‹ HbgirinChapitre 56 sur 65 · BUTA · texte numérisé non relu

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quenta Genjô (Hiuan tsang), mais l'inscription de 752 déclare formellement que le modèle de l'empreinte avait été rapporté par ôgensaku (Wang Hiuan ts'ô) et non par Genjô (Hiuan tsang). — L'empreinte sur pierre du Yakushikiji a été imitée dans de nombreux temples jap. ; sur quatre de ces copies, qui se trouvent à Tôkyô, cf. Lafcadio Hearn, Footprints of the Buddha, dans : In ghostly Japan (1899), et plus récemment un article de T. Itabashi dans la revue Bukkyô bijutsu, n° XII (mars 1929), p. 7-24. — Bibliographie occidentale sur les pieds du Buddha, Chavannes, T'oung Pao, 1906, p. 157-8. — Cf. encore un sûtra de l'Ekottarâgama T. 125 xxxi (717 c), où un brahmane, voyant l'empreinte des pieds du B. sur les bords d'une rivière du Magadha (dont le nom correspond au pâli Ukkattha), se demande si ces traces sont celles d'un Dieu, d'un Dragon, d'un esprit, d'un Gandharva, etc. ; le B. lui explique la production conditionnée de toute personnalité. Dans le texte pâli [Ang° Nik° iv, n° 36] et dans les textes ch. correspondants [T. 99 iv (28 a-b), T. 100 xiii (467 a-b)], il est spécifié que l'empreinte portait la roue à mille rais.

BUTA #R ^ =sk. p. bhûta, tib. 'byun pa ; td. ishô g, *£ "déjà né". Le mot sk. bhûta, verbal de bhû° "être, devenir", est susceptible de sens variés. Il peut signifier un être quelconque (tib. gyur ba), ou, par sous-entendu péjoratif, un être néfaste, un démon (p. ex. dans bhûta-vidyâ "la Science démoniaque", une des huit branches de la médecine, cf. *Byô) ; ou encore l'Etre suprême, la réalité absolue (ch. jitsu jtf ou shin JÇ, tib. yan das pa, p. ex. dans bhûta-koti, cf. *Jissai) ; ou ce qui a été, le passé (bhûta-pûrva, Mvy. 8302) ; ou ce qui est matériellement, un Élément (mahâ-bhûta, cf. *Dai ^). Dans le Kosa Tt. 1558 x (55- b) [K. Lav. m, 122-124], bhûta s'entend soit d'un Etre qui est déjà né, par opposition à ceux qui sont encore dans l'Existenceintermédiaire (cf. *Chûu), soit de l'Arhat [qui est né mais n'aura plus à renaître] ; d'après Ttt. 2128 lxx (764 c), c'est afin de distinguer ces deux sens spéciaux que le mot bhûta est alors te. en ch. au lieu d'être td.

BUTSU $&=sk. p. Buddha ; tib. Sans rgyas.— Td. kakusho ^# TÉveillé", chisha ^ % "celui qui a la Connaissance", etc. — La te. butsu $fo (prononciation ch. vers l'an 600 : *b'iuat) n'est qu'une abréviation de butsuda (*but-da) $&££. Autres te fuda t$P£, buda ^fà, +boda gjjfê, ~g, g fê, buta j&tfc, moda ]$$£, Jmoda $Rr, butto ft0},

$futo ffiM, t?H|, ^Bg. La te. archaïque iffuto ffi- JH ou ffi m (ch. anc. : *biau-d'uo ; la leçon [fg| serait postérieure à la leçon JH, cf. Pelliot, BEFEO, VI, p. 373, n. 2) reste usitée particulièrement dans les textes historiques profanes relatifs aux débuts du bouddhisme en Chine (Heou Han chou, Wei lio, etc.). Au IVe siècle, on transcrit encore par Butto \% [jjj ou ^Futo ^ [fi] l'élément "Buddha" dans le nom d'un thaumaturge occidental, Buttochô (Fo t'ou teng) $J [ou ffi] [B| $£ (mort en 349 p. C). Mais la forme Butsu fîjjj apparaît déjà dans les textes bouddhiques les plus anciens, Sûtra en 42 articles T. 784, Mushi (Meou tseu) Q^ Ttt. 2102 1, traductions de Anseikô (Ngan Che kao), etc. ; peut-être y a-t-il là une retouche due au désir de normaliser la terminologie. ^Futo Vf- lai et Butto $k [5] servent parfois à te, surtout dans les textes profanes, et sans doute par confusion, le sk. stûpa, et non Buddha; ainsi dans une td. qui semble dater de la fin du IVe siècle, T. 195, on trouve le terme Buttoji ïî&JiH^f pour désigner un temple, un stûpa, ou tous deux ; les stûpa d'Asoka sont appelés Butto ffc [g] dans Tt. 1507 (td. attribuée à l'époque des Han, mais qui doit être bien postérieure), chez Kumârajîva (Tt. 1509 xi) ; cf. aussi Tt. 1509 xvi (+Futo f$[lj). Ttt. 2135 (id.). Genjô et ses disciples signalent cet emploi abusif de la te. ^futo Ttt. 2087 1, 1828 xi a. Sur les te. archaïques dans les textes profanes, matériaux dans ^cj£l,^L, $$j§ (Chang-hai, 1934), I, 341-342.— Au Japon le caractère f$ se lit populairement Hotoke ; l'étymologie de ce nom japonais du B. est probablement ff- HH §5c> « bouddhisme » ou « bouddhiste » poui « Buddha ». Dans la terminologie maléfique (imikotoba jBtgnJ) qui était en usage chez les shintoïstes; plus particulièrement chez les prêtresses d'Ise (itsukinomiya H£^lO, le B. était désigné par le terme Nakago i\i ^f- dont le sens n'est pas non plus certain (« celui du milieu » = le personnage central du panthéon bouddhique ? Bdjt. 1296) ; cf. le code Engishiki JiE ^ï^,, chapitre Itsukinomiya. — Aperçu. — Le mot "buddha" qui a eu une si grande fortune en Asie et même dans le monde entier, n'est en principe qu'un simple participe verbal de la racine sk. budh°, signifiant "[s']é veiller" d'où "comprendre"; la forme buddha résulte d'une combinaison normale, conforme aux règles de la grammaire sanskrite : racine budh-f ta[s], -ta étant l'affixe du participe indo-européen, familier au lecteur occidental par le latin -tu [s] (ama-tu[s]) et le grec -to[s] (kly-to[s]=sk. sru-ta[s]). Le participe ou verbal en -ta exprime l'action absolue, sans considération de voix active ou voix passive. Ces indications d'ordre linguistique sont

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nécessaires pour comprendre la double valeur qui s'est attachée dès l'origine au nom de buddha : "celui qui s'est éveillé (lui-même)" et "celui qui a éveillé (les autres) " . On peut dire que les deux grands courants du bouddhisme, P.V. et G.V., sont contenus à l'état prégnant dans cette double interprétation : le P.V. propose surtout le B. comme un modèle idéal à ceux qui cherchent leur salut personnel ; le G.V. le donne en exemple à ceux qui veulent assurer le salut d'autrui. Le B. est l'Éveillé par excellence ; à parler exactement, tous ceux qui sont entrés dans la vie religieuse telle que le bouddhisme l'a instituée possèdent l'Éveil (sk. bodhi ; cf. *Bodai), mais il se rencontre chez eux à des degrés divers ; seul le B. est exactement et complètement Éveillé (sarhyaksam-buddha), sans aucun degré au-dessus de lui. En dehors de ce nom qui a eu un succès si éclatant, le B. est aussi désigné par une quantité d'autres appellations qui expriment les multiples aspects de ses perfections : Tathâgata (*Nyorai #p 3|£) "ainsi arrivé," Sugata (*Zensei ^j$£) "bien allé", Jina (Shô ffî) "victorieux", etc. A la différence des B.pour-soi, le B. est un Bhagavat, *Seson -JH: $$L "l'honoré du monde", titre qui fait corps, ou presque, avec son nom. — Le B. historique est celui qu'on désigne couramment sous le nom de Sâkyamuni, "l'ascète [du clan] Sâkya" (cf. *Muni) ; mais dans le développement infini des transmigrations sans commencement, il a été précédé par d'innombrables B. La carrière religieuse de Sâkyamuni commence sous le B. Dîpamkara et se poursuit à travers des Périodes formidables sous des B. divers. Une tradition commune aux deux V. donne la liste des six B. qui ont précédé Sâkyamuni ; des stances également consacrées par la tradition passent même pour résumer la Discipline de chacun d'eux. Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette tradition ; mais il ne sera pas inutile de noter que l'empereur Asoka avait, selon son propre et incontestable témoignage, réparé un stûpa consacré à Konâgamana (=sk. Kanakamuni), l'avantdernier des B. qui ont précédé Sâkyamuni, que ce stûpa se trouvait à peu de distance de Kapilavastu le berceau du B. Sâkyamuni, enfin que le B. Kâsyapa, le prédécesseur immédiat de Sâkyamuni, est intimement associé à la ville de Kâsî (Bénarès). Mais ce petit groupe des 7 B. fait bien pauvre figure si on le compare avec l'innombrable multiplicité des B. que le G.V. s'est plu à imaginer pour peupler l'innombrable multiplicité de ses univers. Dans la poursuite frénétique de l'absolu qui est le trait fondamental de l'esprit indien, le bouddhisme n'avait pas tardé à se poser la question des B. simultanés. Pourquoi n'y

aurait-il à la fois qu'un seul B. ? La question se compliquait encore par l'immensité de la cosmologie bouddhique qui assigne à notre seul univers un ensemble de 3.000 Grands Chiliocosmes (chacun de mille mondes) et qui fait de cet univers un atome du tout intégral. Le G.V. repousse la présence simultanée de deux B. dans le même univers où ils feraient double emploi, mais admet en compensation l'existence simultanée d'une infinité de B. dans l'infinité des univers. Puis, par un^ démarche inverse, familière aussi au génie indien et procédant, elle aussi, d'un besoin d'absolu, le G.V. ramène tous ces B. à l'unité au moyen de l'identité : tous les B. .sont les mêmes, ils sont donc le même B. Et cette unité à son tour, dans un nouvel effort de transcendantalisme, tend à se dissoudre dans une négation suprême, seule susceptible d'éliminer ou de vider tous les concepts relatifs et tous les termes finis où est enfermé l'esprit humain. La biographie légendaire du B. Sâkyamuni, qui avait animé longtemps l'Église d'une vie intense d'émotions et de réflexions, finit par s'évanouir pour laisser la place à un panthéon sans individualité ou à une pure abstraction. — Pour la dogmatique « buddhologique », on se reportera particulièrement aux articles *Busshin « Corps de Buddha », *Busshô « Nature de Buddha ». — Définitions. — Mahâprajnâpâramitâsâstra Tt. 1509 lxx (552 b) : B. signifie Éveillé ; on l'appelle ainsi parce qu'il est le premier à s'éveiller du sommeil de l' Inscience totale. — Ib. il (73 a) : B. signifie celui qui sait, parce que sous l'Arbre d'Éveil il a connu parfaitement toutes les Essences, passées, futures et présentes, animées et inanimées (sk. sattvâsattvasankhyâta), permanentes et impermanentes. — Nirvânasûtra T. 375 xvi (712b) : B. signifie «d'Éveil » : il s'éveille lui-même et il éveille les autres. — Kosa Tt. 1558 1 (=K. Lav. 1, 1) : Il a complètement détruit l'obscurité en tout ; il a retiré le monde de la boue des Transmigrations . . . Par ces deux traits, le B. Bhagavat est suffisamment désigné. — Buddhabhûmisûtrasâstra Tt. 1530 1 (291 b). : On appelle B. celui qui, possédant l'Omniscience (sarvajnâtâ et sarvâkârajnâtâ) et dégagé de l'Obstruction des Passions comme de celle du Connaissable, s'éveille lui-même et qui éveille tous les Êtres à [la connaissance del toutes les Essences et de tous les Caractères, de même qu'on s'éveille d'un rêve ou qu'un lotus s'épanouit. Cf. Vyâkhyâ sur Kosa 1, 1, p. 3, 1. 6-10. — Vibhâsâ Tt. 1545 cxliii (735 b) : Les trois Hors-Catéchisme possèdent la Connaissance ; pourquoi ne les appelle-t-on pas B. ? Parce que seul un B. s'éveille le premier, s'éveille complètement, s'éveille séparément. — Ttt. 1851 xx b (864 c) : Éveillé a deux

