussi Jison-gaku, est la seule "musique nouvelle" parmi les airs du Rinyû ; c'est Buttetsu lui-même qui l'aurait composé à l'occasion de la cérémonie de dédicace du grand B. de Nara. Les danseurs sont au nombre de six. Le pendant en est Chikyû-raku, appelé aussi Enjiraku [M|il!î$ê "la musique de la Terre ronde", également dansé par six personnes et composé en "musique nouvelle". Le trait particulier du Manshû, c'est que la mélodie Jo f§? y diffère complètement de la mélodie Ha $£ ; on a là probablement une combinaison de "musique ancienne" et de "musique nouvelle". —

(7) Le Ra[n]ryâô passe pour être une allusion à l'histoire d'un prince chinois, Chô Kyô (Tchang Kong) 3J|^ prince de Ranryô (Lan-ling) jJUH, des Sei (Ts'i) fë du Nord (550-577) ; mais la forme primitive du nom semble bien être Raryôô, abréviation de JSagararyôô ^>$JiÈ4fii£ "Sâgara roi des Dragons" ; comme le danseur porte dans les deux danses une tête de

Fig. 64. Danse Ranryôô.

Paravent conservé au Bureau de la Musique,

Ministère de la Maison Impériale.

serpent comme masque, on les a confondues. Une tradition veut que cette danse ait été introduite au Japon par Owari Hamanushi au temps des Tô (T'ang) ; une autre, que Buttetsu l'ait importée du Rihyû. C'est la plus vraisemblable des deux, puisque

le vrai sujet en est Sâgara dont la fille a obtenu l'Eveil dès l'âge de huit ans. On donne encore à cette danse le nom de Motsunichi-gengo-gaku "ramener au méridien le soleil couchant" ; en effet l'acteur, qui porte un masque de Dragon et une baguette dorée d'un pied de long, fait le geste de ramener le soleil en arrière. Le pendant en est la danse Nasori, nom coréen de signification inconnue, ou encore "danse des deux Dragons" ; la musique en est coréen-

Fig. 65. Danse Nasori.

Paravent conservé au Bureau de la Musique,

Ministère de la Maison Impériale.

ne, et du type "nouveau" ; trois acteurs y figurent tandis que le Raryôô, musique "ancienne", n'a qu'un seul danseur. Deux chants curieux se rattachent au Raryôô ; l'un est : "Nous châtions les Hou ; jadis nous avons vu le Tg. ; c'est lui qui protège notre royaume ; ramener en arrière le soleil fait notre joie" ^jfôA • ^MMM ' ffcil*^ ■ M B £&£!• Et l'autre : "Nous sommes les enfants des Hou ; notre souffle est comme le roulement du tonnerre ; avec la foudre sur notre front, nous foulons sous nos pieds les pierres comme de la boue" ^-^

m% - tiiMinm • &&mn • mm^--^) Konju est

aussi en rapport avec les Ko (Hou) ; ce nom signifie "le Hou qui boit du vin" ; on l'appelle aussi Suiko "le Hou ivre". La musique est "ancienne", antérieure aux Tô (T'ang). La danse met en scène le roi des Hou en état d'ivresse ; il tient dans la main gauche un plectre large du haut, long d'une dizaine de centimètres, qui symbolise la cuiller à

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puiser le vin. Tandis que le danseur de droite et le danseur de gauche montent et descendent par l'escalier de droite et de gauche respectivement dans les autres danses, ici le danseur arrive par l'escalier de gauche et sort par l'escalier de droite, en signe d'ivresse. Le pendant en est Rinka "le chant de la forêt" ; c'est la forêt personnifiée qui chante, comme dans l'Avatamsakasûtra T. 279 IV. Le nombre des danseurs est de quatre ; la musique est du type "nouveau". — Ces huit danses constituent la musique dite du Rinyû (Champâ) : (1-5) sont indiennes ou indo-malaises ; (6) est une composition de Buttetsu ; (7) et (8) sont de la musique d'Asie Centrale (Hou) introduite en Chine avant les Tô (T'ang) ou importée au Japon par Buttetsu ; en tout cas il les a remaniées l'une et l'autre. Introduites par Buttetsu en 735, elles furent jouées en public pour la première fois en 749, à la cérémonie de dédicace du grand B. de Nara. En 753, l'empereur Kôken donna à l'orchestre de la Cour l'ordre d'étudier la musique indo-malaise ; en 767 l'empereur Shôtoku, s'étant rendu au Yamashinadera I'II^tF, voulut se faire jouer ces pièces. Elles figurent au programme de la musique impériale en 806, en 844, etc. Encore en 1588 quand l'Empereur Goyôsei alla visiter son ministre Hideyoshi à sa résidence de Jurakudai US^âffS à Kyoto, les cinq pièces représentées devant lui comprenaient Batô et Genjaraku. Sous l'Empereur Meiji, quand il fut procédé au choix des pièces de musique pour les cérémonies de la cour, on retint trois des huit piècer : (2) Batô + Genjôraku, (3) Karyôbin + Kochô, (7) Raryôô + Nasori ; enfin en 1888, quand la Cour décida de remettre en honneur la vieille musique, sur les 55 pièces choisies figuraient toutes les danses musicales de Buttetsu, à l'exception du Ni-no-mai, et du Bosatsu-no-mai qui est une œuvre purement bouddhique. [Sur le Bugaku dit du Champâ, cf. Demiéville, La musique came au Japon, dans Etudes Asiatiques publiées à l'occasion du vingt- cinquième anniversaire de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, Paris 1925.] — La musique du Bugaku. — Quant aux airs ou "systèmes", chôshi fHiP (cf. *Bombai), en usage dans le Bugaku, le chapitre sur la musique du Shûgaishô fê Jf-fy xxxi en énumère onze ; le chapitre sur les systèmes musicaux dans le Wamyôruijushô ffl£i|§Jfè# xlix en énumère douze : — (1) Ichikotsu 9Mt- Le sens de cette appellation est obscur ; la lecture même est singulière, on s'attendrait à la lecture Ichiotsu. Il arrive souvent qu'un air soit désigné par le nom de la localité d'où il est originaire ; peut-être ce nom se rapporte-t-il à la localité de Idiqutshari près de Tourfan (?). C'est un air de musique ancienne, c.-à-d. antérieure aux Tô (T'ang), et il est employé dans 20 morceaux de Bugaku. — (2) Shada $?!?£, nom également obscur. On peut y chercher encore un nom de pays ; Shada était le nom d'une puis-