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sens...(i) Reconnaître, comme on reconnaît des voleurs ; l'Eveil s'applique alors à l'Obstruction des Passions, qui sont malfaisantes comme des voleurs ; seul le saint les reconnaît ... et les empêche de nuire ; le Nirvânasûtra [T. 375 xvi (712 b)] dit bien : Dès que les voleurs sont reconnus, ils ne peuvent plus rien faire. . .(2) S'éveiller, comme on s'éveille du sommeil ; l'Éveil s'applique ici à l'Obstruction du Connaissable : dès que se produit la Sainte Sapience, on s'éveille du sommeil de l' Inscience. — Ib. On appelle B. celui qui s'éveille soi-même, par opposition aux Profanes ; celui qui éveille les autres, par opposition aux deux autres V. [Arhat et B.-pour-soi] ; celui dont les Pratiques d'Éveil sont parachevées (i. e. qui s'éveille et éveille à la fois), par opposition aux Bs. — Ratnakûta T. 310 lxix (390 c) : Il n'y a de Tg. qu'en tant que dénomination selon la Vérité Vulgaire ; au Sens Ultime il n'y en a pas. — Mah° pr°p° sâstra Tt. 1509 ic : B. est une appellation de Vérité Vulgaire . . . Au Sens Ultime, on dit que tous les B. sont Vides, sans allée (cf. Sugata "bien allé", *Zensei) ni venue (cf. Tathâgata "ainsi venu", *Nyorai). — Appellations synonymes de B. — Selon Bdjt. 906, qui ne fournit pas de référence précise, au début d'une Période, les appellations sont au nombre de dix mille ; puis, les Êtres devenant plus obtus, il n'y en a plus que mille, comme c'est le cas p. ex. de Sakra Devendra [sahasranâma] ; plus tard encore, le nombre s'abaisse à cent, puis à dix. Parmi les Dieux dans le ciel, il subsiste encore cent noms ; ainsi MahâVairocana (*Dainichi), qui a accompli l'Éveil parmi les Dieux, a cent huit appellations [cf. inf. p. 194 a, Tt. 1679] '> ma-is Sâkyamuni qui a accompli l'Éveil parmi les hommes, n'en a que dix. — La liste de ces dix appellations varie suivant les textes ; un sûtra spécial T. 782 en traite ; il donne la liste suivante : (1) *Nyorai #JJ 3fc, sk. p. Tathâgata, "ainsi venu", tib. de bzin gsegs; (2) ôgu Jfëlfjk "digne d'offrandes", sk. arhat, p. arahant; tib. dgra bcom "tueur d'ennemis" (cf. *Rakan) ; (3) Shôtôgaku lE^^» sk. samyaksambuddha, p. sammâs0, tib. yan dag par rjogs pa'i sans rgyas : "qui a l'Éveil [au sens] correct et complet" (cf. *Bodai) ; (4) Myôgyôsoku H^ ^7 jjï , sk. vidyâcaranasampanna, p. vijjâcaranasampanna, tib. rig pa dan zabs su ldan "pleinement doué des Sciences et des Pratiques" (5) *Zensei ^ iË, sk. p. sugata, tib. bde bar gsegs "bien allé" ; (6) Sekenge ifr fg] f$, sk. p. lokavid[a] tib. 'jig rten mkhyen : "qui sait (explique) le monde" [le 6 est combiné ici en un seul terme avec le suivant] (6 bis) Mujôji ^Jii. sk- P- anuttara, tib. blan med : "sans supérieur" ; (7) Jôgojôbu HfêP^t^; "Mâle qui dompte et guide [sic] " , sk. purusadamyasâ-

rathi, p. purisadamma0 ; tib. skyes bu 'dul ba'i kha lo bsgyur "cocher du [cheval au] dressage [qui est] l'homme" ; (8) Tenninshi ^ À 6$. sk- sâstâ devamanusyânâm, p. satthâ devamamussânam, tib. ston "instructeur [des dieux et des hommes] " ; (9) Butsu $(,, sk. p. buddha, tib. sans rgyas : "Éveillé" ; (10) Seson ifrtft "vénéré du monde", sk. lokajyestha, p. lokajettha, tib. 'jig rten gyi gco bo. [Les équivalents sk. et tib. sont donnés d'après Mvy. 1-13 ; mais pour le dernier terme cf. *Seson.] — Même liste dans les Àgama, T. 99 xx (141 c) [= Ang° Nik°, vol. I, p. 65-66, où l'énumération manque], T. 125 xiv (615 a) [terminologie archaïque; cf. T. 99 xxxv (255 b), et Sam0 Nik°, vol. I, p. 219, où figure l'énumération, mais avec bhagavâ pour les termes 1 et 10] ; — dans T. 262 1 (615 a) [= Lotus, p. 11 : terme 10, bhagavat], T. 614 n (277 a) [terme 10 : id. ; notes de Kumârajiva], Tt. 1462 rv[= Samantapâsâdikâ, début des Pârâjika; terme 10 -: bhagavat ; définitions détaillées, étymologies], Tt. 1521 xii (112 c) ; dans T. 375 xvi, T. 1485 11, Tt. 1509 11 (71-73, définitions détaillées), mais sans le dernier terme; — et dans T. 1581 ni, Tt. 1509 xxi, xxiv, Tt. 1579 xxxvni, Tt. 1646 1 (chap. sur les dix noms), mais qui réunissent 6 bis et 7. Cf. Moch. 2243, autres réf. — L'Avatamsaka, qui consacre un chapitre aux "noms de Tg.", en énumère dix pour les B. des "quatre univers du Monde Saha" T. 278 iv (418 a), 279 xn (58 c) ; une autre version de ce texte, T. 280 (446 a), due à Lokaksema (ca. 167-186 A.D.), donne de ces dix noms des te. d'un caractère très archaïque et dont plusieurs semblent fautives ou incompréhensibles. Voici la liste de T. 278, avec entre crochets les variantes des deux autres versions : (1 ) Siddhârtha — V) H J& ; (2) Pleine lune [T. 280 ifr -ffr fê fâ = sasimandala ?] ; (3) Simhanâdin ; (4) Sâkyamuni ; (5) Voyant divin [T. 279 Septième voyant ; sk. Mahârsi ? T. 280 diffère]; (6) Vairocana fflfcâfil '5 [T. 279 ♦Rosana tëL&ffi; T. 280 Pff3rt$!É. où le Ier car. est pour fë§ transcrivant vai°, vi°, ve°, cf. Pelliot, T'oungPao, 1933, 95-98, les deux derniers =*Roj an en tenant compte de l'initiale consonantique archaïque de 5j|, cf. la te. arch. ffj JiE pour yojana signalée Ttt. 2087 11 (875 c) ; v. *Dainichi] ; (7) Gautama ; (8) Mahâsramana ; (9) Jina ; (10) Nâyaka [mais T. 280 diffère]. — La Mvy. s'ouvre par une liste de 80 appellations classées sous la rubrique Tathâgatasya paryâyanâmâni, ch. shobutsumyôgôrui î^f ^ ^ <}•$ $&, tib. de bzin gsegs pa'i mehan gyi rnam grans, "synonymes du nom de Tg." : (1) buddha ; (2) bhagavat ; (3) tathâgata ; (4) arhat ; (5) samyaksambuddha ; (6) vidyâcaranasampanna ; (7) sugata ; (8) lokavid[a] ; (9) anuttara ; (10) purusadamyasârathi ;

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(11) sastâ devamanusyânâm ; (12) jina, shô )|$p, daikaku ^C^, rgyal, "victorieux" ; (13) lokajyestha (cf. sup.) ; (14) sarvajfia, *issaichi — ^jJJ^fl, henchi lÈj^H, thams èad mkhyen, kun mkhyen, "omniscient" ; (15) trâyin, tâyin, hôgo &sf, zengo #ff , skyob, "protecteur" ; (16) devâtideva, tenchûten ^c tf* 3^, lha'i yan lha, "dieu [au-delà] des dieux" ; (17) maharsi, daisen ^cfllj, konsen ^fllj, dran sron èhen, "grand Voyant" ; (18) dharmasvâmin, hôson fë:f£, hosshu ££ JÉE, chos kyi rje, "possesseur de la Loi" ;

(19) rsabha, gôô 4^ï etc-. khyu mèhog, "taureau";

(20) nâyaka, kubatsu |fc#C, dôsni *!£($, 'dren, "conducteur" ; (21) parinâyaka, fubatsu^|$,hendô tfwiif, yons su 'dren, "total conducteur" ; (22) vinâyaka, hembatsu fj||$, fudô ^5^, rnam par 'dren, "spécial conducteur" ; (23) advayavâdin, munishi U -ë^i munigo ~g§, gfiis su med par sgun, "qui déclare la non-dualité" ; (24) sauddhodani, jôbonnôji Wi^ Ï~F"' zas Rcan gi sras> "fils de Suddhodana" ;

(25) dasabala, jûriki -\- ~f\, stobs bèu, "dix-Forces" ;

(26) mârajit, bukujôma f£|8jj||, gômagun p£ j£| Ifî, bdud 'dul, "vainqueur de Mâra" ; (27) sâkyapungava, saishôshaka jgtffi $$■$&, etc., sâkya'i skyas mchog, "mâle Sâkya" ; (28) goptar, yôgo g|gf , goji fëfô, sruii mjad, "protecteur"; (29) mahâtman, daijishô ^Cêtt' saidaiichi ||ïf£— , bdag nid èhen, "grand Soi" ; (30) vijayin, sonshô H^ffi etc., rnam par rgyal, "spécial vainqueur" ; (31) vibhu, henshu||| j£, khyab bdag, "grand maître" ; (32) visvantara, fugo ^ Ht, thams cad sgrol, "sauveur universel" ; (33) sarvadharmesvara, issaihôjizai — ■ ^JJ ££ § ^ etc-. £hos thams éad kyi dban phyug, "souverain de toutes les Essences" ; (34) virâj, mimyô flkjrjr, mizô %£.%&, rnam par mjes, "suzerain" ; (35) dhîra, kèngo fg fg|, brtan, "ferme" ; (36) gunasâgara, kudokkai S}] |f» $J, yon tan rgya mcho, "océan des Mérites" ; (37) saranya, ôgo }$&$%, tankiigÊf, skyabs 'os, "secourable" ;

(38) sarana, ego $f |H|, ku |fc, skyabs, "recours" ;

(39) /âdisimha; setsushishi |fc gji ^f-, hôshishi ^ $$ ^f , smra ba'i sen ge, "lion des parleurs" ; (40) narottama, shônin $£ ^, mi mëhog, "le plus grand des hommes" ; (41) mârâbhibhû, gôma P$Jfë, bdul zil gyis gnon, "qui triomphe de Mâra" ; (42) apratipudgala, musanjôbu ^^[^C^c, gan zag zla med, "sans rival" ; (43) vântadosa, joka R£j^, rika fâ'fâ, skyon gsal, "guéri des défauts" ; (44) hatavisa, kodoku -£fl£, bukudoku f£^, dug bcom, "destructeur des poisons" ; (45) anangajit, jômugyô gBitÊfl^, lus med thul, "vainqueur du Sans-corps (l'Amour)" ; (46) sadabhijna, gusokurokujinzû |i j|L A j$ aË, mnon par ses pa drug dan ldan, "qui a les six Supersavoirs" ; (47) bhavântakrt, nôshutsusanu jijg fâ 3? ~M, srid

mthar phyin, "qui met fin à l'existence" ; (48) aghahantar, metsuzai jf$i|î etc., sdig 'Joms, "destructeur du péché" ; (49) siddhârtha, jshidatsu jgjîÉ, issaigijôju — ^WcjSL^i, don 'grub, "qui a réalisé l'objet" ; (50) sâkyasimha, shakushishi f^ÉiÇ-^, sâkya sen ge, "lion des Sâkya" ; (51) varârha, tanshÔgi *&ffi£t' tangu ^ffc, mèhog tu mchod 'os, "digne d'honneur entre tous" ; (52) varada, shôse ^p^Ê, segan j5È SS> mchog sbyin, "qui donne des faveurs" ;

(53) vfra» ômyô $(£££, yûmyô j|| U, dpa', "héros" ;

(54) samitar, nônyûzen |fê |£ #, nôshisoku ffê ih JE», shi bar mjad, "apaisant" ; (55) s^ntapâpa, sokuzai J!»i£ e*c-> scug Pa zi, "qui apaise [détruit] le mal" ; (56) sîtabhûta, goshôryô $|fpf 7|| etc., bsil bar gyur,

"rafraîchissant" ; (57) sivankara, sashô f£j|£, sakichijôf^^")^, sis mjad, "propitiatoire"; (58) nirdvandva, mutô $& H mujô $&f^, rood med, "sans dualité" ; (59) nirmama, muga %fe ^, bdag gi ba med, "sans égotisme" ; (60) netar, hyôbyaku ^tQ, hyôki1^^, mchon, "guide" ; (61) niravadya, mufuzen $H/f* =£, fuka /f» j^, kha na ma tho ba mi mna',

"sans reproche" ; (62) nirbhaya, mukuku 3Rl 3S tii etc.,

sfiems pa mi mna, "sans crainte" ; (63) vîtatrsna, riai &i^> sred Pa dan bral, "dégagé de la Soif" ; (64) nirâdâna, mushu $& W~, len pa mi mna', "sans Attribution -personnelle" ; (65) viéruta, bimyôshô $£4&m, rnam Par &rags» "célèbre" ; (66) subhadharmâkara, zenhôgen ^^^, dge ba'i èhos kyi 'byun gnas, "mine des bonnes Essences" ; (67) suci, shôjô ff|^, gcaii, "pur" ; (68) anupama, muyu ^% etc., dpe med, "incomparable"; (69) trikâlajfia, ryôchisanze "T^fl^ifr» dus gsum mkhyen, "qui connaît les trois temps" ; (70) vâdin, gugo Q |§, daironji ^clièÊiP» gsuii ldan, "qui énonce" ; (71) tridosâpaha, esangô J^IHl^» metsusandoku t^El^» fies pa gsum 'Joms, "qui détruit les trois défauts" ;

(72) triprâtihâryasampanna, gusantsû Jl-El aS etc., èho 'phrul gsum ldan, "doué des trois merveilles" ;

(73) nirmala, muku $$:ij§, dri ma med, "sans tache" ;

(74) triskandhapathadeéika, kaijisanundô ^^>^H. j^ etc., phun po gsum gyi lam ston, "qui enseigne le chemin des trois Masses" ; (75) nirjvara, mushitsu $m£, mubyô $fa$i, nad mi mna', "sans fièvre"; (76) sûryavamsa, nisshu 0 3p|, ni ma'i rigs, "lignée du soleil" ; (77) ângirasa, nichizokukei 0 jfâ ^. nichizoku 0 J^ etc., fii ma'i rgyud, "descendance du soleil" ; (78) gautama, kudon .^ê§, junshuku i^tî^t. Sau ta ma» "Gautama" ; (79) iksvâkukulanandana, kanshoôshuki "H* ^ ï ^ ^£, bu ram sin pa'i rigs dga', "joie de la famille d'Iksvâku" ; (80) prabhu, shusai iË^» mna' bdag, "maître souverain". — La plupart de ces épithètes se retrouvent dans un

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"Éloge des 108 noms de B. " Tt. 1679 (td. Xe s.) ; mais l'ordre et maints détails diffèrent. Le B. dont il s'agit dans ce texte n'est pas Vairocana (sup. 192 a!), mais Sâkyamuni. L'Es, connaît aussi des "Éloges des 108 noms ", mais il s'agit soit d'épithètes des 16 Bs. du Plan de Diamant (lesquels symbolisent, si l'on veut, les Mérites de Vairocana), soit d'épithètes appliquées à un personnage particulier (p. ex. Tara, v. Tara) ; cf. Mdjt. 1883. — Catégories numériques. — Un Buddha. — Le P.V. n'admet pas que plusieurs B. puissent exister simultanément. Le Kosa Tt. 1558 xn (=K. Lav. m, 198 sq.) cite l'Âgama [Madhyama T. 26 xlvii (723-724)] : De même qu'il ne peut y avoir dans le monde [simultanément] deux Rois Tournant-la- Roue, ainsi il est impossible dans le présent et dans le futur que deux Tg. paraissent dans le monde sans que l'un précède et l'autre suive. Qu'il y en ait un seulement, c'est la règle. . .L'expression "dans le monde" signifie-t-elle un triple grand Chiliocosme ou signifiet-elle l'ensemble intégral des univers ? Les uns [les Sarvâstivâdin] soutiennent que certainement il ne naît pas d'autre B. [simultanément, même] dans d'autres mondes. . .D'autres [les Mahâsânghika, d'après la Vyâkhyâ] disent que d'autres B. peuvent paraître simultanément, mais chacun dans un univers différent ; voici leurs arguments : il y a beaucoup de Bs. qui s'exercent en même temps à l'Approvisionnement de l'Éveil ; certes il ne convient pas que paraissent simultanément dans un même univers plusieurs B.. mais rien n'empêche que différents B. paraissent simultanément dans différents univers. Donc il paraît desB. infinis dans les univers infinis. . .Mais, dira-t-on, vous devez admettre alors que deux Tg. peuvent paraître en même temps dans un seul et même univers ? — Non ; ce serait inutile, car dans un seul univers un seul B. suffit à servir l'intérêt de tous les Êtres qui s'y trouvent. D'autre part, le Vœu du Bs. est d'accomplir l'Éveil dans un [seul] monde dénué de protecteur et d'appui, aveugle, afin de servir tous les Êtres et de devenir leur protecteur, leur appui, leur guide. [Deux sauveurs dans un seul monde feraient double emploi.] De plus, le respect à l'égard d'un Tg. unique est plus grand : on a plus de hâte à accomplir les pratiques, tant il est rare de rencontrer un B. — Même argumentation, presque dans les mêmes termes, dans un des grands traités du G.V., Bodhisattvabhûmi, fol. 39 [éd. Wogihara, Tôkyô, 1930, 1, p. 92], cité K. Lav. m, 201, n. 2. — Le G.V. a résolu le problème par simplification : il enseigne à la fois l'innombrable multiplicité des B. et leur réduction à l'unité ; c'est la doctrine qui se résume dans cette formule : Ichibutsu issaibutsu — -f| — -tyfô "un seul B.=tous les B." ;

les écoles Tendai et Jôdo ont spécialement développé cette doctrine, sur laquelle v. La Vallée Poussin, T'oungPao, 1928-1929, p. 17 sq. Cf. *Byôdô. — T. 278 V (424 c) : Un, il peut être innombrable ; innombrable, il peut être un. Connaissant la Nature des Êtres, il s'y conforme en tous lieux ; mais son corps ne vient de nulle part, ne va, n'arrive nulle part. C'est illusoirement et non en Réalité qu'il possède par Actualisation toutes sortes de Corps. . .Ib. (429 b) : C'est par une seule Voie (sk. bodhi ?) que les Êtres, tous sans Contreheurt, sortent des Transmigrations ; les corps de tous les B. ne sont qu'un unique Corps d'Essence ; ils ont même Esprit, même Sapience, mêmes Forces, mêmes Assurances. — T. 220 dlxxv (972 a) : En fixant sa pensée ininterrompue sur cet unique Tg., on Inspecte à la fois tous les B. des trois temps. C'est que, ô Mafïjusrî, les Mérites et les talents infinis que possède un seul B. sont Égaux à ceux de tous les B., car c'est par le V. de l'Ainsité unique que tous les B. des trois temps indifféremment attestent le Grand Éveil.— T. 310 lxxxvi (493 b) : Tous les B. ne sont qu'un seul B., tous les Terrains de B. ne sont qu'un seul Terrain de B. Ib. cxvi (655 b, cf. T. 220 dlxxv sup.) : Si on pense à un seul B. d'une façon ininterrompue, on peut voir ainsi tous les B. passés, présents, futurs. Pourquoi cela ? C'est qu'on réalise que les Mérites d'un seul B., innombrables et infinis, sont identiques aux Mérites des innombrables B. Les Essences inconcevables des B. sont Égales et sans différence [cf. *Byôdô] ; en effet, c'est par le V. de l'Ainsité unique qu'ils accomplissent l'Éveil suprême et acquièrent des Mérites et des talents infinis. — T. 360 : Il faut contempler le B. Amitâyus avec l'œil de l'Esprit... Si on le voit ainsi, on voit tous les B. des dix directions. . .c'est ce qu'on appelle l'Inspection

du Corps de tous les B Voir le B. Amitâyus, c'est

voir les B. infinis des dix directions. — Ttt. 1932 : Si un seul B. accomplit l'Éveil, il n'est pas de Plan des Essences qui n'ait ce B. pour appui. — On trouve fréquemment citée dans les commentaires ch. et jap. une phrase de provenance inconnue (qui d'après Gkyt. vin ne serait qu'un remaniement d'un passage de T. 385 11) : Si un seul B. accomplit la Voie et qu'il contemple tous les Plans d'Essence (avec l'œil de la Compassion), plantes, arbres, terrains doivent tous sans exception devenir des B. Cf. Bdjt. 82-83. — Ichibutsujô — •lî&^l "Véhicule unique des B.", exposé dans T. 262 1 (= Lotus 26-28). Le V. unique, c'est celui des B. ; il n'y a pas de second ni de troisième V. (cf. *Jô). — Deux Buddha. — Nibutsubyôza Zl 1ifè 3Ë ^k> Deux B. assis ensemble ; T. 262 iv ( = Lotus 151) : En ce moment le bienheureux Prabhû-

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taratna donna au Tg. Sâkyamuni la moitié de sa place sur le siège qu'il occupait dans l'intérieur de ce grand stûpa fait de Joyaux ... et ces deux Tg. assis ensemble sur ce siège apparurent dans le ciel suspendus en l'air. — L'école Tendai interprète ce passage ainsi : Prabhûtaratna symbolise le B. d'Essence et la Concentration ; Sâkyamuni, le B. de Fruition et la Sapience ; les deux ensemble, l'identité de l'Essence et de la Fruition, de la Concentration et de la Sapience. — Trois Buddha. — (I) Correspondant aux trois Corps, cf. *Busshin. — (II) Dans l'école Jôdo, Sâkyamuni, Amida, et d'autre part tous les B. — (III) Pour les triades de B. dans l'iconographie, cf. *Sanzon. — Quatre Buddha. — (I) B. des quatre directions, (a) Liste du Suvarnaprabhâsasûtra [éd. Nanjô-Izumi, p. 2] T. 663 1, 664 1, 665 1 (td. parallèles ; aussi T. 643 ix=663 et 664) : Est, *Ashuku |Jpf |KJ (665 : *Fudô yf;fj))=sk. Aksobhya; Sud, Hôsô |$$g = Ratnaketu; Ouest, Muryôju 4h| jj;|Èp= Amitâyus [sk. Amitâbha] ; Nord, Mimyôshô ^^^ (665 : Tenkoon ^ Wt "b ) = Dundubhisvara. — (b) Liste du Mahâvairocanasûtra T. 848 1 : Est, Hôdô ££||l§= Ratnaketu; Sud, Kekaifuô Jp f^ ^ 3E — Samkusumitarâja ; Nord, Fudô= Aksobhya; Ouest, Muryôju=Amitâyus. — (c) Liste du Vajrasekhara[?]sûtra T. 8Ô5=T. 874=Mvy. 83-86 : E. Fudô= Aksobhya, tib. mi 'khrugs ; S. Hôshô ^ '£ = Ratnasambhava, tib. rin chen 'byun ldan ; O. Kanjizaiô H'P^ 3î=Lokesvararâja (874 : Amitâyus; Mvy., Amitâbha : tib. 'oddpag med) ; N. Fukûjôju ^ 2jî jfc }jïj|;=Amoghasiddhi, tib. don yod grub. — (II) Quatre B. du Lahkâvatâra T. 672 ; cf. *Busshin. — (III)Quatre B. de l'école Tendai correspondant aux quatre doctrines du Tendai : (a) B. des Trois Corbeilles sanzôbutsu j~ fg| $b ', (b) B. commun tsûbutsu ij§ f^ (Corps de Métamorphose) ; (c) B. séparé betsubutsu #'J $b (Corps de Fruition, le *Rocana de l'Avatarhsaka) ; (d) B. complet embutsu (gj $fc (Corps d'Essence, Vairocana) Ttt. 1716 vu, etc. — (IV) Quatre B. du passé; cf. inf. Sept B. — Cinq Buddha de l'Es. : ce sont, dans le Plan de Diamant, Vairocana au centre, Aksobhya E., Ratnasambhava S., Amitâyus (ou Lokesvararâja) O., Amoghasiddhi N. ; dans le Plan de Matrice, Vairocana au centre, Ratnaketu E., Samkusumitarâja S., Amitâyus O., [Divya] Dundubhisvara N. Dans le Cercle du Plan de Diamant, ils sont placés au centre du Cercle dans les cinq disques de lune, et correspondent aux cinq Connaissances (Mvy. 110- 114 ; cf. *Chi) ; dans le Cercle du Plan de Matrice, ils occupent le centre et quatre des pétales de la Cour à huit pétales dans la plateforme centrale (cf. *Mandara). Sauf Vairocana, central, et Amitâyus, toujours localisé à l'O. et toujours sous le même nom

(cf. *Amida), les B. des deux Plans ne reçoivent pas les mêmes noms dans les deux Plans. On essaie toutefois de les identifier : p. ex. Dundubhisvara N. est identifié à Aksobhya E. (cf. *Ashuku) ; Ratnaketu E. est identifié à Ratnasambhava S. ; Samkusumitarâja S. est identifié à Amoghasiddhi N. Toutefois un autre système se contente d'identifier les B. d'un Plan à l'autre par simple superposition des emplacements. (Cf. aussi *A [Ajigoten].) — Sceaux d'Acte des cinqB., Gobutsu kommain 3£. 1& IU Jff F-P '■ (1) Vairocana, Sceau du poing de Connaissance ; (2) Aksobhya, Sceau du toucher du sol ; (3) Ratnasambhava, Sceau du Don correspondant au Voeu ; (4) Amida, Sceau de Concentration ; (5) Amoghasiddhi, Sceau de l'Acte (cf. articles spéciaux sur chacun de ces B.). Cette liste est celle du Plan de Diamant ; dans le Plan de Matrice, les Sceaux de Ratnaketu, Samkusumitarâja et Dundubhisvara correspondent respectivement à ceux de Ratnasambhava, Amoghasiddhi et Aksobhya, et l'on s'appuie sur cette correspondance pour l'identification des B. des deux Plans. Cf. Mdjt. 1363 c. — Sceaux et Formules pour la cérémonie de l'Onction des cinq B., Gobutsukanjôimmyô iE.'ÉJfcflt Jîf ËP B$ • Cette cérémonie consiste dans une quintuple Onction appliquée, avec des Sceaux, à cinq endroits différents sur la tête de l'adepte, endroits respectivement consacrés à chacun des cinq B. du Plan de Diamant ; ce rite a pour objet de l'initier aux cinq Connaissances qui sont mises en rapport avec eux. Cf. Mdjt. 634, Hmjr. 334. — Sur le groupe des cinq B. et sa genèse, cf. P. Mus, BEFEO, XXXIII, 839 sqq., XXXIV, 175 sqq. — Six Buddha placés aux six régions de l'espace T. 366 (Sukhâvatîvyûha) : (1) E. Aksobhya avec 4 autres B. ; (2) S. Candrasûryapradîpa avec 4 autres B. ; (3) O. Amitâyus avec 6 autres B. (dont le dernier est Ratnaketu) ; (4) N. Mahârcihskandha avec 7 autres B. (notamment Dundubhisvara) ; (5) au nadir, Sirhha avec 5 autres B. ; (6) au zénith, Brahmaghosa avec 9 autres B. — Sept Buddha du passé, Sâkyamuni et les 6 B. qui l'ont précédé. La liste en est identique dans toutes les écoles du P.V. et du G.V. ; les trois premiers appartiennent à la 91e (Vipasyin) et à la 31e (Sikhin et Visvabhû ; la 30e d'après T. 440 vin) des Périodes passées comprises dans la Grande Période d'Ornement (shôgongô $£$&$]), qui a précédé la Grande Période actuelle ou Bonne Période (kengô f£$J) pendant laquelle ont paru les quatre derniers (cf. *Kô, sk. kalpa). — T. 2 : Les 4 derniers B. ont paru dans les 6e, 7e, 8e et 9e Période [des 20 Petites Périodes de Stabilité] de la Grande Période actuelle. — Ttt. 2035 xxx : ils ont tous les quatre paru dans la 9e de ces