sante tribu turque dont le roi, Shuyashakushin yfcJfli-fô if,», défendit l'empire chinois contre les envahisseurs tibétains et reçut en récompense, de l'Empereur Sensô (Siuan-tsong) jifSn (847-859), le nom chinois de Ri Kokushô (Li Kouo-tch'ang) ^JUJI. Mais le système Shada remonte à une époque bien antérieure à ces événements. M. Takakusu (Shigakuzasshi xvill, 6-7) a supposé que Shada était une désignation abrégée de la gamme indienne : sa ri ga ma pa dha ni, qui aurait été réduit à sa dha ni. Les 7 notes de la gamme primitive ont pu être subdivisées en 12 par l'emploi de demi- tons comme dans la gamme européenne. Des 7 notes, (2) ri ( = rsabha), (3) ga ( = gandhâra), (5) pa ( — pancama), (6) dha ( = dhaivata), (7) ni ( = nisâdha) sont des tons entiers; (1) sa ( = sadja) et (4) ma ( = madhyama) sont des demitons. Si on partage les 5 tons primitifs en demi-tons, on a ainsi 12 notes ; c'est là la gamme chromatique (vikrta) tandis que l'échelle de 7 tons est diatonique (avikrta). On a le bémol (komala) et le dièze (tîvra) comme dans la gamme européenne. Ainsi l'air Shada ou Sadhani désignerait la gamme propre de l'Inde ou une mélodie dans cette gamme. L'auteur du Dainihonshi JCB^$. suggère que Shada :$$fc serait une erreur pour Bada ^|5^" ou *Badariki ^[î't'jj, nom d'un air importé en Chine par Sujîva de Koutcha vers la fin du VIe siècle ; le mot est expliqué par hyôshô ?fWt "son égal", c.-à-d. le ton chinois kyû >V • D'après le Gakusho (Yo chou) ^||j, de Chin Chô (Tch'en Yang) (^^ (io94-io97). le mot *Badariki est un mot sérindien (Hou) qui signifie "le chemin" dô iË (sk. paddhati ?). Mais, comme on le voit, c'est *Badariki qui paraît être fautif, et la leçon correcte doit être Sadariki '^%1j . Sujîva était le fils d'un brahmane des Pays Occidentaux, artiste en vînâ (biwa ^H), musicien fort compétent. Il enseignait que la gamme a 7 notes dénommées : (1) *Badariki Wt'Jj, var. Sadariki §£|?Ê# ( = sk. sâdhârita), (2) Keishiki ||g| ( = sk. kaisika), (3) Shashiki :(']JWl ( = sk. ?), (4) Shakôkaran :$fê.))U:{Ê ( = sk. sadjagrâma ?), (5) Sharô $;)|ft ( = sk. sâdava), (6) Hanzen fâfâ ( = sk. pancama), (7) Kôr'isô fèflJH ( sk. vrsabha). Ces désignations correspondent à celles des 7 râga classiques de l'Inde (cf. Epigraphia Indica xii, 227). Le système Shada est employé dans 8 pièces de Bugaku. — (3) Taijiki '£:$£, nom du troisième "système", doit désigner une musique arabe ; Taijiki répond à Tajik, le nom bien connu des Arabes en Perse, en Inde et en Chine. On l'emploie dans 11 pièces de Bugaku. — (4) Banshiki ^^ est lai prononciation traditionnelle, tandis que la lecture i usuelle est Banshô. M. Takakusu est tenté d'y ] retrouver le nom du Penjab. On l'emploie dans 17 pièces. — (5) Ôshiki iHU est le nom de la 11e lune ; ce nom indique donc une origine chinoise. On l'emploie dans 4 pièces. — (6) Hyô *£ "l'égal", s'emploie dans 18 pièces. — (7) Shô '[£ "la nature",

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