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Périodes, mais au temps où la vie humaine était respectivement de 50.000, 40.000, 20.000 et 100 années ; pour ces chiffres, on trouve de légères variantes dans les sources plus anciennes (p. ex. T. 1 1), qui d'autre part ne précisent pas le quantième de la (Petite) Période. Cf. aussi K. Lav. m, 192 n. 3; et les références Ttt. 2122 vin. — Voici les noms sk., p. et tib. des 7 B. avec leurs -te. ordinaires et (d'après Tt. 1509 ix) leurs td. en ch. : (1) sk. Vipaéyin, p. Vipassin, ch. Bibashi Bfc %&JF* , td. shujuken H ig J* "toutes sortes dé vues", tib. rnam par gzigs ; (2) sk. Sikhin, p. Sikhin, ch. Shiki f* ff|, td. ka ^ "feu", tib. gcug tor éan ; (3) sk. Visvabhû (°bhuj), p. Vessabhû, ch. Bishabu 1%^}$, td. issaishô — -çjjj$ "Victorieux de tous", tib. kun skyobs' ; (4) sk. Krakucchanda, p. Kakusandha, ch. Kuruson $J jgj ^, tib. log pa dan sel ; (5) Kanakamuni, p. Konâgamana, ch. Kunagon fê. 2$ ^-, td. Konsenshi ^ /ftlj -^ "Voyant d'or" , tib. gser thub ; (6) sk. Kâsyapa, p. Kassapa, ch. Kashô 3$Q3|, tib. 'od sruns; (7) sk. Sâkyamuni, p. Sakyamuni, ch. Shakamuni $$$&%-?&, tib. Sâkya thub pa. — On indique ci-dessous, pour les 7 B., leur caste, leur clan, la durée de la vie humaine à leur époque, leur ville d'origine, d'après T. 1 1, T. 2, T. 4, T. 125 xlv, T. 212 11, T. 425 vu et T. 440 vin (pour la liste des arbres d'Éveil des 7 B., cf. *Bodai). — Caste : (1-3) ksatriya, (4-6) brâhmana, (7) ksatriya. — Clan : (1-3) Kaundinya, (4-6) Kâsyapa, (7) Gautama [mais T. 125 xlv donne deux listes différentes : (a) (1-3) Gautama, (4-6) Kâsyapa (7) Gautama ; (b) (1-3) Kaundinya (4-6) Bhâradvâja, (7) Kaundinya)]. — Durée de la vie humaine : (1) 80.000 ans [mais T. 125 xlv : 84.000], (2f 70.000, (3) 60.000, (4) 40.000, (5) 30.000, (6) 20.000 (7) 100 [mais T, 440 vm : (1) 80.000 Périodes, (2) 60.000 Périodes, (3) 2.000 Périodes, (4) 40 petites Périodes, (5) 30 petites Périodes, (6) 20 Petites Périodes, (7) 100 ans]. — Villes de naissance : (1) sk. p. Bandhumatî (mais T. 4 fautif ijiSetsumadai $j M$k)> (2) sk. p. Arunavatî [T. 1 1 td. Kôsô ftfg "Éclatante") ; (3) sk. Anupamâ, p. Anopamâ (T. 440 vm td. Zuii fêj H; "Conforme aux désirs" ; T. 4. fautif Anokuuma ffl%^£$t]\ (4) sk. Ksemavatî, p. Khemavatî [T. 1 1 td. Anwa *£$] "Paisible", T. 440 vm td. Mui %& "Sans crainte", T. 425 vu td. Jinken <£ fj "Bonne et sage" ; T. 4 donne un autre nom Rinkaridaina $& fnT, fiflj $: Jfô] ; (5) sk. Sobhavatî, p. Sobhavatî [T. 1 1 td. Shôjôff ^ "Pure", T. 440 vin td. Shôgon $£ %£ "Ornée" , T. 4 te. Samaotsudai H/lj|j£!Jç$g; = Ksemavatî, T. 425 vu donne une te. bizarre Sempa £ fcfc var. Jôbi fc.$] ; (6) sk. Vârânasî, p. Bârânasî [T. 1 1 te. fautive, T. 440 vin td. Chishi ftl fë "qui fait connaître" =sk. Kâsî,

ancien nom de Bénarès ; T. 425 vu donne Jinshi #^]; (7) sk. Kapilavastu, p. Kapilavatthu. — T. 1448 vu (32 a-b) : Kanakamuni naquit, atteignit l'Éveil et entra dans le Nirvana, au bourg de Kuna fft #$ (sk. Kona, Cf. p. Konâgamana ?) non loin de Kapilavastu. Ib. (30 b) : Accompagné d'Ànanda, le B. Sâkyamuni s'assied à l'endroit où s'étaient assis les 3 B. précédents, près de Videha (Shôshinjô )$£ Jj- fcft) et de Mithilâ (Mitaira $tff||I), dans la région de Kapilavastu. Ttt. 2085 et 2087 vi : Hokken (Fa hien) et Genjô (Hiuan tsang) visitèrent, dans cette même région, les stûpa marquant les endroits où ces 3 B. étaient nés, avaient rencontré et converti leur père, et étaient entrés en Nirvana. D'après Hokken (Fa hien), la ville de naissance de Krakucchanda s'appelait Nabika #P Htt iM, et celle de Kâsyapa, Tsui ^R $|. Une inscription d'Asoka (pilier du Terai, près du site de Kapilavastu) rappelle que ce roi avait fait agrandir à. deux reprises le stûpa de Kanakamuni. Ttt. 2089 ix : Genjô (Hiuan tsang) vit d'autre part à Bodh-Gayâ un site où les 4 B. passés s'étaient assis et promenés, avec un pilier marquant l'emplacement où Kâsyapa avait médité. Ib. vm : Ce même B. avait à Bodh- Gayâ un stûpa contenant son image. T. 1448 xvn (82 a), 1451 xxv (426 c) : Un stûpa avait été élevé à l'endroit de sa crémation, à Bénarès, par le roi Krkin. — Toutefois la légende et le culte des 4 B. passés s'étaient aussi transportés dans l'Inde du Nord-Ouest. Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 iv vit au Tamasâvana, dans le Nord-Est du Penjab, l'empreinte de leurs pas et le lieu où ils s'étaient assis ; ce site est rappelé Avadânakalpalatâ lvi, qui mentionne de plus, ib. lvii, des stûpa consacrés aux 4 B. passés sur le mont de la Pierre (Pâsâna), dans la banlieue de Hingumardana=Nandivardhana au Gandhâra ; cf. BEFEO, XXIV, 37-38. — Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 il vit encore les statues des 4 B. auprès de l'arbre Pippala sous lequel tous quatre s'étaient assis, à proximité immédiate du stûpa de Kaniska, dans la banlieue de Peshawar. C'est sous cet arbre que Sâkyamuni avait prononcé, rapporte Genjô (Hiuan tsang), sa prophétie relative au stûpa de Kaniska. T. 1448 ix (cf. Przyluski, J. As. 1915, 11, 498) donne le titre d'un texte perdu qui contenait cette prophétie : Sûtra du siège des 4 B. — Les 7 B. passés sont associés aux 8 Bs. Manjusrî, Âkâsagarbha, Avalokitesvara, Kudatsu $C/$£ [tib. Skyabs grol, Moch. 681], Bhadrapâla, Mahâsthâmaprâpta I et II, Kenyu §£ I||, dans un sûtra tantrique td. en 317-420 p. C, T. 1332 1, qui contient leurs Formules.— Dans le Saptabuddhakasûtra, T. 1147, 1333, 1334 (tib. Okan. 270, 852), les 7 B., apparus dans les airs, enseignent au Bs. Âkâsagarbha des Charmes

BUTSU

BUTSUBONITTAI

contre les maladies et les démons. Cf. aussi T. 1335 1 (568 b). Les Charmes se rattachant aux 7 B. semblent avoir été fort en vogue en Chine, jusqu'aux T'ang ; cf. les textes — aujourd'hui perdus — mentionnés Bskd. IV, 339-340. — Une des formes tantriques de *Kannon, Cundî, reçoit l'épithète de "Mère [cf. *Butsumo] de 7 koti de B." (du passé), Shichikuteibutsumo -fcf!JJK'0&# (SaptabuddhakoU-bhagavatî) ; cf. T. 1075 sqq., et *Kannon. — Les 7 B. sont l'objet d'un éloge en vers sk., te. en ch. par Hôten ££ ;^C vers l'an iooo, Tt. 1682 : sur les textes sk. et tib., cf. Sakaki dans Geimon, mars-avril 1914 ; Staèl-Holstein dans Ts'ai Yuan P'ei Anniversary Volume, Pei-p'ing, 1932, 175 sq. ; Bskd. IV, 340. — T. 643 x a un chap. prescrivant la façon de méditer sur les 7 B. — Les 7 B. sont considérés comme les premiers patriarches de la secte Zen, et il était d'usage dans cette secte d'invoquer leurs noms chaque matin. Cf. p. ex. Ttt. 2076 1 où ils figurent en tête de la section sur les patriarches. — T. 436 Le B. explique à Sâriputra les mérites qu'on s'acquiert en entendant ou en retenant les noms de 7 B., cinq de l'Est et deux du Sud, ou en faisant leurs images ; ces B. n'ont aucun rapport avec les sept du passé. — Shichibutsutsûkaige -t $fc iÈ $c Mj [°u ~ryakkaige ~fl&$t~] stances exposant les Défenses d'une façon générale [ou résumée], prononcées par chacun des 7 B. passés. Le texte intégral en est donné dans un des Âgama, l'Ekottara T. 125 xliv : Pendant 100 années après l'Éveil de Vipasyin, la communauté reste pure et ce B. n'énonce qu'une seule stance en guise de Pénitentiel ; à la fin de cette période il énonce un autre Pénitentiel. Pour Sikhin la période de pureté dure 80 ans, pour Visvabhû 70 ans, pour Krakucchanda 60 ans, pour Kanakamuni 40 ans, pour Kâsyapa 20 ans, pour Sâkyamuni 12 ans ; le nouveau Pénitentiel énoncé par Sâkyamuni à la fin des 12 ans n'est autre que le Pénitentiel en 250 articles.— Les sept stances figurent à la fin du Pénitentiel des Sarvâstivâdin T. 1436 ; texte sk. et td. française Finot-Huber, J. As. 1913, 11, 539-543. Ccan. 152 renvoie aussi à Dhammapada-atthakathâ III, p. 236. — La plupart de ces stances se retrouvent séparément dans l'Udânavarga et dans d'autres textes. La plus célèbre est celle du B. Kâsyapa, traduite ci-dessus au début de l'article *Aku ; elle est parfois attribuée au B. Sâkyamuni, ainsi T. 1454, 1442 1 (qui attribue à Sâkyamuni les deux dernières des sept stances), Tt. 1521 x. Elle est commentée T. 212 xxv, Tt. 1579 XIX> etc.; bibl. Moch. 1916. — Shichibutsuyakushi -ti^ljlÉÎ?. le B. Bhaisajyaguru hypostasié en 7 B. ; cf. *Yakushi. — Huit Buddha présidant à huit mondes de l'Est ; leurs noms sont donnés

T. 430 et 431 en réponse à une question de Sâriputra ; ceux qui entendent ces noms atteindront l'Éveil sans Régression. T. 429 en donne une autre liste. — Dix Buddha. — (I) Dix B. présidant à dix mondes de l'Esl T. 432. — (II) Dix B. des dix directions T. 367.— (III) Autre liste des B. des dix directions T. 435 : en les invoquant au moment de se mettre en marche vers l'une des directions, ou de se coucher, ou de se lever, on s'assure leur protection. — (IV) Autre liste des B. des dix directions : en invoquant leurs noms, ou en y pensant, en les écoutant, en les retenant, on obtient l'état Sans- Régression dans l'existence présente ; c'est ce que Tt. 1521 v appelle la "Pratique facile", igyô Jjjfx. Cette liste figure, avec les mêmes noms de B. ou presque, dans Tt. 152 1 v, T. 437 (auquel se réfère Tt. 1521 v), T. 1491, T. 643 vi ; T. 310 ci donne une autre liste de B. des dix directions : leurs noms diffèrent, mais dans ce texte comme dans les précédents il est dit qu'en les invoquant on atteint l'état Sans-Régression. — (V) Dix B. du passé T. 279 xvi : Kâsyapa, Kanakamuni, Krakucchanda, Visvabhû, Sikhin, Vipasyin, Pusya, Tisya, Padma, Dîpankara ; tous ont résidé autrefois dans le palais de Sakra Devendra au sommet du mont Sumeru. — (VI) Dix B.=dix Corps de B. ; cf. *Busshin.— (VII) Dix "B." (en réalité B. et Bs.) dont on invoque les noms dans les monastères de la secte *Zen, au moment des deux repas quotidiens, après avoir invoqué les trois Joyaux : Vairocana, Rocana, Sâkyamuni, Maitreya, Amitâyus, tous les B. des 10 directions et des 3 temps, Manjusri, Samantabhadra, Avalokitesvara, Mahâsthâmaprâpta. D'après Sms. cité Zrzs. 523-4 cette coutume remonterait à Dôan j||^ç (Tao ngan, mort en 385). — Trente Buddha répartis entre les jours du mois ; chaque jour on adore l'un d'eux. Coutume purement japonaise. Cf. Bdjt. 140. — Trente-cinq Buddha devant lesquels on fait acte de Contrition ; T. 326 donne leurs noms et ia formule de Contrition. — Cinquantetrois Buddha. — (I) Tous les B. antérieurs aux B. Lokesvararâja. et Amitâyus, mentionnés dans le Sukhâvatîvyûha T. 360 I. Dans les textes parallèles, le nombre et l'ordre diffèrent : cf. Moch. 1210-1212. — (II) Cinquante-trois B. du passé dont les noms sont énoncés par le Bs. Bhaisajyasamudgata pour le bénéfice des fidèles ; en les invoquant on acquiert des mérites T. 1161. Cf. aussi T. 409. — Autres énumérations de B., cf. *Butsumyô.

BUTSUBONITTAI flfc /L — ff . consubstantialité du B. et des Profanes. Doctrine de la secte Shin d'après laquelle B. et Profanes sont consubstantiels par l'Esprit. La Naissance au Paradis ne peut être

BUTSUDAN

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obtenue par les Profanes qu'en identifiant leur Esprit, par la Foi, à l'Esprit du Vœu d'Amida, Vœu dont l'objet est de les sauver eux-mêmes avec tous les Êtres. La Foi elle-même leur vient du B. ; elle consiste à "accepter le Vœu d'Amida", c.-à-d. à faire son propre idéal de l'idéal du B. — Pour les fondements généraux de cette doctrine, cf. *Busshô et *Byôdô. Pour l'école Zen, citation inf. p. 214 b.

BUTSUDAN l&ijl "autel bouddhique" (on dit aussi butsugan $&j|£ "niche bouddhique"). Terme0 désignant au Japon les autels domestiques, petites châsses (*zushi J^f-f-) en forme d'armoires, où sont placées soit une image, statue, peinture ou gravure, du B. que vénère la secte à laquelle appartient le propriétaire de l'autel (p. ex., dans les sectes Jôdo et Shin, *Amida, souvent flanqué de deux assistants), soit une invocation inscrite sur soie ou papier (p. ex. "Namo Amidabutsu" dans ces mêmes sectes), soit une reproduction de Cercle (*Mandara), etc.; — avec des tablettes (*ihai fâ Jfë) portant le nom de religion (*hômyô y£ 4a) des ancêtres ou des parents défunts, et parfois le nom du ou des fondateurs de la secte, ou encore celui des souverains. Ces autels sont placés dans une des pièces de la maison, généralement au salon (kyakuma ^ fgj) ; on leur offre chaque matin de l'eau ou du thé, des mets, des fleurs, de l'encens, etc. ; les offrandes, qui varient selon les sectes, sont plus considérables à l'occasion des fêtes bouddhiques, de l'anniversaire des morts, etc. — Les moines eux-mêmes ont un autel domestique dans leur logement (dit *hôjô ^7 ^fc "[cellule de] dix pieds carrés", kuri Ht^ "magasin", etc.); ils y vénèrent un B. à titre individuel (naibutsu fa f#, *jibutsu #f^), en dehors du culte qu'ils assurent dans le sanctuaire même (hondô ^C^). Cette coutume remonterait à l'Inde : dans Ttt. 2125 m, Gijô (Yi tsing) H^f (671- 695) rapporte en effet qu'en Inde et dans les Mers du Sud les moines bouddhistes vénéraient des images dans leurs chambres d'habitation, soit sur la fenêtre, soit dans une niche. Au moment des repas, ils recouvraient l'image d'une tenture ; chaque matin ils la lavaient et lui offraient de l'encens et des fleurs, et à midi ils lui offraient une partie de leur repas. A côté de l'image était placée une boîte contenant des textes sacrés. Les moines dormaient dans une autre pièce. Tel était le rituel du culte individuel, distinct des cérémonies qui avaient lieu dans l'édifice du sanctuaire. Gijô ajoute que la coutume de dormir dans une pièce autre que celle de l'image ne paraît pas justifiée, puisque du vivant du B. ses disciples partageaient sa chambre. — En Chine aussi, cette cou-

tume existait dès avant l'époque de Gijô : Ttt. 2070 (105 b, 16) rapporte que Dôshaku (Tao tch'o) jf|££, second patriarche chinois de la secte Jôdo (562-645), vénérait des textes et une image dans son logement privé. Zrzs. (cité Zsjt. 959) rapproche cette coutume de celle des confucianistes à qui il était prescrit de sacrifier aux ancêtres dans leur chambre lorsqu'ils n'avaient pas de temple ancestral (byô •$$). — Au Japon, un décret de l'empereur Temmu ^^;, en date de 685, ordonna à tous les gens du peuple de réserver au B. une chambre pour y vénérer son image et ses sûtra (Nihongi xxix) ; mais on ne sait dans quelle mesure cet ordre fut mis à exécution. A l'époque de Heian, il semble que l'image ait été vénérée dans une pièce (généralement le salon) dite jibutsudô $$ ifa'ËL "salle du B. en tant que patron individuel" ; en même temps, les fidèles commençaient à rapporter des centres de pèlerinage des dessins grossiers qu'ils collaient aux murs de leurs maisons. C'est par suite des mesures de proscription prises contre le christianisme que le gouvernement des Tokugawa obligea chaque famille à avoir un autel domestique et à pratiquer le culte bouddhique ; ainsi se répandit dans toutes les classes de la société japonaise l'usage de l'autel domestique [cf. Bdji. 4020]. Quant à la coutume d'associer aux images bouddhiques, sur l'autel domestique, les tablettes des ancêtres, elle montre jusqu'à quel point le bouddhisme a pénétré dans la vie intime et familiale des Japonais ; en Chine, du reste, surtout dans le Sud, le tabernacle familial comporte généralement, auprès des tablettes ancestrales, une ou des images bouddhiques (p. ex., au Fou-kien, une statuette de *Kannon). Au Japon, les tablettes ancestrales sont placées à côté de l'image bouddhique ; il n'y a pas de règle fixe pour le nombre de générations dont les tablettes sont ainsi vénérées. Parfois l'ensemble des ancêtres est représenté par une tablette ou une inscription collective, et les tablettes individuelles sont déposées au temple ; parfois on ne conserve sur l'autel domestique que les tablettes des morts récents ; parfois même, durant les quaranteneuf jours qui suivent une mort (cf. *Sai, *Sôhô), la tablette est placée devant l'image bouddhique. Cf. *Ihai.

BUTSUDO fô± "terre de B.", ou Bukkokudo [do] ~ [$j Ji "royaume de B.", Bukkai ~^?-, Bussekai ~ itt: ^ "monde de B. " , Butsuden ~ [2 "champ de B.", etc. ; te. Bussetsu ~$l|, etc.=sk. ; buddhaksetra ; tib. sans rgyas kyi sin Mvy. 3065. Le terme *Bukkyô 'fl&ljt (q.v.), qui répond en prin-( cipe au sk. buddhavisaya "Domaine de B.", est;

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souvent confondu en ch. avec les équivalents de buddhaksetra. — Terrain de Buddha : résidence des B. et des Êtres qu'ils régissent et sur lesquels s'exerce leur oeuvre de prédication, de conversion et de salut ; c'est en somme une sorte d'univers mystique (cf. dans le christianisme "Royaume de Dieu", "Cité de Dieu"...), conçu surtout du point de vue des rapports entre le sauveur et ceux qu'il doit sauver. — Des différentes td. ch. citées ci-dessus, Chiki (Tche yi) ^ ^1 donne l'interprétation suivante dans son cm. du Vimalakîrtisûtra Z. I, xxvi, 5 (432 a) : "On dit "royaume de B." parce que le B. y réside : de même qu'un royaume reçoit les noms de ses rois bien que ceux-ci y résident [non pas seuls, mais] avec leurs courtisans et leurs sujets [en Chine, jusqu'à l'époque moderne, le nom officiel de l'empire était celui de la dynastie régnante], ainsi ce Terrain est appelé "royaume de B." bien que le B. y réside avec tous les Êtres qui possèdent des Facteurs [de salut]. On dit "terre de B. " , parce qu'elle sert d'appui au B. On dit "monde de B.", parce qu'il marque les limites (kai $$.) de la résidence d'un Buddha", etc. — La te. f«fc t^I] s'emploie aussi, en Chine et au Japon, comme désignation littéraire des temples bouddhiques. D'après Bdji. 4007, 4015, le caractère $] doit alors se lire *satsu et non *setsu, c.-à-d. que cette expression signifierait ici le pilier ou le mât d'un stûpa bouddhique, d'où par extension "stûpa" puis "temple, monastère" ; mais on peut aussi bien, semble-t-il, l'interpréter au sens de "Terrain bouddhique", sens auquel on lirait Bussetsu au Japon. Cf. *Satsu et *Setsu. — La notion de ces Terrains de B. est liée à celle du B. lui-même, de sa nature (cf. *Busshô) et de ses Corps (cf. *Busshin), et varie selon les écoles. On trouvera ci-dessous un aperçu des opinions et des classifications scolastiques, tiré en partie des encyclopédies jap. (p. ex. Bdji. 4023-4024), dans lesquelles les données traditionnelles de l'exégèse sinojap. occupent une place quelque peu abusive au détriment des sources primaires de provenance ind. Pour plus de détails, on se reportera à l'ouvrage récent du Prof. Mochizuki M ,£] fg *P> L'origine et le développement des doctrines relatives aux Terrains purs (Jôdokyô no kigen oyobi hattatsu ^ i, $k1&fâ%.%!tiÈ). Tôkyô, 1930, notamment p. 727- 762. — Dans la scolastique du Petit Véhicule, la question de différents Terrains de B. ne se pose pas, puisque le B. n'est pas encore considéré comme Supramondain et que son Terrain s'identifie par conséquent à notre (triple) monde, qu'il ne dépasse point. Du reste, le P.V. n'admet pas une pluralité de B. (ni par conséquent de Terrains de B.) dans le

même temps ; l'Àgama est formel sur ce point : "Il est impossible que deux B. apparaissent dans le monde simultanément", et l'école Sarvâstivâda restait fidèlement attachée à ce dogme (cf. *Butsu, sup. p. 193 b). Mais d'autres écoles du P.V. (Sautrântika, Mahâsânghika) interprétaient l'expression "dans le monde", non pas au sens de l'ensemble de tous les mondes, mais au sens d'un seul monde (un Trichiliocosme) parmi les autres, et admettaient l'existence simultanée de différents B. dans les différents mondes. Toutefois il ne s'agissait toujours que d'univers "naturels" et impurs, comme celui du B. Sâkyamuni. Pour un essai de retrouver dans le "bouddhisme originel" l'origine de la doctrine des "Terrains purs", cf. Teramoto ^^J^S^I dans 0 ^^ tfc^t&#4'lft. voL IV> 1933— Avec la sublimation et l'idéalisation du B. dans le Grand Véhicule, la question des Terrains de B. change d'aspect ; en dehors de notre (triple) monde, on postule des "Terrains purs" , des mondes épurés, transcendants comme les B. qui les régissent ou même les créent ou dont ils sont des émanations "métamorphiques". Un des premiers problèmes qui se posèrent à la scolastique du G.V. fut d'expliquer le rapport entre ces "Terrains purs" (*jôdo ^Ji) et les "Terrains impurs" (edô l^zil» litt. "sales", ou fushôjôdo ^fpf^i. "impurs" , zendo i-fe i. "souillés ", etc.) ou "mixtes" (zôdo jff| i., mêlés de pureté et d'impureté) de notre univers profane. Le dogme des hypostases (*Busshin), qui justifie la relation entre le B. "terre à terre" de la tradition du P.V. et les Corps métaphysiques du G.V., servit aussi à classer et à expliquer les Terrains. Le Mahâprajhâpâramitâéâstra Tt. 1509 xxxii (302 b-c), qui ne connaît que deux Corps, ne distingue aussi que deux sortes de Terrains (plus leur combinaison), compris encore dans le Trichiliocosme, mais en nombre infini : "Il y a diverses sortes de Terrains de B. : purs, impurs, mixtes. Il est dit dans le Sûtra de la Rubrique des Dieux Trente-trois (Sanjûsantenhongyô 3^1 1"r*. ^ m $£) que, le B. étant allé faire une Retraite de repos au Ciel des Trente-trois, les quatre assemblées s'attristèrent de sa longue absence et déléguèrent Maudgalyâyana afin de lui demander pourquoi il abandonnait ainsi les Etres. Le B. lui fit voir dans le Trichiliocosme de nombreux B. se livrant à des Faits de B. variés : prédications, pratiques d'Extase, Mendicité. . .Alors Maudgalyâyana, éclatant en pleurs . . . , se prosterna devant le B. en disant : "Grande est ta Compassion, car loin d'abandonner les Êtres tu les convertis et les sauves de diverses façons ! " — "Et tu n'en vois que bien peu ! " reprit le B. "Au delà de ce que tu vois,

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il y a à l'Est un royaume dont le sol est d'or pur et dont le B. n'a pour disciples que des Arhat ; plus loin encore, un royaume dont le sol est d'argent et où les Disciples sont tous B.-pour-soi ; plus loin encore, toujours à l'Est, un royaume dont le sol toujours resplendissant est fait des sept Joyaux et où les Disciples sont tous des Bs. Sans-régression et possèdent les Charmes et les Concentrations. Tous ces B., sache-le, ne sont autres que moi-même ; c'est moi qui, dans ces mondes de l'Est, innombrables comme les grains de sable du Gange, et tant ornés [=purs] que non-ornés [= impurs], accomplis ces oeuvres de B. ; et il en est de même dans les dix directions." C'est ainsi [reprend le sâstra après cette citation] que le B. Sâkyamuni a "aussi" [en plus de son Terrain "mixte"] un monde [= Terrain] pur comme le royaume [pur] d'Amita, et qu'Amita possède "aussi" un monde, comme le royaume de Sâkyamuni, à la fois orné-pur et non omé-impur [c.-à-d. un Terrain "mixte"]. La grande Compassion des B. pénètre jusqu'à la moelle ; sans songer à la beauté ou à la laideur des mondes, ils prêchent et convertissent selon les besoins de salut, comme une mère n'hésite pas à secourir son enfant bien-aimé fût-il tombé dans une fosse d'aisance. " Tous les Terrains de B. du Trichioliocosme sont conçus dans ce texte comme ceux d'un seul B., selon le principe de l'Égalité intégrale (cf. *Byôdô), cher au G.V. : "Tous les B. ne sont qu'un seul B. ; tous les Terrains de B. ne sont qu'un seul Terrain de B. " (Ratnakûta T. 310 lxxxvi, 493 b-c). — Dans un autre passage (Tt. 1509 xcm, 714 a), le M°pr0pâr°sastra affirme l'existence de Terrains purs situés au delà et en dehors des trois Plans qui constituent notre monde (ou nos mondes : Trichiliocosme . . .) ; ces Terrains sont ceux où résident les Arhat qui, ayant épuisé tout Facteur d'Écoulement dans les trois Plans, sont exempts de renaissance dans ces Plans : c'est dans ces Terrains "extracosmiques" qu'ils "complètent leur Éveil" en écoutant le Saddharmapundarîkasûtra (cf. *Jôdo). — Le même sâstra, ib. xxx (282 a-b), prend ailleurs l'expression "Terrain de B." au sens de : "ce Terrain de Félicité qu'est le B." (Buddha-[punya-]ksetra), le B. étant conçu comme le receveur des Dons de ceux qui l'adorent, comme "champ :' où les Racinesde-bien (kusalamûla) que sont ces Dons "fructifient" en Félicité : "Planter une Racine-de-bien dans ce Terrain [de Félicité] qu'est le B. (ici Butsuden f& Efl)..., c'est faire une offrande . . . aux B. des trois temps et des dix directions, soit qu'ils soient en ce monde, soit à leurs images, à leurs Reliques, ou simplement en pensant à eux ... Il y a toutes sortes de

Terrains de Félicité, mais le B. est le premier. . .En effet, le Joyau de la Loi est bien le Maître du B. ; mais s'il n'y avait pas de B. pour énoncer la Loi, celle-ci resterait inutile, de même que sans bon médecin un bon médicament reste inutile ; c'est pourquoi le Joyau de B. [comme Terrain de Félicité] est mentionné [dans la Prajnâpâramitâ] avant le Joyau de la Loi et celui de la Communauté. D'autre part, ce Terrain qu'est le B. fructifie en Rétributions Incommensurables ; pour les autres Terrains de Félicité, les Rétributions sont bien dites "Incommensurables" , mais comportent en réalité des degrés et des différences... En outre, le Terrain de B. [c.-à-d. ce Terrain de Félicité que constitue pour le Donateur un B.] est pur : les mauvaises herbes des Passions, Amour et autres, y sont arrachées ; il a pour sol uni la moralité (sîla) pure, pour fertilité la Grande-Compassion ; il ne comporte point de ces terres salines [improductives] que sont les Hérésies ; il a pour canaux les 37 Ailes-de-1' Éveil, pour murailles les 10 Forces, les 4 Sécurités, les 4 Pleins-savoirs, etc. ; il fructifie en Rétribution de Nirvana pour les trois Véhicules. Inépuisables sont les Félicités qu'on récolte en plantant ou en semant dans ce Terrain sans supérieur et sans égal ..." — La notion de Terrain de Félicité rejoint ici celle de Terrain pur (*Jôdo) ; c'est en effet, toujours d'après le M0pr°p°sâstra Tt. 1509 xcm (710 b, 711 c), en raison de leurs Facteurs antérieurs de pureté, en particulier de leur pratique et de leur enseignement des six Perfections, et des Dons des sept Joyaux qu'ils ont faits aux B. et à leurs Communautés, que les Bs. peuvent émettre le Vœu de réaliser un Terrain de B. pur et orné des sept Joyaux. Dans ce Terrain pur, il n'y aura pas d'être appartenant aux trois Destinations mauvaises (Infernaux, Trépassés, Animaux), mais seulement des Hommes et des Dieux : c'est pourquoi le B. reçoit l'épithète de "Maître des Hommes et Dieux" (cf. *Butsu) ; toutefois [comme on l'a déjà vu ci-dessus] leB. aura non pas un Terrain unique, mais des Terrains innombrables, et parmi ces Terrains, si les uns seront purs, d'autres seront mixtes [mêlés d'impureté] et comporteront des Êtres appartenant à toutes les cinq Destinations. — C'est un "lieu commun", dans la .littérature de Prajnâpâramitâ (citations Dzsi. II, 757 a)> °xue pour "orner et purifier le Terrain de B." il faut "se purifier soi-même, et purifier autrui, des trois Turbulences [du corps, du verbe, de l'esprit]", ou encore "orner et purifier la Conduite Spirituelle des Êtres". "Purifier le Terrain de B." doit s'entendre ici des pratiques par lesquelles les Bs. font apparaître, pour eux-mêmes et pour autrui, une sorte

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d'univers transfiguré ("orné" de Joyaux, de fleurs de Lotus, etc. : "là tout n'est qu'ordre et beauté" ; le terme ch. gon j§£ doit répondre au sk. vyûha), par delà notre monde de souillure ; et ces pratiques doivent être avant tout d'ordre spirituel, car un Terrain pur ne peut exister que pour un Esprit pur ("aux purs tout est pur"). — C'est sur cet aspect spirituel des Terrains purs qu'insiste un autre ouvrage de l'école Sûnyavâda, le Vimalakîrtinirdeéa, dont le chapitre initial est consacré aux Terrains de B. : les Terrains purs sont conçus ici comme des paradis transcendants que le B. révèle à ceux des Êtres dont l'Esprit est pur ; aux autres n'apparaît que notre monde impur, lui-même création du B. à l'usage des Êtres inférieurs. T. 475 1 : Le B. siège dans le bois d'Àmrapâlî à Vaisàlî . . . Un jeune Laïc, Ratnakûta, l'interroge sur les Terrains de B. purs : "Ce sont", dit le B., "les [différentes] espèces d'Êtres qui constituent les [différents] Terrains de B. [qu'obtiendront] les Bs. En effet, les Bs. adoptent [différents] Terrains de B. selon les Êtres qu'ils ont à convertir et à dompter, selon le royaume qui convient aux [différents] Êtres pour s'initier à la Sapience de B., pour produire des Racines de Bs. Car c'est pour le bénéfice des Êtres que les Bs. émettent le Vœu d'adopter [tel ou tel] Terrain pur . . . Sache-le, ô Ratnakûta ! C'est l'Esprit droit, l'Esprit profond, l'Esprit de l'Eveil, le Don, l'observance des Défenses. ..qui constituent le Terrain pur des Bs. ; lorsque ceux-ci deviendront B., tous les Êtres véridiques, riches en Mérites, mahâyânistes, capables de renoncement, ayant pratiqué les dix Chemins-de-bien . . . , ce sont tous ceux-là qui s'en viendront renaître dans les royaumes de ces

Bs Ainsi donc, ô Ratnakûta, pour obtenir un

Terrain pur, les Bs. doivent purifier l'Esprit; c'est en raison de la pureté d'Esprit qu'est pur le Terrain de B."... "Mais s'il en est ainsi", questionne Sâriputra, "comment se fait-il que soit impur à ce point ce Terrain de B. [qui apparaît à nos sens dans ce bois d'Amrapâlî], alors que certes, du temps où notre Bg. [Sâkyamuni] était Bs., son Esprit était pur ?" . . . "Ce n'est point", réplique le B., "par la faute du B., mais de leur propre fait, que les Êtres n'aperçoivent point la pureté ornée du Terrain de B. Pur est ce mien Terrain, ô Sâriputra ; c'est toi qui ne le vois point. . . " — "Tel que je le vois", reprend Sâriputra, "ce Terrain est plein d'impuretés : collines et fossés, ronces et graviers, terre et rocs..." — "C'est dans ton propre Esprit qu'est l'inégalité ; c'est parce que tu vois ce Terrain sans te fonder sur la Sapience de B., qu'il est impur [à tes yeux] ..." Alors le B., touchant le sol de ses orteils, fait apparaître aux yeux de

Sâriputra et de l'assemblée un Terrain de B. pur, orné des Joyaux innombrables du Trimégachiliocosme, et où chacun des auditeurs se voit assis sur une fleur de lotus. Et il déclare à Sâriputra : "Mon Terrain de B. est toujours pur ainsi ; ce n'est qu'ann de sauver ces gens-ci, inférieurs [comme toi], que je révèle ces Terrains-ci, mauvais et impurs. De même que tous les Dieux prennent leur nourriture dans un seul et même récipient de Joyaux, mais que la couleur des aliments diffère selon les Mérites de chaque Dieu, c'est ainsi, ô Sâriputra, qu'il suffît d'avoir l'Esprit pur pour voir les ornements de Mérites de ce Terrain. " Kumârajîva et ses collaborateurs, dans leur cm. decette dernière phrase Ttt. 1775 1 (338), formulent les observations suivantes : Si l'existence de Terrains divers, purs et impurs, n'était due qu'aux différences de Mérites chez les Êtres, le sûtra ne dirait point qu'elles leur sont révélées par le B. ; mais d'autre part, si c'était le B. seul qui révélait aux Êtres les Terrains purs en leur cachant les Terrains impurs, il n'y aurait point là de bénéfice pour les Êtres. . . Du "point de vue" du B., les Terrains sont toujours purs ; c'est en correspondance avec les Êtres infé rieurs qu'en dehors [des Terrains purs] il en existe d'impurs ; [en réalité] ceux-ci sont identiques l ceux-là. Cf. la formule pittoresque d'un auteur ch. tardif [Shûmitsu (Tsong mi), IXe s. ; Ttt. 1795 B 1, cité Dzsi.] : "Enfers comme palais des Dieux, tout est Terrain pur". — Un autre cm. du Vim°k°nirdesa Ttt. 1781 11 (931 a) ajoute que c'est aux Bs. que le Terrain — en réalité toujours le même — apparaît pur, et aux adeptes des deux V. qu'il apparaît impur, parce que ces derniers ne se fondent pas sur la Sapience de B. C'est là la doctrine du Yogâcâryabhûmiéâstra Tt. 1579 LXIX (73^ c) : Il y a deux sortes de mondes, purs et impurs . . . Dans le monde pur on ne trouve ni Infernaux, ni Animaux, ni Trépassés ; il ne relève pas non plus ni du Plan du Désir, ni du Plan du Formel, ni du Plan du Sans-Forme ; on n'y éprouve pas de Douleur ; n'y réside que la Communauté [cléricale, sô fg', sangha] des purs Bs. C'est après avoir gagné la troisième Terre que les Bs. y reçoivent naissance de par la force Souveraine de leur Vœu. On n'y trouve ni Auditeurs, ni B.-pour-soi, soit Profanes soit non Profanes, ni Bs. Profanes [le terme Profane, sk. prthagjana, s'oppose ici à Saint, sk. ârya ; le Saint seul est exempt des trois Destinations mauvaises : cf. S. Lav. 639 sq. et Moch. 120 b]... — Dans Y école Hossô (Vijhaptimâtra), les Terrains correspondent aux Corps de B., et l'on en compte 'trois [ou quatre] : (1) d'Essence (ou de Nature-propre), (2) de Fruition [(2 a) de Fruition

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pour soi, (2 b) de Fruition pour autrui], et (3) de Métamorphose. Cf. p. ex. Buddhabhûmisâstra Tt. 1530 vu (326 b-c), dont la doctrine sur ce point peut se résumer ainsi : (1) Le Corps d'Essence a pour Substantiel la pure Ainsité, c.-à-d. la réalité même (sk. tattva) de toutes les Essences ; illimité comme les Essences, omniprésent comme l'Espace, sa forme et ses dimensions échappent à toute expression. Le texte ne dit rien de son Terrain. (2) Le Corps de Fruition est soit Sans-Forme, soit Formel ; sous ce dernier aspect, son Formel est soit (2 a) réel (sk. sat), soit (2 b) Métamorphique (sk. nirmita). On appelle "Terrain pur réel" le Terrain constitué par le Formel réel du corps de Fruition ; ce Terrain s'étend à tout l'ensemble du Plan des Essences et ne peut être connu que du B. lui-même [Fruition pour soi]. Quant au Formel Métamorphique de ce Corps, il actualise toutes sortes de Terrains accessibles aux Bs. des grandes Terres (bhûmi) : c'est dans un de ces Terrains purs que le Corps de Fruition [pour autrui] prêche le Dasabhûmikasûtra [cf. Tt. 1530 1 (293- 296), longue dissertation sur les Terrains purs, v. *Jôdo]. (3) Les Terrains Métamorphiques sont ceux qu'actualise le Corps de Métamorphose pour les Êtres des Terres Métamorphiques (keji -ffc^fi,, sk. nirmâna-bhûmi ?). — Doctrine analogue dans la Siddhi Tt. 1585 x (58 b-c) [S. Lav. 711-714], qui précise le rapport entre les Corps et les Terrains : il ne s'agit plus ici, comme dans les textes Sûnyavâda cités plus haut, du rapport entre le B. et les Êtres, envisagé du point de vue du salut, mais le problème se pose plutôt en termes d'ontologie ou d'épistémologie : (1) le Corps d'Essencité (ou de Nature-propre) a pour Terrain l'Essencité elle-même ; entre Corps et Terrain, pas de différence de Substantiel : le Terrain se rapporte au Corps comme la Nature-propre (svabhâva) à l'attribut qui la manifeste (laksana). Ni le Corps ni le Terrain ne ressortissent au Formel. Ils sont infinis et omniprésents comme l'Espace. (2) Les Corps de Fruition "s'appuient en retour" (gène j§ $•) sur leurs propres Terrains [Corps et Terrains sont interdépendants, ils s'appuient l'un sur l'autre, n'existent qu'en fonction l'un de l'autre], (a) Le Corps de Fruition pour soi, par une transformation (hen ^) continue (en "Série") de sa Notation pure (la huitième, cf. *Shiki), Associée à la Connaissance de Miroir, produit un Terrain pur, orné de Joyaux, illimité, qui est dû à la Concoction des Causes- Facteurs cultivés naguère par le Bs. en vue de son propre bénéfice. Ce Corps et son Terrain ne relèvent pas non plus du Formel ; ils sont illimités, (b) Au Corps de Fruition pour autrui correspondent des Terrains "purs",

mais limités et susceptibles de se modifier, à l'usage des Bs. des dix Terres ; ces Terrains résultent d'une transformation de la Connaissance d'Égalité, transformation due elle-même à la maturation des Causes- Facteurs cultivés naguère par le Bs. pour le bénéfice d'autrui. (3) Les Terrains du Corps de Métamorphose sont dits Métamorphiques (nirmita-ksetra) ; ils sont créés Métamorphiquement, à l'usage des Êtres inférieurs aux Terres (bhûmi), par la Connaissance Quiparfait-les-Actes ; soit purs soit souillés, ils sont limités, modifiables. Les Terrains (1) et (2) sont identiques entre eux, ou ne se font pas Contreheurt, quels que soient les B. auxquels ils appartiennent ; les Terrains (3) et (4) peuvent être soit communs, soit non communs à plusieurs B., selon les Etres à convertir. La Siddhi examine ensuite les rapports entre les Terrains, purs/ou impurs, et les Notationsà-Écoulement ou sans- Ecoulement, dont ils sont une "transformation". — Ce passage de la Siddhi est longuement développé dans 1 '"Encyclopédie des doctrines du G.V." Ttt. 1861 vu (369-374), de Kiki (K'ouei ki, 632-682 p. C), où tout un chapitre est consacré aux Terrains de B. ; on trouvera dans ce chapitre un exposé systématique, avec de nombreuses citations à l'appui, des théories du G.V. — principalement de l'école Hossô (Vijnaptimâtra) — sur les Terrains. Kiki remarque notamment que, parmi les Terrains Métamorphiques, il y en a d'exclusivement purs, qui s'actualisent pour les Bs. des dix Terres ; ceux qui apparaissent aux Bs. antérieurs aux Terres, et aux deux V. inférieurs, sont tantôt purs (comme sera celui de Maitreya), tantôt impurs (comme est celui de Sâkyamuni). Quant aux Terrains de Fruition, d'après Kiki, ils comportent tous deux du Formel, mais seulement des Masses de Formel Sans-Ecoulement ; ces Masses constituent le Terrain "matériel" (ki !£, sk. bhâjana), distinct des Êtres, de même que dans un royaume humain il y a d'une part les Etres qui l'habitent et de l'autre son territoire matériel.— Un autre exégète ch., Kichizô (Ki tsang, 549- 623 p. C), de la secte Sanron (Mâdhyamika), traite également des Terrains de B. dans son Traité sur le G.V., Ttt. 1853 v (67), et dans son cm. du Virmalakîrtinirdesa, Ttt. 1781 11 (927-928) ; il répartit les Terrains en cinq catégories : (1) purs (jô f^), résultant des Facteurs de Bien accumulés par les Êtres sous l'influence convertissante des Bs. ; (2) impurs (fujô A^W)' résultant pour les Êtres de leurs Facteurs de Mal ; (3) purs [devenus] impurs (jôfujô ^yf>^), ceux des Êtres qui avaient des Facteurs de Bien, mais les ont laissé s'épuiser ; (4) impurs purifiés (fujôjô ^^^), ceux des Etres chez qui

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les Facteurs de Mal viennent à être supplantés par les Facteurs de Bien : ce sera p. ex. le cas du Terrain pur de Maitreya, purification de notre actuel Terrain impur ; (5) mixtes (zô $f|), où la pureté et l'impureté se trouvent mêlées, en raison des Facteurs à la fois bons et mauvais des Êtres. Tous ces Terrains sont dits, d'une part Terrains d'Êtres (shujôdo 3s$£ ^ i.) ou Terrains de Rétribution (hôdo ^Ji), en tant qu'ils résultent des Actes des Êtres, d'autre part Terrains de B. (butsudo $fr Jl) ou de Correspondance (ôdo J$S -il), en tant qu'ils résultent de l'influence convertissante des B. sur les Êtres ou sont actualisés par les B. Les "Terrains purs" (ire catégorie ci-dessus) se subdivisent à leur tour en quatre catégories : (1) Terrains communs aux Profanes et aux Saints (bonjôdôgodo Ai^Iol^dl). comme sera celui de Maitreya, ou comme est celui d'Amita, où en plus des neuf catégories de Profanes (kuhon A. 1S1) se trouvent des Saints et des sages des trois V. ; (2) Terrains communs au Grand et au Petit Véhicule (daishôdôgodo ^JÇ'h fo] J^ i.), ceux qui sont en dehors des (trois) Plans et où renaissent les Arhat et les Bs. "de grande Force" qui sont délivrés de tout corps fragmentaire (bundan shin 5h|§; $%) dans les trois Plans ; (3) Terrains réservés aux seuls Bs. (dokubosatsushojûdo $jj &- §| ffi -Q: ±) : p. ex. le monde du B. Gandhâlaya [où Vimalakîrt^ envoya un Bs. chercher de la nourriture pour le B.], ou le monde [dont le sol est fait] des sept Joyaux [cf. le Sûtra de la Rubrique des Dieux Trente-trois, cité ci-dessus d'après Tt. 1509 xxxii] ; (4) Terrains réservés aux seuls B. (shobutsudokkodo ^^^^i), comme celui dont il est question dans ce texte de T. 245 : "Sages et Saints résident dans [des Terrains de] Fruition ; seul le B. réside dans le Terrain pur". — L'école Tendai établit une classification analogue sous quatre chefs Ttt. 1778 1 (564 sq.) : (1) Terrains communs aux Profanes et aux Saints : il y en a de purs et d'impurs ; (2) Terrains dits de Moyen avec-Reste (hôbeiïyuyodo ^/j fË^fi^ "h). ou résident les Saints des deux V. inférieurs et les Bs. qui, par la double Inspection (*Kan jfg) du Vide (*kû £*?) et du Fictif (*ke ^), ont tranché les deux Troubles (*waku ^) de la Vue (*ken Jj[) et de la Réflexion (*shi ^),mais n'ont pas encore détruit l'Inscience : ils sont donc "avec-Reste" et, bien qu'ils soient délivrés de tout "corps fragmentaire" dans les trois Plans, ils reçoivent, pour pratiquer les "Moyens", des "corps de transformation" (hehyakushin ^ |jj Jf) dans un Terrain situé hors des Plans ; (3) Terrain de Fruition (kahôdo l^^dl). ou résident comme Corps d'Essence les Bs. qui ont détruit l'Inscience ; (4) Ter-

rains radieux de quiétude éternelle (jôjakukôdo $£ ^Ht^L)' ou ne résident que les B. d'Eveil sublime (*myôkaku i$ %fc) : ils sont pur Idéal, Essencité, Ainsité, et le Corps s'y confond avec le Terrain. — Eon (Houei yuan), exégète éclectique de la fin du VIe s., donne dans Ttt. 1851 xix (834 sq.) un chapitre sur les Terrains purs, avec une répartition des Terrains basée sur la théorie des trois Corps. — Dans l'école Kegon (Avatamsaka), on distingue : (1) des Terrains Inexpressibles relevant de la catégorie de l'Effet et dits Kokudokai [fScj ;£.#$ "mer des Terrains" ; (2) des Terrains Inexpressibles relevant de la catégorie du Causal et dits Sekaikai ifc^f#$ "mer des Mondes". Cette dernière rubrique comprend : (a) le Monde de la Matrice de Lotus (Rengezôsekai ïË&^Jj&^k^-), qui est le Domaine des dix Corps de Vairocana ; (b) les dix sortes de Mondes (Jûjusekai -f- f|! i£ ffi) : Nature de Monde, Mer de Monde, Roue de Monde, Plénitude de Monde, etc. ; (c) les innombrables Mondes "mixtes" (Muryôzôruisekai $fc H f| |J ifr ffi) : formes d'Êtres, formes de Sumeru, formes de rivières, etc. (Bdji. 4023-4024). — L'école S hingon (Tantrisme) répartit les Terrains en trois catégories : (1) Le Royaume à ornements Es. (Mitsugonkokudo $£ jUiH ~L), où réside Vairocana en son Corps d'Essence ou de Nature-propre : ce Terrain est orné de tous les Mérites inépuisables des trois Ésotériques ; (2) les Terrains purs des dix directions (Jippôjôdo ~h^f^ i.)» où réside le Corps de Fruition pour autrui : ce sont les Terrains purs d'Amita, d'Aksobhya, de Bhaisajyaguru, etc. ; (3) les palais de Dieux et d'Asura (Shotenshuragû ^^C^H^), correspondant aux Corps de Métamorphose et de Coulée. Ces trois Terrains se manifestent respectivement à ceux qui ont obtenu chacune des trois catégories d'Atteinte mystique (♦Shicchi) (Mdjt. 1942, d'après Ttt. 1796 ni). — Un auteur de l'école Zen (Dhyâna) institue dans Tt. 2016 lxxxix (903) une classification en cinq Terrains qui semble inspirée à la fois de celle du Hossô et de celle du Tendai. — Dans l'école proprement dite des Terrains purs (Jôdo), où la croyance au Terrain pur de l'Ouest, la Sukhâvatî d'Amita, a pris un développement prodigieux, on a longuement discuté pour savoir si la Sukhâvatî est un Terrain de Fruition, où ne peuvent accéder les Profanes, ou un Terrain de Métamorphose où ils ont accès. Sur ce problème, et sur les Terrains purs en général, cf. *Jôdo.

BUTSUGE %%, dent de Buddha.— Le B. a quarante dents (shi j£{, sk. p. danta, tib. chems) [au lieu de trente-deux comme les autres hommes Tt. 1509 iv] ; elles sont égales, serrées, et blanches ;

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ce sont là autant de Caractères de Grand Mâle (sô ^g). Certaines des listes de ces trente-deux Caractères, p. ex. dans T. 187 m (559), 220 ccclxxxi (968), 579 il, Tt. 1509 iv, et lxxxviii, etc., spécifient que le Grand Mâle a les quatre canines (ge 5f", sk. damstrâ, p. dâ^hâ, tib. mène ba) blanches et longues ; mais en général c'est seulement dans la liste des quatre-vingt excellences secondaires de Grand Mâle (ko ffî ; cf. *Sôgô) que les canines sont mentionnées à part, avec des épithètes qui varient selon les textes : arrondies, pointues, régulières, blanches, etc. L'Avatamsakasûtra T. 279 xlviii (253 b), dans une liste de quatre-vingt-dix-sept Caractères du Grand Mâle, distingue également, parmi les quarante dents du B., les quatre canines, qui sont ornées de Joyaux, de svastika, de fleurs, d'or, et émettent une lumière dans laquelle apparaissent d'innombrables corps de B. ; et le cm. Ttt. 1735 xlviii (866 b) ajoute qu'au Nirvana ces canines ne sont point pulvérisées. Cf. aussi T. 261 iv (883) : Tout ce que consomme le Tg., boissons, mets, poissons, se transforme en Ambroisie au contact de ses quatre canines. — Les dents du B., et plus spécialement ses canines inconsumées lors de la crémation, constituent une de ses principales Reliques (cf. *Shari). D'après la tradition commune, lorsqu'après la mort de Sâkyamuni le brahmane Drona procéda au partage des Reliques, les quatre canines furent attribuées respectivement à Indra, aux royaumes de Gandhâra, de Kalinga, et au Dragon du village de Râma T. 1451 xxxix (402) [=Dulva, td. Rockhill, Life, 147, et Dîg° Nik° xvi, 6, 28 ; pour Râma le texte ch. donne la te. Arama ppfUJtÊ]. Toutefois d'après le Dîrghâgama T. 1 IV (29 c) [cité Ttt. 2040 iv (75 a)], c'est à Ajâtasatru, roi du Magadha, que revinrent les canines, ou plus exactement la ou les canines supérieures. — T. 377 11 (910) rapporte qu'Indra ouvrit lui-même le cercueil précieux pour prendre la canine droite supérieure, malgré les objurgations d'Aniruddha qui lui enjoignait d'attendre l'autorisation de l'Assemblée ; il emporta cette Relique au ciel, mais deux Râksasa rapides avaient profité de son intrusion pour dérober, à l'insu de tous, une autre des' canines.-— Cette canine emportée par Indra était conservée dans l'un des quatre stûpa où les Dieux vénéraient, dans .le ciel des Trente-trois, quatre Reliques de Sâkyamuni Ttt. 2040 111 (66), Ttt. 21 21 VI (28). C'est là que d'après Tt. 1462 111 (690 a) [=Samantapâsâdikâ] vint la chercher le Novice Sumanas, envoyé par le roi de Ceylan Devânâmpriya- Tisya ; Indra lui remit la dent : il la rapporta à Ceylan, où le roi la reçut en grande pompe et fit ériger sur elle un stûpa. Selon le Dâthâvamsa, ouvrage

singhalais plus récent, c'est la Relique du Kalinga qui fut transférée à Ceylan, au début du ive siècle ; depuis la mort du B. jusqu'à cette date, elle avait été conservée dans la "Ville de la Dent" (Dantapura), capitale de Kalinga. La dent des Ceylan est restée célèbre entre toutes les Reliques du B. Elle est encore vénérée de nos jours, dans un sanctuaire de Kandy où elle fut transférée vers l'an 1600 ; elle est d'un jaune sale et mesure près de deux pouces (cf. sa description dans Kern, Histoire du Bouddhisme dans l'Inde, II, 131; et surtout Goloubew, Le Temple de la Dent à Kandy, BEFEO, XXXII, 11). Le stûpa qui la contenait naguère était un centre de pèlerinage très fréquenté par les moines ch. Hokken (Fa hien) ££ KS la vit au début du Ve siècle et rapporte comment chaque année, au milieu de la 3e lune, elle était portée en procession solennelle au monastère d'Abhayagiri, où on la laissait pendant 90 jours Ttt. 2085 (cf. Ttt. 2037 vu). Au vne siècle, Gijô (Yi tsing) fff|^ alla lui rendre hommage, ainsi que plusieurs autres pèlerins Ttt. 2066 1 (3-4), il (9-10) ; l'un d'eux, Myôon (Ming yuan) P^ ^, tenta même de la voler pour la rapporter en Chine : une tradition voulait en effet que cette dent fût destinée à parvenir en Chine dans un avenir éloigné ib. 1 (3). — Une autre des quatre canines, celle du Gandhâra, était conservée à Nagarahâra, dans un grand stûpa que visitèrent au ve siècle Hokken (Fa hien) Ttt. 2085 et au milieu du VIe siècle Dôyaku (Tao yo) Ttt. 2092 v ; au VIIe siècle le stûpa était en ruines, et la dent avait disparu Ttt. 2087 11 (878). Genjô (Hiuan tsang) mentionne des dents à Balkh Ttt. 2087 1 (872) [Watters, Travels, 1, 108], au Kapisa ib. 1 (875) [W. 128 : dents de lait du Bs. Sâkya], à Nagarahâra ib. 11 (878) [W. 183], à Bâmiyân ib. 1 (873 b : dents du B., d'un B.-pour-soi du passé, d'un Roi-tournant-la-Roue-d'or), au Cachemire ib. 111 (887) [W. 279], à Kanyâkubja dans l'Inde Centrale ib. v (893) [W. 352]. — En Chine aussi des dents de B. furent vénérées à plusieurs reprises. Ttt. 2059 xm (411 c — 412 a) rapporte comment une de ces dents, provenant de l'Uddiyana et rapportée de Khotan, en 475, par le pèlerin Hokken (Fa hien) -#:J||]t fut volée en 522 ; cf. Ttt. 2034 xi (95 c). En 530 une autre dent aurait été apportée en Chine par une ambassade persane (Chavannes, Religieux éminents, p. 55 n. 3). — D'après une légende consignée dans Ttt. 2061 xiv (791 a), 2035 xxxix (367), etc., une canine du B. [évidemment celle qu'avaient volée des Râksasa lors du Parinirvâna] fut donnée par Nada, fils du Dieu- Roi Vaisravana (cf. *Bishamon), au célèbre visionnaire Dôsen (Tao siuan) jf| jf£ (596-667). Celui-ci

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la remit à son disciple Monkô £ #^, et elle fut conservée dans un monastère où l'empereur Daisô (Tai tsong) ft>K la nt chercher pour l'inspecter en 776 (ou 767); Ttt. 2035 xli (379 a), 2061 xiv (791 a-b). Lors de l'avènement des Sô (Song), l'empereur Taiso (T'ai tsou) >tc|R (960-975) la transféra en sa capitale de Rakuyô (Lo yang), où son successeur Taisô (T'ai tsong) ^^ la soumit, en 983, à l'épreuve du feu, dont elle sortit intacte Ttt. 2037 iv (861 b), cf. 2035 xliii (398 a), lui (460 c) ; en 1043 cette même dent, implorée au palais impérial, fit cesser une sécheresse, et on la plaça alors dans une chapelle d'or à quatre portes Ttt. 2037 iv (866 c), 2035 xlv (410 b). — Sous les Cinq Dynasties, une autre dent, "grosse comme le poing", avait été apportée en Chine par un moine revenant d'Occident qui l'offrit à l'empereur Meisô (Ming tsong) Bfl^ des Gotô (Heou T'ang) ^ Hf , en 928 ; celui-ci la montra à ses ministres et, se référant à la tradition d'après laquelle les dents du B. ne peuvent être endommagées ni par le feu ni par l'eau (var. par le marteau), la fit mettre à l'épreuve : elle se brisa. Cf. 3L {ti }&> xxvm, 4 a-b ; H 3Lfti^.. lxvii, 3 b. En 962 un moine de Tourfan apporta une dent de B.-pour-soi, Ttt. 2035 xliii 395 a. — En 1105 les Jucen installèrent à leur tour une dent de B. dans leur palais impérial, Ttt. 2036 xix (679 a).

BUTSUGEMMO f&B&#, te. botsudaroshanô & PË&ï^lt. etc.=sk. Buddhalocanâ Mvy. 4278, tib. Sans rgyas kyi spyan. Personnification féminine de l'Œil de B. La plupart des documents sino-jap. donnent la forme [Buddhajlocanî, p. ex. Roshanei &;gï£, Roshani &;£1ij Mdjt. 1934, et cf. TZ. I, 36 ; III, 75 ; VIII, 79 ; etc.— L'Œil de B. est dans l'Ex. le dernier des cinq Yeux (cf. *Gen BB) : Œil de chair, Œil divin, Œil de Sapience, Œil de Loi, $Eil de B. ; seul un B. possède tous les cinq. Dans l'Es., l'Œil de B. est personnifié sous le nom de Butsugemmo "Œil-de-B. Mère" ; son image figure dans la Cour d'Omniscience et dans la Cour de Sâkya du Cercle du Plan de Matrice, et il a d'autre part un cercle spécial portant son nom. Les personnages du Plan de Matrice sont répartis entre trois clans (sk. kula) ou Sections, bu ^ : Section, de B., Section de Lotus et Section de Diamant ; à chacune de ces Sections président deux personnages, l'un, masculin, dit bushu oJSiÈ "chef de Section", l'autre, féminin, dit bumo HjWtf "mère de Section" ; Œil de B. est la

"mère" de la Section de B. (la Section de Lotus a pour "mère" Pândaravâsinî, cf. *Byakuekannon, et la Section de Diamant Mâmakî, cf. *Mômôkei). On

'appelle aussi Butsugen-son AfeHIit^ "Vénérable

Œil de B.", Butsugen-bumo ~ ^R M ~ mere de Section", Butsugen-butsumo ~ ^ I$j: "~ mère de B. ", etc. Son nom complet est Issaibutsugendaikon-

gôkichijôissaibutsumo — \J) f# B$ ~X. -§L

\J) $|i (îj: "Œil de tous les B., grand Diamant, Fortunée, mère de tous les B." T. 867 11 (259 c). On trouve encore les noms Kokûgen ^ *£ H$ "Œil d'Espace" (ou de Vide, sk. gagana, cf. inf. "Germes"), Ttt. 1796 iv (623 b) et ib. v (631 c) [en tant qu'elle figure dans la Cour d'Omniscience de Vairocana, lequel a pour Substantiel le Caractère Réel qui n'est autre que le Vide ; toutefois T. 1902 ix distingue le Bs. Kokûgenbutsumo $[ "£ 11$ fo T$ du Bs. Butsugen fH» Bg], et d'autre part Nôjakugen fts^BR "Œil de Sâkyamuni " Ttt. 1796 v (633 c) , ou Henchigen îg ^ B& "Œil d'Omniscience" T. 848 1 (7 c) [en tant qu'elle figure dans la Cour de Sâkyamuni]. — L'épithète *Butsumo (q.v.), "mère de B.", ne signifie pas qu'elle engendre les B., car p. ex. Vairocana, qui est un Corps d'Essencité universel (omniprésent), ne peut être engendré par autrui. Elle s'applique à l'Œil de B. en tant que cet Œil permet aux B. de discerner les besoins divers des Êtres à sauver, et d'engendrer par suite [tels des mères] différentes formes [hypostases, manifestations] appropriées aux différentes catégories d'Etres Ttt. 1796 v (633 c, 19-20). C'est pourquoi les Formules et les Sceaux de ce personnage s'emploient dans le culte des personnages les plus variés [hypostases variées des B.] Mdjt. 1932. Cette personnification de l'Œil de B. est classée le plus souvent comme B., mais parfois aussi comme Bs., p. ex. T. 1902 ix (270), ou encore comme Reine de Science myôhi B^^fi (sk. vidyârâjnî) Ttt. 981 (411 sq.), T. 950 11 (199 a). — Butsugemmo se présente dans les textes sous trois formes principales : (1) transformation (shohen 0f ££) de Vajrasattva : T. 867 11 (260 a) "Alors, devant tous les Tg., Vajrasattva se transforme soudain en Corps de Mère-de-tous-les-B. Ce Corps se tient sur un grand lotus blanc ; son Corps émet de blancs rayons de lune ; ses deux yeux sont souriants, ses deux mains reposent sur son nombril comme dans l'attitude de la Pacification [Sceau dit de la Concentration] ; et de tous ses membres naissent dix Millions de B., [nombreux comme] les grains de sable du Gange [lire Gyôga iU-^], qui tous lui rendent hommage." — C'est cette forme qui possède un Cercle spécial décrit ib. 11 (263 a) : "Alors la Mère-de-B., de Diamant, Fortunée, énonce encore la méthode pour dessiner son Cercle : On prend une pièce d'étoffe blanche, on y peint mon image grande comme le peintre (car, de façon générale, pour l'Application, toutes les images doivent avoir une gran-

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deur égale à celle du corps assis de celui qui les peint). Sur cette étoffe on dessine une fleur de lotus à huit pétales, comportant trois étages [var. trois assemblées ; il s'agit de trois rangées concentriques de huit pétales chacune]. Au centre, on représente mon propre corps, et, sur le pétale placé devant moi, le Roi-Tournant-la-Rouè Issaibucchô — -IjJJ f& jg [==*Kinrimbucchô==sk. Ekâksarabuddhosnîsa], tenant une Roue précieuse de Diamant à huit rais ; puis en cercle, à partir de la droite, on place les émissaires (*shisha fêl^) des sept Luminaires (shichiyô ~fcllf§, sk. graha : soleil, lune, cinq planètes). Dans la deuxième Cour de la fleur [i'. e. dans la deuxième rangée circulaire de pétales], devant le *Bucchô à la Roue, on peint Vajrasattva, et en cercle à partir de la droite les huit grands Bs., tenant chacun leurs symboles. Dans la troisième Cour, en cercle à partir de la droite, on place les huit grands Rois de Science de Diamant. Puis, en dehors des Cours, en disposition carrée [i. e. dans les encadrements carrés de la fleur de lotus], on peint les émissaires [des Bs. dits] des huit grandes Offrandes (cf. *Kuyô f)k^$) et des quatre Captations (*Shishô P9$j§). Et que tous portent des coiffures léonines." — Cf. fig. de ce Cercle TZ. IV,

Fig. 68. Butsugemmo (Bnddhalocanâ) dans la Cour d'Omniscience du Cercle du Plan de Matrice. (Type « actuel. *)

164, 195-196 ; III, 6 (pi. 13, en couleur : notre planche XVIII) ; III, 75 ; VIII, 72 (pi. 15, en couleur) [Vajrasattva ne semble pas y figurer]. — Dans ce même texte T. 867 11 (270 a-b), Vajrasattva se transforme également en Ekâksara-buddhosnîsa (cf. *Kinrimbucchô) ; ces deux personnages sont d'autre part placés l'un auprès de l'autre dans le Cercle spécial de Butsugemmo comme dans celui de *Kinrimbucchô (cf. Mnkk. pi. ni) ; et souvent l'on identifie l'un à l'autre Butsugemmo et *Kinrimbucchô Mdjt. 1933. — (2) Transformation de Vairocana (*Dainichi) : c'est la forme qui figure dans la Cour d'Omniscience du Cercle de PI. M., et qui est appelée Kokûgen "Œil de Vacuité", cf. sup.— (3) Transformation de Sâkyamuni : c'est la forme qui figure dans la Cour de Sâkyamuni du même Cercle; elle reçoit dans les autorités scripturaires le nom de Nôjakumo "Mère de Sâkyamuni" Ttt. 1796 v (633 c) ou de Henchigen "Œil d'Omniscience" T. 848 1 (7 c) ; mais dans la tradition jap. se rapportant aux peintures "actuelles" des deux grands Cercles (Genzu 3^1 |§J, cf. *Mandara), cette forme est dénommée Nyoraibô #fl 3|Ç ^| "Joyau de Tg. " (nom sk. complet : Sarva-tathâgata-mani), parce qu'elle tient dans la

Fig. 69. Butsugemmo (Bnddhalocanâ) dans la Cour de Sâkyamuni du Cercle du Plan de Matrice. (Type i actuel. »)

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